Voici le récit du voyage effectué en avril et mai 2002 pour ramener le Bonsaï, un voilier de 38 pieds de marque Irwin, de Nassau aux Bahamas jusqu'à la Marina Gosselin à St-Paul-Ile-aux-Noix, Québec. Ce voilier est la propriété de Johanne Jourdan et de Pierre Champagne, de jeunes retraités ayant des projets de voyages plein la tête. Ils habitent à Lorraine, en banlieu de Montréal.
En début mars 2002, Pierre entre en contact avec Marcel Frenette, un ami qu'il a connu lors d'un précédent voyage aux Bahamas. Il lui propose de ramener son bateau, le Bonsaï, à la Marina Gosselin. C'est en l'an 2000 qu'ils se sont connus. À cette époque Pierre et Marcel étaient voisins de quai à la marina de Nassau Yacht Haven. Pierre était sur son voilier, le Bonsaï, tandis que Marcel était capitaine sur le Musashi, un voilier de 55 pieds.
Pierre et Johanne viennent de passer l'hiver sur leur voilier aux Bahamas et ils sont prêts pour un retour au Québec par la voie des airs. Marcel, lui, revient d'un voyage de 6 semaines en Thaïlande avec sa charmante épouse Solange, et il est prêt à reprendre la mer.
Marcel, capitaine de voilier de plaisance ayant plusieurs convoyages à son crédit, navigue habituellement avec Solange. Comme ils viennent de vendre leur résidence et qu'ils doivent aménager dans un nouveau logis à la fin mai 2002, Solange s'est portée volontaire pour effectuer les préparatifs du déménagement et décorer la nouvelle demeure. Solange ne sera donc pas du voyage cette fois-ci. Pour la remplacer, Marcel a fait appel à son copain de voile, Michel Ouellet, qui a déjà effectué un convoyage avec lui. Retraité depuis peu, Michel est propriétaire du Séléna I, un Catalina 40 qu'il a acquis récemment.
Un autre passionné de voile, Denis Forcier, ayant aussi convoyé avec Marcel, s'est joint à l'équipe. À la mi-mars, Denis a contacté Marcel pour voir comment s'était passé son voyage en Thaïlande et pour s'informer de ses projets de voile. C'est alors que Marcel lui parle du convoyage du Bonsaï qu'il doit effectuer prochainement. Comme Denis est libre à ce moment-ci, il lui propose de faire partie de l'équipage. Marché conclu.
Le convoyage du Bonsaï, de Nassau au Lac Champlain via Fort Lauderdale et New York, doit s'effectuer sur une période d'environ 5 semaines. Marcel et Denis se rendront à Nassau tandis que Michel les rejoindra une semaine plus tard, à Fort Lauderdale, pour le reste du voyage.
Destination: les Bahamas
Vendredi le 5 avril 2002; c'est le départ. Solange et Marcel prennent Denis à sa résidence et font route vers l'aéroport de Québec. Sally, l'épouse de Denis, viendra les joindre après son rendez-vous chez le dentiste. Il est 14:30 hres. Le départ de l'avion est prévu pour 17:30 hres. C'est un vol d'Air Transat, de Québec à Fort Lauderdale direct. Nous espérons y être à temps pour la dernière connexion avec Air Bahamas, à 22:00 hres. À Québec, il y a encore de la neige au sol. Le soleil est radieux en cet après-midi d'avril, mais c'est venteux et à -5°C c'est assez froid. Dire que dans quelques heures nous seront au chaud !!
Air Transat est à l'heure. Nous arrivons à Fort Lauderdale à 21:00 hres. Comme nous devons prendre nos bagages et passer aux douanes, puis se rendre au comptoir d'Air Bahamas pour acheter nos billets pour Nassau, il est trop tard. Nous manquons notre connexion. De plus, la préposée au comptoir d'Air Bahamas nous informe que nous devrons acheter des billets aller/retour puisque nous n'avons pas d'autorisation écrite pour confirmer que nous quitterons les Bahamas par la voie de la mer, sur le Bonsaï. Apparemment, le bureau de l'Immigration des Bahamas ne nous permettra pas d'entrer aux Bahamas à moins de leur prouver que nous en ressortirons. Cette autorisation écrite doit nous être donnée par le propriétaire de Bonsaï. Selon la préposée en service au comptoir d'Air Bahamas, une télécopie de cette autorisation devrait suffire pour qu'Air Bahamas nous émette des billets <aller> seulement, lesquels coûtent presque aussi chers que les billets Québec-Fort Lauderdale d'Air Transat. Nous devons donc obtenir cette autorisation avant la levée du jour.
Il est 23:30 hres. À Fort Lauderdale, la nuit est claire et c'est très confortable; pas trop humide ni trop chaud. Nous dénichons un service express de fax dans le terminal adjacent, celui portant le no 3. Faute de pouvoir rejoindre le propriétaire du Bonsaï, nous nous composons une autorisation que nous envoyons au centre FedEx, puis recevons de ce même centre FedEx, sur le même appareil fax. Nous espérons que ce subterfuge nous épargnera l'achat d'un billet aller/retour demain matin. Nous nous résignons ensuite à passer la nuit à l'aéroport, essayant de prendre quelques heures de sommeil, ici et là, sur des bancs inondés de lumière. Une douce musique de supermarché y joue constamment. Cependant, à toutes les 5 minutes, divers messages sur la sécurité dans l'aéroport sont diffusés à haut volume, comme s'il s'agissait d'une réclame à la télévision. Les périodes de sommeil sont de courte durée.
Samedi matin, le 6 avril. Nous nous présentons au comptoir d'Air Bahamas à 8:00 hres. Le premier départ vers Nassau est prévu pour 10:00 hres. Malheureusement pour nous, la personne qui nous accueille n'est pas celle d'hier soir. Notre fax d'autorisation ne la satisfait pas et nous devons acheter des billets aller/retour dont la moitié est cependant remboursable à l'arrivée, sur présentation de preuves à l'appuie. Nous nous envolons à 11:30 hres pour un vol d'une durée de 35 minutes à destination de Nassau à bord d'un Boeing 737.
Notre arrivée à Nassau s'effectue sans problème et dans une ambiance de fête avec la présence d'un trio de musiciens à l'aérogare qui nous accueille avec une musique et des chansons typiques des Bahamas. Nous récupérons nos bagages et nous passons les Douanes et l'Immigration sans embêtement. Au fait, nous mentionnons aux douaniers que notre destination est le voilier Bonsaï, amarré à la marina de Nassau Yacht Haven, afin d'y effectuer son convoyage au Canada. On nous souhaite la bienvenue sans autres formalités. Nous nous dirigeons ensuite au comptoir d'Air Bahamas pour obtenir remboursement de la partie <retour> de notre billet d'avion. Là aussi aucun problème pour obtenir remboursement sur simple explication de la situation, sans autres formalités.
C'est l'heure du midi; le soleil brille de tous ses éclats et il vente: E 15 nœuds. Vite un taxi pour se rendre à la marina où Pierre et Johanne nous attendent. Quel régal visuel que de longer le littoral en taxi et de contempler cette mer turquoise qui s'active inlassablement à produire des vagues dont les lames, étincelantes au soleil, se brisent en rugissant et viennent ensuite mourir sur la plage de sable blanc-rosé en émettant de longs mugissements qui s'atténuent graduellement pour faire place aux vagues suivantes. Touchant n'est-ce-pas !!!!!
Il est 13:00 hres en ce samedi 6 avril lorsque nous montons à bord du Bonsaï. Pierre et Johanne nous accueillent chaleureusement. C'est un couple très sympa et plein de joie de vivre. Ils sont heureux de revoir Marcel et de me rencontrer pour la première fois. Nous discutons de mille et une choses en cette après-midi de détente et nous prenons le repas du soir à bord du Bonsaï. Le lendemain, dimanche le 7 avril, Pierre et Johanne prendront l'avion en après-midi à destination de Fort Lauderdale où leur voiture fut stationnée pour l'hiver. Ils retourneront donc au Québec en automobile. Avant son départ, Pierre fait le tour du bateau avec le capitaine Marcel afin de le bien informer des détails et particularités de son fonctionnement. À 15:00 hres, c'est le départ de Pierre et Johanne après les accolades et les au-revoirs. Le mandat de convoyage s'amorce. La météo n'est pas trop favorable pour les prochain jours; des vents du NE, de l'E et du SE de 20 à 25 nœuds sont prévus. La mer est agitée dans le Gulf Stream. Sur le continent américain, il y a des tornades dans le sud des États-Unies et des pluies abondantes avec vents violents sur une grande partie du territoire, incluant la côte est américaine. Vaut mieux rester à quai pour quelques jours et attendre le moment propice pour se rendre à Fort Lauderdale où Michel nous joindra vendredi le 12 avril prochain.
Quelques jours à Nassau
Lundi le 8 avril: Comme nous avons quelques jours devant nous, nous décidons d'aller faire de la plongée en mer. Marcel possède déjà sa carte de compétence. Il est un plongeur certifié CMAS. (Confédération Mondiale des Activités Subaquatiques). Je viens de compléter mon cours de plongée ACUC (American Canadian Underwater Certification) mais n'ai pas encore complété ma certification. Celle-ci doit se faire en juin prochain, en eau froide aux Escoumains. Ici aux Bahamas, l'organisation Bahamas Divers basée, entre autres endroits, au Nassau Yacht Haven, est très réputée pour l'organisation de plongées. En après-midi, nous nous joignons donc à un groupe de Bahamas Divers et nous allons faire de la plongée sur le Nautilus Reef, à proximité de Athol Island, New Providence. Quel spectacle !! C'est comme si nous plongions dans un aquarium grandeur nature. Le spectacle est féérique avec ses poissons multicolores et ses coraux multiformes. Bahamas Divers prend même un vidéo de chaque excursion de plongée montrant les plongeurs à l'œuvre et s'en donnant à cœur joie dans l'exploration des coraux. La casette vidéo est ensuite offerte aux plongeurs pour la modique somme de 29,95$US.
Cette expérience de plongée fut très satisfaisante, si bien que je décide alors de faire ma certification aux Bahamas plutôt qu'aux Escoumains. Chez Bahamas Divers, affiliée à PADI, le coût de cette certification est de 300$US. Ce coût comprend l'examen écrit final de PADI (semblable à celui de l'ACUC), une vérification en piscine de la maîtrise des techniques de la plongée, puis 4 sessions de plongée en milieu naturel où les habiletés de plongée sont mises à l'épreuve. La vérification des techniques en piscine s'effectue le mardi matin, 9 avril, puis en après-midi, c'est deux plongées de certification successives de 20 minutes chacune en milieu naturel. Le lendemain matin, mercredi 10 avril, deux autres plongées successives sont effectuées pour compléter la certification.
Pendant que je fais ma certification, Marcel s'occupe des derniers préparatifs relatifs au convoyage de Bonsaï. Ces préparatifs comprennent l'achat de quelques victuailles, le plein de la réserve d'eau du bateau, une vérification du bateau, les formalités de départ de Nassau Yacht Haven et un dernier contact téléphonique avec le propriétaire du bateau et l'équipier Michel Ouellet qui doit nous joindre à Fort Lauderdale. Nous larguerons les amarres mercredi après-midi le 10 avril dès que ma certification de plongée aura été complétée.
Le départ pour la Floride
Mercredi le 10 avril, 13:30 hres; c'est l'heure du départ. Le ciel est dégagé, le soleil de Nassau est chaud en ce début d'après-midi, et le vent est E 15 à 20 nœuds. Nous laissons Nassau Yacht Haven et nous prenons le Eastern Channel en direction nord-ouest. Nous passons sous les ponts qui mènent à Paradise Island et nous sommes en route pour Fort Lauderdale. Marcel prévoit une durée approximative de 36 heures pour effectuer les quelques 170 miles qui nous séparent de Fort Lauderdale. Ce trajet se fera en deux étapes: une première étape doit nous mener à Gun Cay puis, après un repos de quelques heures, la deuxième étape nous mènera à destination. Deux raisons favorisent cette stratégie de navigation: Premièrement, les vents actuels soulèvent la mer et rendent le passage du Gulf Stream inconfortable. De meilleures conditions de vent sont prévues pour demain. Deuxièment, Michel doit arriver vers 11:00 hres vendredi. Nous préférons traverser le Gulf Stream de nuit pour être là vendredi matin.
Environ une demi-heure après le départ de Nassau, je ressens soudainement une vive douleur dans le bas du dos, ce qui me rend totalement inapte à faire quelque manœuvre que ce soit. Je dois m'immobiliser complètement jusqu'à ce que le mal disparaisse. Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive et je prends donc certaines précautions; en voyage, j'apporte toujours des comprimés anti-inflammatoires et mon support lombaire orthopédique. Ça ne guéri pas le mal, mais ça soulage un peu. Marcel se retrouve donc seul pour naviguer.
Nous poursuivons la route sur un cap de 304° mag. jusqu'à la bouée Northwest Channel située dans les Berry Islands, à une distance de 49 miles de Nassau. C'est là que nous changeons de cap à 261° mag. pour nous rendre à Gun Cay distant de 61 miles de la bouée Northwest Channel. La nuit est noire, le vent se tient E 15-20, il y a peu d'eau sous la quille et je suis toujours non opérationnel même si ma condition s'améliore un peu. Il est passé minuit; Marcel pense même à jeter l'ancre pour la nuit en pleine mer sur les hauts fonds mais les conditions de la mer ne le permettent pas. Marcel révise alors son plan de route pour aller à Bimini au lieu de Gun Cay. Il connaît ce chemin pour l'avoir déjà navigué et il y a plus d'eau sous la quille, ce qui lui est plus rassurant.
Sur un cap de 293° mag, la distance qui séparent la bouée de North Rock à Bimini, de celle de Northwest Channel est de 63 miles. Nous naviguons grand largue toute la nuit et parfois même par vent arrière. Nous contournons la bouée North Rock et nous nous dirigeons vers Paradise Point, en face du Casa Grand Hotel pour y jeter l'ancre. Il est 13:50 hres en ce jeudi 11 avril, le soleil est radieux et nous sommes à l'abris du vent. La mer est calme à cet endroit qui est bien protégé des vents de l'est et du sud-est. Nous nous reposerons quelques heures et reprendrons la mer en soirée. Déjà, je me sens beaucoup mieux et je suis prêt à naviguer tout en prenant bien soin de mon dos.
À 21:10 hres, nous quittons Bimini pour Fort Lauderdale, un trajet de 48 mile qui devrait durer une dixaine d'heures. La nuit est claire, mais le vent persiste à E 15-20 nœuds. Nous nous partageons des quarts de 3 heures. Nous traversons le Gulf Stream sans problème et arrivons à l'entrée de Port Everglades à 6:45 hres. Nous remontons New River jusqu'au pont SE 3rd Avenue, Las Olas, où nous nous amarrons à l'emplacement no 35 le long de la rivière. Ces emplacements sont administrés par la ville de Fort Lauderdale. Les frais de quaiage sont de 0,95$ US le pied par jour. C'est vendredi 12 avril. Le capitaine Marcel prévoit rester ici 2 jours; il appelle Solange pour l'informer de le localisation exacte du Bonsaï. L'équipier Michel arrivera cet après-midi. D'ici là, nous prenons le temps de relaxer.
Quelques jours à Fort Lauderdale
Il est 15:00 hres quand Michel arrive au bateau. Marcel l'accueille chaleureusement à bord du Bonsaï et je suis très heureux de faire sa connaissance. J'offre à Michel de déposer ses bagages dans la pince et de s'y installer pour la semaine, ce qu'il accepte volontier. Comme Bonsaï possède deux chambres fermées, les deux équipiers se partagerons la pince, en alternance une semaine à la fois, et le capitaine prendra la chambre côté tribord arrière. Lorsque Michel occupe la pince je couche dans le carré, et vice versa. Michel est un chic type qui a un sens de l'humour bien développé. Il a le bon mot pour rendre la vie agréable et il sait se raconter sans se prendre trop au sérieux. Il nous relate son voyage de Montréal à Fort Lauderdale à bord du L-1011 de Air Transat. Après une demi-heure de vol, l'avion a dû revenir à Montréal parce qu'un moteur s'était arrêté. Pas trop grave; Air Transat est réputé pour ses vols planés. Changement d'avion puis retour en vol pour arriver à Fort Lauderdale à 13:30 hres. Le temps de passer à l'Immigration, récupérer ses bagages, un diner rapide puis appel téléphonique à Solange pour savoir où se trouve le Bonsaï. La première action de Michel à bord du Bonsaï fut d'offrir une bonne bouteille de rhum Appleton au capitaine. <Sti-con-né-bain> fut son premier commentaire, lequel commentaire fut repris en cœur et répété ensuite à plusieurs reprises en cours de route.
Le reste de l'après-midi fut passé à bord du Bonsaï à parler de tout et de rien, et à faire plus ample connaissance dans une atmosphère de détente et de camaraderie. Le temps du souper venu, nous sommes allés chez Hooters, près de la rivière à Las Olas. Un pichet de bière et un bon repas de poisson servis sur la terrasse du deuxième avec vue sur les luxueux cruisers alignés le long de la rivière. En complément, un service aux tables rapide et sans prétention, effectué par de jeunes serveuses très bien tournées et à l'allure athlétique en shorts rouge et T-shirt blanc.
Samedi 13 avril; quelques corvées sont prévues aujourd'hui. En premier lieu, Michel doit effectuer un important appel téléphonique sur son cellulaire. C'est un appel conférence de quelques heures à Montréal avec les membres du Conseil d'administration sur lequel il siège. D'importantes décisions ont été prises lors de ce c.a..; après cet appel conférence, Michel se sent vraiment en vacances. Marcel, pour sa part, prend un taxi et se rend au bureau de l'Immigration. Déception: le bureau est fermé et ouvre à 11:00 hres seulement. Il revient au bateau et y retourne en début d'après-midi. Autre déception: l'Immigration fait sa clairance à lui, mais les équipiers doivent se présenter eux-mêmes pour faire leur clairance. Drôle de procédure pour un bureau d'Immigration dont les agents n'ont pas le temps de se déplacer pour aller visiter les bateaux de plaisance qui viennent de territoires étrangers.
L'après-midi est chaude et ensoleillée. Une bonne douche ferait du bien. Nous installons un boyau d'arrosage à la prise d'eau sur le trottoir qui borde la rivière et à tour de rôle, nous prenons notre douche savonneuse sur le trottoir, près du bateau en pleine ville de Las Olas. Spectacle assez inhabituel, mais c'est très rafraîchissant. Prochaine corvée: l'épicerie. Marcel rappelle le même taxi que ce matin. Le chauffeur est un haïtien qui parle français et qui commence déjà à nous connaître. Il nous conduit au supermarché Publix du centre d'achat situé sur Cordova et 17ième rue. Marcel et Michel font l'épicerie tandis que je continue en taxi jusqu'au bureau de l'Immigration pour faire ma clairance, puis je reviens à pieds les rejoindre au supermarché. De retour au bateau, j'en profite pour appeler mon épouse Sally à Québec et ma mère à Montréal.
Un apéro ou deux, puis c'est maintenant l'heure du souper. Le mousse Michel, nous prépare un succulent filet de morue fraîche servi avec pommes de terre et brocoli. Après le repas, nous jasons dans le cockpit jusqu'à une heure du matin, le temps de vider la bouteille de rhum que Michel a donnée au capitaine hier ainsi qu'une demi bouteille de Nassau Royal liqueur qui se trouvait à bord. Nous sommes prêts pour une bonne nuit de sommeil.
Dimanche le 14 avril; la levée du corps s'effectue lentement. Nous passons un avant-midi tranquille. Vers 10:00 hres, j'appelle Muriel, mon ex d'il y a 35 ans et mère de notre fils Benoit. Malgré le divorce, nous entretenons des relations amicales et nous nous rencontrons lors de réceptions familiales. Elle et son copain de longue date, Stuart, ont un pied à terre très confortable dans un village de maisons mobiles situé en bordure d'un petit lac à Fort Lauderdale. Muriel et Stuart viennent nous rendre visite au bateau sur l'heure du midi. C'est une rencontre très cordiale; Marcel et Michel s'étonnent que mon ex m'appelle toujours "Mon Trésor". Une photo de famille est prise de Muriel entre son ex et son next, comme disait Stuart.
Après la visite du bateau, Muriel et Stuart m'amènent voir leur maison mobile. C'est une maison très fonctionnelle de 25' X 40', bien éclairée, décorée avec goût et située en bordure du lac. Huguette, la sœur de Muriel, et son copain Philipe ont aussi une maison mobile dans ce village où résident aussi plusieurs québécois durant les mois d'hiver. Ça fait quelques années que je n'ai pas vu Huguette et Philipe. Muriel m'amène les voir et nous sommes heureux de nous revoir. Déjà 17:00 hres; Muriel et Stuart me ramènent au bateau. Menu pour souper: côtelettes de porc sur BBQ. Michel prépare le riz et les légumes tandis que Marcel, encore une fois, se surpasse aux chaudrons. Demain matin, Marcel ira aux Douanes chercher son cruising permit et j'irai compléter l'épicerie. Michel préparera le bateau et nous larguerons les amarres à destination de Fernandina Beach, une distance en mer de 302,7 miles.
Lundi le 15 avril, 07:00 hres; l'équipage est debout. Les premiers mots du capitaine à mon endroit sont: <bonjour mon trésor>. Nous prenons notre déjeuner dans le cockpit. La journée s'annonce belle et la météo prévoit des vents E 10-15 pour les 5 prochains jours et une mer de 2 à 4 pieds. Très bonnes conditions pour prendre la mer en direction nord.
Après le déjeuner, notre chauffeur de taxi haïtien n'étant pas disponible, je marche avec Marcel le long de la US1 pour aller au supermarché et à l'Immigration tandis que Michel reste au bateau pour le préparer pour le départ en mer. Après 15 minutes de marche nous aperçevons un taxi en train de faire le plein à une station service. Nous montons à bord et nous nous dirigeons au supermarché Publix. Pendant que je ferai le marché, Marcel continuera jusqu'à l'Immigration, bureau des Douanes, pour obtenir son cruising permit, puis reviendra me chercher au supermarché.
Après le marché, je m'assois sur un banc dehors et j'attends le retour de Marcel. Tout à coup, le taxi revient sans Marcel. Je demande au chauffeur ce qui est arrivé et il me dit qu'il vient me voir pour se faire payer. Il me dit qu'il a attendu Marcel plus d'une demi-heure. Comme Marcel ne revenait pas, il est allé au bureau de l'Immigration au 4ème étage et Marcel n'y était pas non plus. Il en a donc conclu qu'il s'était fait arnaqué. Je mets l'épicerie dans le taxi et nous retournons à l'Immigration pour s'enquérir de Marcel. Le bureau du 4ème étage m'informe que les cruising permits sont émis au 1er étage. Le bureau du 1er étage me dit que Marcel est parti depuis 15 minutes. Je reviens donc au bateau certain d'y voir Marcel. À ma grande surprise, le capitaine n'est pas encore revenu. Quand il revient au bateau environ 30 minutes plus tard, il nous explique que le taxi n'était plus là lorsqu'il est sorti du bureau de l'Immigration. Il a donc pris un autre taxi pour revenir chez Publix. Comme je n'était pas là, il a marché pour revenir au bateau.
En route vers Charleston
À 10:30 hres, nous larguons les amarres. Sous le pont de la 17ième à 11:00 hres, puis la levée des voiles à 11:30 hres. Comme les conditions de mer sont idéales et qu'elles devraient se maintenir pour les 5 prochains jours, la capitaine décide de se rendre à Charleston, distant de 416 miles, plutôt que de rentrer à Fernandina Beach. Le vent est E 10-15, la mer 2-3 pieds, et nous naviguons vent de travers et même près bon plein. Le ciel est dégagé, le soleil est chaud et c'est 30°C dans le cockpit. Une légère brise et l'ombre du Bimini nous rafraîchissent convenablement. En fin d'après-midi, nous sommes à 7,5 miles de la côte, vis-à-vis West Palm Beach. Nous avons l'effet du Gulf Stream et nous filons à plus de 9 kts avec des pointes à 11 kts. Les quarts de nuit s'organisent. Prenant effet à 21:00 hres pour durer jusqu'à 9:00 hres le lendemain matin, soit 4 quarts de 3 heures, ce sera à tour de rôle Marcel, Michel puis Denis qui effectueront la vigie.
Première nuit en mer pour Michel. À 2:00 hres du matin, nous sommes à 30 miles au large et à 40 miles en diagonale de Cap Canaveral; c'est le quart de Michel. Nous traversons un grain; le vent rafale et c'est le déluge. Le capitaine se lève pour aider Michel dans ses manœuvres. Il faut réduire les voiles: le génois est raccourci et un ri est pris dans la grand voile. Michel et Marcel sont détrempés tandis que, étant déjà couché, je suis resté bien a l'abri, à l'intérieur. À 14:30 hres le moteur est mis en marche pour une heure afin de recharger les batteries. Le reste de la nuit fut sans problème sous un ciel étoilé.
Mardi le 16 avril; le soleil est radieux et c'est 30°C. Le vent est SE 5-10 et la mer est calme avec un swell de un mètre. Grâce au courant du Gulf Stream, nous maintenons une vitesse de 6 à 7 nœuds. Ce fut un bel après-midi relaxe. Coucher de soleil splendide, nuit calme et étoilée. À 0:50 hre, le vent tombe et mise en marche du moteur. Nous naviguons à moteur pour le reste de la nuit puisque Éole nous a abandonné.
Mercredi 17 avril: Le moteur est arrêté à 8:00 hres. La mer est calme et le vent est très léger. À 9:00 hres, nous sommes à 65 miles de l'entrée de Charleston; le vent a changé de direction et il est maintenant NW 5. Nous naviguons au près à une vitesse de 2 à 3 kts. C'est une belle journée ensoleillée et la température est à 26°C. Nous sentons que l'air tend à rafraîchir. À 10:00 hres, las du petit temps, nous rentrons les voiles et remettons le moteur en marche. Nous sommes maintenant à 59 miles de Charleston et notre vitesse est de 4,5 kts. À 15:00 hres, la mer est comme un miroir, pas un souffle de vent. En cours de journée, je trace sur ordinateur la route de Charleston à Beaufort par l'intracoastal, puis celle de Beaufort à Norfolk. En tenant compte de tous les changements de direction nécessaires pour se tenir dans le chenail de l'intracoastal, la route de Charleston à Beaufort compte 222 waypoints sur une distance de 229 miles et celle de Beaufort à Norfolk compte 150 waypoints sur une distance de 177 miles. La création de ces routes taxe sensiblement la mémoire de l'ordinateur qui a déjà atteint son point de saturation. Vers 23:00 hres nous approchons de l'entrée de Charleston, à 10 miles au large. La nuit est noire et nous comptons sur l'ordinateur pour effectuer cette approche. C'est à ce moment précis qu'il décide de ne plus coopérer; il ne répond plus à nos commandes. Nous libérons quelques meg de mémoire et après plusieurs essais, nous réussissons heureusement à remettre en marche le logiciel de navigation Nobeltec. Sans lui, l'entrée à Charleston aurait été pénible compte tenu de la noirceur et des nombreuses bouées qui s'y trouvent. Nous nous mettons à tangon au mouillage en face de la marina municipale à 2:00 hres du matin. Dans le cours de ces opérations, ma montre se détache de mon poignet et passe par dessus bord. Adieu à cette belle montre Swatch, un cadeau de mon fils Benoit qui faisait mon bonheur depuis quelques années.
Jeudi 18 avril: Nous laissons le tangon et nous nous dirigeons au quai de service de la marina municipale pour faire le plein de fuel et d'eau, et pour prendre une bonne douche dans les nouvelles installations sanitaires qui ont récemment été construites sur le quai de service même. À ce jour, nous avons fait 36 heures de moteur depuis notre départ de Nassau, pour une distance parcourue de 585 miles à voile et à moteur. Le plein de fuel à Charleston étant de 21,41 Us gls, la consommation du Bonsaï est donc d'environ 0,6 US gls à l'heure, disons 0,7 par mesure de sécurité.
En route vers Norfolk, VA.
À 9:00 hres, nous larguons les amarres pour Beaufort via l'intracoastal. La journée s'annonce belle et ensoleillée; c'est 27°C et un léger SE 5-10 nous accompagne dans l'intracoastal. En après-midi, en route dans l'intracoastal nous sommes dérangés par des mouches qui viennent nous piquer dans le cockpit. Certaines ressemblent aux mouches à chevreuil du Québec tandis que d'autres sont microscopiques mais ont des crocs de Pitbull. On ne les voit pas mais elles mordent et laissent leurs marques. Craignant qu'elles nous dérangent durant la nuit, nous installons les moustiquaires autour du cockpit. Le cockpit se transforme alors en Florida room. Vers 18:45 hres, nous approchons de Georgetown, SC, l'endroit que le capitaine a choisi pour jeter l'ancre. Comme ça c'est produit hier soir, l'ordinateur nous abandonne une fois de plus au moment critique lorsque nous nous dirigeons à notre site d'ancrage.. Nous jetons l'ancre à 19:00 hres. Michel profitera pleinement de sa nuit de sommeil dans la pince puisque demain, c'est moi qui l'occuperai pour la semaine. Nous prévoyons partir demain matin vers 10:00 hres lorsque la marée sera sur le montant.
Vendredi le 19 avril: La journée s'annonce aussi belle qu'hier. C'est 26°C et le soleil brille. Le vent est encore SE 5-10. Nous levons l'ancre à 9:30 hres. Nous devrions atteindre Myrtle Beach avant le coucher du soleil. Nous progressons toute l'après-midi dans l'intracoastal avec le courant de marée. À 17:15 hres, nous arrêtons pour la nuit à Barefoot Landing, Myrtle Beach, car le prochain site de mouillage est à plus de 3 heures de distance. Il y a un quai de 500 pieds le long du canal, en arrière d'un petit carrefour commercial, mais c'est déjà pleinement occupé. Nous nous mettons à l'épaule sur le Molly Blossom, un magnifique trawler de 45 pieds appartenant à Betsy et Martin, un couple retraité américain. Dès que nous sommes amarré, c'est déjà l'heure de l'apéro; un bon rhum avec jus de pamplemousse. Aussitôt, un autre voilier s'amène; c'est le Frolic, un Jeanneau Sun Legend 41. Lorsqu'il s'approche, il éprouve des problèmes de transmission et le bateau ne répond plus. Le capitaine jette l'ancre non loin du Bonsaï. Tout près de nous, à quai, se trouve le Alley-Cat, un autre trawler de 40 pieds en route pour Montréal. Le capitaine du Alley-Cat, avec son dingy, nous amène les amarres du Frolic pour le mettre à l'épaule du Bonsaï. Après tout ce remu-ménage, nous décidons de souper au resto Damon's tout près du bateau, puis de faire l'épicerie chez Wall Mart food center, environ 2 miles plus loin. Damon's est un steak house où les grillades et les côtes levées sont excellentes. Nous sommes servis par Indre, une souriante et élégante Lithuanienne dans la vingtaine, blonde aux yeux bleus. Après le resto, c'est Wall Mart. Nous stoppons un taxi le long de la route, et de peine et misère, nous nous rendons au Wall Mart: mauvaise direction sur l'autoroute, changement de direction en coupant directement dans le terre-plein, et problème de transmission du taxi qui avance lentement et péniblement. Enfin rendu au Wall Mart; nous faisons l'épicerie et j'en profite pour m'acheter une montre. Retour en taxi au bateau; pas le même taxi.
Samedi le 20 avril: après une bonne nuit de sommeil, nous larguons les amarres à 6:30 hres. La journée s'annonce belle, mais un peu plus fraîche. À 10:30 hres cependant, c'est ensoleillé et 25°C. Le courant de marée aidant, nous avançons à un bon rythme: en 4 heures, en plus d'une attente de 35 minutes à un pont qui n'ouvrait qu'aux heures seulement, nous avons parcouru 25 miles. Il y a de beaux cruisers qui circulent dans l'intracoastal agrémentés, bien souvent, de jolis corps de femmes en maillot de petite dimension. De quoi se rincer l'œil ! Vers 14:30 hres il y a une bonne brise de l'est dans l'intracoastal près de Carolina Beach et le ciel s'ennuage. Le capitaine décide alors de faire la cuisine; sa spécialité: un bon pâté chinois pour souper. À 16:00 hres, le soleil est de retour et c'est chaud et humide à 29°C dans les environs de Wrightsville, N.C. Nous poursuivons notre route jusqu'à 19:45 hres et nous jetons l'ancre à Sloop Point, entre les milages 260 et 265 dans l'intercoastal. En 13½ heures aujourd'hui, nous avons parcourus plus de 90 miles à moteur. Demain nous devrions atteindre Beaufort.
Dimanche le 21 avril: Nous levons l'ancre à 6:15 hres à destination de Beaufort que nous devrions atteindre aujourd'hui. Les nuits sont plus fraîches. C'est 21°C au lever du jour. À 8:45 hres, nous nous arrêtons une demi-heure à la Marina de New River pour faire le plein de fuel et d'eau, et aussi pour prendre une douche. Nous avons mis 23,5 US gls pour 33,6 heures de moteur, soit une consommation moyenne de 0,7 US gls à l'heure. À 10:00 hres, nous approchons du pont pivotant de Onslow Beach et nous devons attendre jusqu'à 11:00 hres pour l'ouverture du pont car une pratique militaire se prépare. Soudain, des avions et des hélicoptères militaires volent à basse altitude et tirent des obus sur des objectifs en bordure de l'intracoastal. Le spectacle a commencé dès que nous sommes sorti d'une zone délimitée par deux petites embarcations de la US Navy.
Nous passons le pont à 11:00 hres et nous poursuivons notre route vers Beaufort. C'est une autre belle journée: le soleil est au rendez-vous, c'est 26°C et la brise est légère. Nous atteignons Morehead City, ville jumelle de Beaufort, à 16:30 hres. Comme il est encore tôt dans la journée, le capitaine décide de poursuivre la route en direction de Norfolk, situé à quelque 180 miles plus loin. Adieu Beaufort: ce sera pour une autre fois. Nous jetons l'ancre une quinzaine de miles plus loin, à Cedar Creek, à 18:50 hres. Cedar Creek est un très beau site de mouillage tranquille situé à 2 miles au sud de Neuse River.
Lundi le 22 avril: nous levons l'ancre à 6:30 hres. La journée s'annonce belle et c'est 23°C lors du départ. À 11:00 hres, c'est 27°C et le soleil est légèrement voilé. Lorsque la brise tombe et qu'il n'y a plus de vent, les mouches sont de retour; les mêmes à l'appétit vorace. Elles nous suivent depuis Charleston. Certaines, celles qui sont visibles, se déguisent même en mouches domestiques pour ne pas se faire reconnaître.
Durant l'avant-midi, Michel en profite pour se familiariser davantage avec son nouveau GPS, un Garmin 76. En cours de route, comme aide complémentaire, son GPS a été fixé sur la console de navigation afin que le barreur puisse y lire en tout temps la vitesse du bateau et sa position. Michel entre dans son GPS les mêmes waypoints que ceux entrés dans l'ordinateur et il génère une route qui correspond à celle que nous suivons sur ordinateur. Dorénavant, la navigation électronique peut se faire à l'extérieur pour les parties de route entrées dans le GPS.
À 13:00 hres, nous sommes dans Pungo River. Le vent est NW 15-20 . Nous poursuivons notre route à moteur toute l'après-midi et nous jetons l'ancre à 18:30 hres dans un mouillage entre les bouées G41 et G43, à Deep Point, dans l'Alligator River. C'est l'heure de détente. Conversation amicale dans le cockpit avant le souper, en savourant un verre de Merlot, en se laissant doucement bercer dans un mouillage paisible, contemplant un soleil qui se retire magistralement à l'horizon et écoutant Diana Krall nous susurrer <The Look of Love>. Les copains sont heureux.
Mardi le 23 avril: nous levons l'ancre à 6:55 hres. C'est frisquet ce matin; c'est 15°C. Le vent est N 15-20 kts. Jusqu'en après-midi, sur une distance de plus de 30 miles dans l'Alligator River et l'Albemarle Sound, nous avons le vent sur le nez, ce qui rend la mer choppy et ralentit notre vitesse à 5 kts. Le Florida room autour du cockpit est très pratique; nous déroulons les panneaux de vinyle sur les moustiquaires et nous sommes confortables à l'abris du vent et des embruns. À 16:45 hres, nous accostons à Coinjock Marina pour faire le plein de 20,1 US gls de fuel pour une distance parcourue de 29,8 miles; moyenne de 0,7 miles/gl. Il y a un mouillage recommandé à Pungo Ferry, en face de la Marina, bouée verte no 41. Nous arrivons à ce mouillage à 19:30 hres, mais nous constatons qu'il n'y a pas assez d'eau. Nous retournons un peu en arrière quelques centaines de pieds, près du pont menant à Pungo River, mais là aussi il n'y a pas assez d'eau. Nous retournons alors en arrière 1½ miles à l'entrée de Blackwater Creek, près de la bouée rouge no 46. Là aussi il y a très peu d'eau; il est déjà 20:15 et il commence à faire noir. Nous jetons l'ancre alors que la quille touche le fond. Nous sommes échoué en bordure de l'intracoastal! Le capitaine décide que c'est assez pour aujourd'hui et que c'est le temps de fermer le moteur. Surprise!!! Le moteur ne veut plus s'arrêter. Le bouton d'arrêt du moteur est hors d'usage. Nous examinons le moteur pour voir comment l'arrêter et après quelques suggestions et commentaires de part et d'autres, nous l'arrêtons en soulevant deux des trois clés de contrôle de la compression des pistons. Le moteur tousse un peu en tournant sur un seul cylindre, puis s'étouffe. Un bon rhum avant le souper, ça fera du bien. Nous fermons les toiles autour du cockpit car la nuit s'annonce fraîche.
Mercredi le 24 avril. Au départ de Blackwater Creek, à 7:10 hres, c'est 10°C. Le capitaine met le moteur en marche et, avec full trottle, nous réussissons à nous sortir de notre position précaire sans trop de difficulté. Il nous reste une trentaine de miles à faire avant d'arriver à Norfolk. Cependant, à l'approche de Norfolk, cette distance compte huit ponts et une écluse à franchir. Au premier pont: une attente de 20 minutes, au deuxième pont: une attente de 25 minutes, au troisième pont et à l'écluse adjacente: une attente de 45 minutes, au quatrième pont: 10 minutes. Heureusement, pas d'attente pour les autres ponts et nous arrivons à la marina Tidewater Yacht Agency, à Portsmouth en face de Norfolk, à 13:30 hres. Le temps s'est adouci et à Norfolk en après-midi c'est 21°C.
Quelques corvées à faire avant de repartir: changer l'huile du moteur, changer le filtre à fuel, resserrer les courroies du moteur, réparer le bouton d'arrêt du moteur, resserrer le presse-étoupe, faire l'épicerie, faire le lavage et prendre une bonne douche.
Jeudi le 25 avril: Première journée de pluie depuis Nassau. C'est une journée pour rester couché. Nous sommes toujours à quai à la marina Tidewater et il nous reste encore l'épicerie à faire. Pour déjeuner, le capitaine est aux fourneaux; œuf/bacon/lion au menu. Nous profitons de la matinée pour réviser notre itinéraire: remonter la baie de Chesapeake, prendre le Chesapeake-Delaware canal, revenir dans l'Atlantique par la baie Delaware à Cape May. Ensuite, destination New York. C'est 290 miles pour le périple Chesapeake-Delaware et 100 miles Cape May-New York. Dans la baie de Chesapeake, nous prévoyons jeter l'ancre à Fishing Bay et à Annapolis. Dans le canal, ce sera à quai à Chesapeake City. Aucun mouillage de prévu dans la baie Delaware, mais une nuit en mer. Nous devrions être à Cape May dans 4 jours, soit mercredi le 30 avril. Voilà; c'est réglé pour la navigation. En après-midi, le ciel se dégage et nous faisons notre épicerie. Le soleil se manifeste et c'est confortable dehors.
En route vers New York
Vendredi le 26 avril: Nous larguons les amarres à 5:55 hres. Destination: Fishing Bay dans la baie de Chesapeske, à 54 miles de Norfolk. Le ciel est dégagé, le vent est N 10, la mer est calme et, à 19°C, c'est frais en mer pour naviguer. En cours d'avant-midi, comme nous progressons à un bon rythme, le capitaine décide d'aller un peu plus loin que Fishing Bay. Nous poursuivrons notre route à moteur jusqu'à St Jerome Point, à l'embouchure du Potomac, une trentaine de miles plus loin, que nous atteignons à 20:20 hres. Aujourd'hui nous avons couvert une distance de 81 miles en 13,6 hres. Après le souper, nous prenons tranquillement un petit Taylor Port (de New York) dans le cockpit, puis c'est le dodo.
Samedi le 27 avril: Plus nous remontons au nord, plus les nuits sont froides. Depuis les 3 dernières nuits, je dors avec un sous-vêtement d'hiver Louis Garneau et c'est très confortable. Michel fait de même tandis que Marcel, moins frileux, dort encore avec une camisole légère. À 6:30 hres nous levons l'ancre; destination: Annapolis, 54 miles. À 8:15 hres, c'est 11°C, le vent est NE 15-20 et c'est ensoleillé. La brise est assez bonne pour nous permettre de fermer le moteur et naviguer à voile. Hélas, ce fut de courte durée. La brise se faisant trop légère pour maintenir notre vitesse de croisière à 5 kt, nous remettons le moteur en marche à 9:55 hres. À 11:00 hres, la température s'est améliorée un peu et c'est 16°C. Plusieurs petites embarcations à moteur sillonnent tranquillement la baie de Chesapeake à l'embouchure de la Patuxent River. Ce sont des pêcheurs amateurs de fin de semaine. En fin d'après-midi, les bateaux à moteur font place aux bateaux à voile dans les environs de Annapolis. La baie de Chesapeake est un plan d'eau idéal pour la voile et les voiliers se comptent par centaines . Nous arrivons à Annapolis vers 17:30 hres et nous nous dirigeons à la marina municipale de la ville d'Annapolis sur Spa Creek pour faire le plein de fuel et d'eau. Nous remontons ensuite le Spa Creek sur une courte distance puis, ¼ de mile passé le pont bascule qui relie Eastport et Annapolis, nous jetons l'ancre au milieu de la rivière dans un endroit paisible. Il est 17:50 hres. Aujourd'hui nous avons couvert une distance de 55,7 miles, à une vitesse moyenne de 4,9 kt. La vitesse maximale en cours de route fut de 6,9 kt.
Dimanche le 28 avril: Il a plu une bonne partie de la nuit. Ce matin, c'est le brunch du capitaine: œufs/bacon. À 9:00 hres, il pleut encore et c'est sombre. Le moteur est remis en marche pour charger les batteries qui tendent de moins en moins à garder leur charge. Comme c'est une journée moche pour la navigation et qu'on annonce du gros temps en après-midi, avec orages et vents violents, le capitaine décide de rester à l'ancre là où on est présentement. Nous repartirons demain matin pour Chesapeake City, distant de 50 miles. En après-midi, Michel et moi prenons le water taxi et allons visiter le Capitole d'Annapolis, construction commencée en 1772 et terminée en 1779, lieux historique dans l'histoire politique du Maryland et des États Unis. Ce fut le Capitole des États Unis en 1783 et 1784, alors que le pays prenait forme. Événement particulier, c'est cet après-midi aussi, à 13:00 hres, que les 8 bateaux participant à la Volvo Ocean Race, anciennement la Withbread, prenaient leur départ d'Annapolis en direction de Larochelle en France, la 7ième des 9 étapes de cette course de 32 700 miles autour du globe. Vers 15:00 hres, le soleil se montre et ça se réchauffe; c'est 26°C. Le vent est SW et prend de plus en plus de force. Le baromètre, à 999 à 17:00 hres, est tombé de 25 millibars en 24 heures. Vers 18:00 hres cependant, le ciel s'assombrit de nouveau. Il y a quelques coups de vent.
Lundi le 29 avril. Nous levons l'ancre à 6:40 hres; destination: Chesapeake City, à 50 miles d'ici. À 7:30 hres, le baromètre est à la hausse à 1004 mb, c'est 16°C et partiellement dégagé, et le vent est W 20-25. Michel vient d'appeler sa copine Suzanne à Montréal; il y a 15 cm de neige au sol. En fin d'après-midi, il appelle aussi sa fille Roxane, à Montréal; c'est sa fête aujourd'hui: 19 ans. En matinée, à 7:45 hres, le moteur est arrêté et nous naviguons au génois réduit de moitié à une vitesse variant de 6 à 7 kts. À 9:00 hres, il y a des pointes à 35 kts. La mer écume et est formée de 3 à 5 pieds. Même si ce n'est pas la haute mer, la navigation peut être assez rock-n-roll dans la baie de Chesapeake. En cours de route, la housse du BBQ est perdue à la mer et, à l'intérieur du voilier, le micro-ondes sort de son socle et se retrouve sur le plancher. Compte tenu du découpage géographique de la baie de Chesapeake en haut d'Annapolis, le vent est instable et arrive par bourrasques sans avertissement préalable. Souvent, nous devons ajuster le génois en fonction de la vitesse et de la direction du vent. Nous arrivons à destination et jetons l'ancre à Chesapeake City, situé sur le Chesapeake/Delaware canal, à 16:00 hres.
Mardi le 30 avril, nous levons l'ancre à 6:30 hres. Destination: Cape May à l'embouchure de la baie du Delaware, puis New York sans escale, une navigation d'une trentaine d'heures pour une distance de plus de 200 miles. À 8:45 hres, à la sortie du canal Chesapeake/Delaware, nous arrêtons le moteur et sortons le génois, puis, une demi-heure plus tard, la grand voile. Le vent est W 10-15 et, la marée aidant, notre vitesse est de 6,5 à 7,5 kts. Le soleil brille, c'est 15°C et le baromètre est stable à 1014 mb. Grâce au cockpit fermé, nous sommes confortable pour naviguer. En après-midi, le vent devient S 15-20 et nous naviguons SE au près pour sortir de la baie Delaware. Nous atteignons l'Atlantique à 17:30 hres et mettons le cap sur New York. À 18:00 hres, au large de Wildwoods, le vent est SW 20-25 avec des pointes à 35 et la mer est 6-8 pieds. Nous naviguons grand largue de 7,5 à 8,0 kts. À 22:00 hres, à trois miles de la côte et 15 miles avant d'arriver à Atlantic City, très rapidement le vent se calme et nous devons remettre le moteur en marche jusqu'à New York.
Mercredi le 1er mai. À 2:30 hres du matin, la mer est calme, la nuit est sans étoiles mais la visibilité est bonne. Nous distinguons clairement les édifices illuminés sur la côte, spécialement ceux d'Atlantic City. Nous poursuivons notre route en barrant à bras puisque le pilote automatique nous à lâché. Nous sommes très confortable dans le cockpit fermé. Depuis notre départ de Chesapeake City, nous faisons des quarts de 2 heures, le jour comme la nuit. À 7:00 hres ce matin, tout en longeant la côte, nous sommes à 35 miles de la bouée Mo(A) marquant l'entrée du Ambrose Channel au large de New York. La mer est toujours calme, le ciel est partiellement voilé et le vent très léger est maintenant N 0-5. La météo nous prévoit un vent NW 10-15 pour cet après-midi. Nous passons sous le pont Verrazano qui relie Staten Island à Brooklyn à 14:45 hres. C'est un bel après-midi à New York. Le soleil est radieux, c'est 22°C et le vent est NW 10-15 tel que prévu. Le panorama est magnifique. La statue de la Liberté nous accueille dans toute sa splendeur. Pourtant, quand nous entrons à New York par la mer, le spectacle n'est plus le même; il y manque quelque chose. Nous arrivons au mouillage sur la rivière Hudson, au pied de la 79ième, à 18:05 hres. Le long de la berge c'est le Riverside Park, un endroit de verdure très apprécié dans ce quartier résidentiel à ultra haute densité.
La rivière Hudson et le lac Champlain
Jeudi le 2 mai. Nous laissons le mouillage à 6:25 hres pour remonter la rivière Hudson à destination de Catskill où nous démâterons. La journée est sombre et pluvieuse. C'est 15°C. La météo prévoit le passage d'un front froid et déjà, à 7:45 hres, le vent s'élève. Ça n'augure pas bien pour la journée. Après 4 miles à contre courant, rendu sous le pont George Washington, le capitaine décide de rebrousser le chemin et de revenir au mouillage de la 79ième Ave. Nous sommes de retour au mouillage à 8:10 hres. Ce sera une petite journée tranquille. À 9:30 hres, le capitaine sort dans le cockpit et s'aperçoit que nous sommes à la dérive. La grosse manille qui retient l'amarre du bateau sur le tangon s'est défaite. Vitement nous remettons le moteur en marche et nous nous dirigeons sur un autre tangon. Heureusement, notre balade impromptue n'a été que de quelques minutes et fut sans conséquence. En après-midi, nous tentons de réparer le pilote automatique mais ce fut sans succès. Nous finirons le convoyage à bras.
Vendredi le 3 mai. Deuxième départ pour Catskill à 6:30 hres. La météo nous prévoit un vent NW 25-30 avec bourrasques de 40 à 50. Du gros temps en perspective. Le soleil est radieux et ça se réchauffe. La température est à 19°C à 9:00 hres. Comme au départ d'hier, nous progressons lentement à contre courant toute la matinée. Pour une grande partie de la journée, le vent souffle comme prévu NW entre 25 et 30 et, en après-midi, dans la baie de Haverstaw, il souffle à plus de 40 kts avec une pointe à 47 kts. Étant à l'écoute du canal 16 VHF, à 15:30 hres nous captons une conversation entre l'Adirondac et la US Coast Guard, New York Activities, assisté par le Driftwood. L'Adirondac, un schooner de 80 pieds, s'est échoué en amont de West Point, mais réussira finalement à se tirer d'affaire par ses propres moyens sans dommage apparent. En fin de journée, le vent se calme un peu et nous atteignons le mouillage à Kingston à 21:15 hres. Aujourd'hui, nous avons couvert une distance de 72 miles à une vitesse moyenne de 4,9 kts.
Samedi le 4 mai. Il nous reste 20 miles à faire pour se rendre à Catskill où Pierre Champagne, le propriétaire de Bonsaï, viendra nous joindre à midi pour démâter. Nous prévoyons partir tôt afin de profiter du courant de la fin de la marée montante et arriver à Catskill de bonne heure pour préparer la bateau pour le démâtage. Nous essayons de lever l'ancre à 5:45 hres mais, oh! malheur, la chaîne est enroulée dans une souche d'arbre immergée. Nous travaillons une heure pour nous déprendre de cette fâcheuse position et, finalement, nous levons l'ancre une heure plus tard, à 6:45 hres. C'est une belle journée qui s'annonce. Il n'y a pas de vent, le soleil est au rendez-vous et c'est confortable dehors. Nous atteignons Catskill à 9:30 hres et nous sommes à quai à la Riverview Marina pour démâter. Un autre voilier de Montréal est aussi à quai pour démâter; c'est le Sous'Vent, un Jeanneau Sun Odessey 32. Il sera probablement notre compagnon de route tout au long du canal Champlain. Pierre et son copain Jean-Pierre, viennent nous rejoindre à Catskill sur l' heure du midi. Nous préparons le bateau pour le démâtage qui s'effectue vers 15:00 hres. Ayant été appelé pour affaires, notre copain de convoyage Michel doit, malheureusement pour nous, retourner à Montréal. Il profite donc de l'occasion qui lui est offerte pour retourner à Montreal en fin d'après-midi avec Pierre et Jean-Pierre. Après le souper, Marcel et moi décidons d'aller en ville pour appeler nos épouses, pour entendre leur voix et les savoir proches. C'est une courte marche de santé d'une demi-heure alors que le soleil tombe à l'horizon. Ici, c'est le printemps. Les pelouses sont fraîchement coupées et ça sent l'herbe fraîche. Les tulipes sont en pleine floraison et les lilas, déjà matures, exultent délicatement leur parfum au passage.
Dimanche le 5 mai. La nuit fut très fraîche, dans la mi- 30°F. Nous larguons les amarres à 8:15 hres à destination de l'écluse fédérale de Troy, puis de la 1ère écluse sur la rivière Hudson, à Waterford, un trajet de 40 miles. C'est calme et sans vent, et le soleil commence à réchauffer la journée qui s'annonce très belle. Le Sous'Vent est déjà parti. Effectivement, c'est un très beau dimanche matin, paisible à souhait. Nous progressons rapidement avec le courant de marée. En cours de route nous rencontrons beaucoup de petits bateaux de plaisance, à l'ancre le long du chenal. Leurs occupants de tous âges s'adonnent à la pêche du dimanche tout en se prélassant au soleil. Sur l'heure du midi, c'est déjà 25°C. Ici, le paysage printanier, en début de cycle, est d'un vert tendre tandis qu'au Québec, avec un peu de chance, les bourgeons sont peut-être au stade de l'éclosion. Nous atteignons l'écluse fédérale de Troy à 14:00 hres, passons l'embranchement du canal Érié à 14:30 hres, puis atteignons l'écluse désignée comme étant la Lock #1 de la rivière Hudson, à Waterford, à 15:20 hres. Nous nous amarrons le long du mur de ciment à l'entrée de l'écluse qui, comme le canal Champlain un peu plus loin, débutera une nouvelle saison d'éclusage demain matin à 7:00 hres. Aujourd'hui, nous avons couvert une distance de 40 miles à une vitesse moyenne de 5,5 kts. Nous sommes les premiers arrivés à cette écluse situé dans un lieux qu'apparemment Henry Hudson visita en 1609, alors qu'il était à la recherche du Northwest Passage, d'où le nom de la rivière. À 16:45 hres, le Fare Thee Well, un bateau moteur en métal de 38 pieds, assez étroit, custom made, à faible tirant d'eau, s'amarre derrière le Bonsaï. Nous nous attendions plutôt à voir arriver le Sous'Vent. Le capitaine, Raymond, une personne très colorée dans ses propos et conteur d'histoires, comme le Capitaine Bonhomme de son vivant, réside à Chambly. Il est propriétaire du bateau depuis 10 ans et son équipier s'appelle Pierre. Raymond est aussi propriétaire de la Cantine de l'Église, à St-Mathias, sur le Richelieu, renommée pour ses Hot-Dogs, Hamburgers et Frites.
Lundi le 6 mai. Au lever ce matin, il y a deux autres voiliers en attente pour l'écluse, le Ceva III et l'Amiro, puis un gros cruiser arrive; nous serons donc 5 bateaux dans le canal. Le Bonsaï est le premier bateau de la saison à entrer dans l'écluse et nous la passons à 7:00 hres. C'est 13°C au lever et c'est ensoleillé. En après-midi, c'est 28°C; c'est une journée d'été. Nous espérons passer les onze écluses de la rivière Hudson et du canal Champlain, réparties sur une distance de 58 miles terrestres, avant la fermeture des écluses prévue pour 17:00 hres. Hélas, nous arrivons à Comstock, à l'écluse #11, à 17:40 hres et nous devons attendre à demain matin pour la passer. Puisque l'écluse #10 n'existe pas, l'écluse #11 de Comstock est l'avant dernière écluse d'une série de 11 écluses. Une distance de 7 miles terrestres nous sépare de l'écluse #12, la dernière écluse située à Whitehall. Nous amarrons le long du mur à l'entrée de l'écluse de Comstock pour la nuit. Nous rencontrons alors Jacques Vincent, capitaine sur l'Amiro, un Dufour 31, qu'il convoie depuis Cuba jusqu'à la Marina Gagnon, à St Paul-Ile-aux Noix.
Mardi le 7 mai. Nous passons l'écluse de Comstock à 7:15 hres. Le ciel est gris et c'est 19°C. Il nous reste une écluse à passer; celle de Whitehall. Nous la passons à 9:20 hres. Aujourd'hui nous comptons nous rendre à l'Ile Valcour sur le lac Champlain, puis demain à la Marina Gosselin, notre destination finale. À 13:20 hres, nous entrons dans le lac Champlain à Fort St-Frederic. Le soleil est plutôt timide en ce début d'après-midi, se montrant parfois le bout du nez pour nous réchauffer un peu. Malgré tout, c'est 23°C, avec un vent S 10-15 qui devrait, en soirée, devenir W puis NW 15-20. En après-midi, Marcel en profite pour commencer à nettoyer le bateau avant de la remettre à ses propriétaires. Il lave le pont puis le cockpit. Demain ce sera l'intérieur. La navigation sur le lac Champlain se fait en douceur et nous arrivons à Bluff Point, sur l'ile de Valcour, à 19:30 hres. Comme nous mettons l'ancre, un nuage nous souhaite la bienvenue en nous versant une chaudière d'eau sur la tête, la première pluie de la journée. Aujourd'hui nous avons parcouru une distance de 76,6 miles à une vitesse moyenne de 6,1 kts. Après le souper, Marcel, avec le cellulaire que lui a confié Pierre Champagne, tente de rejoindre son épouse Solange pour l'informer de l'heure prévue de notre arrivée à la Marina Gosselin. Malheureusement ce cellulaire est hors de portée à Valcour. Avec son VHF, il communique alors avec la Garde Côtière américaine pour leur demander de transmettre le message à Solange, ce qui fut fait.
Mercredi le 8 mai. Après avoir versé deux jerrycans de fuel dans le réservoir, nous levons l'ancre à 6:05 hres en direction de la Marina Gosselin. Un front froid est passé cette nuit et c'est 8°C au réveil. Le ciel est sombre et lourd à l'ile de Valcour mais nous distinguons un dégagement plus au nord sur le lac. Le vent est NW 10-20 et nous l'avons sur le nez à la sortie de Bluff Point. Le lac est choppy. À 10:00 hres, c'est déjà mieux; le soleil est radieux. Nous arrivons au quai des Douanes canadiennes à 10:45 hres puis nous poursuivons notre route vers la Marina Gosselin. Arrivé au pont pivotant de la voie ferrée qui passe par l'Ile Ash (l'Ile aux Têtes), nous apprenons que ce pont est fermé deux jours par semaine, soit les mercredi et jeudi. Ce pont est situé sur le Richelieu, à 5 miles de la Marina Gosselin. À l'entrée du pont, se trouve la Marina Alizée. Ne pouvant poursuivre notre route, nous y laissons le Bonsaï à quai. Marcel réussit à rejoindre Solange qui est déjà en route pour l'informer de cette situation. Solange devrait arriver vers 15:00 hres. Entretemps, nous faisons nos bagages et nous nous préparons à quitter Bonsaï. Nous venons de terminer notre convoyage.
En guise de conclusion
Sur une période de 35 jours, du vendredi 5 avril au mercredi 8 mai 2002, nous avons couvert une distance de 1675 miles sur Bonsaï. Ce fut un agréable convoyage effectué par le capitaine Marcel Frenette et ses équipiers, Michel Ouellet et Denis Forcier. Ce convoyage s'effectua entre Nassau, aux Bahamas, et la Marina Gosselin, à St-Paul-Ile-aux-Noix, en passant par la Floride, la baie de Chesapeake et la rivière Hudson. En cours de route, nous avons amarré quelques jours à Nassau et à Fort Lauderdale. Pour la majeure partie du voyage, la météo nous a choyés avec un soleil radieux et des journées très confortables. Plus au nord cependant, à partir de Norfolk, les nuits étaient fraîches. Le vent fut modéré, sauf pour quelques périodes où il fut à plus de 40 kts sur la rivière Hudson. Nous avons navigué en mer jusqu'à Charleston, puis via l'Intracoastal jusqu'à Norfolk, ensuite ce fut les baies de Chesapeake et du Delaware reliées par le C-D canal. Nous avons repris la mer de Cape May à New York, puis remonté la rivière Hudson jusqu'au Lac Champlain. Enfin, nous sommes arrivé à la Marina Alizés, à 5 miles de la Marina Gosselin, pour remettre Bonsaï à ses propriétaires, Johanne Jourdan et Pierre Champagne.
Solange est venue nous rencontrer à la Marina Alizés pour le retour à Québec en auto.
L'équipe du Bonsaï vous salue
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