L'Oratorio de Marie-Madeleine
Paroles et musique : Louise Courville 


1. Prélude 

2. L'Apôtre des apôtres ( D'après un thème syrien, 1500 ans avant JC) 

3. Le Baiser (du Cantique des Cantiques) 

4 La réunification (Improvisation à 2) 

5. Le Chant de l'Anthropos 

6. Polémique (Thème hébraïque, époque de JC) 

7. L'Ode au Couple Nouveau (Thème grec, époque de JC) 

8. Choeur en joie ( sur un folklore du Québec ancien) 

9. Alléluia pascal de Marie-Madeleine 

10. Postlude : Onde de paix 

 


L'Ensemble Nouvelle-France 

Marie-Madeleine : Louise Courville, soprano, flûte 
Jésus : Claude Bélanger, ténor 
Narratrice : Nathalie Magnan 
Synthétiseur : Monique Rancourt 
Lyre sumérienne et kitara grècque : David Jacques 
CD S-020309 - Distribution NOVALIS - www.novalis.ca 

De précieux fragments musicaux 

L'Oratorio s'inspire des quelques rares fragments musicaux datés de l'Antiquité et de l'époque précédant et entourant les débuts de l'ère chrétienne.  Plusieurs thèmes ont été composés à partir de mélodies syriennes, juives et grecques en usage durant ces périodes très lointaines. Gravées sur des tablettes d'argile et des colonnettes de pierre, elles ont miraculeusement survécues jusqu'à nos jours. On peut même supposer que certaines de ces mélodies auraient pu parvenir à l'oreille de Jésus.  Dans ce cycle, la composition musicale tend à se mouler au message dans une vision d'harmonie et d'équilibre; les deux voix résonnent à l'octave, l'une de l'autre. Les sonorités anciennes de la lyre sumérienne, de la kitara grecque, de la flûte d'ivoire et des percussions (zarb juif, cloche tibétaine) viennent s'amalgamer aux teintes futuristes des synthétiseurs. 


Une étonnante découverte 

L' Évangile selon Marie-Madeleine constitue la base des textes poétiques de l'Oratorio. Il est considéré de nos jours comme l'un des incontournables de l'histoire de l'Antiquité chrétienne. Les enseignements qui sont livrés ici, éveillent à la conscience de la nature intime de l'être. Il s'agit d'une subtile alchimie intérieure conduisant à la réunification du masculin et du féminin en chacun de nous. L'oeuvre ne souhaite toutefois pas s'inscrire dans le cadre d'un débat religieux, voire même théologique ou dans les rouages d'un endoctrinement. Elle se veut plutôt l'expression et la vision libre de l'artiste à travers sa recherche spirituelle. 

 

 

De la dualité à la ré-unification 

Jésus présente un enseignement très subtil à une femme choisie, sa bien-aimée Marie-Madeleine. Au delà de la pensée dualiste opposant, entre autres, féminin et masculin, il y enseigne la ré-unification en soi même de ces deux aspects. Lorsque séparés, ils tendent à créer division et conflits. Cette unification intérieure est porteuse d'amour, de compréhension et de sérénité. En retrouvant la paix intérieure, l'humain réunifié participe dès lors à l'une des plus sublimes résultantes, la "Paix" dans le monde. L'être réunifié portera le nom "d'anthropos", c'est-à-dire, d'humain parfait. 

L'union mystique de Marie-Madeleine et de Jésus symbolise un concept nouveau, à la fois réconciliation des polarités (axe horizontal) et aussi descente du Divin dans la matière (axe vertical). Elle apporte une occasion de recherche spirituelle personnelle, de méditation intérieure dans un langage accessible ou "l'essence" du Divin apparaît dans une lumineuse simplicité. Le "Couple Nouveau" devient l'expression vivante d'une profonde compréhension mutuelle, alliant connivence et respect pour générer les forces créatrices de l'humain réalisé. 

Marie-Madeleine, cette inconnue 

L'histoire religieuse telle qu'elle nous a été présentée, situe la magdaléenne dans un contexte de pénitence. L'Évangile selon Marie (Madeleine) insiste sur de subtils enseignements que Jésus-Christ (Yeshoua) aurait choisi de prodiguer à elle seule. Marie de Magdala appartenait au groupe de femmes qui suivaient Jésus dès le début de sa vie publique. Devenue disciple et "porte-parole" de Jésus, elle se consacre à Lui dans un amour total et inconditionnel. D'après cette citation de l'Évangile de Philippe (59,6-11), elle semble même être devenue l'amie intime, la compagne de Jésus: 

"Trois marchaient toujours avec le Seigneur. Marie sa mère et la soeur de celle-ci et Marie-Madeleine que l'on nomme sa compagne." 

On trouve aussi dans ce même évangile (63,34-37), un passage racontant que Yeshoua et Myriam s'embrassaient souvent sur la bouche. Par ces baisers, ils partageaient le même Souffle et, dans ce Souffle, la même Parole. Dans l'Évangile selon Marie (Madeleine) (18,10-15) Lévi, en réponse à Pierre, dit ceci : 

"Sans aucun doute, c'est de manière indéfectible que le Sauveur la connaît. C'est pourquoi Il l'a aimé plus que nous." 

Myriam de Magdala, la compagne initiée, l'Apôtre des apôtres personnifie dans le déploiement de sa plénitude, la première "anthropos". Sa transfiguration dans la "Toute Lumière" est la résultante de son évolution et la démonstration éclatante de la réalisation de son être. Elle devient alors elle aussi, symbole du Salut. 


De Marie-Madeleine à Marie Guyart de l'Incarnation 

Marie Guyart de l'Incarnation, grande mystique du XVIIe siècle québécois, appelée "Mère de la Nouvelle-France", aurait été inspirée par Marie-Madeleine, la "Mère de la chrétienté de France". En effet, la tradition française attribue à Myriam de Magdala une traversée des eaux de la Méditerranée, portée par les vents jusqu'aux aux Saintes-Maries-de-la mer près de Marseille. Elle aurait accosté en terre de Gaule afin d'y apporter le message d'amour de Jésus. Après plusieurs années de séjour en Provence, elle se serait retirée à la Grotte de la Sainte-Baume près de Saint-Maximin. Forte de cet exemple, Marie Guyart de l'Incarnation se sentira elle aussi appelée à transplanter ce même message sur le sol de Nouvelle-France (le Québec du XVlle siècle). 

Quelques siècles plus tard, par un étonnant concours de circonstances, l'Évangile selon Marie (Madeleine) sera traduit à Québec depuis sa forme antique par l'historienne de l'antiquité chrétienne, Anne Pasquier et les spécialistes de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval. L'Oratorio issu de cet Évangile entreprend maintenant un voyage dans les nouvelles dimensions du troisième millénaire. Et si, après 2000 ans d'oubli, nous avions enfin accès à l'un des enseignements les plus subtils de Jésus, un enseignement si audacieux et si pertinent qu'il pourrait révolutionner notre époque ! 

Louise Courville 

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