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Poste des Abitibis

Sous la direction des évèques de Montréal, l' Abitibi devint une station stable avec chapelle.
M. l' abbé Charles Lefebvre, en fut le fondateur. Ce jeune sulpicien accompagné de M. Jean
Baptiste Dupuy , prêtre séculier , fit un premier voyage en Abitibi, dès 1837 et un second en
l' an 1838.

Ces deux voyages se firent à peu près de la même façon . Il voyage avec 6 hommes , partant
de Montréal en passant par le lac Deux-Montagnes, Chatham, Bytown, Pointe-des-Cheneaux,
portage de la Montagne , Grand-Marais , l'île des Allumettes ( Fort Williams ) pour ensuite se
rendre jusqu' au Rapide la Roche Capitaine , Mattawahn , Long-Sault , et enfin Témiskaming,
endroit ou il passait quelques jours avant de se rendre en Abitibi toujours occupé à instruire et
à confesser . Pour se rendre au lac Abitibi , il fallait commencer par traverser quinze portages
très accidentés, un autre Grand Lac, la rivière ennuyante , la grande Savane, le Lac Labyrinthe
le lac Duparquet et comme pour se rappeler certaines difficultées , un dernier , mais très beau
portage, celui du Rapide Danseur en enfin le lac Abitibi.

" Ce poste , distant de quelques 200 lieues de Montréal , est situé sur l' extrémité basse d' une
longue pointe , à l' entrée du lac des Abbitibbis du côté est. Il consiste en deux maisons, deux
petits hangars ou magasins contenant les provisions , les marchandises et les pelleteries , et un
autre hangar pour les cannots . Le lac est d ' une belle largeur et long de 24 lieues , mais il est
dangereux pour la navigation , parce qu' il est plat , et que les vents y sont fréquents ce qui est
dû à sa situation très près de la hauteur des terres. Il est abondant en poissons blancs mais les
eaux en sont malsaines et causent le vers solitaire , auquel les habitants des environs sont très
exposés."

Lors de ses voyages , il rencontra " un petit nombre de sauvages, presque toutes des femmes
attendants leur mari venant de Moose , avec les cannots du bourgeoys, chargés de provisions
venant d' Angleterre . Les autres sauvages guettaient aussi dans différentes parties du lac , ces
mêmes cannots dont l' arrivée est l' époque de leur réunion au fort."

Le comis de ce poste était M. Frazer, mais lors de ses absences les voyageurs étaient très mal
reçus . Dès qu' il en avait la chance, M. De Bellefeuille célébrait la messe dans la chapelle qu' il
avait lui-même fait construire.

Pour terminer ce résumé du poste des Abitibis, je dirai que les sauvages y vivent plus aisément
qu ' à Témiscaminge parce qu ' ici la chasse et la pèche sont abondantes , et que les provisions
de toutes sortes y sont moins rares et moins chères. Les marchandises proviennent presque en
entier d' Angleterre . Il y a plusieurs articles que la Compagnie ne vend pas aux sauvages , mais
qu ' elle leur donne en présent ; tels que couteaux , alênes , aiguilles , fil , tabac , pierres à fusil ,
briquets , etc... Elle leur ne vend pas non plus la boisson , elle la leur donne , mais plus réduite
qu' on ne la vend ailleurs.
( M. Charles-Louis Lefebvre de Bellefeuille 1795- 1838 )



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