Congrès

16 mm, n. & b., 29 minutes 20 secondes, 1962

Canada. L'Office national du film présente Congrès. [Générique de fin] Jean Dansereau, Fernand Dansereau, Georges Dufaux ont fait ce film, assistés de Roger Lamoureux pour l'enregistrement du son et de Bernard Bordeleau pour le montage sonore. Mixage : Ron Alexander, Roger Lamoureux. Production : Office national du film du Canada. MCMLXII.

Tournage : Du 19 au 25 juin 1961, à Beauport (Québec)
Coût : 4 742 $
Titre de travail : Congrès eucharistique
Copie : ONF archives

Analyse

Résumé : La fin de semaine du 22 juin 1961, les caméras de l'ONF assistent au congrès eucharistique qui rassemble les catholiques de la région de Québec à Beauport. On voit d'abord l'arrivée des participants, puis la grande liturgie d'ouverture, la bénédiction des malades, une ordination d'un prêtre de la paroisse hôte, le renouvellement des voeux de religieuses et de frères et finalement la grande procession aux flambeaux dans les rues de la ville.

Sujets et thèmes : Religion, Mgr Maurice Roy, bénédiction des malades, litanies, ordination, frères, soeurs, prêtre, reposoir, confessions, spiritualité, foi, catholiques, zouaves, cantiques, procession.

Traitement : À la manière du documentaire traditionnel oneffien, une voix de narrateur donne d'abord quelques informations essentielles pour situer l'événement, pendant que l'écran montre des centaines de personnes recevant la communion. Puis le commentaire disparaît totalement pour laisser place à l'image prise selon la technique du direct, c'est-à-dire avec une caméra mobile tantôt au milieu des participants à l'événement et tantôt l'observant du bord de la rue, s'attachant chaleureusement aux personnes et laissant l'émotion (ou l'ironie) surgir des éléments écraniques. La bande-son ne comporte que les bruits et sons ambiants du site. C'est la même technique, essentiellement, que pour Les raquetteurs ou pour Jour de juin qui décrivent aussi des événements collectifs, avec le même genre de regard respectueux mais non complice de la part des cinéastes.

Contenu : Avec Congrès, nous avons un petit condensé de ce qu'est la pratique religieuse d'avant les années 60 et qui est en train de vivre ses dernières grandes manifestations collectives. On y entend des extraits des grands sermons, les litanies et les cantiques d'usage; on y voit les costumes traditionnels des clercs et des religieuses de toutes sortes, les «croisés», les zouaves (voir à ce sujet Avec tambours et trompettes de Marcel Carrière), les différentes confréries, les principales liturgies et processions canalisant la ferveur populaire. Les cinéastes les enregistrent avec beaucoup de «candeur» et de respect, mais se contentent d'enregistrer ces signes extérieurs sans essayer de définir et d'interpréter l'imaginaire qui les sous-tend. Même s'ils se font parfois ironiques pour filmer les garçons de 11-12 ans qui fument en cachette dans les autobus, la tenue des zouaves ou des chevaliers de Colomb et les participants faisant aller leurs appareils-photos, on ne peut inférer qu'ils sont conscients que cet univers religieux commence à s'effriter.
Dans sa facture moderne, Congrès témoigne d'un cinéma en train de se renouveler. Son contenu ne reflète toutefois pas la «révolution tranquille» des mentalités et des comportements déjà en cours, qui provoque les discours anticléricaux chez les uns et qui commence à vider les églises des quartiers ouvriers. L'Église qu'il montre n'a elle-même pas encore commencé son propre renouveau. Reflet d'un Québec religieux traditionnel, ce film a le mérite d'en conserver les traces pour meubler la mémoire collective. Quatre ou cinq ans plus tard, il n'aurait plus été possible de tourner de telles images : c'est dire à quel point il y a vraiment eu révolution en ce domaine.

Bibliographie

1. HOULE, Michel et Alain JULIEN, Dictionnaire du cinéma québécois, 1978, p. 68.
2. LEVER, Yves, dans COULOMBE, Michel et Marcel JEAN, Dictionnaire du cinéma québécois, 1988, p. 121.

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