Voyage de la Grèce à l'Italie via la Croatie en 2006.
Prologue: Ce récit raconte le voyage de Marcel et Solange sur le voilier Marysol parti de la Grèce en avril 2006 pour se terminer à Sibari (Italie) le 22 août 2006 en utilisant le trajet suivant: La Grèce, La Turquie, retour en Grèce, passage en Croatie et fin du voyage en Italie.
(Message 1)
Bonjour parents et amis
Je souhaite la bienvenue aux nouveaux inscrits. J’ai scindé mon "mailing list" en deux, Hotmail m’accepte pas plus de 50 noms par liste, afin de pourvoir répondre à une demande grandissante d’amis intéressés à suivre nos déplacements et participer à nos aventures.
Nous somme en Grèce depuis le 22 avril. Un voyage sans encombres, long, fatiguant mais quand même agréable. Il fait bon se retrouver au soleil avec une température moyenne de 23 C. le jour et 15 C. la nuit. La préparation du bateau débute dès notre arrivée, pas question de perdre une seule minute… Nous réinstallons tout l’équipement que nous avions caché l’automne dernier, Solange s’occupe de défaire les énormes valises et de faire le ménage intérieur du bateau, pour ma part, je peint la coque d’une peinture antisalissure et je m’occupe de tous les autres petits "nic-nac". La cire de la coque est appliqué à deux, c’est plus encourageant et on avance plus vite. J’éprouve des problèmes à réinstaller le réseau de communication par ondes courtes winlink, mais un coup de téléphone à André du Réseau du Capitaine au Québec et le tout est vite corrigé et la communication est rétablie. Je dois mentionner ici l’excellente collaboration que nous avons toujours avec les gens du Réseau soit : André, Pierre et Jean-Yves. Vendredi le 28, c’est la mise à l’eau du bateau. La mise à l’eau de même que la sortie de l’eau sont toujours des aventures stressantes mais elle font partie des inquiétudes du marin, faut bien qu’il y a quelques petits stress ça fait apprécier le reste…
Dimanche nous partons pour Navplio à environ 20 milles au nord de Kilada, où le bateau a passé l’hiver. Il nous faut venir ici pour renouveler notre Transit Log, un document indispensable pour naviguer en Grèce en toute légalité. Comme tout est fermé dimanche et lundi, fête du travail en Europe, nous en profitons pour visiter Navplio. La vieille ville est très jolie avec ses ruelles très étroites, ses balcons fleuris et ses places publiques. En montant 857 marches (c’est le guide touristique qui le dit) nous arrivons à la forteresse vénitienne de Palamède qui couronne la ville mais nous ne pouvons pas visiter, c’est fermé : Fête du travail. De là-haut nous avons une vue superbe sur la ville et Solange s’en donne à cœur joie avec la caméra. De 1824 à 1843, Navplio fut la capitale de la Grèce avant d’être supplanté par Athènes.
Mardi midi, après avoir réglé les formalités des douanes longues et stressantes nous larguons les amarres pour nous rendre à Porto Keli 25 milles à l’est. Le vent n’est pas favorable et nous devons louvoyer tout l’après-midi pour finalement arriver à destination à 20 :00 heure.
Nous commençons lentement à prendre le rythme de la Grèce, c’est à dire : dîner vers 14 heure, faire une petite sieste quand nous ne naviguons pas et souper après 20 heure. Autour de 21 heure c’est le dodo. Ici, nous vivons beaucoup plus au rythme du soleil.
Dans quelques jours nous partons pour la Turquie un voyage de 220 milles que nous devrions faire en 48 heures. De là nous vous enverrons une autre message.
Portez-vous bien et à la prochaine.
(Message 2)
Bonjour parents et amis
Samedi, le 6 mai 2006 à 9:45 heure, nous levons l'ancre pour la Turquie, un voyage de 220 milles. Il fait un beau vent dans la baie de Porto Keli, donc nous espérons que ce vent va nous accompagner pour un bon bout de route. Grand désespoir! Après une heure le vent tombe et nous devons mettre le moteur. Jusqu'à la tombée du jour, ce sera un petit bout au moteur, un petit bout à la voile. Toutefois, toute la nuit, une belle brise nous pousse entre 4 et 7 nœuds. La mer Égée est capricieuse et les vents ne sont pas constant, il faut apprendre à être patient. Quand on navigue à voile, nous voulons toujours avoir le vent idéal, pas trop fort et sur le travers c'est là que nous obtenons le maximum de vitesse, le plus de stabilité et un confort idéal. Mais, croyez-moi, ce n'est pas toujours le cas. Souvent nous somme au près (45° par rapport au vent) le bateau gîte, tout est penché à l'intérieur et la stabilité est difficile. Il faut l'essayer pour le comprendre. Dimanche, nous sommes choyé, vent de travers et une brise de 15 nœuds nous porte vers notre destination: Pithagorion sur l'île de Samos, juste en face de la Turquie. En fait la Turquie se trouve à moins de 1 km. Douanes obliges, il nous faut arrêter une dernière fois en Grèce pour régler les formalités de sortie du pays. Nous avons fais la traversée en 42 heures en nous sommes entré de nuit (4 heure am) au port.
Pithagorion est un endroit célèbre ou aurait vécu:
La déesse Héra, sœur et femme de Zeus.
L'astronome Aristarque (320-230 avant J.C.) celui qui aurait eu l'intuition que la terre tournait autour du soleil bien avant Copernic.
Le philosophe Épicure (341-270 avant J.C.)
Et Pythagore (581-497 avant J.C.) philosophe et mathématicien inventeur des tables de multiplications et du fameux théorème, le carré de l'hypoténuse…..
Allons-nous nous souvenir de toute cette information dans quelques années? Là est la question! J'en doute…
Le 10 mai, après une courte traversée de 20 milles, nous voilà rendu en Asie Mineure, en Turquie, à Kusadasi une petite ville au sud de Izmir, la ville principale de cette région. Les formalités des douanes sont complétés le lendemain et nous préparons notre petit voyage à l'intérieur du pays. Les agences de voyage nous offrent des tours de 4 jours à Istanbul mais nous optons pour un voyage plus personnalisé que nous allons organiser nous-même pour moins de frais. Du 11 mai au 15, nous allons aller a Istanbul, et dans la région de l'Anatolie Centrale, un voyage de 2200 km. Faut le faire!!!
Et c'est le départ à 7.30 heure. De Kusadasi à Izmir, petit trajet de 1.5 heure. A Izmir nous prenons un autre bus pour Istanbul que nous allons joindre en 10 heures. Tout un voyage mais le bus est super confortable, 3 banc de large seulement, télévision, musique avec écouteurs fournis, fauteuils en cuir et service d'hôtesse, le grand confort. Ici les transports en bus sont très développés, les terminus sont immenses, parfois 300 places comme à Istanbul.
Istanbul, cette ville, qui s'est appelé autrefois Byzance et Constantinople, porte de l'Orient, a toujours été pour moi un peu mystique: je pense à Ali Baba, aux sultans et leur harem aux tapis volants… mes rêves d'enfants quoi! Mais je suis un peu déçu, y a pas de tapis volants et les sultans sont d'une autre génération. Istanbul est une ville qui compte 12 millions d'habitants, et me rappelle Bangkok. Comme la ville est séparé par le Bosphore, un bras de mer qui sépare la mer de Marmara à la mer Noir, une partie est Européenne et celle du coté sud-est est Orientale.
À 21 heure, nous trouvons facilement un hôtel en plein centre touristique pour seulement 70 liras (1 lira coûte environ .90 cents canadien). Vendredi, la visite débute par la Grande Mosquée Bleue, le palais de Topkapi, qui servit de résidence aux sultans pendant quatre siècles, la cathédrale de Sainte-Sophie qui date de 525 après JC. Elle resta la plus grande église de la chrétienté jusqu'à la conquête de Constantinople en 1453. Nous terminons par une visite du grand bazar qui rassemble environs 4500 boutiques ainsi que des mosquées des banques etc. C'est l'endroit idéal pour flâner, se perdre ou se faire prendre… À j'oubliais, nous avons fais également le bazar aux épices. Samedi, nous visitons le palais Dolmabahce, les citernes basilique et le reste de la journée et passée à se promener dans les rues.
Notre coup de cœur va pour le palais Dolmabahce (jardin comblé). Tout ce que vous avez rêvé des comptes des mille-et-une-nuits et plus encore. Le faste, le luxe, l'opulence, tout ceci se retrouve dans ce palais. La visite guidée permet de découvrir les 2 bâtiments principaux le celamlik (appartements des hommes) et le haremlik, (appartements familiaux). Nous voyons de nombreux vases de Sèvres, des lustre de Bohême et nous montons un escalier dont la balustrade est en cristal. Les photos sur le site Bellapix vous montre un peu l'allure de ce palais.
A 21 heure, nous prenons un bus pour Gorene en Anatolie Centrale. Après un trajet de 750 km, nous arrivons à 9 heure le lendemain matin. A 9,30 nous embarquons dans un minibus pour la visite de la région. L'anatolie Centrale est situé à environ 200 km au sud de Ankara au cœur de la Turquie. Au milieu de vastes pleines ondulantes on y retrouve une agriculture riche et abondante. Et au loin, on peu apercevoir les montagnes encore enneigées. C'est une belle région et les habitants sont sympathiques et ouverts. Dans la journée, nous visitons les cités souterraines. Il y aurait 36 villes souterraines mais plusieurs ont été ensevelis par les années. Quant nous y entrons nous avons l'impression d'entrer dans un gruyère. Nous descendons jusqu'à 7 étages de profond. Les gens avaient construit ces citées pour se protéger des envahisseurs et pouvaient y demeurer jusqu'à 6 mois. Nous avions visités des troglodytes en Tunisie mais celles-ci sont beaucoup plus grandes, profondes et parfaitement aménager pour y survivre longtemps. Il y a également les cheminées des fées. Il y a 3 millions d'années, une violente éruption volcanique a recouvert le plateau de tuf, une pierre tendre formée de lave. L'érosion de cette roche fragile, par le vent et la pluie a créé un paysage surréaliste et spectaculaire: des cônes rocheux des sommets coiffés de pierres plates, des ravins, le tout de toutes les couleurs. Voir les photos.
Après cette journée, bien rempli, nous reprenons un autre bus pour rentrer à la maison: au bateau, un autre petit voyage de 800 km. Après un gros 24 heure de repos, nous repartons cette fois-ci pour Efes (Ephèse) à seulement 20 km du bateau (Kusadasi).
Les ruines d'Éphèse sont parmi les plus importantes de la Turquie. Les plus veilles parties datent de l'an 1000 avant JC. Le site est impressionnant par sa taille et par la façon dont on peu imaginer la ville antique. Nous descendons les rues dallées de marbre et nous voyons les ruines du théâtre, de l'agora, de la bibliothèque, de l'odéon, du stade et même un prétendu bordel. Comme les ruines sont bien conservées, il est facile de s'imaginer comment la vie se déroulait autrefois dans cette grande ville. Plus impressionnant encore, cette ville était un port de mer important mais aujourd'hui la mer se trouve à plus de 5 km. C'est l'ensablement d'une rivière adjacente et le retrait de la mer qui causa la ruine de cette ville. Nous pouvons distinguer sur les dalles de marbre les roulières laissé par les roues des charrettes. (un peu comme sur l'autoroute 20! HA! HA!) Pour ceux qui vont à la messe, vous vous souvenez sans doute que le prêtre à l'épître disait quelques fois: Lettre de Saint-Paul aux Éphésiens… et bien c'était des gens d'Éphèse en Turquie dont il s'agit. En effet, l'apôtre Saint-Paul a séjourné et prêché à Éphèse vers l'an 53. Il y fut chassé et c'est alors qu'il à écrivit aux Éphésiens pour tenter de les convertir au christianisme.
C'est ici que prend fin notre voyage en Turquie, un voyage court mais très agréable. Le 18 mai nous repartons pour la Croatie tout en faisant encore plusieurs arrêts en Grèce.
Portez-vous bien et à la prochaine.
(Message 3)
Bonjour parents et amis
Le 19 mai nous quittons Samos (Pithagorion) en direction de la baie de Livadhi sur l'île de Pathmos. Une traversée idéale, beau vent, soleil, et du rire à profusion. En arrivant dans la baie, je me jette à l'eau, c'est ma première baignade cette année. L'eau est à environ 18 Celsius, ce n'est pas chaud mais c'est très agréable. Nous passons 2 jours dans cette baie magnifique d'environ 500 mètres de large et protégé à sa sortie par une petite île déserte. Seul voilier, eaux limpides, quelques maisons sur la côte, une petite plage fréquentée par quelques familles, voilà la sainte paix. Nous en profitons pour relaxer, faire le ménage du bateau et soigner nos rhumes que nous avons attrapés en Turquie. Solange à enfin connu ce que c'est que d'avoir un véritable rhume d'homme… Mais elle s'en remet bien, elle est faite forte ma douce...
Après deux jours, nous nous dirigeons vers Skala, le chef lieu de Pathmos, pour y effectuer ravitaillement et visite touristique. L'île est classée Monument historique depuis 1946 et le Parlement grec l'a proclamé Ile Sacrée en 1981. Ce qu'il y a d'impressionnant ici, c'est le monastère de Saint-Jean l'Évangéliste qui couronne la haute crête au sud du village. Dans le village les maisons sont toutes blanches mais nous ne retrouvons pas le bleue des Cyclades. Les habitants prétendent qu'il y a autant d'églises sur cette île que de jours dans l'année. Après Pathmos, c'est une petite escale de 2 jours à Levitha, une île quasi déserte, où seul vit une famille de fermier qui élève des chèvres et opère un petit resto pour les marins de passage.
Le 26 mai, nous nous continuons notre voyage vers l'ouest. Après 10 heures de navigation difficile, avec des vents de 35 nœuds, qui n'avaient pas été annoncé par les météorologues, nous arrivons exténues dans la baie de Manganari sur l'île d'Ios. Ce fut une dure journée. En mi-journée, en passant au sud de l'île d'Amorgos, nous avions 3 ris dans la grand-voile et le génois complètement enroulé et nous filions à 7 nœuds. Nous avons dû attacher le bimini (abri de toile au-dessus de nos têtes pour nous protéger du soleil) pour ne pas qu'il soit arraché par le vent. La mer est blanche de moutons et heureusement que nous étions près de la côte, les vagues n'étaient pas encore formées. Amorgos est une île avec des pics très élevés. Les falaises sont spectaculaires et plongent dans la mer à plus de 300 mètres de haut. Les vents y sont concentrés, quand ils redescendent vers la mer ils prennent de la force et rendent la navigation très difficile. Mais on s'en est bien tiré. Une nuit de repos et nous repartons.
Après Ios, nous filons vers l'île de Folegandros et le lendemain midi, nous quittons pour le Péloponnèse, un trajet de 100 milles que nous mettrons 22 heures à parcourir. Voici quelques réflexions de cette nuit. Il est environ 1 heure du matin, Solange fais dodo et je suis de quart. La lune est couchée, c'est une belle nuit avec un ciel étoilé à n'en plus finir. Comme il n'y aucune ville à moins de 100 milles autour, aucune lumière empêche les étoiles de briller. Vous devriez voir tout ce que le voie, c'est fantastique de voir la voûte céleste et de constater comment nous sommes petits dans tout cet univers. Je regarde derrière le bateau et je vois un sillon dans l'eau laissée par l'hélice du moteur, elle active le phytoplancton, des êtres microscopiques en suspension dans l'eau, c'est comme une trace laissée dans le ciel par un avion à réaction, mais il y en a quand même moins qu'a Baie-Comeau sur la côte nord du Québec. De tous nos voyages, c'est là que nous en avons vue le plus.
Autour c'est très calme, sauf un gros bateau de croisière tout illuminé qui nous passe présentement par l'arrière et qui se dirige vraisemblablement vers le Pirée. Comme la nuit il y a peu de choses à faire, je me suis amusé à vérifier l'heure du coucher de la lune, qui est présentement dans son premier quartier, entre ici et Québec. Avec l'aide du GPS, j'ai constaté, malgré un décalage horaire de 7 heures, qu'elle s'est couchée à 23.16 heure ici et à 22.45 heure à Québec. A 4057 milles marins (7500 km) d'écart, il n'y a qu'une demi-heure de différence. Cet écart est probablement causé par la position des deux endroits qui n'est pas la même sur leur fuseau horaire respectif.
A 9 heure du matin, nous sommes au mouillage dans la baie Frangos sur l'île d'Elafonios dans le sud du Péloponnèse. A notre arrivée tout était très calme dans cette baie, mais au cours de la journée le vent du sud s'est levé rendant le mouillage quasi intenable. Le bateau roulait d'un hublot à l'autre et tout voulait sortir des armoires. Nous réussissons à endurer ça jusqu'à 4 heure du matin et nous levons l'ancre pour nous rendre à Kalamata, 75 miles plus à l'ouest. Notre idée était de passer quelques jours à Frangos car ce mouillage était très joli, l'eau d'une beauté rare, passant du bleu foncé au bleu pâle et au turquoise, mais les conditions météo ont fait autrement. (voir les photos sur Bellapix)
Kalamata, c'est d'ici que viennent les fameuses olives de Kalamata connu mondialement. C'est vrai qu'elles sont délicieuses, grosses et juteuses vraiment différentes des autres. Quant à la ville, elle offre peu d'intérêt mais les montagnes de plus de 2000 mètres qui l'entourent sont impressionnantes et font un décor magnifique car à chaque heure du jour leurs couleurs changent avec le passage du soleil. Après une halte de 5 jours, pour l'entretien du bateau et le ravitaillement, nous repartons.
Le 5 juin c'est la baie de Petalidhion. Le jour suivant nous mouillons l'ancre dans la baie de Koroni. Nous mettons le dinghy à l'eau et nous en profitons pour visiter le vieux fort d'allure médiévale qui surplombe le village. Le lendemain nous quittons à 8 heure et nous entrons à Métoni sur l'heure du midi. Après ce sera Pilos, Zankithos et Vathi sur l'Ile de Ithaque tous des escales techniques pour nous permettre de remonter vers le nord. Vous pouvez voir notre trajet sur le site du Réseau du Capitaine dont l'adresse figure au bas de cette note.
Nous voilà rendu en mer ionienne et nous amorçons notre remontée vers la Croitie.
Portez-vous bien et à la prochaine.
(Message 4)
Bonjour parents et amis
N'en déplaise aux Québécois, je commence ce message avec un peu de pluie. Aujourd'hui le 12 juin, il nous tombe dessus une belle pluie depuis potron-minet qui lave et rince Marysol car elle en a bien besoin, tout l'accastillage est plein de sel accumulé au fil des navigations. Depuis notre arrivée, il a plu seulement une fois le 28 avril, le jour ou nous avons mis le bateau à l'eau.
L'autre jour, nous sommes au mouillage dans une petite baie bien calme qui se nomme One House Bay et qui porte bien son nom. Il y a beaucoup de petits poissons qui tournent autour du bateau. Solange leur jette du pain qu'ils s'empressent de gober dès qu'il touche l'eau. Elle décide donc de tenter sa chance avec la ligne. À peine 30 secondes se sont écoulées qu'elle remonte un petit poisson d'environ 15 centimètres qui se détache de l'hameçon, avant même que l'on puisse y toucher, tombe dans le cockpit et glisse dans un des trous d'évacuation d'eau situés dans le fond du cockpit. Ça commence déjà à sentir le poisson. Alors, avec un sceau, nous vidons de l'eau dans les évacuateurs pour tenter de faire sortir le fichu poisson, mais rien à faire, il demeure coincé quelques part et nous ne pouvons le localiser. La solution finale, il fallut tout démonter le plancher du cockpit, pour sortir le maudit poisson. Inutile de vous dire le la pêche s'est terminé là… mais nous avons bien ris.
Toujours en remontant la mer ionienne, nous faisons des arrêts à Sivota, dans la Baie Tranquille, à la marina de Levkas. Ensuite c'est Lakka sur l'île de Paxoi, la baie de Valtou et finalement la Marina Gouvia à Corfou avant-dernière île de Grèce en remontant vers le nord.
Si beaucoup de gens ne connaissent pas grand-chose de la Mer Ionienne, rare sont ceux qui n'ont jamais entendu parlé de Corfou. Elle ressemble à une grosse faucille au large de l'Albanie. Le détroit entre l'extrémité nord de Corfou ne fait que 1 mille de large et de là nous voyons très bien les postes militaires de Brutino en Albanie. Les guides nautiques recommandent de ne pas s'approcher de l'Albanie car la situation politique n'est pas des plus stable. Sur Corfou, la ville principale s'appelle également Corfou et elle vit autour de la grande esplanade. C'est un mélange de Grèce et d'Italie. C'est une belle vieille ville. Le centre historique avec partout: des ruelles tortueuses, des petits cafés cachés, des cordes à linge d'un coté à l'autre de la rue au second étage naturellement en font une ville agréable et accueillante. Nous y avons flâné toute une journée mais la chaleur accablante (38 celsius) nous a rendu la visite difficile. Néanmoins nous avons bien aimé cette ville.
Le 27 juin vers midi, nous levons l'ancre en direction de Erikoussa, une petite île au nord de Corfou. Nous mouillons dans une baie au sud de l'île, dernière étape avant de partir vers la Croatie. Le lendemain, Adieu la Grèce! Vers 11 heure, après une dernière baignade, nous levons l'ancre pour un voyage de 200 milles qui nous amènera à Dubrovnik. Pour remonter l'Adriatique, les vents dominants sont du nord, ce qui signifie que nous devrons louvoyer pour atteindre notre destination et le bateau sera gîté la plupart du temps. Effectivement, nous avons louvoyé jusqu'au lendemain matin. Par la suite le vent s'est caché et nous avons du continuer la route au moteur. Comme la mer était très calme, sans la moindre vague, nous en avons profité pour se payer un agréable repas. Nous avons tout arrêté, moteur, pilote automatique et nous avons pris le temps de souper tranquillement. Le décor était superbe, nous sommes en pleine mer, il est neuf heure du soir, que de l'eau et de l'eau et un coucher de soleil qui se présente dans toute sa splendeur. Au menu : sauté de poulet aux légumes amoureusement préparé par Solange. Quoi demander de plus, c'était féerique et nous avons su en profiter, c'est ça l'important car bien souvent nous passons à coté des belles choses sans prendre le temps de les apprécier.
Nous sommes arrivés à Dubrovnik, 47 heures plus tard et nous avons parcouru 230 milles au lieu des 200 prévus. À Gruz, en banlieue de Dubrovnik, nous avons complété les formalités douanières sans problème. Les officiers ont été très aimables et courtois. Deux des personnes rencontrées étaient fières de nous dire qu'il connaissait le Québec car ils y étaient venus lorsqu'ils étaient dans la marine Croate. Après les formalités, nous nous dirigeons vers la marina de Dubrovnik mais il n'y a pas de place, nous sommes donc à l'ancre devant la marina…
Première impression de la Croatie, c'est super… ça sent bon le jasmin et les lauriers roses. On vous en reparle dans notre prochain message. Comme dit mon ami Jean-François : Stay tune !
PS: Depuis le 12 juin nous n'avons pas eu d'autre pluie.
Portez-vous bien et à la prochaine.
(Message 5)
Bonjour parents et amis
Dobar dan (bonjour en croate)
Nous sommes rendus à Dubrovnik en Croatie. Nouveau pays, nouvelles coutumes. Il faut se réhabituer à une nouvelle langue, à la nouvelle monnaie, le Kuna (environ 5 kunas pour 1 dollar canadien), à l'alimentation qui est différente de même qu'aux coutumes locales. Gros contraste ! Depuis 5 jours que nous sommes en Croatie, il a plu 4 jours et ça tombe comme des clous. Espérons que ce ne sera pas comme ça tout l'été !
Samedi le 1 juillet nous avons monté le grand-pavois (Ensemble de tous les pavillons d'un navire en signe de fête) et avons croisé un autre bateau canadien "WE PENNY" immatriculé à Montréal. C`était le premier bateau canadien que nous avions la chance de voir cette année. Nous sommes rares les Canadiens à naviguer dans la région.
Dubrovnik, ville fortifiée, est la plus touristique de toute la Croatie. Elle fut gravement endommagée par les Serbes lors de la guerre de 1991 – 1992, mais elle a maintenant retrouvé sa beauté grâce à l'aide de la communauté internationale. Il ne reste plus de cette guerre que des photos et des mauvais souvenirs. Les remparts qui entourent la ville sont très impressionnants et ressemblent un peu à Québec. Dans la vieille ville, il n'y a pas de circulation automobile ce qui rend la visite très agréable. Nous vous invitons à voir quelques belles photos de cette ville sur le site Internet Bellapix.
Ici la voile est facile, ce n'est pas le meltem de la mer Égée, les vents sont faibles, 0 à 15 nœuds, un endroit idéal pour les novices et de belles vacances. C'est comme faire de la voile sur un lac, car nous sommes presque toujours entourés d'îles et les vagues sont nul. C'est un endroit rêvé pour ceux qui ont le cœur faible comme François et Jean-Claude. Les îles sont très rapprochées et les baies sont nombreuses. Même s'il y a énormément de voilier qui circulent, les baies ne sont pas trop bondées car il y en a tellement d'endroits différents.
Nous voici maintenant rendu à Split, seconde ville en importance en Croatie. Nous allons accueillir dans quelques jours des amis de France, pour une balade dans les îles environnantes. Par la suite nous allons rester dans les alentours pour tout l'été a flâner d'une île à l'autre. Ceci est notre dernier message de l'été. Nous vous reviendrons en septembre pour d'autres aventures car nous prévoyons laisser le bateau dans le sud de l'Italie si tout se passe comme prévu.
Bonnes vacances à tous et à bientôt.
(Message 6)
Bonjour à tous,
Lors du message 6, je vous avais informé qu'il n'y aurait pas d'autres messages au cours de l'été. Toutefois, les amis qui sont venu à bord, ont bien voulu se prêter au jeu et ont rédigé leur récit de voyage. Je vous laisse donc lire ce délicieux récit:
"Nous sommes 4 maudits français, nous avons pris Marcel et Solange en otages pour une dizaine de jours. Il ne nous a pas été difficile de les trouver puisqu'ils sont venus d'eux mêmes se jeter dans nos griffes à l'aéroport de Split dans la soirée du jeudi 13 juillet.
Présentation du nouvel équipage : Maryse et Guillaume, jeunes mariés du 8 avril, ayant déjà séjourné sur Marysol l'an dernier en Grèce, Hélène et Jean-Luc, les parents de Maryse, novices en voile.
Dès le vendredi matin, nous avons sommé Marcel et Solange de quitter Split, ville bien trop peuplée pour ceux qui recherchent le dépaysement total. 2 petites heures de voile avant de faire une pause pour le "lunch" (terme souvent employé par nos otages) dans une petite baie tranquille, 1ere baignade collective dans une eau agréable, dire que la veille à la même heure nous étions au bureau … L'après midi, nous reprenons la voile pour passer la nuit au mouillage dans la baie de Bobovice sur l'île de BRAC. Jean-Luc se sent bien sur le bateau, on ne peut pas en dire autant d'Hélène qui ira se coucher avec mal au cœur, heureusement le lendemain matin tout est rentré dans l'ordre.
Nous commençons la journée par une virée en Benji…, heu non… Dongui…, heu non … Dinghy ou Annexe pour les français qui nous lisent (nous ne désespérons pas qu'Hélène retienne ce mot d'ici la fin du séjour). Le village est niché au fond de la baie escarpée, les cigales chantent, les nombreux lauriers sont en fleurs, les habitants sont à la baignade ou à l'épicerie. Il est à peine 10 heures et sur terre il fait déjà bien chaud. Nous nous hâtons de reprendre la mer. Nous passons la journée à naviguer avec une pause "lunch" / baignade le midi, le soir nous nous installons à nouveau au mouillage dans la baie de Luka Tiha sur l'île de HVAR. Cette fois-ci, pas de village à l'horizon mais plusieurs voiliers autour de Marysol. Les côtes croates sont très prisées pour la voile, l'impression d'isolement est plus difficile à retrouver par rapport aux îles grecques l'an dernier.
Comme tout le monde apprécie la navigation, nous décidons de rejoindre d'une traite l'île de VIS, cette fois-ci le "lunch" se fera en route, Solange nous prépare toujours d'excellentes salades avec l'aide de son commis de cuisine Guillaume. En milieu d'après midi, nous entrons dans la baie Visca Luka, il y a un vent à décorner les bœufs, pour le plaisir de Solange et Hélène nous décidons de rester au mouillage pour la nuit et de ne rejoindre la Marina que le lendemain matin, leur laissant l'après midi pour observer aux jumelles les nombreux nudistes qui s'aventurent (toujours avec des palmes) sur les rochers à proximité du bateau.
Nous sommes lundi et pour la seconde fois allons mettre pied à terre, en milieu de matinée, nous nous approchons de la Marina (en fait il s'agit d'un quai unique jonchant la rue piétonne le plus fréquentée de le ville), trouvons assez rapidement une place libre. Et là c'est le retour à la civilisation : promiscuité avec les bateaux voisins, les passants curieux examinant chaque bateau … ça change du calme du mouillage … l'après midi, visite de la ville, l'île de VIS était interdite aux touristes jusqu'en 1989 car elle était devenue une base militaire Yougoslave depuis 1945. Certains se rendent à la plage, d'autres achètent du vin aux petits vieux et reviendront avec leur bouteille en plastique fiers de leur trouvaille, nous vous laissons imaginer le goût … Nous passerons la soirée au restaurant, au coucher la ville est encore bien éveillée, ce qu'on était bien au mouillage…
Lever de bonne heure pour tout le monde, ravitaillement du bateau, direction l'île de BISEVO réputée pour sa grotte bleue, chaque jour entre 11h et 12h, les rayons du soleil y pénètrent par une ouverture sous-marine illuminant les parois d'une teinte bleue complètement irréelle. (voir photos) En effet la lumière est irréelle mais aussi l'embouteillage de voiliers et de yachts dans la baie devant la grotte et plus drôle encore, en arrivant à l'entrée de la grotte en dinghy, un petit monsieur attend sur sa barque pour faire payer l'entrée ! L'après midi, nous rejoignons l'île de VIS mais de l'autre côté de l'île, nous mouillons dans la baie Ruba, toujours pour le plus grand plaisir de Solange et Hélène, inutile de vous expliciter la raison …
Une petite halte à Hvar pour le lunch où les preneurs d'otages vont visiter la ville, les québécois sont obligés de servir de chauffeur de dinghy, en contrepartie, nous allons ravitailler. Pour la baignade, la mer est un peu fraîche, mais ça fait toujours autant de bien… Nous poursuivons notre route vers l'île Klement. Peu de monde mais un peu de tangage pendant la nuit… Pour se faire pardonner le capitaine Marcel décide de nous faire ses meilleurs œufs : des œufs aux sirops d'érable… Une merveille pour tous (excepté Solange et Guillaume qui font bandes à part et ne prennent pas de sirop). Hélène et Solange sont dépitées… Rien à la jumelle…
Le lendemain nous voici sur la route de Bobovice; mais nous connaissons déjà ce village, que se passe-t-il ? Nos otages nous ont bien eus… Nous leur avons laissé le choix de la direction et nous voilà de nouveau sur la route de Split… Nous nous sommes fait rouler par leurs otages, ils sont forts ces deux là…
Après négociations, nous décidons d'un commun d'accord de les libérer mais leur dernière tâche sera de nous ramener à Trogir pour que nous puissions reprendre un avion vers la France. Ce dernier souhait est accepté et nous prenons donc la mer vers Trogir; petite ville charmante proche de Split et surtout plus proche de l'aéroport… Un peu trop proche d'ailleurs, mais cela nous permettra de faire un signe depuis le hublot de l'avion à nos amis québécois qui seront restés sur leur bateau…
Voilà donc cette prise d'otages qui se termine correctement, les quatre maudits français repartent plein de beaux souvenirs, de belles images. Guillaume et Maryse sont enchantés par leur nouveau séjour, Jean-Luc a apprécié la voile et Hélène n'a toujours pas retenu le mot Dinghy… Ah oui, nous avons oublié de vous raconter qu'à 2 reprises nous avons croisé des dauphins, c'était irréel …
Mais bon c'est ainsi que se termine nos vacances, trop courtes mais tellement reposantes et divertissantes… Tout à fait à la hauteur de nos délicieux otages, toujours aussi complices, accueillants, ADORABLES !!!
Un conseil, si vous avez l'opportunité d'embarquer sur Marysol, n'hésitez pas un instant !"
Hélène et Jean-Luc
Maryse et Guillaume
PS: Merci à Guillaume pour les très belles photos.
(Message 7 – qui n'a pas été envoyé)
Suite au décès de ma maman Annette, nous avons mis prématurément fin à notre voyage et nous sommes rentrés au Québec le 21 août 2006. Nous continuerons à vous envoyer nos récits en mai 2007.
Voir photos sur: http://perso.bellapix.com/marcelfrenette
Notre page web: http://www3.sympatico.ca/marcel.frenette2/
Suivez notre trajet sur: http://www.lereseauducapitaine.qc.ca (onglet bateau) voyez Marysol