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Les frères Le Moyne
Pendant ce temps les Anglais venaient de s' emparer du fort Sainte-Thérèse, où ils avaient
enlevé fourrures et approvisionnements.
Le gouverneur M. de Denonville chargea alors une centaine d' hommes, étant la plupart des
canadiens, d' aller reprendre ces lieux. Il mit alors à leur tête le chevalier de Troyes, l'un des
officiers les plus vaillants de la colonie . Trois des fils de M.Charles Le Moyne de Montréal,
Sainte-Hélène , d ' Iberville et Maricourt , s 'associèrent à l ' entreprise . Un missionnaire , le
rev. père Silvy, se joignit à la troupe qui finalement se mit en marche au mois de mars 1686 .
Les rivières étant encore gelées,ils allaient maintenant devoir parcourir cinq à six cents milles
soit en raquettes ou encore en traînant , ou en portant les vivres ainsi que les bagages , par la
vallée des Outaouais et les lacs Témiscamingue et Abitibi pour atteindre la baie.
Le 2 juin le bon père Silvy s' arreta avec la troupe sur les bords du lac Abitibi et fit un peu de
ministère. Pendant ce temps les valeureux soldats s' occupaient à construire leur premier fort.
Le lendemain , le missionnaire célébra ce qui fut très probablement la première messe en terre
abitibienne . Le 6 juin l ' expédition reprit sa route , et cette marche se prolongea jusqu ' au 20
juin , date à laquelle les soldats n' eurent pas beaucoup de repit puisque devant eux se trouvait
les forts qu ' ils devaient reprendre et ce sur une distance d ' environ soixante - dix lieues . Le
premier le fort Monsoni, ensuite le fort Rupert et un peu plus loin le fort Albany.
Ces trois forts enlevés , et après toute reddition les prisonniers furent envoyés en France, et le
10 aout l' expédition achevée , le chevalier de Troyes se mit en route pour Montréal, laissant d'
Iberville à la baie pour rétablir les affaires de la Compagnie du Nord , aux frais de laquelle cette
entreprise avait eu lieu . Évidemment que dans cette campagne , les frères Le Moyne devinrent
très célèbres, mais par contre à Londres
on se recria fort de cette agression que l'on considérait
comme un crime.