Les suggestions

 

    

Bonne journée  !


Accueil ] Littérature du  XXe ] Du XVIIe au XXe ] Littérature québécoise ] Le coin de la chanson ] [ Les suggestions ] Le petit philosophe ]






Emmanuel Bouchard, Au passage, nouvelles,  Septentrion, 2008, 123p.

Je croyais mon dimanche perdu, mais c'était sans compter sur les histoires d'Emmanuel Bouchard.  Les personnages de ces  nouvelles vivent en solitaire certes, mais il s'agit ici d'une solitude habitée.  Une rencontre, un signe de la vie, une gourmandise de l'âme et voici que la vie bat au rythme de l'espoir. Ces histoires originales et sans prétention, bien campées dans le réel, nous réconcilient avec le quotidien.  Nous aimons Mariette, Sébastien et le ferrailleur, nous aimons aussi les retrouver de manière inattendue au fil des pages et des histoires. 

 

 

 

Khaled Hosseini, Les cerfs-volants de Kaboul, Belfond 2005,406p. (Collection 10/18 No 3939)

Deux enfants : une relation d’amitié pour l’un, une relation de maître à serviteur pour l’autre. Avec pour toile de fond l’histoire récente de l’Afghanistan, le courage et la loyauté d’Hassan et la lâcheté d’Amir  nous heurtent de plein fouet et nous poussent à lire, à lire jusqu’à ce que les cerfs-volants, peut-être, nous apprennent que la lâcheté n’est pas acquise une fois pour toute, qu’elle peut se muer en grandeur et, de ce fait, racheter les trahisons de l’enfance.  Hassan et Amir, malgré leurs différences, demeurent  deux figures inoubliables d’une même histoire, celle d’une amitié qui se cherche et se découvre par-delà l’enfance.

Grand prix des Lectrices de Elle 2006



 Philippe Claudel, La petite fille de Monsieur Linh, Editions Stock, 2005, 159p.

Voici un roman de tendresse et d’amitié. C’est le cœur détruit et dans le plus grand dénuement que Monsieur Linh quitte son village natal dévasté par la guerre.  Il vient de perdre son fils et sa belle-fille, mais il est bien décidé à protéger de tout Sang Diû, sa petite fille, en l’emmitouflant dans des tas de couvertures. La ville étrangère est froide, les gens se moquent, mais dans ce milieu terne et gris, Monsieur Bark sait réconforter le vieil homme. Il suffit de peu parfois pour réchauffer les âmes. Dans ce roman au style pur et dépouillé affleure la poésie des petites choses et de la simplicité. Il fait bon s’y baigner le cœur.



Aki Shimazaki/Mitsuba

Aki Shimazaki, Mitsuba, Leméac/Actes Sud, 2006, 156p.

Ce roman court, aux nombreux petits chapitres, raconte l'histoire de Takashi Aoki et de Yûko Tanase. Ils se rencontrent au café Mitsuba et rëvent de fonder une petite famille. Mais les lois sociales japonaises et surtout celles de la compagnie Goshima pour laquelle ils travaillent tous deux dressent de nombreux obstacles sur leur route. Les deux amoureux parviendront-ils à leur but ? C'est dans la symbolique toute simple et attachante du Mitsuba, qui signifie trois feuilles, que l'on peut attendre la réponse.

 



Esther Croft, Le reste du temps, nouvelles, Montréal, Éditions XYZ, 2007, 107p.

« Le temps s'était lui-même chargé de déranger les choses » est-il dit dans Dérives. Mais si les événements et les états dérangent aussi, si la mort et les petites morts bousculent les vies, sous leur gravité affleure une étrange paix. Viendrait-elle de la lucidité des personnages ?  Vient-elle du temps qu'il reste après la prise de conscience ? « Le reste du temps », c'est celui où l'espoir se fraie un chemin et, le plus souvent, l'eau n'est pas étrangère à cette renaissance. Elle attire, envoûte, régénère, apaise, lave les douleurs. Les eaux souterraines se faufilent dans l'être pour créer chez lui une tendresse neuve ou cet élan créateur, tout petit parfois, qui remet sa vie en mouvement. Au sortir de l'oeuvre, nous ne sommes plus les mêmes.

Esther Croft / Le reste du temps


Denis Thériault/ Le facteur émotif


Denis Thériault, Le facteur émotif,
Montréal, Éditions XYZ, 2005,119p.


Bilodo est facteur, mais c’est aussi un rêveur.  Las de livrer du courrier sans importance, il commet quelques indiscrétions et il répond en esprit aux lettres plus personnelles qui étaient, à l’origine, destinées à d’autres.  Mais voici qu’il tombe amoureux de Ségolène et qu’il lui est donné de devenir, à son insu,  son véritable correspondant.  Pour ce faire, cependant, il devra vivre de nombreux apprentissages dont celui de l’écriture de haïkus.  C’est une merveilleuse occasion pour Thériault de nous initier à cet art, mais aussi à la philosophie zen. Il ne s’agit pas simplement d’exotisme ici, mais d’une véritable plongée dans la symbolique et l’esprit zen et c’est la dynamique même du récit qui en est imprégnée à la fin.  Quand le lecteur referme le livre, il peut à son tour, aller au-delà de l’histoire et découvrir, sous sa trame toute simple,  des symboles (celui de l’eau entre autres), des significations nouvelles et des jeux pour son imaginaire.

Denis Thériault a gagné le prix littéraire Canada-Japon 2006 pour cette œuvre. 



Eric-Emmanuel Schmitt, Odette Toulemonde -
Albin Michel 2006, 282p.

Éric-Emmanuel Schmitt, avec ses huit récits, nous permet de renouer non sans plaisir avec la nouvelle. D'un trait, il crée des situations et des personnages auxquels nous nous attachons rapidement heureux que nous sommes de croire que certains gestes créent, à l'insu même de ceux qui les posent, une part de bonheur.  Les personnages semblent être sortis spontanément de sa plume comme s'ils livraient quelque chose d'essentiel, d'intimement présent chez l'auteur comme chez le lecteur et ils demeurent en nous comme des figures familières qui auraient attrapé un peu d'éternité au passage. D'ailleurs, après lecture, il est étonnant de constater à quel point l'essence de chacune des histoires est contenue dans la première phrase.  Réouvrir le livre pour les relire, c'est retrouver instantanément l'âme des récits.

Eric-Emmanuel Schmitt / Odette Toulemonde
Pour accéder au site d'Éric-Emmanuel Schmitt, cliquez ici


Laurent Gaudé /Cris

 Laurent Gaudé – CrisActes Sud 2001 / Babel 

1914 – Ils sont douze à partager les atrocités des tranchées et, l’une après l’autre, leur voix s’élève pour raconter la peur, l’attente, la solitude, le bruit, le noir. Mais, si chacune est unique, chaque voix se fond dans la rumeur du cri, des cris qui sortent des entrailles de la terre et de toutes les pores de peau de ces hommes pour qui la fraternité demeure peut-être le seul bien. Et même si Jules peut quitter la zone de guerre, sa libération est de courte durée, car la pensée de ses compagnons le rattrape et leurs voix aussi. Elles sont en lui à jamais. Décidément, Laurent Gaudé écrit bien, très bien.


Laurent Gaudé -  Le soleil des Scorta  - Actes Sud / Babel

« La chaleur du soleil semblait fendre la terre », est-il écrit au départ.  Et, dans ce monde de poussière et de silence où la mer laisse croire aux êtres qu'ils sont au bout du monde,  Luciano Mascalzone engendrera au prix de sa vie, une lignée maudite.  Et dans ce monde de soleil, de sueur et d'orgueil, de Rocco à Élia,  l'illégalité, le courage, l'argent, la bouffe heureuse, la solitude, les amours-feux, l'eau, la terre, le feu et l'air se sont donné rendez-vous pour construire un bonheur, une fierté neuve, celle d'être un, une Scorta sous le soleil de Montepuccio.

Le soleil des Scorta a obtenu le prix Goncourt en 2004 et le prix Jean Giono.

Laurent Gaudé / Le soleil des Scorta


Jacques Poulin / La traduction est une histoire d'amour

Jacques Poulin - La traduction est une histoire d'amour - Leméac/ Actes Sud

C'est l'histoire de la traduction et de l'amour des mots, l'histoire d'une traductrice et d'un écrivain. Pendant  vingt-cinq courts instants, on se plaît à découvrir le monde de Marine et de Monsieur Waterman et à le recevoir comme une conversation douce d'après souper, vers sept heures.  Et si l'on s'inquiète un peu trop de Limoilou, la jeune fille aux blessures visibles et invisibles, on espère que la tendresse partout présente saura l'apaiser.  Après tout, sur l'île, il y a aussi Chaloupe, Famine, deux hérons, un renard roux, une biche et quelques chevaux à la retraite, « si vous voulez le savoir ».

La traduction est une histoire d'amour a été publié le 22 mars 2006.
Pour lire le compte-rendu d'une entrevue accordée par Jacques Poulin à la revue Le libraire, cliquez ici.






 


Haut