Port-aux-Basques à Rimouski
Argo 5 - juillet 2001
Voici le compte-rendu du voyage effectué en juillet 2001 pour ramener, de Port-aux-Basques à Rimouski, le voilier Argo 5, un cotre en métal de 36 pieds, large de 11 pieds et 8 pouces, jaugeant 12,15 tonnes et construit en 1980 par Roland Guiberteau, un constructeur de bateau renommé. Le capitaine, Marcel Frenette, sa charmante épouse Solange Rodrigue et Denis Forcier forment l'équipage. Le bateau est, depuis mai 1989, la copropriété de Edouard Langlois, un marin d'expérience pour qui le St-Laurent n'a plus de secret, et de sa copine, Mona Lévesque, qui a aussi bon pied bon oeil. Edouard, un plongeur ayant effectué plus de 300 plongées sur l'épave de l'Empress of Ireland, a refait l'intérieur de l'Argo 5 avec du bois de teck qu'il a lui-même rapporté de l'épave. Propriétaire d'un cruiser de 42 pieds dans une vie antérieure, Edouard a su doter l'Argo 5 d'une bonne autonomie de carburant en lui insérant un réservoir de 150 gallons dans sa quille. Cependant, aux 3 heures, il faut pomper du fuel du réservoir principal à un plus petit réservoir qui alimente le moteur. Quant au réservoir d'eau potable, l'autonomie est d'environ 40 gallons.
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L'équipage est parti de Québec en automobile mercredi le 18 juillet, à 05:00 hres du matin, à destination de North Sydney, Nouvelle-Écosse, pour prendre le traversier de 23:30 hres à destination de Port-aux-Basques, Nfld. La randonnée automobile fut d'une quinzaine d'heures, dont 2 heures d'arrêt pour se dégourdir les jambes, manger, et pour visiter Baddeck, un pittoresque petit village situé sur le lac Bras d'Or.
C'est là que Graham Bell y avait sa résidence d'été et y conduisit certaines expériences en hydrofoil.
La traversée de Sydney à Port-aux-Basques, à bord du Leif Erickson, s'effectue de nuit et nous arrivons à Port-aux-Basques le jeudi matin, 19 juillet, vers 07:30 hres, heure de Terre-Neuve (01:30 heures plus tard que Québec). Edouard et sa compagne, Mona, des amis de longue date de Marcel et Solange, nous attendent à Port-aux-Basques à bord de l'Argo 5. Ils viennent de terminer leurs vacances et ils ont confié leur bateau à Marcel pour le convoyer à Rimouski. Ils reprennent le traversier à destination de North Sydney le jour même en après-midi.
Avant de prendre le large, l'équipage se permet de prendre un peu de temps pour découvrir Port-aux-Basques et ses environs. Heureuse coïncidence: Philippe Lacroix, un mordu de voile et de grands espaces qui, l'hiver dernier, s'est offert une vacance dans le sud à bord du voilier Ensueno skippé par Marcel, est à Port-aux-Basques pour les fins de son travail. Il est chaudronnier de métier et il dirige une équipe de travail qui érige présentement un réservoir pour diesel de 500 000 barils à proximité du quai.
Philippe est heureux de revoir Marcel et Solange et, à bord de son camion en fin de journée du vendredi, nous fait découvrir les petits villages du littoral (Isle-aux-Morts, Rose-Blanche, Harbour Le Cou). Nous sommes choyé par un soleil radieux et chaud, phénomène plutôt rare en cette terre de brouillard. Nous y découvrons un merveilleux paysage de montagnes verdoyantes mais dénudées d'arbres, de baies entourées de flancs rocheux et de petits villages de pêche aux coquettes maisons de diverses couleurs pastelles regroupées près des quais. La vie ici est tranquille et se résume à l'essentiel.
De retour au bateau en soirée, nous faisons nos adieux à Philippe car nous partons demain, samedi le 21 juillet 2001, à destination des Iles-de-la-Madeleine.
Première étape: Port-aux-Basques à Cap-aux-Meules
Nous mettons les instruments de navigation électroniques en marche et nous partons de Port-aux-Basques, samedi le 21juillet 2001, à 11:45 hres. à destination d'Étang du Nord, Iles-de-la-Madeleine, une distance de 127 miles (moteur:1705 h). Au départ, le vent est léger et variable. Il y a de la brume à la sortie du port; cependant elle s'est dissipée tôt en après-midi. La mer est calme.
Puisqu'il y a peu de vent à la sortie du port, le trajet s'amorce à moteur avec la grand voile sortie. Vers 14:15 hres, le vent se fait plus présent et le moteur est arrêté (moteur: 1708 h.). Le génois est alors sorti et la navigation se poursuit agréablement à voile, au portant. À cette allure, le bateau a un peu tendance à louvoyer. Notre vitesse de croisière est de 5.3 nœuds et le vent est de direction sud-est. Ce fut cependant de courte durée puisque le vent tombe une heure plus tard et nous devons remettre en marche le moteur. Le génois est rentré mais la grand voile reste sortie. Le soleil brille et la température est très agréable en ce bel après-midi de navigation sur le golfe du St-Laurent. En cours de route, Solange aperçoit un phoque non loin du bateau qui se demande probablement ce que nous faisons dans son territoire marin.
À 17:00 hres, le vent s'élève à nouveau et le moteur est arrêté (1709.4 h). Le génois est sortie pour navigation à voile. Nous voguons au grand largue à la vitesse de 5.8 noeuds avec un vent du sud-est de 10 à 15 noeuds. La mer est moins d'un mètre, avec un certain rouli. Nos instruments de navigation nous indiquent que nous avons déjà parcouru une distance de 30 miles sur une route à suivre à 294°. Nous sommes à 61 miles de notre prochain waypoint (bouée East Point) que nous devrions atteindre vers 08:00 hres. demain matin si nous maintenons notre vitesse actuelle.
À 18:00 hres, le capitaine décide de changer de destination. Nous nous dirigeons maintenant sur Cap-aux-Meules, à 77 miles de distance. Nous naviguons à voile à une vitesse moyenne de 5.5 nœuds, au petit largue. Le vent est de direction est-sud-est de 10 à 12 nœuds. La mer est agréable et sans rouli à cet allure.
Les quarts de nuit s'organisent: Solange prendra le quart de 09:00 hres à minuit, suivi par Denis de minuit à 03:00 hres, puis par Marcel de 03:00 hres à 06:00 hres. C'est déjà l'heure du souper. Au menu: un excellent pâté chinois que Solange à pris soin de préparer avant le départ. Heureusement, parce que ça brasse un peu en dedans du bateau. Par précaution, nous le mangeons dans un bol à soupe.
Vers 22:15 hres, le vent tombe. Il reprend une heure plus tard et change de direction. Il est maintenant de direction sud de 12 à 15 nœuds et nous filons le plus au près possible à 6 nœuds. Nous sommes à 48 miles de Cap-aux-Meules et nous dévions quelque peu de notre nouvelle course de 285° pour Cap-aux-Meules. La nuit est claire et étoilée.
La nuit se passe bien. Vers 05:00 hres, les Iles sont là devant nous. Nous ajustons le cap sur la bouée de Alright Reef située au large de l'Ile du Havre aux Maisons afin d'entrer à Cap-aux-Meules. Le vent est alors sur le nez et il faut baisser les voiles et naviguer à moteur. Nous sommes à 18 miles de Cap-aux-Meules, à proximité de l'Ile Coffin.
Vers 08:00 hres le vent renforce davantage. L'entrée à la marina de Cap-aux-Meules s'effectue le dimanche matin 22 juillet à 09:45 hres. Le vent est alors de 15 à 20 nœuds, ce qui rend la manœuvre d'accostage un peu délicate, mais sans incident grâce à la vigilance et à la dextérité du capitaine Marcel à la barre de l'Argo 5. La traversée de Port-aux-Basques à Cap-aux-meules, une distance parcourue de 115.3 miles, s'est faite en 22 heures, dont 10.5 heures à moteur (moteur: 1715.5 h).
Après les formalités d'usage à la marina, nous nous dirigeons en ville pour déjeuner. Il est 10:30 heures. Quelqu'un nous suggère Chez Diane pour un bon déjeuner. À l'arrivée, nous constatons que c'est une bonne table réputée pour ses brunchs et sa fine cuisine. Nous optons plutôt pour Tim Horton et l'excellence de son café.
La prévision météo annonce un vent de 25 nœuds en après-midi et de la pluie en soirée. En après-midi, le ciel est dégagé et sans nuage. Le soleil est chaud et se supporte bien grâce au vent. Apparemment, il n'a pas plu aux Iles depuis 10 jours. La végétation est sèche et manque d'eau. La pluie annoncée sera bienfaisante. Ce sera une après-midi de repos et d'exploration légère des environs.
Cap-aux-Meules ayant apparemment hérité son nom de la propriété particulière de la pierre constituant son cap, j'en profite pour tester la véracité de cette assertion. Je ramasse une pierre sur le bord du chemin au pied du cap et je l'apporte au bateau pour aiguiser des couteaux.. Effectivement, la pierre de Cap-aux-Meules est une bonne pierre ponce pour aiguiser des couteaux et autres instruments semblables. Je me demande pourquoi les Iles n'ont pas encore exploité cette ressource à des fins touristiques.
Lundi le 23 juillet; le temps est couvert en matinée et se dégage sur l'heure du midi pour faire place à une belle journée ensoleillée, chaude et venteuse. La météo nous annonce un vent du sud-ouest de 20 à 25 nœuds pour mardi, changeant au nord-ouest mercredi. Notre prochaine destination étant l'Anse à Beaufils près de Percé, nous devrons attendre de meilleures conditions maritimes avant de prendre le large à nouveau.
Première corvée de la journée: remplir le réservoir d'eau. Marcel déroule le boyau et ouvre le robinet. Solange fait le plein de 20 gallons d'une eau claire et limpide des Iles. Une eau cristalline à souhait avec des qualités aphrodisiaques nous dit-on. Marcel et Solange feront rapport demain matin.
(Le lendemain matin… EXCELLENTE EAU)
En après-midi, Marie et Louis Bernier, nous rendent visite. Louis, aquarelliste réputé aux Iles, s'offre comme guide touristique pour nous faire visiter les Iles, ce qui est dès lors accepté et qui sera fait demain après qu'ils auront pourvu à leurs obligations envers leurs clients qui séjournent à l'Aquarelle, leur résidence de Havre Aubert transformée en B & B. En début de soirée, Claude Vigneau, son épouse Diane et sa fille Sandra nous rendent visite. Claude est une connaissance de travail de Marcel lorsqu'il était à l'emploi de la SCHL. Alors que nous conversons dans le cockpit d'Argo 5, un bateau de pêche, le Jacques Odette 2, s'amène dans le basin. Il n'y a pas de place à quai. À notre grande surprise, il se met en renverse et se fraye adroitement un chemin entre deux autres bateaux de pêche déjà collés l'un sur l'autre.
Mardi le 24 juillet; le temps est quelque peu couvert le matin mais se dégage sur la fin de l'avant-midi pour faire place au soleil. La journée s'annonce chaude et venteuse. Comme convenu, Louis vient nous cueillir au bateau pour une visite des Iles. En plus d'être un artiste chevronné, Louis est un excellent guide touristique qui connaît tous les coins et recoins de cette terre si accueillante. Nous prenons la journée pour faire le tour des Iles, s'arrêtant en maintes occasions pour prendre des photos et pour admirer le paysage. Nous nous sommes aussi arrêtés à la fromagerie Au Pied de Vent réputé pour son fromage du même nom et au Fumoir d'Antan réputé pour son hareng fumé, ces deux établissements étant situés à Havre-aux-maisons. Les villages visités sont: Étang-du-Nord, Fatima, Havre-aux-Maison, Ile-aux-Loups et Grosse-Ile. Nous nous sommes arrêtés au restaurant au Tiloupmarin, à Ile-aux-Loups pour diner. Retour à Cap-aux-Meules vers 16:30 hres. Au menu ce soir pour souper: de la bonne morue fraîche des Iles, accompagnée de riz et salade verte.
Mercredi le 25 juillet; la journée s'annonce belle et ensoleillée. Le vent est maintenant du nord-ouest à 25 nœuds. En début d'après-midi, nous faisons l'épicerie car le capitaine prévoit larguer les amarres à 09:00 hres demain matin. Vers 14:00 heures, nous décidons d'aller à Havre Aubert, au Café de la Grave où Louis expose ses tableaux. Le tarif du taxi étant d'environ 30 $, nous décidons d'y aller sur le pouce. Une partie du trajet jusqu'à Étang-du-Nord s'effectue en Jeep et l'autre partie jusqu'à Havre Aubert s'effectue dans la boîte d'un camion d'un bon samaritain acadien du Nouveau-Brunswick en vacance aux Iles. À Havre Aubert, nous avons effectués quelques achats de souvenirs et nous avons rencontré Louis au Café de la Grave. Le retour à Cap-aux-Meules s'est aussi effectué sur le pouce dans une boîte de camion, fermée cette fois-ci, conduit par une belle brune, pharmacienne de profession, habitant Montréal et agissant présentement comme pharmacienne remplacente aux Iles, et tombant exactement dans la palette de couleur du capitaine. Commentaire de Solange: Marcel a droit à ses opinions … De retour au bateau, c'est l'heure de l'apéro et vers 19:00 hres, nous allons souper au restaurant La Patio: excellente pizza aux fruits de mer.
Deuxième étape: Cap-aux-Meules à l'Anse à Beaufils
Jeudi le 26 juillet 2001: le ciel est dégagé et le soleil est radieux. À la sortie du port, nous appercevons le Bell Mobilité, le bateau de Georges Leblanc, toutes voiles dehors pour une sortie en direction de Havre Aubert. Un petit bateau à moteur le suit et tourne autour alors qu'il fait quelques manœuvres et sort le spi. Peut-être fait-il la promotion d'une bonne cause. Nous larguons les amarres à 07:25 hres (heure des Maritimes) à destination de l'Anse à Beaufils, une distance de 147 miles que nous devrions couvrir en une trentaine d'heures. La météo nous annonce un vent du nord-ouest de 20 à 25 nœuds pour aujourd'hui et demain, ce qui fait que la traversée devrait se faire essentiellement à moteur puisque nous aurons le vent sur le nez pour la plus grande partie de la traversée.
Nous quittons la marina de Cap-aux-Meules et hissons les voiles. Notre allure est au portant, grand largue tribord amure. Rendu à la hauteur de l'Ile d'Entrée, nous virons tribord 90° et nous longeons les dunes de Sandy Hook au près bon plein tribord. À la hauteur de Havre Aubert, nous donnons un coup de fil à Louis pour lui faire nos adieux. Il est ravi de nous entendre; il ne s'attendait pas à nous voir au large à partir de sa résidence, l'Aquarelle, un B&B; prisé de Havre Aubert.
Dès que nous contournons l'Ile de Havre Aubert, effectivement nous avons le vent directement sur le nez. La mer est cassante et nous couvre d'embruns à chaque vague. Le bateau se cabre et tombe dans le creux de la vague, produisant de grandes éclaboussures de chaque côté. Nous espérons que cette condition de mer sera de courte durée, mais les conditions se sont même dégradées à la brunante, avec des vents de 25 à 30 nœuds produisant des vagues de 8 à 10 pieds. Chacun se prépare pour son quart de nuit. La nuit fut longue et agitée. Ce fut une traversée éprouvante qui réclama son dû: Denis ne se sentit pas bien durant la traversée et y laissa le contenu de son estomac. Le système de son quitta son emplacement et se retrouva sur le plancher; Reste à savoir s'il fonctionne encore (Oui, il fonctionne encore. On l'a remis en marche à Rivière au Renard). À quelques occasions, la mer s'est infiltrée dans le bateau par l'entrée principale donnant sur l'intérieur, aspergeant l'ordinateur au passage. Certaines touches de son clavier ne répondent plus depuis. Le hatch avant a aussi été mis à l'épreuve. Des infiltrations d'eau se sont produites et la literie doit être asséchée. Nous sommes arrivée à l'Anse à Beaufils vendredi le 27 juillet à 17:00 hres (heure du Québec). En tout, la traversée fut de 34½ heures, dont 31½ à moteur, et la distance parcourue est de 165 miles (moteur: 1746.9).
Au menu pour souper ce soir: un bon spaguetti, puis les douches et une bonne nuit de sommeil bien méritée.
Samedi le 28 juillet; après mûre réflexion, le capitaine décide de passer la journée à l'Anse à Beaufils pour faire le ménage du bateau et, en après-midi, pour aller à Percé, à 9 km d'ici. Le soleil est radieux et chaud en début de journée. Il n'y a pas de vent. Nous déjeunons au petit resto de la Vieille Usine, un vieux bâtiment de pêche rénové récemment. Ce bâtiment sert aussi de capitainerie en plus d'abriter un bar, une salle de spectacle et une boutique d'art. En matinée, c'est l'arrosage du bateau à grande eau pour le dessaler. Un couple de Belge à la retraite, boulangers de métier et installé à l'Annonciation, dans le bout de Mont-Laurier, vient nous jaser sur le quai. Ils ont un fils maintenant installé à Vancouver et qui vit à bord de son bateau de 39 pieds.
À quai en avant de nous, il y a un Irwin 39, le Sol Y Mar I, un bateau que Marcel a visité en Floride il y a 3 ans qui appartenait à des québécois et était à vendre à cette époque. C'est un marin de Baie-Comeau qui l'a acheté et qui navigue maintenant sur la côte nord et dans le golfe d'avril à novembre.
En après-midi, le ciel s'assombrit un peu et il y a quelques passages nuageux. Nous allons à Percé sur le pouce. Une femme et sa fille nous prennent à bord de leur auto. C'est la femme d'un pêcheur de homard qui attend son mari qui doit revenir à l'Anse à beaufils demain matin. Son bateau de pêche se nomme l'Audacieux. Ces personnes n'allaient même pas à Percé; elles nous ont vu sur le bord de la route et ont voulu nous rendre service, ce qui fut grandement apprécié.
Nous passons quelques heures à Percé à marcher sur la grève et à visiter les boutiques. Nous revenons sur le pouce à l'Anse à Beaufils. Cette fois, c'est un couple de New-Carlisle avec leurs deux jeunes filles à bord qui nous donne un lift. Ces personnes ont fait demi-tour pour nous prendre sur le bord de la route, ce qui fut aussi grandement apprécié.
De retour au quai de l'Anse à Beaufils, Marcel rencontre par hasard Jean Dubois et sa copine France qui sont en vacances en Gaspésie. Jean, dont l'adresse internet est jeantimarin.com, a déjà fait de la voile avec Marcel pour convoyer un bateau, le Petit, sur la côte est américaine, à destination de Nassau. Curieusement, l'automne dernier, Marcel a aussi rencontré Jean par hasard à Beaufort alors qu'il était en route pour St-Martin avec Ensueno. Nous profitons de la présence de Jean pour aller à Cap d'Espoir, à quelques kilomètres de l'Anse à Beaufils, dans l'espoir de trouver un fil adapteur pour la sourie de l'ordinateur, car depuis que l'ordinateur a pris l'eau, la sourie est branchée sur le port série. Pour utiliser le logiciel Nobeltec, il faut y brancher, à sa place, le GPS sur le port série. Malheureusement, il n'y a personne chez Informatique D.G., le seul endroit dans les environs qui aurait pu nous dépanner.
En début de soirée, l'Atlantide, un Contesse de 30 pieds appartenant à Michel Hétu, fait son apparition dans le port. Michel était un compagnon de travail de Marcel lorsqu'il était à la SCHL. Son port d'attache est St-Laurent, Ile d'Orleans. Il est présentement en route pour les Iles-de-la-Madeleine.
En soirée, j'assiste à une soirée de blues au théâtre de la Vieille Usine tandis que Solange et Marcel préfèrent l'intimité du bateau. Vincent Beaulne, un musicien de renom, occupe la scène avec sa guitare et nous chante des blues du sud américain. C'est une belle soirée intimiste, une cinquantaine de personnes assistant au spectacle.
Troisième étape: de l'Anse à Beaufils à Rimouski
Au cours de la troisième étape couvrant une distance de 216 miles, des escales furent faites à Rivière au Renard et à Tourelle.
Le trajet le long de la côte, de l'Anse à Beaufils à Rivière au Renard, est de 38 miles. Sur ce trajet nous prévoyons des waypoints sur le GPS à Cap Blanc, Pte St-Pierre, Cap de Gaspé, Cap des Rosiers et Rivière au Renard puisque nous ne pouvons pas nous servir de l'ordinateur pour naviguer. Nous larguons les amarres dimanche matin, le 29 juillet à 08:10 hres. Une magnifique journée ensoleillée nous attends, sans vent cependant. Le trajet se fera donc à moteur. En passant au large de Percé, nous photographions le rocher sur tous ses angles. En passant près de l'Ile Plate, Marcel pêche au jigger; la morue n'est pas au rendez-vous, ni les phoques non plus. Plus loin, dans l'entrée de la baie de Gaspé, nous apercevons une baleine à l'avant du bateau. Nous l'avons prise en photo. Nous apercevons aussi des voiliers qui font route vers Percé. Le paysage est magnifique. À la pointe de Gaspé, Marcel tente encore sa chance au jigger; cette fois-ci un concombre de mer est au rendez-vous.
Il est maintenant 12:30 hres. Nous sommes à 2½ miles de Cap des Rosiers. Marcel immobilise le bateau pour jigger la morue, mais ça brasse trop car il y a de la vague même s'il n'y a pas de vent. Nous poursuivons notre route vers Rivière au Renard. Vers 13:30 hres, le vent se lève et souffle en direction nord-ouest; nous l'avons sur le nez jusqu'à Rivière au Renard où nous arrivons à 15:40 hres. Notre trajet fut d'une durée de 7½ heures à moteur (moteur: 1754.3)
À Rivière au Renard, le Nordic est à quai. C'est un Corbin 39 ayant appartenu à Marc Pelletier de Rimouski, un bon ami de Solange et Marcel décédé il y a 4 ans. Aujourd'hui, c'est Christian et Danny Bourassa qui sont propriétaires de ce bateau dont le port d'attache est maintenant la marina du Vieux Port, à Québec.
À Rivière au Renard, nous passeront la nuit seulement puisque le capitaine prévoit partir tôt le matin. Nous en profitons pour aller à l'épicerie et à la poissonnerie. Au menu ce soir: de la bonne morue fraîche.
Lundi le 30 juillet 2001, nous quittons Rivière au Renard à 06:00 hres à destination de Tourelle, une distance de 85½ miles. La journée s'annonce belle et ensoleillée. La météo nous prédit un vent du nord-ouest de 10 à 15 nœuds ce qui fait que nous naviguerons à moteur. La journée est magnifique et la mer est calme. Les vents sont légers, à moins de 10 nœuds. Le coucher du soleil s'effectue de façon grandiose sur une mer d'huile.
Nous atteignons Tourelle le lundi 30 juillet à 20:30 hres. Notre trajet de Rivière au Renard à Tourelle fut de 14½ heures à moteur (moteur: 1768.7). Au quai de Tourelle, nous nous mettons à l'épaule sur un bateau de pêche. Il n'y a pas de service de capitainerie à cet endroit.
Mardi le 31 juillet 2001. Nous quittons Tourelle à destination de Rimouski à 05:40 hres. Le ciel est ensoleillé et la journée s'annonce magnifique. À la sortie du port de Tourelle, pour une rare fois au cours de notre voyage, le vent adonne. Il est du sud à 10 nœuds. Nous sortons le génois à 06:00 hres. et nous naviguons à voile et à moteur au près bon plein babord à 5.5 nœuds. Faux espoirs; ce fut une petite vite. Le vent tombe et nous rentrons le génois à 06:20 hres.
Le vent se lève à nouveau en face de Ste-Anne-des-Monts et nous ressortons le génois à 06:40 hres. Une autre petite vite; le génois est rentré à nouveau à 07:05 hres et ne fut plus ressortit de la journée. Par contre, nous avons pleinement profité de la journée ensoleillée pour observer au passage, à divers endroits, les baleines, les phoques et les loups-marin.
Nous arrivons à Rimouski mardi le 31 juillet à 21:40 hres. Notre trajet de Tourelle à Rimouski, une distance de 92½ miles, s'est effectué en 16 heures à moteur (moteur: 1784.6). La troisième étape de l'Anse à Beaufils à Rimouski, une distance de 216 miles, s'est effectuée en 38 heures de navigation à moteur.
Épilogue
Le retour de l'Argo 5, de Port-aux-Basques à Rimouski, s'est effectué sous un ciel clément. Ce fut généralement ensoleillé et la température agréable. Sauf pour la traversée des Iles-de-la-Madeleine à l'Anse à Beaufils, la mer fut assez calme et sans ennuis, bien que le vent fut rarement accomodant puisque nous l'avons eu sur le nez la plupart du temps. Le voyage s'est effectué tranquillement sur une période de 14 jours, du mercredi 18 juillet au mardi 31 juillet 2001 inclusivement. Nous avons donc eu le temps et le loisir de visiter les endroits où nous nous sommes amarrés. Du côté de la navigation, nous avons parcouru une distance totale de 496.3 miles en 94½ heures, dont 80 heures à moteur. Nous avons donc eu 14½ heures de voile pure, sans compter les heures de navigation à moteur avec les voiles sorties. Un grand merci à Edouard et à Mona pour nous avoir donné le privilège de ramener leur Argo 5 de Port-aux-Basques à Rimouski, son port d'attache habituel.
L'équipage.
Texte de Denis Forcier.
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