L'Oratorio de Marie-Madeleine
Paroles et musique : Louise Courville
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1. Prélude |
L'Ensemble Nouvelle-France
Marie-Madeleine : Louise Courville, soprano, flûte
Jésus : Claude Bélanger, ténor
Narratrice : Nathalie Magnan
Synthétiseur : Monique Rancourt
Lyre sumérienne et kitara grècque : David Jacques
CD S-020309 - Distribution NOVALIS - www.novalis.ca
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De précieux fragments musicaux |
Une étonnante découverte
L' Évangile selon Marie-Madeleine constitue la base des textes poétiques de l'Oratorio. Il est considéré de nos jours comme l'un des incontournables de l'histoire de
l'Antiquité chrétienne. Les enseignements qui sont livrés ici, éveillent à la conscience de la nature intime de l'être. Il s'agit d'une subtile alchimie intérieure conduisant à
la réunification du masculin et du féminin en chacun de nous. L'oeuvre ne souhaite toutefois pas s'inscrire dans le cadre d'un débat religieux, voire même théologique
ou dans les rouages d'un endoctrinement. Elle se veut plutôt l'expression et la vision libre de l'artiste à travers sa recherche spirituelle.
De la dualité à la ré-unification
Jésus présente un enseignement très subtil à une femme choisie, sa bien-aimée Marie-Madeleine. Au delà de la pensée dualiste opposant, entre autres, féminin et
masculin, il y enseigne la ré-unification en soi même de ces deux aspects. Lorsque séparés, ils tendent à créer division et conflits. Cette unification intérieure est
porteuse d'amour, de compréhension et de sérénité. En retrouvant la paix intérieure, l'humain réunifié participe dès lors à l'une des plus sublimes résultantes, la "Paix"
dans le monde. L'être réunifié portera le nom "d'anthropos", c'est-à-dire, d'humain parfait.
L'union mystique de Marie-Madeleine et de Jésus symbolise un concept nouveau, à la fois réconciliation des polarités (axe horizontal) et aussi descente du Divin
dans la matière (axe vertical). Elle apporte une occasion de recherche spirituelle personnelle, de méditation intérieure dans un langage accessible ou "l'essence" du
Divin apparaît dans une lumineuse simplicité. Le "Couple Nouveau" devient l'expression vivante d'une profonde compréhension mutuelle, alliant connivence et respect
pour générer les forces créatrices de l'humain réalisé.
Marie-Madeleine, cette inconnue
L'histoire religieuse telle qu'elle nous a été présentée, situe la magdaléenne dans un contexte de pénitence. L'Évangile selon Marie (Madeleine) insiste sur de subtils
enseignements que Jésus-Christ (Yeshoua) aurait choisi de prodiguer à elle seule. Marie de Magdala appartenait au groupe de femmes qui suivaient Jésus dès le
début de sa vie publique. Devenue disciple et "porte-parole" de Jésus, elle se consacre à Lui dans un amour total et inconditionnel. D'après cette citation de
l'Évangile de Philippe (59,6-11), elle semble même être devenue l'amie intime, la compagne de Jésus:
"Trois marchaient toujours avec le Seigneur. Marie sa mère et la soeur de celle-ci et
Marie-Madeleine que l'on nomme sa compagne."
On trouve aussi dans ce même évangile (63,34-37), un passage racontant que Yeshoua et Myriam s'embrassaient souvent sur la bouche. Par ces baisers, ils
partageaient le même Souffle et, dans ce Souffle, la même Parole. Dans l'Évangile selon Marie (Madeleine) (18,10-15) Lévi, en réponse à Pierre, dit ceci :
"Sans aucun doute, c'est de manière indéfectible que le Sauveur la connaît. C'est pourquoi Il l'a aimé plus que nous."
Myriam de Magdala, la compagne initiée, l'Apôtre des apôtres personnifie dans le déploiement de sa plénitude, la première "anthropos". Sa transfiguration dans la
"Toute Lumière" est la résultante de son évolution et la démonstration éclatante de la réalisation de son être. Elle devient alors elle aussi, symbole du Salut.
De Marie-Madeleine à Marie Guyart de l'Incarnation
Marie Guyart de l'Incarnation, grande mystique du XVIIe siècle québécois, appelée "Mère de la Nouvelle-France", aurait été inspirée par
Marie-Madeleine, la "Mère de la chrétienté de France". En effet, la tradition française attribue à Myriam de Magdala une traversée des eaux de la Méditerranée, portée par les vents
jusqu'aux aux Saintes-Maries-de-la mer près de Marseille. Elle aurait accosté en terre de Gaule afin d'y apporter le message d'amour de Jésus. Après plusieurs
années de séjour en Provence, elle se serait retirée à la Grotte de la Sainte-Baume près de Saint-Maximin. Forte de cet exemple, Marie Guyart de l'Incarnation se
sentira elle aussi appelée à transplanter ce même message sur le sol de Nouvelle-France (le Québec du XVlle siècle).
Quelques siècles plus tard, par un étonnant concours de circonstances, l'Évangile selon Marie (Madeleine) sera traduit à Québec depuis sa forme antique par
l'historienne de l'antiquité chrétienne, Anne Pasquier et les spécialistes de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval. L'Oratorio issu de
cet Évangile entreprend maintenant un voyage dans les nouvelles dimensions du troisième millénaire. Et si, après 2000 ans d'oubli, nous avions enfin accès à l'un des
enseignements les plus subtils de Jésus, un enseignement si audacieux et si pertinent qu'il pourrait révolutionner notre époque
!
Louise Courville