L'Ensemble Nouvelle France
Fondé en 1978 par Louise
Courville, l'Ensemble Nouvelle-France est voué à la recherche et à la diffusion de
musiques et de chants méconnus, souvent complètement oubliés, qui ont façonné l'histoire musicale du Québec des
siècles passés. Le répertoire de l'Ensemble touche différents genres, de la musique de salon et de concert (il n'y a pas eu
d'orchestre permanent de dimension symphonique au Québec avant le début du XXième siècle), aux créations
folkloriques ou populaires des temps anciens, en passant par la chanson patriotique et l'apport des autres cultures aux
diverses époques des trois premiers siècles de notre histoire.
D'abord trio, l'ampleur de la formation s'ajustera aux besoins du répertoire, tout en continuant à effectuer un
patient travail de recherche et à mener d'autres formes de diffusion (ateliers, conférences, disques, films
documentaires). L'Ensemble Nouvelle-France a ainsi redonné vie à un grand nombre d'oeuvres musicales
québécoises qui étaient en proie à l'oubli, d'autant plus que les seuls moyens de conserver de tels répertoires étaient, au
moment de leur création, la tradition orale ou les partitions ainsi que de rares témoignages écrits.
L'exécution de certaines oeuvres nécessite parfois une reconstitution musicale, à partir de documents abîmés ou
partiellement illisibles, étant donné leur âge. Comme il se doit, tous les concerts et enregistrements respectent l'instrumentation et le style de
l'époque évoquée, se référant aux recherches musicales et historiques
menées par Louise Courville à travers le Québec et la France.
Si la majeure partie de son temps est occupée par des tournées de concert au Québec, au Canada, aux États-Unis
et en Europe, l'Ensemble Nouvelle-France consacre aussi un volet de ses activités à la diffusion discographique, et ce
dès 1979. En 1986, le groupe est invité à représenter la Ville de Québec pour la cérémonie marquant sa désignation
officielle comme joyau du patrimoine mondial de l'UNESCO.
En 1988, une représentation de l'opéra Colas et Colinette de Joseph Quesnel est donnée pour marquer l'inauguration du Musée
de la civilisation, à Québec. Cet opéra (le premier composé et reconnu de la création québécoise) est repris l'année suivante pour la
Société Radio-Canada.
En 1994, Louise Courville reçoit au nom de l'Ensemble Nouvelle-France le Prix d'Excellence de la Culture pour la
réalisation de l'opéra-ballet Aeglé de Pierre de la Garde, datant de 1748 et apporté à Québec sous le régime français.
La formation a l'occasion de graver son premier disque compact en 1996 Femmes, corps et âme (les musiques de l'anima, du XIIe siècle à nos jours), en lien avec
l'exposition du même nom tenue au Musée de la civilisation de Québec.
Depuis 1997, une nouvelle série d'enregistrements sur disques compacts réunit un répertoire éclectique sous divers
thèmes dans une Anthologie de la musique historique du Québec, la première consacrée à ce créneau musical.
Celle-ci débute en 1997 avec un premier album intitulé L'époque de Julie
Papineau. Puis paraissent successivement Victoires et Réjouissances à Québec (1690-1758)
et Nativité en Nouvelle-France.
Le quatrième volume, à l'automne 1999, est consacré à une sélection de chants sacrés de Nouvelle-France.
L'Épopée
mystique de Marie de l'Incarnation souligne alors le 400ième anniversaire de naissance de cette pionnière qui
fut la fondatrice du monastère des Ursulines de Québec et du premier collège d'enseignement pour filles en Amérique.
Poursuivant cette quête d'un art mystique sur les pas de la pionnière de la Nouvelle-France que fut Marie Guyart de
l'Incarnation, Louise Courville puise dans les travaux de l'historienne de l'Antiquité chrétienne Anne Pasquier,
portant sur les papyrus du IVième siècle trouvés à Nag Hammadi, en Égypte. Ceux-ci viennent approfondir la
tradition ancienne selon laquelle Marie-Madeleine ou Myriam de Magdala aurait joué un rôle beaucoup plus
important dans la diffusion du message de Jésus (Yeshoua) que ne veut bien le faire croire l'interprétation généralement
admise. S'inspirant de ces textes, de l'Évangile selon Marie et de fragments musicaux qui ont pu exister à l'époque du
Christ, madame Courville crée un oratorio autour de ce sujet mettant en présence les deux personnages de Myriam
et Yeshoua. Utilisant aussi bien des instruments antiques comme la lyre sumérienne, la kitara grecque ou les flûtes
que les synthétiseurs, ce dixième album de l'Ensemble Nouvelle-France unifie les sons anciens et modernes tout
comme son thème principal qui est la ré-unification du divin et de l'humain, à l'image du masculin et du féminin
qu'incarnent les deux personnages de L'Oratorio de Marie-Madeleine.
Le cinquième disque de l'Anthologie intitulé Les Amours vient de paraître. Il met en lumière les plus beaux chants d'amours des
ancêtres québécois des XVlle et XVllle siècles. On y retrouve l'opéra Colas et Colinette de Quesnel composé en 1788 ainsi que huit autres compositeurs intégrés à cette anthologie qui est issue des
recherches exhaustives effectuées par Louise Courville aux Archives nationales dont celles du Séminaire de Québec, des Ursulines de Québec et plusieurs autres
lieux historiques. Ce dernier enregistrement comprend quatre extraits d'opéra ayant eu leurs heures de gloire en Nouvelle-France dont le célèbre opéra-ballet Aeglé
(1748) et Lucas et Cécile (1808). De magnifiques chants folkloriques complètent le thème de ce CD reprenant entre autres l'arrangement de 1860 d'Ernest Gagnon
pour À la claire fontaine puis d'autres comme Ah! toi belle hirondelle, J'ai cueilli la belle rose et Là-haut sur la montagne.
L'Ensemble Nouvelle-France est en résidence permanente au Musée de l'Amérique française et de la civilisation de Québec.