Volleyball. Production Office national du film. [Générique de fin] Réalisation et montage : Denys Arcand. Avec la collaboration de Jean-Claude Labrecque (1), Gilles Gascon1, Jean Roy (1), Thomas Vamos (1), Bill Graziadei (2), Jacques Drouin (2), Ron Alexander (2), Roger Lamoureux (2). Animation : Kaj Pindal. Musique : Claude Léveillée et Les Pharaons. Direction générale : Jacques Bobet. Production Office national du film du Canada (3). © Office national du film du Canada. MCMLXVI.
1. A l'image
2. A l'enregistrement sonore
3. Ce film fut commandité par la Direction de la santé et
du sport amateur - ministère de la Santé nationale et du Bien-être
social, mais cette mention n'apparaît pas au générique
final.
Coût : 19 021 $
Titre de travail : Volleyball I
Copie : ONF, Cinémathèque municipale de Montréal
Ce qu'on en a dit :
Réal La Rochelle : Poème cinématographique sur ce sport, film tout intérieur malgré son propos, où la caméra n'est plus un témoin seulement, mais une sonde personnelle du mystère des formes en mouvement. (1, p. 42)
Analyse
Résumé : Une séquence d'animation humoristique affirme d'abord que le volleyball peut être pratiqué par tous et est bon pour la santé. Puis on assiste à de dures parties entre Soviétiques (gagnants) et Américains. Au milieu de ces séquences d'exploits masculins, des équipes féminines des mêmes pays s'affrontent.
Sujets et thèmes : Volleyball, animation, Russie, Etats-Unis, violence, chorégraphie, sport, spectacle, santé.
Traitement : Le film débute par une série de dessins d'animation illustrant tous les types de personnes pouvant jouer au volleyball. Suivent des images documentaires de parties entre Russes et Américains; le compte des points n'est pas mentionné, l'image décrivant plutôt les principaux mouvements de ce sport ainsi que des jeux spectaculaires. Une musique rock accompagne ces plans rapides qui se succèdent sur un rythme endiablé. Une séquence avec des équipes féminines apporte ensuite de la douceur avec un Claude Léveillée romantique au piano et l'utilisation de ralentis pour transformer les gestes en une chorégraphie. Les hommes reviennent finalement avec un rythme encore plus violent que précédemment, avec des smashes transformés en coups de carabines par la bande-son, avec des images gelées. Pour finir, les dessins animés du début reviennent, avec des variantes, pour rappeler le message de faire du sport.
Contenu : Arcand raconte (2, p. 16) que c'est le commanditaire, la Direction
de la santé et du sport amateur du ministère de la Santé
nationale et du Bien-Etre social qui a imposé les séquences
d'animation du début et de la fin parce que les fonctionnaires trouvaient
son film «trop violent» et pas assez incitatif à la pratique
de ce sport.
Il est évident que Volleyball ne peut remplir de rôle
de propagande. Le cinéaste veut plutôt montrer la grande violence
inhérente à presque toutes les compétions internationales
avec les élites. Arcand, comme son producteur Jacques Bobet (voir
Etude en 21 points ) est fasciné par le spectacle fourni par
les élites des sports et il aime en montrer les tactiques les plus
brillantes. Mais à trop montrer les super-athlètes, on risque
de démobiliser la masse et de l'inviter simplement à s'asseoir
pour admirer le spectacle. On comprend les fonctionnaires, qui voulaient
diffuser une invitation à jouer au volleyball dans les campings et
sur les plages parce que c'est bon pour la santé, de ne pas avoir
apprécié cet exercice de montage et de traitement spectaculaire
de l'image (ralentis, gels, sons et musiques).
Volleyball manifeste l'esprit critique d'un jeune intellectuel
des années 60, mais en même temps, il en révèle
la fascination pour la violence spectaculaire de ce qu'il rejette. Position
ambiguë. De même, le refus du cinéma didactique et de propagande
se transforme ici, malgré l'intérêt de la recherche formelle,
en une contre-propagande plus pernicieuse parce que non affichée comme
telle et déguisée par les effets esthétiques.
Bibliographie
1. LA ROCHELLE, Réal, «IV festival du cinéma canadien»,
Séquences, 47, décembre 1966, p. 37-43.
2. LA ROCHELLE, Réal et autres, Denys Arcand, Cinéastes
du Québec, 8, 1971, p. 16.