Voyage du Québec à la Tunisie en 2004 sur le voilier Marysol.
Prologue: Ce récit de 33 pages raconte le voyage de Marcel, Solange, Denis et Marie-Êve sur le voilier Marysol parti du lac Champlain au Québec le 2 juin 2004 pour se terminer à El Kantaoui en Tunisie le 13 novembre 2004 en utilisant le trajet suivant: le lac Champlain, la rivière Hudson, New-York, la traversée de l'atlantique et arrêt aux Acores, la traversée au Portugal, l'Espagne, Gibraltar, les Baléares, la France, la Corse, la Sardaigne et finalement la Tunisie.
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Marysol est un Bénéteau 38’ qui est présentement à sec à la marina Gosselin de Saint-Paul-Île-Aux-Noix, sur la rivière Richelieu. Cet agréable voilier est la propriété de Solange et Marcel Frenette, de Québec. Nous seront quatre personnes à bord pour cette traversée transatlantique, l’autre équipière étant Marie-Ève Béland, étudiante en administration à l’université Concordia de Montréal.
Notre itinéraire est le suivant : Depuis notre départ de la Marina Gosselin, nous remontrons le Richelieu sur une distance d’environ 8 km pour entrer dans le Lac Champlain à Rouses Point, N.Y. Puis nous traverserons le Lac Champlain et emprunterons le canal Champlain pour joindre la rivière Hudson que nous descendrons jusqu’à son embouchure à New York. De New York nous ferons route jusqu’aux Açores, puis jusqu’au Portugal. Ensuite, nous longerons la côte pour entrer en Méditerranée par Gibraltar et atteindre les Baléares, puis la côte espagnole dans les environs de Barcelone. Un bel été de navigation en perspective.
Présentement, Marcel et Solange s’activent à préparer Marysol pour la grande traversée tandis que je m’occupe à faire quelques travaux d’entretien sur notre résidence familiale. Tôt ou tard, il y a toujours des travaux qui ne peuvent plus attendre. Il faut les faire. J’en suis rendu là.
Bien qu’elle m’encourage et me supporte sans réserve dans tous mes projets, je sens que Sally, ma fidèle compagne depuis plus de 30 ans, appréhende un peu mon départ. Même si elle est habituée de me voir partir en mer pour des périodes relativement longues, c’est toujours avec un pincement au cœur qu’elle me laisse partir. Je serai de retour en septembre. Heureusement qu’elle a ses propres passions et ses activités quotidiennes qui l’occuperont cet été.
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Nous voilà en route. Nous sommes parti de la marina Gosselin mercredi matin le 2 juin 2004, à 11:00 heures, après quelques provisions et derniers préparatifs (Moteur :1471,8 au départ).
Nous devions partir lundi le 31 mai mais il y a eu un empêchement majeur. Mauvaise nouvelle : décès dans la famille des Frenette. C’était imprévisible. Gilles Rodrigue le frère de Solange, résident de Weedon dans les Cantons de l’Est est décédé accidentellement à son travail, vendredi le 28 mai, au lac Paradis situé à 35 miles au nord de Manic-5. Il était contremaître pour une papetière qui fait la coupe de bois dans ce secteur. Avec deux collègues de travail, il s’afférait à l’entretien d’un chemin forestier en bordure du lac lorsqu’un glissement de terrain se produisit et les engloutit dans le lac. Deux des trois travailleurs périrent. C’est une lourde épreuve pour Solange et sa famille. Après être retourné dans sa famille pour quelques jours, Solange est maintenant prête à partir.
Au départ de la marina mercredi, le ciel était partiellement dégagé, vent NW 10-15 kts sur la rivière Richelieu, et 14°C. Assez frisquet sur l’eau. Après les formalités des douanes à Rouses Point, N.Y., à l’embouchure du Richelieu, nous avons poursuivi notre route sur le Lac Champlain jusqu’à Deep Bay où nous avons jeté l’ancre à 17 :10 heures. Deep Bay porte bien son nom; c’est une longue baie étroite, dans un décor enchanteur, et qui s’avance profondément dans le littoral. Un mouillage très achalandé durant l’été qui peut accueillir plusieurs bateaux. Aujourd’hui nous sommes seul dans ce lieu paisible et délicatement agrémenté par le chant des oiseaux; pas un chat en vue. Nous avons navigué une distance de 27,5 miles la première journée.
Jeudi le 3 juin fut une longue journée de navigation par temps généralement couvert et parsemé d’averses. Temps frais et humide. Nous avons laissé le mouillage de Deep Bay à 5 :00 heures du matin et à 17 :00 heures, nous passions la première écluse à Whitehall, N.Y., celle identifiée comme étant l’écluse no. 12. Nous avons poursuivi notre route jusqu’à l’écluse no. 9 à Kingsbury où nous nous sommes amarrés le long du canal à 19 :45 heures. Distance parcourue de 92 miles aujourd’hui.
Vendredi le 4 juin; au lever du jour, un épais brouillard limite la visibilité à un périmètre d’environ 100 pieds. À7 :15 heures cependant, le brouillard s’est entièrement dissipé pour faire place à un soleil radieux. Très confortable à 22°C en après-midi; vent nul. Nous passons l’écluse fédérale de Troy à 14 :30 heures, la dernière écluse à passer avant d’arriver à Catskill, N.Y. où Marysol sera re-mâté. Lorsque re-mâtée, un lien radio pourra alors être établit puisque Marysol est équipé d’un radio ondes courtes (BLU) dont l’antenne longe le pataras. En mer, le capitaine prévoit contacter le Réseau du Capitaine qui est en onde sur la fréquence 14,118 Mhz tous les jours entre 7 et 8 heures, heure du Québec (TU moins 4 en été). Le Réseau du Capitaine possède aussi son propre site Web qui peut être consulté en tout temps pour suivre les bateaux avec lesquels il communique. Cliquez sur le lien suivant pour y accéder : www.lereseauducapitaine.qc.ca
À 18 :00 heures, nous sommes à 11,5 miles de Catskill et, après 8 heures de moteur et 65 miles de navigation aujourd’hui, le capitaine a décidé que c’était le temps de s’arrêter pour la nuit. Nous jetons l’ancre à 18 :30 heures à Coxackie, en bordure de la rivière Hudson, dans un endroit tranquille entre les petites îles de Coxackie et Rattlesnake. Le lendemain, samedi le 5 juin, nous levons l’ancre à 7:00 heures et à 8 :30 heures, nous sommes déjà à quai à la marina Riverview de Catskill pour le re-mâtage de Marysol.
Aucune attente pour le re-mâtage; nous sommes le premier voilier à re-mâter aujourd’hui. Le capitaine Marcel détache les courroies et cordages qui retiennent le mât en place dans son support et le prépare pour sa levée, ce qui se fait vers 10:30 heures. À 14:30 heures, le mât est bien ancré dans son puit, les voiles sont posées et nous sommes prêt à partir après avoir fait le plein d’eau et de fuel et après avoir identifié les supports " Santori-I " pour Maurice Guay.
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Samedi le 5 juin. Nous sommes à Catskill et l’opération de re-mâtage est terminée. Je me proposais de vous envoyer le texte Espagne-02 de la bibliothèque municipale de Catskill mais une erreur technique de transfert de fichier de ma part a rendu cette opération impossible. Je vous l’enverrai donc de New York.
Il est 15 :00 heures samedi lorsque nous larguons les amarres pour poursuivre notre route en direction de New York. À 18:30 heures et une vingtaine de miles passé Catskill, nous jetons l’ancre pour la nuit à Kingston, à l’entrée de Rondout Creek. Michel Ouellet se souviendra certainement de cet endroit; c’est là qu’un beau matin de mai 2002, vers 6:00 heures, nous avons remonté une énorme souche prise dans la chaîne de l’ancre lors du convoyage du voilier Bonsaï.
Le mouillage de Rondout Creek est paisible, sauf pour les vagues des cargos qui passent occasionnellement au large, dans le chenal. Le ciel a apparence de pluie maintenant; c’est couvert et sans vent. Demain nous serons à New York. Encore 73 miles à faire pour atteindre la marina de la 79ième Avenue à New York.
Dimanche le 6 mai fut une journée de navigation terne et sans vent, avec alternance de crachin et de bruine. Nous avons levé l’ancre à 7:00 heures, sans problème cette fois-ci. Dès le départ nous nous mettons en ondes pour communiquer avec le Réseau du Capitaine. Déception: ce n 'est que du bruit statique que l’on entend; un " grichage " continu probablement parce que nous sommes trop près par rapport à la portée des ondes radio. À 16:00 heures, New York se profile à l’horizon avec encore quelques miles à faire pour atteindre la marina municipale de la 79ième Avenue. Enfin, à 17:00 heures nous sommes à tangon pour la nuit; la pluie a maintenant cessée et le ciel se dégage lentement.
Lundi le 7 mai fut une journée de visite de New York pour les équipiers (Time Square et Central Park) tandis que le capitaine effectuait des petites réparations et ajustements sur le voilier tels la lumière de mi-mât (qui ne fonctionne toujours pas), le bouton-contact pour activer le démarreur (bouton qu’il faudra remplacer) et d’autres petits "gugus..." Très belle journée pour visiter New York : ensoleillé et 25°C.
Mardi le 8 juin : encore une belle journée comme celle d’hier. Nous larguons les amarres à 7:00 heures et mettons le cap sur Sandy Hook, N.J. distant de 24 miles. C’est là que nous attendrons le moment propice pour prendre la mer en direction des Açores. C’est là aussi que nous ferons les dernières provisions, la lessive, etc... avant de partir. Pour nous aider dans nos derniers préparatifs, André Archambeault et Patricia son épouse, des amis de Marcel et Solange qui résident à Red Bank près de Sandy Hook depuis de nombreuses années, nous ont grandement assisté. En fin d’après-midi, nous sommes allés prendre l’apéro à leur domicile et au resto par après. Agréable soirée passée en leur compagnie et succulent repas de poisson au restaurant " The Navesink Fishery ".
D’autres navigateurs québécois, Bernard et Christiane sur le voilier " Est-Ouest ", qui sont partis de la marina Gosselin à la mi-mai pour une croisière de quelques années autour du monde, sont aussi à Sandy Hook. Nous avons établi un contact radio avec ce voilier lorsque nous avons essayé d’entrer en communication avec le Réseau du Capitaine. Ils sont dans le bassin de la marina Atlantic Highlands Yacht Club en attente d’un départ transatlantique pour les Açores, pour demain si le temps le permet. Nous sommes à tangon assez près d’eux.
Des amis de Bernard et Christiane sont aussi en attente d’un départ pour demain. Ce sont Yannig Brian, sa compagne Nathalie et leur adorable petite fille de 5 ans, née à bord, et qui s’appelle Marine. Ils sont de nationalité française et naviguent sur un Jeanneau 44’, le " Terre Océane ".
Mercredi le 9 juin : Aujourd’hui nous avons effectué d’autres petits ajustements sur le voilier. Toujours des petites choses à faire sur un voilier. L’épicerie est faite, les toilettes ont été remises à la mer, nous sommes prêt pour le départ. Une dernière agréable soirée en compagnie de Patricia et André, puis demain, jeudi le 10 juin, c’est le départ après le plein d’eau et de fuel. Les conditions météo sont favorables et l’été semble s’être installé pour de bon. Mon prochain texte devrait vous parvenir des Açores.
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Il y a maintenant une semaine que nous sommes parti de St-Paul-Île-aux-Noix. Après 50 heures de moteur et 312 miles de lac, canal et rivières, nous sommes arrivés à Sandy Hook, N.J., situé à une douzaine de miles passé le pont Verrazano à l’entrée de New York. Nous nous sommes mis à tangon dans le bassin de la marina Atlantic Highland Yacht Club. Prochaine étape : Horta sur l’île de Faial aux Açores, un trajet de 2100 miles en ligne droite depuis New York qui devrait se faire en trois semaines environ.
Jeudi le 10 juin, à 11:30 heures, nous quittions Sandy Hook et hissions la grand voile pour prendre la mer. Nous sommes en route pour les Açores. Au départ, le vent est léger du NNW à moins de 5 kts. À la sortie du bassin de Atlantic Highland Yacht Club, nous croisons le Balthasar, un voilier québécois qui revient au bercail après un séjour en mer de 5 ans. Enfin, un contact radio a été établit ce matin avec le Réseau du Capitaine. Notre progression en mer devrait maintenant être rapportée sur le site Internet www.lereseauducapitaine.qc.ca et peut-être aussi sur le site de la Conam. Si cela vous intéresse, regardez pour Marysol ou pour les lettres d’appel VE2DFH.
Hier soir fut la soirée des adieux avec Patricia et André Archambeault, des personnes accueillantes et très généreuses, qui nous ont mis sous la protection de Saint Brendon et nous ont donné des cartes météo détaillées pour les prochains jours, une bonne réserve de vin et des petites gâteries pour nous aider à nous rendre à bon port. L’équipage du Marysol vous est très reconnaissant et vous remercie beaucoup.
Quelques heures après notre départ, le ciel s’est couvert et nous avons traversé un front froid. Le vent s’est renforcé et a tourné NE 15-20 kts; nous avons navigué au près avec une bonne gîte. Bien qu’elle soit restée à moins d’un mètre, la mer s’est agitée juste assez pour que Marie-Ève se souvienne de son amarinage. Ça fait partie de l’apprentissage; c’est le métier qui rentre.
La vie à bord s’est organisée. Les quarts sont d’une durée de 2½ heures, 24 heures sur 24, et chacun son tour pour préparer la bouffe du midi et du soir. Heureusement que, juste avant le départ, Marie-Ève avait préparé un bon pâté chinois pour le premier souper en mer. Dommage qu’elle ne pu le goûter. Nous avons aussi chacun nos quartiers sur le Marysol : Marie-Ève occupe la pince dotée de sa propre toilette. Solange et Marcel partagent la chambre arrière tribord tandis que j’occupe la chambre arrière bâbord. Il y a aussi une deuxième toilette dans le carré, près de l’escalier donnant accès au cockpit. L’aménagement intérieur de Marysol est très logeable et bien conçu pour faire du " charter ", ce que ce voilier fit dans une vie antérieure.
Vendredi le 11 juin fut une journée bien spéciale. C’était notre anniversaire de mariage et Sally a mis beaucoup d’imagination pour le souligner; 27 plus 7 comme elle dit. Tout d’abord, dans le gros sac de cadeaux qu’elle m’avait remis lors du départ, il y avait le joli sac emballage plein de belles petites choses que je devais ouvrir le 11 juin seulement, ce que j’ai fait en suivant à la lettre les instructions qui l’accompagnait. Puis son petit message d’amour transmis à la boîte de messages du téléphone satellite que nous avons à bord. Enfin, pour bien marquer l’événement, vers 15:00 heures, nous apercevions au loin, flottant à la dérive à 100 miles au large de New York, une grappe de ballons de fête que nous avons repêchée pour l’occasion. Franchement Sally, il y a rien à ton épreuve. (Maurice, en grand philosophe qu’il est à ses heures, pourra certainement m’expliquer un jour comment il se fait que des ballons de fête, tout à fait dignes de l’occasion, se retrouvent sur notre route un jour d’anniversaire.) Puis, en fin d’après-midi, le vent se calme totalement et permet un souper spécial d’anniversaire préparé par Solange et bien arrosé d’un cru de Marcel, avec la nappe des grandes occasions recouvrant la table. Sur la table également, une bougie aromathérapie et les serviettes de table assorties reçues dans le lot de cadeaux d’anniversaire de Sally. Vers 19:00 heures, j’ai pu parler à Sally au moyen du téléphone satellite, et cette nuit-là les étoiles scintillaient dans la voûte céleste. Je pense à toi et je t’embrasse amoureusement. Durant mon quart de nuit, le vent était nul et une mer d’huile nous entourait. Dans le calme de la nuit, bien que nous ne pouvions pas les voir, nous entendions le souffle des dauphins qui nous accompagnaient ici et là, de part et d’autre du voilier. Nous n’étions pas seuls.
Le vent s’est levé au matin du samedi 12 juin. À 09:00 heures, il soufflait NE 15 et nous tenait au près en direction du sud-est sur un cap de 115° magnétique. La mer était relativement calme à 1 mètre, ciel ensoleillé, baromètre à la hausse à 1018 millibars, et 17°C. Belles conditions de voile le jour, avec accalmie la nuit. Ces conditions de navigation se sont maintenues dimanche 13 juin, bien que le vent tourne lentement à l’est et nous dévie davantage en direction sud. Nous nous rapprochons lentement du Gulf Stream; nous sommes à 265 miles au large de New York en ce début de quatrième journée de navigation.
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Aujourd’hui, mardi le 15 juin 2004, à midi, nous sommes à 1600 miles de notre destination aux Açores, soit la marina de Horta sur l’île de Faial. Les conditions de voile sont excellentes; nous filons par vent de travers à plus de 8 kts sous l’effet du Gulf Stream, poussé par un vent SW 10-15. C’est ensoleillé, 27°C, le baromètre est stable à 1021 millibars, et la mer est d’environ 1 mètre.
C’est l’anniversaire de naissance de Sally aujourd’hui et, Sally, je te souhaite tout le bonheur qui te revient. Même si je ne suis pas là physiquement, mes pensées t’accompagnent et je te sens près de moi. À bord, nous portons un toast à ta santé et tout l’équipage te souhaite de merveilleux moments de bonheur aujourd’hui et tous les jours de l’année. Ce soir nous dégusterons nos filets de Dorade fraîche en pensant à toi.
Effectivement, en fin d’après-midi hier, une belle Dorade de 1 mètre tirait au bout de la ligne que le capitaine laisse occasionnellement traîner derrière le voilier. Quelle belle prise!! Le capitaine l’a dépecée dans le cockpit pour ne conserver que les meilleurs filets. Le reste fut retourné à la mer. Avec un bout de bois, de la corde et deux sacs d’épiceries, nous avons fabriqué une balance suffisamment précise pour avancer que nous avons obtenus 1,8 kg de filet de ce merveilleux poisson. Dans un sac pendu à une extrémité du bâton il y avait les filets de Dorade tandis qu’à l’autre extrémité, en parfait équilibre, pendait dans l’autre sac une bouteille de 1,5 litre d’eau et une canette d’eau Perrier de 355 ml. Faites le compte!!!
La nuit du 15 juin fut assez mouvementée. Le vent, bien que de modeste intensité, est passé du SW 10-15 à NW 10-15 alors que, porté par le courant du Gulf Stream sur une mer de 1,5 mètre, nous filons en direction Est à plus de 8 kts. Au portant par vent arrière, l’étrave de Marysol a tendance à piquer, ce qui réduit la vitesse de coque quand les vagues roulent sous la poupe. De ce fait, Marysol a tendance à patiner et à gîter de part et d’autre, créant ainsi un roulis inconfortable à bord. Le jour venu cependant, le vent s’est adouci et le calme est revenu bien que l’allure fut toujours au portant. C’est du petit temps.
Que faire par ce petit temps!! Voilà l’occasion de mettre à l’épreuve un tout nouveau modèle de tangon mis au point en cours de route afin de pouvoir allègrement naviguer par vent arrière avec les voiles en ciseaux. Merveilleuse expérience pour quelques heures. Malheureusement, le matériau utilisé pour ce tangon ne s’est pas montré à la hauteur de la situation et n’a pas résisté à la force du vent, relativement léger, exercée sur le génois. Il faudra en repenser le design!!!
Vendredi le 18 juin, jour 9 de navigation, les conditions de navigation par petit temps le long du 40ième parallèle persistent toujours. Heureusement qu’il y a eu le courant du Gulf Stream, parfois à plus de 3 kts, pour maintenir notre progression journalière. Cependant, nous perdrons cet effet bientôt puisque le Gulf Stream devrait bifurquer davantage vers le nord à la latitude de 45° ouest, à 350 miles d’ici environ. Nous sommes présentement à 1234 miles de Horta et si la tendance se maintient, nous serons là dans 10 jours.
Que fait-on par petit temps? Chacun vaque à ses occupations particulières et les journées passent sans trop s’en rendre compte. Il n’y a certainement pas apparence de mutinerie à bord et l’harmonie règne dignement. La lecture, la pêche, la préparation de la bouffe, les communications radio HF, la navigation et l’entretien général du voilier sont les activités courantes. Il ne faut pas oublier le ti-ponch de 17:00 heures pour le capitaine et son équipier Denis. Les femmes s’en passent; c’est un drink d’homme... (À vrai dire, elles n’aiment pas l’alcool). Aussi à Québec, ma professeure d’espagnol Maria-Elena sera sûrement heureuse de savoir que les membres de l’équipage font tous des efforts pour parfaire leurs connaissances en espagnol. Nous avons un manuel de cours, dictionnaire, grammaire et autres manuels de référence à bord pour nous aider dans notre apprentissage de cette langue.
Dimanche le 20 juin. C’est la Fête des Pères ce dimanche-ci.. Je retourne donc à mon sac de cadeaux de Sally. Selon ses instructions, je prends la carte de souhait no. 3 et je développe son petit cadeau no.3. Quel plaisir de recevoir ces petites gentillesses au beau milieu de l’océan!!! Merci beaucoup Sally pour tes beaux mots d’amour et pour l’originalité de ton petit cadeau de la Fête des Pères. Il m’en reste encore un à développer; celui de mon anniversaire le 9 juillet.
Entre temps, Marie-Ève, au moyen d’un " phone patch ", en a profité pour appeler son père sur radio HF par l’intermédiaire du Réseau du Capitaine. N’ayant pas de réponse au numéro appelé, elle se résigne à laisser un message sur le répondeur. Dommage qu’elle n’ait pu établir un contact; c’était sa première expérience de communication sur les ondes radio HF.
À ce jour, nous avons cumulé 32 heures de moteur et nous avons maintenu une moyenne de 100 miles par jour malgré le petit temps. Demain il nous restera moins de 1000 miles à faire et nous commencerons le compte à rebours.
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Nous nous rapprochons des Açores. Comment pourrait-on se rendre à bon port sans l’aide de nos valeureux compagnons de route que sont nos instruments de navigation? Nous avons donc pensé que nos instruments de navigation méritaient tout l’honneur qui leur est dû pour les bons et loyaux services qu’ils nous rendent jour après jour, sans se lasser. Nous vous les présentons donc ci-après :
Tout d’abord il y a Valentin Piloto, notre bien vaillant pilote automatique qui ne déroge pas de sa route, beau temps, mauvais temps. C’est Solange qui l’a baptisé ainsi parce qu’il est fiable et fidèle en tout temps. Puis il y a JOJO la baromane, une accro de la météo qui se prend pour Jojo Savard quand vient le temps de nous prédire le temps qu’il fera. C’est Marie-Ève qui a baptisé le baromètre et lui a ajouté une couette blonde pendant sur un côté pour lui rendre la vraisemblance. À bord nous avons aussi Léo L’Éolien, un petit bidule électronique, portatif, qui nous indique fidèlement la vitesse du vent quand on l’oriente dans la bonne direction, puis il y a l’indispensable G.P.Satellite qui, avec P.C.Pratik, forme une paire indissociable pour nous montrer, sur cartes marines électroniques, notre position en temps réel et un tableau de bord pour gérer notre route. Enfin il y a H.F. le Grincheux; c’est notre poste radio HF qui nous permet la communication avec le monde extérieur. Il est grincheux, car parfois il brouille les ondes juste pour être malcommode. On n’entend plus rien sur certaines fréquences et il faut s’ajuster en conséquence.
Voilà qui sont nos valeureux compagnons de route qui se nourrissent de watts et n’entament pas nos provisions de rhum; passons maintenant à la navigation.
Lundi le 21 juin, 12ième jour de navigation. La nuit passée fut assez mouvementée. Vers 01:00 heure, nous avons passé un grain; pluie abondante et éclairs au rendez-vous. Puis le vent est graduellement passé du SW 15-20 à NW 15-20 durant la nuit. En début de journée, le courant portant du Gulf Stream était devenu un contre courant de 3 kts à cause d’un " eddies " qui nous affrontait, ces vastes courants qui circulent en sens inverse et qui se trouvent ici et là en bordure du Gulf Stream. On a mis la journée du lundi et une partie de la journée du mardi pour traverser ce " eddies ". Bien que nous filions à 7,5 kts, nous progressions seulement à 4,5 kts par un bon vent de travers NW 15-20. La mer était bien formée à 2 mètres et Marysol filait allègrement sur des flots un peu turbulents mais non menaçant. À 12:00 heures, nous étions à 865 miles de Horta. Le ciel était ensoleillé et le baromètre à la hausse à 1007 millibars.
Mercredi le 23 juin, 14ième jour de navigation. Nous filons toujours par vent de travers, revenu à SW 15-20. Ce vent n’a pas encore lâché depuis plus de 48 heures et ça ne lâchera pas pour les prochains jours. On nous prédit un SW 25-30 passant au NW 25-30 lors d’un front froid demain matin. Nous sommes maintenant hors du Gulf Stream, à 575 miles des Açores, et nous progressons à un rythme de 160 miles par 24 heures. C’est comme si on était dans un sprint final pour arriver à destination.
Jeudi le 24 juin, fête de la St-Jean et 15ième jour de navigation. Le vent a forci davantage au cours de la nuit pour devenir SW 25-30 avec des rafales à 35 kts. Nous filions à 8 kts par vent de travers avec 3 ris dans la grand voile et un petit bout de génois sorti. Ça brassait pas mal. La mer était turbulente à 3 mètres et, de temps à autres, les lames passaient par dessus le pont lorsque les déferlantes nous frappaient par tribord. Le " dodger " a bien tenu et nous a protégés des agressions de la mer. Le gros temps s’est maintenu jusqu’à tard en soirée. Ce fut notre substitut pour le feu de joie habituel en cette journée si chère au coeur des québécois.
Puis, vendredi le 25 juin, le beau temps nous est revenu avec un NW 10, une mer assagie, un soleil magnifique et un baromètre à la hausse à 1012 millibars. À midi, nous étions à 264 miles de Horta que nous devrions atteindre dans le courant de la journée de dimanche le 27 juin. Il faut donc se préparer pour l’occasion; en après-midi nous avons enfilé et cousu sur un cordage tous les pavillons du grand pavois que Solange a patiemment fabriqués à la main l’hiver dernier. C’était son projet d’hiver. Deux séries, chacune de 26 pavillons, représentant les 26 lettres de l’alphabet. À notre arrivée à quai, ces deux séries de pavillons seront montées en tête de mât et attachées, une à la proue et l’autre à la poupe de Marysol. Ce grand pavois flottera allègrement au vent pour marquer notre arrivée après trois semaines en mer.
Vendredi après-midi également, nous avons récupéré une bouée de pêcheur qui flottait à la dérive; c’est une espèce de gros ballon rouge utilisé pour la pêche le long du littoral. Ce ballon flottait à la dérive depuis quelque temps déjà (quelques années peut-être) car sa partie submergée était recouverte de coquillages qu’il fallut gratter énergiquement avec un couteau pour les enlever. Ce ballon sera très utile pour les opérations d’éclusage et de quaiage en général. Mayero en avait récupéré un semblable lors de la traversée de l’an 2000.
La journée de samedi le 26 juin fut une répétition de la journée d’hier agréables et très plaisantes conditions de voile, météo semblable et aussi récupération d’un autre ballon de pêcheur. À midi, nous étions à 150 miles de Horta et, vers 16 :00 heures, nous pouvions voir le relief escarpé de l’île de Flores se dessiner faiblement au loin, à 30 miles sur bâbord. En après-midi, le capitaine en a profité pour rafraîchir son " look " de capitaine avant de mettre pied sur le quai à Horta : il a changé ses " shorts " de bord et Solange lui a coupé les cheveux et trimé la barbe déjà vieille de trois semaines. Le capitaine est fin prêt pour les Açores.
Dimanche le 27 juin, 18ième jour de navigation. Encore une autre belle journée de navigation par beau temps. Le baromètre est à 1026 et c’est ensoleillé. À 15 :00 heures, nous sommes à 35 miles de notre destination. Le relief de l’île de Faial prend forme tranquillement. Terre! Terre! s’écrie Marie-Ève. Cependant on ne voit pas encore le mont Pico, haut de ses 2350 mètres, situé sur l’île du même nom en face de Horta. Il est encore caché par les nuages qui l’agglutinent. Marie-Ève a hâte de fouler le sol des Açores; ce matin elle a enfilé des frites d’emballage en " styrofoam " sur des fils pour fabriquer 4 colliers, style " polynésien " que nous portons déjà fièrement. Qui sait : peut-être y aura-t-il une petite troupe de danseuses exotiques et un fringuant cowboy américain sur le quai pour nous souhaiter la bienvenue!!!
Comme la journée avance rapidement et que nous sommes encore trop loin pour rentrer à Horta à la faveur de la clarté du jour, le capitaine décide de rentrer tranquillement à moteur, à régime réduit. Ainsi nous arriverons à l’aube lundi matin plutôt que durant la nuit de dimanche. En soirée, les lumières de Horta scintillent au loin tandis qu’une belle lune ne se montrant qu’à moitié éclaire les derniers miles de notre route.
Lundi matin le 28 juin, à 02:30 heures, nous amarrons au quai de service à Horta. Nous venons de compléter notre traversée New York – Açores, quelques 2131 miles en 17 jours et 15 heures de navigation dont 61 heures de moteur. Le capitaine compte rester environ 2 semaines aux Açores pour visiter quelques unes des îles avant de mettre le cap sur Lisbonne, Portugal.
Il nous faut maintenant ajuster nos montres à l’heure des Açores (heure du Québec plus 4 heures).
Espagne-07
Lundi le 5 juillet 2004. Cet après-midi, à 15:00 heures, nous quitterons la marina de Horta, sur l’île de Faial, à destination de Praia Da Vitoria, sur l’île de Terceira, une distance de 80 miles. Nous devrions arriver demain en matinée. La navigation s’annonce belle avec un vent léger E 10 sur une mer paisible. C’est ensoleillé, le baromètre indique 1028 millibars et c’est 25°C.
Nous sommes à Horta depuis une semaine et nous en avons profité pour visiter l’île de Faial ainsi que l’île de Pico dont nous pouvons contempler d’ici l’illustre cône volcanique haut de 2351 mètres. Ce matin il nous apparaissait dans toute sa splendeur mais cet après-midi, hélas, les nuages l’ont encore emmitoufflé. On ne voit que la base de la montagne; le pic est dans les nuages.
L’archipel des Açores compte 9 îles principales, d’origine volcanique, avec une population de 242 000 habitants. Ce sont de belles îles, très pittoresques, colonisées par les portugais à partir du XV siècle. Les gens sont courtois, souriants, et leur style de vie est simple et paisible. Les petites maisons en blocs de ciment ou en blocs de lave, typiquement portugaises, sont blanches immaculées avec des toits de tuiles rouge-orangées; comme sur les cartes postales. Les prés sont verts et luxuriants, et les parcelles de terre sont séparées par des clôtures de roches de lave couvertes de fleurs bleues, des hortensias. Pas surprenant que les portugais excellent dans l’aménagement paysager; Il faut voir les vignobles de Pico, des petits enclos minuscules bordés de murets de pierre volcanique, aménagés au fil des siècles à même les coulées de laves. Chapeau à ces viticulteurs digne de ce nom.
À la marina de Horta, les voiliers se comptent par centaines. Ces voiliers pour la plupart arrivent des Antilles et de la côte est américaine, et font route vers l’Europe. À l’arrivée, après les formalités d’usage, on nous a assigné une place à l’épaule d’un catamaran sud africain, le Vakasha, amarré le long de la jetée car tous les quais de la marina étaient occupés. Ce voilier arrive de Miami et se dirige vers l’Irlande. À bord, le propriétaire et son épouse, Ken et Thora, et un couple canadien de l’Ontario, John et Linda. Quelques voiliers canadiens font aussi escale à Horta; leur présence s’est particulièrement manifesté de 1er juillet car plusieurs pavillons canadiens flottaient allègrement dans le vent. Marysol, pour sa part, hissa le grand pavois fabriqué par Solange.
Une demi-heure après l’arrivée de Marysol au quai des douanes le 28 juin, Terre Océane arrivait à son tour. Puis le lendemain, Est-Ouest accostait au quai des douanes. Ces trois voiliers se sont suivis depuis Sandy Hook. Les trois équipages se sont rencontrés à quelques occasions lors du séjour à Horta. (Yannig, Natalie et la petite Marine naviguent sur Terre Océane tandis que Bernard et Christiane naviguent sur Est-Ouest). À quai se trouvait aussi le voilier belge Fun En Bulle, propriété de Françoise et Albert-Alain, que Marcel et Solange ont rencontrés à St Martin il y a deux ans.
Mardi le 6 juillet. La navigation de nuit vers Terceira fut assez longue puisque nous avons mis près de 24 heures pour nous rendre à destination. Le vent faible et de direction NE nous faisait face et nous obligea à louvoyer. Puis, au petit matin, il s’est tu; nous avons poursuivi notre route à moteur. Quelques miles avant d’arriver à Praia Do Vitoria, notre destination planifiée, nous apercevions un voilier au loin qui en revenait. C’était le Fun En Bulle qui faisait route vers Hangra Do Heroismo après avoir passé trois jours à Praia Do Vitoria. Salutations et palabres d’un voilier à l’autre, puis décision de Marcel de les accompagner à Hangra Do Heroismo où une nouvelle marina vient d’être aménagée. Nous accostions à la Marina de Hangra à 14:15 heures.
Hangra Do Heroismo vaut le détour. Depuis 1983, le centre de cette ville fondée avant la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb est classé Patrimoine de l’Humanité. À l’époque des conquêtes portugaises et espagnoles, cette ville était un des carrefour des routes qui sillonnaient les océans. Des siècles d’histoire sont ici présents.
Aujourd’hui, le 6 juillet, c’est l’anniversaire de Solange. Que les années passent sans s’en rendre compte!! Bonne fête Solange. Françoise et Albert-Alain sont venus nous rendre visite pour l’apéro, puis un souper d’anniversaire pour Solange, avec une table décorée pour l’occasion. Le capitaine prévoit rester quelques jours à Terceira avant de faire route vers l’île de Sáo Miguel.
Espagne-08
Vendredi le 9 juillet; c’est ma fête aujourd’hui. À pareille date l’an prochain je serai officiellement vieux car je commencerai à recevoir mon chèque de pension de vieillesse du gouvernement du Canada. Alors je profite pleinement de ma jeunesse en cette dernière année de grâce.
Ce midi, j’ai lu la belle carte de tendres et merveilleux souhaits de Sally et déballé le cadeau d’anniversaire no.4 qu’elle m’avait remis lors du départ. Quelle géniale idée de me donner un kit de bonne fête tout emballé, soit : un gâteau d’anniversaire dans un sac scellé sous vide, une boîte de glaçage au chocolat prêt à décorer le gâteau, deux chandelles formant le chiffre 46 (pardon 64), et un paquet de serviettes décoratives en papier pour s’essuyer les doigts après dégustation du gâteau. Tout l’équipage salive déjà. Et que dire des délicieux chocolats Eddy Laurent, les meilleurs au monde!! En tous cas, les meilleurs au Québec, sinon à Québec.
Le bouche à oreille fonctionne à merveille sur les voiliers. Hier déjà, lors d’un 5 à 7 sur Fun En Bulle, Françoise et Albert-Alain me donnait en cadeau d’anniversaire un joli T-shirt des Açores, décoré de 9 petites têtes de taureaux aux expressions diverses (innocent, intelligent, bébête, etc...). Il parait que je suis devenu expert en la matière depuis que j’ai assisté à une course de taureaux lâchés lousse dans les rues de la petite ville de Biscoitos, de l’autre côté de l’île de Terceira, le 7 juillet. Selon les gens de la place, cette course de taureaux est une activité qui se déroule seulement sur l’île de Terceira, et pas ailleurs semble-t-il. Les gens viennent de partout dans l’île pour assister à cette course. Lorsque le taureau est lâché, même s’il a une corde de 100 mètres attachée au cou que 5 vaillantes personnes essaient de retenir, il part au gallot et fonce dans la foule qui fuit alors dans toutes les directions et essaie de se cacher là où elle peut, en sautant par dessus les clôtures et en entrant dans chaque cavité qui semble offrir une protection. Quand le taureau revient sur ses pas, ce sont les 5 matadors qui retenaient la corde qui déguerpissent à leur tour. C’est un sauve-qui-peut. Tout le long du trajet, les gens de la place assistent au spectacle depuis leur terrasse, fenêtre ou balcon. Et ce festival se déplace de village en village durant tout le mois de juillet.
C’est aujourd’hui aussi, vendredi le 9 juillet à 12 :45 heures, que nous avons largué les amarres à Angra Do Heroismo et mis le cap sur Ponta Delgada, île de Sáo Miguel, distant de 93 miles. Un léger vent W 5-10 kts nous propulsait doucement par le travers, tribord amure, sur une mer calme et sous un soleil radieux. Nous arrivions au quai des douanes à Ponta Delgada à 08:45 heures, samedi matin le 10 juillet, après une nuit de navigation à moteur sur une mer au repos éclairée par un quartier de lune.
Dès notre arrivée, Marie-Ève apprend d’un voilier voisin que c’est fête en ville aujourd’hui; la fête du Saint-Esprit, une fête champêtre célébrée par tous les villages de l’île. Apparemment, sur l’heure du midi, on y sert un repas traditionnel gratuit. Marie-Ève et moi, après une marche de 10 minutes le long de la jetée longeant le bassin du port, nous rendions au petit parc où se trouvent les portes de la ville. Déjà deux rangées de tables s’alignent dans la rue, formant un U autour du square. Ces tables sont occupées par les gens de la place qui attendent d’être servis par les scouts et les guides de l’île. Il y a certainement plus de 1000 convives déjà attablés. Nous nous joignons à eux. Pour chaque groupe de 8 personnes, soit 4 de chaque coté de la table, il y a une bouteille de 1,5 litre de boisson pétillante à l’orange, genre Orange Crush, et une bouteille de vin rouge. Le soleil du midi nous plombe sur la tête; la boisson à l’orange et le vin sont chauds comme si on les avaient mis au fourneau. Ni l’un ni l’autre est buvable seul; les Portugais les mélangent moitié-moitié pour faire une quelconque sangria. Nous faisons de même et c’est buvable ainsi. Puis le repas nous est servi : un bol de croûtons de pain, de morceaux de boeuf et de choux baignant dans un jus abondant et assaisonné à la menthe; c’est un genre de bouilli de boeuf ou, si vous préférez, de soupe au boeuf et au pain. Assez bon au goût et typiquement portugais. En fin d’après-midi, c’était la parade; chaque village ayant son char allégorique tiré par des boeufs et son groupe de danse ou de chanteurs folkloriques habillés du costume traditionnel, puis en soirée des groupes de chanteurs se succédaient sur les scènes extérieures aménagées à cette fin. Une grande fête pour les résidents de l’île de Sáo Miguel.
Dimanche le 11 juillet, les voiliers Terre Océane et Est-Ouest, en provenance de Horta, faisaient escale à leur tour à Ponta Delgada. Comme nous, ils seront ici quelques jours avant de mettre le cap sur la Méditerranée. Nos routes se croisent depuis Sandy Hook.
En fin d’après-midi dimanche, Aline et Manuel Dorego sont venus nous rendre visite sur Marysol. Aline est québécoise d’origine tandis que Manuel, maintenant jeune retraité, est né aux Açores et a émigré au Québec avec sa famille lorsqu’il était enfant. Aline et Manuel ont une résidence ici, à Bretanha de l’autre côté de l’île, et partagent leur temps entre Québec et Sáo Miguel. C’est par l’entremise d’un ami commun, Pierre Villemure, que Marcel est entré en communication avec Manuel avant notre arrivée sur l’île de Sáo Miguel. Aline et Manuel sont des gens super sympathiques qui nous ont consacré leur journée du lundi 12 juillet pour agir comme guide touristique et nous conduire à des endroits magnifiques où nous avons contemplé la beauté des paysages sous tous leurs angles. Ils nous recevaient ensuite en leur maison pour un souper typiquement portugais fait avec des légumes frais de leur potager. Un excellent repas bien arrosé de leurs vins préférés. En fin de soirée, ils nous remettaient les clés de leur Land Rover pour que nous puissions continuer à visiter l’île à notre guise, ce que nous fîmes mardi le 13 juillet. Sur les sinueux et cahoteux chemins de montagne, Marcel au volant de ce véhicule de brousse se prenait pour Crocodile Dundee.
En après-midi mercredi le 14 juillet, Marcel et Marie-Ève allaient porter la Land Rover à Aline et Manuel, à Bretanha. Merci infiniment Aline et Manuel pour votre cordial accueil et pour votre grande générosité. Votre maison est superbe et votre petit domaine de quelques arpents avec vue en plongeon sur la mer est un oasis de paix tout simplement magnifique. Aujourd’hui, c’est aussi la fête des français. Nous sommes invités sur Terre Océane pour un 5 à 7. Le grand pavois de Solange sera hissé sur Terre Océane.
Après deux semaines de vacances aux Açores, nous sommes maintenant prêts pour la prochaine étape de notre voyage : Lisbone, Portugal, distant de 775 miles. Nous larguerons les amarres prochainement. Mon prochain message, Espagne-09, devrait vous parvenir de cet endroit.
Espagne-09
Adieu les Açores, ces îles verdoyantes, paisibles et charmantes qui nous ont hébergés depuis le 28 juin. Hier soir, Aline et Manuel, ces québécois qui partagent leur temps entre Québec et les Açores, sont venus souper avec nous sur Marysol et ce midi, vendredi le 16 juillet, nous mettions le cap sur Lisbonne après avoir salué nos amis à quai sur Est-Ouest et sur Terre Océane, ces deux voiliers qui suivront notre route plus tard.
Compte tenu des vents dominants et du courant le long du littoral portugais, le capitaine a décidé de faire route un peu plus au nord, en passant par le point 40N – 15W plutôt que de naviguer directement sur Lisbonne. Ce détour, tout en ajoutant 20 miles à notre route qui sera de 793 miles au lieu de 773 miles, devrait faciliter notre entrée sur Lisbonne.
Au départ de Ponta Delgada, sur l’île de Sáo Miguel, nous naviguons au portant par vent léger W 5-10 sous un ciel partiellement dégagé. La mer est calme. En soirée le vent s’est calmé davantage, ce qui justifia la mise en marche du moteur. Puis samedi le 17 juillet, le vent est devenu SW 10-15, tournant vers le sud puis l’est, et la pluie a commencée. De bonnes ondées qui ont bien dessalé le voilier. Le mauvais temps s’est maintenu jusqu’à dimanche le 18 juillet, 14 :00 heures. Après une nuit pluvieuse sur une mer croisée et agitée par un vent E 15-20, le soleil nous est revenu. La mer s’est enfin calmée et le vent s’est tu. Après 2 jours de navigation, nous sommes à 580 miles de Lisbonne.
La vie à bord a repris son cours habituel : quart de veille de 2½ heures, 24 heures sur 24, navigation aux instruments, vigie météo, communications radio HF, etc... C’est relax à bord et rien ne presse. La lecture est le passe-temps favori; au rythme qu’elle les dévore, Marie-Ève manquera bientôt de romans à lire.
Lundi le 19 juillet, le beau temps se maintient et nous filons sur un cap de 85°mag. à 5 kts par vent NNE 10 kts. La mer est calme à moins d’un mètre, c’est ensoleillé et le baromètre est à la hausse à 1018 millibars. De temps en temps il y a des navires qui croisent notre route, mais ils se font rares. Ce soir cependant, au coucher du soleil par 38° 37’ N et 18° 34’ W, entre les Açores et le Portugal, nous avons rencontré deux navires de guerre, probablement américains selon les conversations VHF que nous avons écoutées, qui faisaient des manœuvres. Leurs hélicoptères faisaient la ronde dans les environs, se posaient sur les navires et en repartaient. Un spectacle inusité en fin de journée alors que le soleil déclinait à l’horizon.
Mardi le 20 juillet. Le petit temps se maintient et la navigation est de tout repos. Ce matin, nous observons d’étranges petites créatures qui flottent à la surface de l’eau. Il y en a partout. C’est la première fois de toutes mes sorties en mer que je vois des créatures semblables. À première vue on ne peut pas dire si elles appartiennent au règne végétal ou animal. Notre curiosité nous pousse à investiguer davantage. On se fabrique un instrument de fortune avec un sceau et la gaffe pour en repêcher une qui viendrait à dériver près du voilier. Après plusieurs essais, on réussit à en capturer une. C’est effectivement un genre d’animal d’environ 3 pouces de diamètre avec plusieurs branchies pour filtrer l’eau, chacune dans une mince écaille translucide blanchâtre et attachée à un petit corps spongieux et blanc. Pas de yeux, pas de bouche, pas de membres pour se propulser. Ça ressemble un peu à une fleur, genre pivoine: des pétales (les branchies) attachés à un bouton central (le corps). Nous avons pris quelques photos et une séquence vidéo de cette créature avant de la disséquer pour l’analyser. Dès que le corps fut coupé en deux, un liquide orange s’en échappa et plus aucun signe de vie dans les branchies. Très étranges ces créatures; je devrai demander à mon ami Pierre Vallée, spécialiste des HNO, ce qu’il en pense.
Jeudi le 22 juillet. Nous naviguons toujours par petit temps SE 5-10 et, à 17 :00 heures, nous sommes à 109 miles de Lisbonne. Nous y serons demain. En soirée vers 20:00 heures, alors que les derniers rayons d’un soleil déclinant s’étendent en pointillé sur les rides d’une mer nonchalante, nous nous sommes payé un spectacle " live " des trois ténors. Les quatre dans le cockpit, naviguant par vent léger SE 5 à 3 kts, nous écoutions un CD des trois ténors, à volume élevé, nous livrer leurs extraits d’opéra. Ah!... mais quelle sensation; c’est comme si nous y étions en personne. Aucun souci de déranger nos voisins; aucune activité humaine à l’horizon. Nous sommes les seuls humanoïdes à portée de vue.
Vendredi le 23 juillet. C’est Solange, sur son quart de veille, qui a aperçu la terre en premier à 08:00 heures; elle a droit à une double portion de rhum comme le veut la tradition à bord de Marysol. Nous naviguons toujours par petit temps, N 5-10, sur une mer calme. La traversée des Açores au Portugal aura franchement été de tout repos, avec des vents faibles ou modérés généralement favorables et une mer accueillante sous le soleil la plupart du temps. Une très belle traversée. À 14:30 heures, nous accostions pour les formalités d’usage au quai de la marina de Cascais, à l’entrée du Tage, environ une douzaine de miles du centre ville de Lisbonne.
Voilà notre traversée terminée. Marcel et Solange viennent de réaliser un rêve longtemps mijoté; Marie-Ève est toute contente d’avoir relevé le défi et n’en croit pas ses yeux. Enfin rendu au Portugal. Prochaine escale : en route pour l’Algarve.
Espagne-10
Voilà, nous sommes au Portugal depuis le 23 juillet.
Mercredi le 28 juillet, 10:00 heures, nous levons l’ancre de la baie de Cascais, Portugal (position 38° 41’ N par 09° 24’ W), et mettons le cap sur Setubal distant de 27 miles. Ce fut une agréable escale de 5 jours à Cascais, cette ville station balnéaire parsemée de petites plages à l’entrée du Tage, à une demi-heure de Lisbonne en train de banlieue qui fait la navette aux 20 minutes entre ces deux villes. C’est la haute période de vacances présentement et dès 9:00 heures les plages sont déjà bondées. Beaucoup de monde au soleil mais peu dans l’eau car l’Atlantique est froide ici, aussi froide qu’au Québec. Il faudra attendre l’Algarve pour une eau certainement plus invitante.
Cette semaine, c’est la régate " Portugal Match Cup " dans la baie de Cascais, une régate importante à en juger par l’organisation mise en place pour cette compétition de voiliers de classe de 10 mètres environ. De superbes machines de course avec équipage de 5 personnes. Une des bouée du circuit est placée à peine à 50 mètres de Marysol, ce qui nous place aux premières loges pour observer les manœuvres de levée de spi dès que la bouée est contournée.
Durant notre escale à Cascais, nous avons fait nos visites touristiques des environs comme il se doit : Lisbonne, Belem, Sintra; des endroits caractéristiques du Portugal avec leurs châteaux, églises, parcs et miradors pour apprécier les différents points de vue de ces villes ayant fait l’histoire. Un peu chaud pour visiter cependant; parfois plus de 40°C. Mais le déplacement en valait la peine.
Mercredi le 28 juillet à 16:45 heures, comme dirait mon ami Pierre, nous mouillions l’ancre dans la " Baia de Sesimbra ", où se trouve un petit port de pêche bien protégée par un brise lame (position 38° 26’ N par 09° 06’ W). Nous sommes près de la plage, dans la ville de Sesimbra, une ville touristique qui compte plusieurs hôtels bâtis en pallier dans la falaise. Setubal est situé environ 10 miles plus loin, en amont sur la rivière Sado. En soirée, un coup de vent du nord ouest avec des rafales à 25 kts descend de la falaise. L’ancre chasse et il faut se ré-ancrer. Surprise en remontant l’ancre; un gros caillou dans le bec de l’ancre. Censure : interdiction de Solange de prendre une photo; ce n’est pas une souche...
Jeudi le 29 juillet à 9:00 heures; c’est le départ pour Sines. Une distance de 33 miles à franchir aujourd’hui en direction sud, le long de la côte du Portugal. Nous naviguons au largue, tribord amure, par vent W 10-15. La mer est calme et le soleil est au rendez-vous; une belle journée de navigation. L’air du large est frais cependant. Puis, en après-midi à 15:15 heures, nous mouillions devant la plage de Sines, à l’intérieure d’une jetée abritant, d’un côté une marina et de l’autre, un petit port de pêche (position 37° 57’ N par 08° 52’ W). Les 29, 30 et 31 juillet, c’est le Festival des Musiques du Monde dans l’enceinte de la forteresse à Sines, là où naquit le grand navigateur et découvreur Vasco Da Gama en 1469. Une deuxième scène extérieure a aussi été aménagée en bordure de la plage où nous sommes à l’ancre. On se croirait au Festival d’Été de Québec. Ici cependant la musique n’arrête pas à 23:00 heures; elle se poursuit toute la nuit. À 1:30 heure de la nuit, ce fut la musique du groupe Di Grine Kuzine, d’Allemagne, qui nous força hors de nos lits pour un concert écouté du cockpit. Une musique moderne bien particulière et plaisante à entendre, projetée à haut volume par un système de son hi-tech. Étiquette à surveiller chez les disquaires.
Vendredi le 30 juillet, à 6:30 heures après une courte nuit de sommeil, le capitaine met le cap sur Arrifana, à 40 miles de distance toujours en direction sud le long de la côte portugaise nommée ici " Costa Azul ", la côte bleue. Le vent est nul; nous naviguons à moteur. En matinée, des dauphins viennent nous saluer au passage et s’amusent à passer sous l’étrave. À 13:00 heures, rendu à Arrifana, le capitaine constate que ce mouillage n’est pas protégé de la houle venant de l’ouest et décide de continuer pour contourner Cabo Sáo Vicente, 17 miles plus au sud, et mouiller à Ponta de Sagres à 3,5 miles de l’autre côté du cap. À 17:30 heures nous ancrions dans la baie à Ponta de Sagres, devant la plage (position : 37 00.127 N par 08 56.485 W). Nous voilà rendu en Algarve.
Samedi le 31 juillet, petit saut de puce aujourd’hui puisque nous serons à Lagos sur l’heure du midi. Une distance de 16,1 miles à couvrir. Lagos me rappelle de bons souvenirs à bord du voilier Orca. C’est d’ici que le départ s’est effectué pour la traversée à la Barbade en 2002. Salut à mes anciens copains de galère sur Orca, le capitaine Fernand et les équipiers Pierre et Matthieu.
Espagne-11
Nous sommes vraiment en vacances en Algarve et nous profitons du soleil.
Dimanche le 1er août, nous laissons la Marina de Lagos (position 37° 06’ N par 08° 40’ W) pour aller mouiller à Alvor, le village voisin à 5 miles de distance. Un très petit saut de puce aujourd’hui. Au sortir de la marina, avant d’aller à Alvor, nous nous dirigeons vers les grottes tout près de Lagos, des grottes que la mer a creusée et sculptée dans la falaise au fil des millénaires. Nous ancrons au large pour l’après-midi, puis nous allons vers les grottes en dinghy. Plein de petites plages au fond des échancrures, la plupart accessibles en dinghy seulement. Il y en a une cependant où nous voyons quelques personnes et des parasols. Elle est accessible par un petit sentier qui grimpe dans la falaise. Le capitaine m’y dépose en dinghy; c’est une plage de nudistes!! Plusieurs spécimens mâles et quelques femmes. Je ne prends pas de photo; on m’observe comme un intrus. Je prends le sentier et je gravis la falaise sans trop m’attarder. Du haut de la falaise, la vue de la région est magnifique. Je vois, en bas, Marysol qui se ballotte nonchalamment sur une mer bleue.
À 15:00 heures, nous levons l’ancre pour entrer à Alvor, en amont de la rivière du même nom. L’entrée de la rivière, bien protégée par un enrochement, est facilement accessible. Nous sommes à marée haute présentement et derrière l’enrochement c’est une grande étendue d’eau. L’étroit chenal menant à Alvor n’est pas balisé; on ne le voit pas et on ne peut pas se fier aux cartes marines car les bancs de sable submergés se déplacent au gré des marées. Vaut mieux entrer à Alvor à marée basse; les bancs de sable seront plus visibles et si l’on s’échoue en entrant, la marée montante nous remettra à flot. Le capitaine décide de mouiller l’ancre derrière l’enrochement, dans 16 pieds d’eau. À marée basse nous serons dans 6 pieds d’eau environ; juste assez pour éviter le fond puisque le tirant d’eau de Marysol est de 1,63 mètre. Situation à réévaluer demain matin (position 37° 07’ N par 08° 37’ W).
Lundi le 2 août, à 10:00 heures, le capitaine décide de poursuivre sa route jusqu’à Vilamoura, à 25 miles plus au sud, plutôt que de remonter la rivière sur 2 miles environ pour entrer à Alvor. Nous sommes à marée basse et de grandes étendues de sable nous entoure maintenant. Les bancs de sable dessinent le canal qui serpente jusqu’à Alvor. Il n’y a pas beaucoup d’eau cependant et, même au milieu du chenal pour sortir de l’entrée de la rivière où nous sommes ancrés, nous nous échouons sur un banc de sable submergé. Il faudra attendre la marée montante pour se sortir de cet impasse. Enfin, 11 :15 heures, nous reprenons notre route. En après-midi, belle navigation tribord amure par grand largue, vent SW10. À 17:00 heures, nous accostions au quai de service de la Marina de Vilamoura, la plus importante marina du Portugal avec ses 1300 places à quai. Tout autour des quais, ce sont des resto et des boutiques. Beaucoup de monde y circule; des touristes qui profitent des plages avoisinantes.
Mardi 3 août, 11:15 heures, nous partions à destination de Faro, à 19 miles plus au sud, où nous nous sommes ancrés près de l’île da Culatra à 14:30 heures (position 36° 59’ N par 07° 50’ W). Bonne navigation par vent SW 10-15 le long de la côte qui, dans cette partie de l’Algarve, est une longue plage de sable à perte de vue. Faro et la ville voisine, Olháo, sont bordées au sud par l’île da Culatra, par des dunes et par une zone de hauts fonds sablonneux qui sont submergés à marée haute, lesquelles constituent Cabo de Saint Maria où un phare de 49 mètres est érigé. Depuis l’extrémité ouest de l’île da Culatra, un chenal balisé de 4 miles mène à Faro tandis qu’une branche secondaire du canal mène au petit port de pêche de Olháo. Plusieurs voiliers, une bonne cinquantaine, sont déjà à l’ancre au mouillage en bordure du chenal, près de l’île da Culatra, une île de sable et de fourrage, tranquille et bucolique, habitée surtout par des pêcheurs.
Mercredi le 4 août, 06:15 heures, c’est le départ pour Gibraltar à 145 miles de distance. Adieu l’Algarve, adieu le Portugal; nous serons bientôt en Méditerranée. Notre cap est de 123° magnétique pour traverser le golfe de Cadiz avant de nous rapprocher de la côte espagnole, à Trafalgar, puis longer cette côte jusqu’à Gibraltar. Le vent est SW 10 en après-midi, c’est ensoleillé et la mer est belle. Notre nuit en mer fut paisible et nous arrivions à Gibraltar jeudi le 5 août, à 9:15 heures, après 27 heures de navigation (position 36° 08’ N par 05° 21’ W).
Gibraltar: un minuscule territoire britannique au sud de l’Espagne habité par des singes et des humains. Gibraltar célèbre cette année ses 300 ans de domination britannique. Nous venons à peine de manquer les célébrations puisque c’était hier la journée de la fête organisée pour célébrer l’événement. L’attraction principale, semble-t-il, fut la chaîne humaine autour du roc de Gibraltar, chacun se tenant par la main. Ah! ce fameux roc qui domine le paysage. Solide comme le roc de Gibraltar, dit-on. Mais ce roc est troué comme un gruyère, même si on n’y voit rien de l’extérieur. En plus des grottes naturelles, plus de 50 kilomètres de tunnel ont été creusés en tous sens dans ce roc, principalement pour des fins militaires compte tenu de sa position stratégique à l’entrée de la Méditerranée.
Demain, vendredi le 6 août, nous serons dans la Méditerranée, sur la Costa Del Sol.
Espagne-12
En quittant Gibraltar, nous sommes entrés en Méditerranée et nous longions la côte espagnole, la Costa Del Sol, un lieu de villégiature d’une grande renommée. Vu de la mer, la Costa Del Sol m’apparaît comme étant une étroite langue de terre assez aride en bordure de la Méditerranée et acculée au pied d’une chaîne de montagnes presque désertiques. Les hôtels et condominiums abondent sur pratiquement toute sa longueur qui est d’environ 150 kilomètres. Elle est densément peuplée en haute saison et les touristes s’entassent sur le sable brun de ses plages. Beaucoup de monde, beaucoup de béton et peu de végétation. Pourtant, on y construit encore et les chantiers de construction sont nombreux. Ici, le soleil brille 325 jours par années, ce qui explique certainement l’état de sécheresse apparent en cette période-ci de l’année.
Vendredi le 6 août, à 10:00 heure, nous quittions Gibraltar pour Estepona, sur la Costa Del Sol, distant de 23,6 miles. Au départ, une épaisse brume voile le roc de Gibraltar et un vent NE 10 nous déplace paisiblement sur une mer calme. Après une petite journée de navigation sans souci, nous arrivions à la marina de Estepona à 18 :00 heures pour les formalités d’usage (position 36° 24’ N par 05° 09’ W), mais il n’y a pas de bureau de douanes ici. Il faudra les faire plus tard. On ancre dans la baie pour la nuit, en face d’une plage encore fort occupée sur l’heure du souper. L’équipage en profite pour se baigner dans la Méditerranée; c’est ma première baignade de tout le voyage, le croirez-vous!!!
Samedi le 7 août, départ pour Malaga à 7:30 heures; une distance de 44 miles à faire aujourd’hui. Nous arrivions à la marina de Malaga à 15:30 heures pour se faire dire qu’il n’y a pas de place de disponible à la marina et que les douanes sont fermées jusqu’à lundi. On continue 3,5 miles plus loin jusqu’à la marina de Puerto de El Candado. Pas de place à cette marina là non plus. On poursuit notre route jusqu’à La Caleta de Vélez, 14 miles plus loin. Il n’y a pas de place à quai là non plus mais la capitainerie nous autorise à rester au quai d’accueil pour la nuit, ce qui fait très bien notre affaire après 62 miles de navigation à moteur par temps calme (position 36° 44’ N par 04° 04’ W). En soirée, c’est la longue marche sur la promenade longeant la plage sur plusieurs kilomètres. Peut-être autant de monde le soir que le jour; les restaurants sont très occupés et font sûrement des affaires d’or. Sur la plage, ici et là, des barques de pêcheurs sont remplies de sable et on y cuit des sardines sur feu de braises, une spécialité de la région sans doute, du moins pour la façon de les cuire.
Dimanche le 8 août, à 11:30 heures, c’est le départ pour Alicante, à 250 miles plus au nord-est en remontant la côte espagnole qui devient en cours de route la " Costa Blanca ". Deux nuits en mer pour arriver à cette destination où le capitaine espère régler la question des douanes une fois pour toute. Les Espagnols ne semblent pas trop s’en faire avec cette exigence de navigation pour les bateaux étrangers entrant sur leur territoire. Lors de la traversée sur Orca en 2002, nous avions vécu une situation semblable aux îles Canarie, lesquelles sont un territoire espagnol. C’est à Alicante aussi que Marie-Ève termine son voyage. Elle ira rejoindre sa mère à Toulouse, en France, pour ensuite visiter l’intérieur du Portugal et de l’Espagne avant de retourner au Québec, fin août, pour continuer ses études universitaires.
Lundi 9 août. Depuis notre départ, le vent oscille entre SE et SW 10-15, et nous naviguons au portant sous un soleil radieux. Très belle navigation de nuit aussi alors qu’un quartier de lune éclaire la mer et que des étoiles filantes sont observées. Vers 03:00 heure, le vent s’est manifesté à 20-25 kts pour quelque temps et la mer a grossi à plus de 2 mètres sans être trop menaçante; les vagues roulaient sous la poupe et s’étendaient longuement à l’avant du voilier.
Mardi 10 août. À 09:45 heures, nous accostions au quai de service de la Marina Alicante; déjà il fait chaud, c’est 29°C dans le voilier. Après s’être informé où étaient situées les douanes, Marcel s’y rend à pied et exerce finalement son devoir de capitaine. Tout est en règle maintenant en ce qui concerne les douanes et l’immigration. Le capitaine compte rester ici quelques jours pour visiter Alicante et les environs qui, comme ailleurs en Espagne, possède son histoire et ses châteaux. Solange souhaite aussi se reposer quelques jours avant de reprendre la mer.
Prochaine destination : Les Baléares.
Espagne-13
Vendredi le 13 août, à 12:45 heures, nous mettons le cap sur les Baléares après une très belle escale à Alicante, sur la Costa Blanca de l’Espagne. Nous mouillerons à Puerto de Sabina, sur l’île de Formentera, distante de 98,8 miles. Nous y serons demain matin.
Alicante est une ville touristique accueillante et active sans être trop stressante. Une belle plage s’étend en bordure de la Méditerranée et l’eau est chaude!!! Chaude comme aux Antilles, environ 27°C. La marina, très moderne et avec tous les services, compte plus de 800 places à quai. Tout autour de la marina, ce sont des resto et des boutiques. Le soir venu, la vie s’active sur la longue promenade bordée de palmiers et qui s’étire sur quelques kilomètres en face de la marina. Nombreux sont les marchands et vendeurs de tout acabit qui étalent leur stock sur une couverture étendue sur la promenade et offrent leurs petits bidules-souvenirs aux passants jusqu’aux petites heures du matin.
Alicante c’est aussi la ville historique avec ses églises et ses châteaux du moyen âge. Un tel château, le château Santa Barbara, est juché sur un buton en bordure de la mer d’où la vue sur la ville et les environs est superbe. Attention aux arnaques cependant lorsqu’on visite le ville; j’ai failli y laisser ma caméra et toutes mes photos souvenir. Si quelqu’un vous accoste et vous dit que vous avez une longue chiasse d’oiseau dans le dos et vous invite à regarder par dessus votre épaule pour le constater tout en pointant en haut pour vous indiquer d’où ça vient, ne déposez pas votre sac de caméra par terre; quelqu’un d’autre s’en empare rapidement. Deux secondes de plus et s’en était fait pour ma caméra.
C’est ici à Alicante, vendredi le 13 août, que Marie-Ève a terminé son voyage après 2½ mois à bord de Marysol. C’est à regret qu’elle nous quitte après cette expérience de vie unique qu’est la vie à bord d’un voilier. Question de ne pas attendre à la dernière minute, c’est ici aussi que j’ai fais les démarches nécessaires pour mon retour au Québec. Ce sera Barcelone – Paris par train la nuit du 2 septembre, puis un vol Paris – Montréal sur Corsair le 3 septembre en après midi (vol Corsair SS900 arrivant à Montréal à 17:15 heures). Pourquoi cet itinéraire? Parce que c’est Corsair qui offre les meilleurs tarifs (achat par Internet : aller simple, Paris – Montréal, 263 euros). Le seul hic, c’est qu’il y a un petit pédalier en face de chaque siège; comme le prix du billet est assez bas, chaque passager est tenu de faire son effort pour propulser l’avion après décollage.
Samedi le 14 août, 10:30 heures, nous voilà rendu à destination et mouillons dans la baie près du petit port de Puerto de Sabina, situé sur l’île de Formentera (position : 38° 44’ N par 01° 25’ E). Nous voyons l’île voisine d’Ibiza tout près. Plusieurs voiliers et yachts de toutes catégories sont déjà à l’ancre dans cette eau claire et limpide de la Méditerranée où l’ancre est nettement visible par 10 mètres de fond. Lorsque nous longions la côte espagnole, on voyait peu de voiliers en navigation et on se demandait s’ils restaient tous bien amarrés aux marinas. Je crois maintenant que ceux qui sont en état de naviguer sont tous ici, aux Baléares, tellement il y en a.
C’est aussi durant notre trajet Alicante – Baléares que nous avons traversé le méridien zéro, passant ainsi de l’ouest à l’est. La transition s’est faite à 19:18 heures, heure locale (TU + 2). Ça ne change pas grand chose dans la vie, mais notre position s’exprime maintenant en degrés Nord/Est plutôt qu’en degrés Nord/Ouest. Nous avons célébré l’événement avec un petit sangria bien frais.
Dimanche le 15 août, 11:00 heures, départ pour Ibiza, distant de 10,6 miles. Comme toujours, la journée est chaude et ensoleillée; un vent SE 10 nous pousse gentiment vers notre destination. Nous arrêtons pour dîner à 13:30 heures dans la baie Cala Talamanca, juste derrière le port d’Ibiza puis, comme la houle a tendance à rentrer dans ce mouillage, nous continuons jusqu’à Cala Llonga, 4,1 miles plus loin où nous mouillons à 15:15 heures (position : 38° 57’ N par 01° 31’ E). Ici, c’est un excellent mouillage dans une baie étroite et profonde, entre des falaises escarpées, et la houle ne nous importune pas.
Le 15 août, c’est fête en Espagne. Une scène extérieure était montée sur la plage au fond de la baie et nous étions aux premières loges pour écouter le concert donné par des artistes locaux sur des airs de ABBA. Après le spectacle nous avons eu droit à un superbe feu d’artifice digne de Loto-Québec.
Lundi 16 août, c’est une journée de farniente et de baignade pour Marcel et Solange tandis que je me paie une randonnée d’une demi-heure en bus pour aller visiter Eivissa (Ibiza), une ville touristique moderne avec ses cartiers anciens. L’histoire d’Ibiza remonte au temps des phéniciens, mais sa forteresse et sa cathédrale sont un peu plus récentes, du temps du moyen âge. Ces constructions font partie du patrimoine mondial. Du monticule où est situé la forteresse, la vue sur le port d’Ibiza est magnifique.
Mardi le 17 août, c’est le départ à 10:40 heure pour Santa Eulalia Del Rio tout près, soit à 2 miles de distance seulement. Nous y mouillons l’ancre dans la baie de Santa Eulalia à 11 :25 heures pour une courte escale (position : 38° 58’ N par 01° 32’ E). Après visite de la ville et le bain en mer, nous en repartons à 16:30 heures pour aller à la Clot d’es Llamp, 9,3 miles plus loin. Un vent S 10-15 nous y porte au grand largue, tribord amure. Nous mouillons dans la baie bien protégée, près d’un rocher escarpé, à 18 :30 heures (position : 39° 04’ N par 01° 36’ E). Nous sommes 3 voiliers au mouillage et l’endroit est magnifique et paisible. L’eau est claire et chaude, mais il y a des méduses, beaucoup de méduses. Nous nous baignons quand même; elles ne nous ont pas dérangés.
Mercredi le 18 août, 06:30 heures, c’est le départ pour Cala de Santa Ponsa sur l’île de Mallorca, distant de 45 miles. Le vent est très léger et c’est un trajet à moteur. Nous y sommes à 15:45 heures en après-midi (position : 39° 30’ N par 02° 28’ E) pour continuer à profiter pleinement de ce paradis pour yachtsmen que sont les Baléares.
Jeudi le 19 août, à 10:55 heures, le vent est SW 10 lorsque nous mettons le cap sur Las Illetas, dans la grande baie de Palma. Tout près, c’est la ville de Palma, la principale ville des Baléares. À l’arrivée dans la baie de Palma, une régate de voiliers de toutes catégories, principalement des 20 à 25 mètres, est en cours. De superbes voiliers et beaucoup de voilures; les manœuvres sont précises et les changements de bord sont rapidement exécutés. Un spectacle à grand déploiement pour notre arrivée au mouillage derrière les petites îles que sont Las Illetas. Nous ancrons à 14 :45 heures (position : 39° 32’ N par 02° 35’ E) et c’est la baignade autour de Marysol.
Vendredi 20 août, 11:30 heures, départ pour Palma, distance 4 miles et à 12:20 heures, nous sommes rendus au quai de service de Real Club Nautico, dans le port de Palma (position : 39° 33’ N par 02° 38’ E). Le port de Palma est très grand et, en plus des cargos et des bateaux de croisière, il y a quatre grosses marinas à l’intérieur du port. Les places à quai se comptent par milliers et les bateaux sont entassés les uns sur les autres.
Le capitaine compte rester quelques jours ici pour visiter Palma et l’île de Mallorca, puis ce sera Menorca, la dernière île à voir avant de mettre le cap sur Barcelone à la fin du mois d’août.
Espagne-14
Palma de Mallorca, une ville fondée par les romains, puis occupée par les musulmans qui furent ensuite chassés par Jacques 1er le Conquérant, roi d’Aragon et de Catalogne en 1229. C’est une belle ville très accueillante et bien organisée pour recevoir les millions de touristes qui la visitent chaque année. Nous sommes restés deux nuits à la marina Real Club Nautico de Palma, ce qui nous laissa suffisamment de temps pour visiter la ville. Il y a plusieurs sites à voir à Palma; cependant, deux bâtiments d’importance s’élèvent au dessus des autres : la Seu (la cathédrale), un joyau du moyen âge, et le château de Bellver (Bellevue) qui date de la même époque. Juste en face de la Seu, se trouve un autre bâtiment du moyen âge, la Almudaina, la résidence officielle du roi d’Espagne lorsqu’il est de passage à Majorque.
Dimanche le 22 août, nous laissions la marina à 13:30 heures pour retourner s’ancrer à Las Illetas, où nous étions vendredi dernier le 20 août. Un vent SW 10 gonfle les voiles pour une agréable sortie du dimanche après-midi dans la baie de Palma avant de se rendre au mouillage à 16:30 heures (position : 39° 32’ N par 02° 35’ E). Au mouillage cependant, nous constatons que l’endroit n’est pas bien protégée de la mer formée par le vent du SW qui s’est accru davantage en fin d’après-midi; ça roule trop. Nous levons l’ancre à 18:15 heures pour aller mouiller 3,1 miles plus loin dans la baie, à Palma Nova, qui semble mieux protégée du vent du SW. Nous mouillons près de la pointe de la Porassa (position : 39°30’ N par 02° 32’ E). Tout au fond de la baie, une longue plage envahie par les touristes. Il y a même un hôtel nommé Hawaii et un autre du nom d’Honolulu; on se croirait dans le Pacifique.
Lundi le 23 août, départ pour Cala Pi à 10:45 heures, à 17,9 miles de l’autre côté de la baie de Palma, sur le versant sud-est de l’île de Mallorca. Un vent SE 10-15 nous fait face et nous tirons des bords pour naviguer au près jusqu’à destination, ce qui double la distance parcourue sur le fond. Comme l’entrée de Cala Pi est très étroite et que la mer du SE entre allègrement dans ce mouillage, nous poursuivons notre route jusqu’à Puerto de Campos, 7 miles plus loin, au fond de la baie où l’endroit est mieux protégé du vent du sud-est (position : 39° 19’ N par 02° 59’ E). C’est un beau mouillage tranquille devant une longue plage de sable où l’eau est aussi claire qu’aux Bahamas.
Toute la semaine, nous avons caboté d’un petit mouillage à un autre, sans trop se presser. Toujours le soleil est là et la mer est belle. Le vent est généralement du sud-est à 10 noeuds ou moins et la navigation est mollo. Tout autour de l’île, les mouillages ne manquent pas; c’est plein de petites criques pittoresques (les "calas"). Il s’agit de choisir un mouillage qui est bien protégé de la houle, ce qui n’est pas toujours évident lorsque les vents sont changeants. Parfois c’est paisible en soirée, puis ça roule durant le nuit.
Cette semaine, un contact radio a été établi avec les voiliers Est-Ouest et Terre Océane. Est-Ouest est en navigation et est presque rendu à Porto Santo, une île de l’archipel de Madère; bonne route Bernard et Christiane et que la mer vous soit favorable pour les prochaines étapes de votre odyssée. Quant à Terre Océane, ce voilier est rendu aux Baléares; à Ibiza. Ç’aurait été agréable de revoir Yannig, Nathalie et la petite Marine puisqu’ils se rendront à Palma prochainement, mais malheureusement nous n’auront pas l’occasion de les rencontrer puisque nous sommes de l'autre côté de l'île de Mallorca et nous mettrons le cap sur Barcelone en fin de semaine.
Dimanche le 29 août, 11:00 heures, c'est le départ pour Barcelone après le brunch du capitaine. Marcel a commencé une tradition à bord. C'est l'habitude maintenant, à tous les dimanches matin depuis que nous sommes en navigation, d'être servi des œufs et du bacon par le capitaine lui-même; une tradition qui est bien appréciée par tous les membres de l'équipage. Merci capitaine. Maintiens la tradition; très belle initiative de ta part!!!
Dimanche matin donc, nous quittions la baie de Pollença où nous sommes au mouillage depuis jeudi dernier (position: 39° 54' N par 03° 05' E). C'est une très belle baie bien protégée située à l'extrémité nord-est de l'île de Mallorca. Un dernier 102 miles de navigation et une dernière nuit en mer pour moi, puis nous serons à Barcelone.
Lundi matin, à 08:30 heures, nous accostions au quai de service de la marina Port Vell, située dans le port de Barcelone (position: 41° 22' N par 02° 11' E). Événement spécial aujourd'hui: c'est le 35ième anniversaire de mariage de Solange et Marcel. Ce soir, c'est un souper en tête-à-tête qu'ils se paieront à Barcelone pour discuter du renouvellement de contrat...
omment puis-je vous parler de Barcelone? Deux jours de visite à Barcelone, c'est trop peu et trop vite pour apprécier cette ville bien particulière puisque je quitterai Marysol à Barcelone, le 2 septembre, pour rentrer au Québec vendredi le 3 septembre. Il faudra que j'y revienne un jour.
Ainsi s'achève pour moi cette traversée de l'Atlantique. Nous avons navigué un total de 4450 miles en trois mois, depuis le Lac Champlain jusqu'à Barcelone, en passant par New York, les Açores, le Portugal, Gibraltar, puis les Baléares. En général, tout le long de notre voyage la mer nous a bien accueillis et la météo nous a été favorable. Bref, ce fut une très belle traversée et nous en avons profité pour visiter des coins de pays autrement inaccessibles. Mille mercis Marcel et Solange pour cette agréable aventure à bord de Marysol et bonne route pour la prochaine étape de votre voyage qui vous mènera en Tunisie cet automne.
Espagne-15
Denis nous a quitté le 2 septembre mais le voyage continu. Je vais essayer de perpétuer la tradition et vous informer de nos aventures et de nos déplacements. Sans doute que se sera moins bien que Denis car il a un réel talent pour l'écriture.... mais dans la cuisine c'est moi le meilleur... Nourriture de l'esprit et nourriture du corps, à chacun ses forces.
Barcelone! Barcelone! Quelle belle ville. Nous y avons passée 3 jours à visiter la ville en utilisant un bus décapotable à deux étages qui nous permettait de bien apprécier le décor et l'architecture. Nous avons visité le vieux quartier gothique, la place Catalunya, les Ramblas et certaines œuvres d'Antoni Gaudi, architecte de grande renommée avec une touche très particulière. Cette ville, tout comme Montréal, a accueilli l'exposition universelle de 1927 et les jeux olympiques de 1992, et elle a également une montagne verdoyante tout comme le Mont Royal. Une ville à voir et à revoir.
Après Barcelone, nous avons fais une petite escale à Arenys de Mar, un village de pêcheur avec une petite marina sans cachet particulier. Le lendemain, le 3 septembre nous devions partir pour une autre escale, mais! GRAND BONHEUR! Il se met à pleuvoir... Et oui, c'est la première fois qu'il pleut depuis le 23 juillet, la date de notre arrivée à Cascais (Portugal) sur le continent européen. Si nous comptons bien, nous avons été 41 jours sans une goutte de pluie. Je connais bien des Québécois qui auraient été heureux de connaître une telle saison estivale. Donc nous avons retardé notre départ au 4 septembre et nous avons navigué jusqu'a baie de Palamos (environ 30 milles vers l'est) ou nous avons mouillé l'ancre pour la nuit.
Lundi matin le 6 septembre, nous repartons passons de l'Espagne à la France en longeant la cote. Nous faisons un arrêt technique dans le port de Vendres pour les formalités douanières. L'escale fut d'environ une heure, le temps d'aller au bureau des douanes pour se faire dire que nous n'avions pas besoin de se présenter car le tout avait déjà été fait quand nous sommes arrivées dans la communauté européenne, c'est à dire aux Acores. Et nous repartons immédiatement pour le port de St-Cyprien situé dans le Languedoc-Roussillon.
Nous y avons passée une nuit et nous sommes repartis le lendemain pour Gruissan à quelques milles de Narbonne, la ville importante.
Ici à Gruissan, c'est une belle petite marina de 900 places avec tous les services. Nous allons y demeurer pour environ 2 semaines. Après 9000 km de navigations en trois mois, nous avons besoin d'un petit repos et Marysol a, quant à elle, besoin de petits travaux: lui faire un grand ménage, changer les batteries de services qui ont rendu l'âme, faire réparer la réfrigération qui n'arrête pas de fonctionner quand le bateau gîte du coté bâbord, retendre les haubans, etc, etc. De plus, ce week-end, nous aurons la visite d'amis français, Maryse, son copain et Jean-Calude.
France-01
Voila maintenant 9 jours que nous sommes à Gruissan dans le Landegoc-Roussillon, une région au sud de la France en bordure de la méditerranée. Pendant cette période nous en avons profité pour faire un peu d'entretien sur Marysol, recevoir des amis français et visiter les alentours. Nous avons été acceuilis par Jean-Claude un copain que nous avons connu par hasard au Québec en 1999 alors qu'il était venu en vacances. Celui-ci demeure à St-Pierre, tout près de Gruissan. Il nous a fait visiter les coins pittoresques de sa région, nous a aidé dans nos réparations sur Marysol et avec son auto nous a beaucoup assisté dans nos déplacements. Merci Jean-Claude pour ton accueil et ton aide.
Nous avons également eu la belle visite de Maryse et son copain Guillaume. Nous avons connu Maryse en 1999 alors qu'elle a habité chez-nous lors d'un stage d'étude de 6 mois à Québec. Nous en avons profité pour faire une tour à la voile sur Marysol, mais la sortie en mer fut de courte durée car certains avaient le cœur très fragile....
En ce qui concerne l'entretien, j'informe Marie-Eve et Denis que j'ai finalement colmaté la fuite du puits d'ancre et qu'il ne rentre plus une goutte d'eau. Refaire le fond du puits d'ancre avec de la résine et de la fibre a résolu le problème.
Le 16 septembre, nous avons repris la mer pour Marseille. Nous avons quitté Gruissan vers 13:30 heure avec un bon vent du nord-ouest de 25-30 nœuds. Après une nuit en mer, nous étions aux îles du Frioul à 8:00h le matin et nous avions parcouru 103 milles. Le Frioul, ce sont deux îles à 3 milles en face de Marseille. Nous y avons jeté l'ancre et profité d'une vue impeccable sur cette belle ville de la méditerranée, quoiqu'un peu polluée. C'est toujours un peu cela avec les grandes villes malheureusement. Mais il faut dire que l'eau est quand même très belle car nous voyions notre ancre dans 30 pieds d'eau. Après 3 jours de mouillage paisible, nous sommes rentrés à la marina du Vieux Port de Marseille pour y acceuillir Michel et Suzanne qui arrivent pour 2 semaines de vacances avec nous. Nous en avons profité pour visiter Marseille à bord du petit train du centre-ville. Nous sommes allés voir le sanctuaire Notre-Dame de la Garde, la rue Canebière et les alentours. Un souper au restaurant et une traditionnelle bouillabaisse marseillaise comme le veut la coutume... excellent...
Le 23 septembre, nous quittons Marseille à 7:30h. pour les Iles d'Hyères. Il fait un bon vent, 25 à 35 nœuds et nous arrivons à notre mouillage à 16:00heure. Nous avons parcouru 49,7 milles en un temps record avec seulement la grand-voile arisée 3 fois. La vague était très forte, houle de 8 à 12 pieds, nos invités étaient heureux de voir tomber l'ancre dans la rade de la Badine, sur le bord de la côte, en face des Iles d'Hyères. Nous voila maintenant sur la côte d'Azur. Au revoir la Provence! On nous annonce un fort mistral pour les prochains 24 heures, ici nous sommes bien protégés.
Le lendemain, nous n'avons pas bougé, le vent était effectivement très fort avec des rafales de force 8 sur l'échelle de Beaufort (40 nœuds / 74 km). Samedi, il fait beau soleil et le vent est acceptable. Nous quittons notre mouillage à 11h. en direction de Calvi en Corse, un voyage d'environ 110 milles. Nous faisons de la voile jusqu'a 2 heure du matin et par la suite, nous continuons à moteur faute de vent. La nuit est calme, la lune nous accompagne, en somme une très belle traversée. Nous arrivons à Calvi à 11:30h. A notre arrivée sortent une dizaine de trimaran de course (maxi) pour une régate. Nous avons la chance de voir de près ces merveilleux voiliers qui sont les "Formules 1" de la mer. Nous amarrons Marysol sur un corps-morts dans la baie. La vue est fantastique, le fort, les montagnes et la mer... En après-midi, nous visitons la ville et le fort et on s'arrête dans un petit café de long des quais pour prendre une bière locale, la PIETRA. Une excellente bière rousse.
Les jours suivants, nous avons navigué vers Girolata, une baie seulement accessible par bateau, Cargène un petit village typique et Ajaccio la capitale de la Corse.
France-02
Nous sommes jeudi le 30 septembre 2004. Nous venons de quitter Ajaccio à 14h, nous avons navigué environ 1 heure pour jeter l'ancre dans la baie Ste-Barbe à environ 6 milles au sud est d'Ajaccio. Une baignade, l'eau est encore à 23C, c'est très agréable et rafraîchissant. Ce soir au menu, du bon pâté chinois, nous avons trouvé du bœuf hachée (c'est rare) et du blé d'inde: un régal de manger du québécois, ça fait changement des baquettes et des bon pâtés de canard et terrines de toutes sortes. (Le tout arrosée d'un bon Bordeaux Supérieur 2002. On ne se prive de rien!)
Napoléon Bonaparte est originaire de Ajaccio. La ville possède plusieurs statues à son effigie, le centre de la ville s'appelle la Cours Napoléon, sa maison est devenue un musée et l'on retrouve son nom un peu partout. Les restos et bars s'appellent le Napoléon ou le Bonaparte et ceci dans toute la Corse. Le hic dans l'histoire est qu'après avoir quitté la Corse à l'âge de neuf ans, Napoléon n'y revint qu'une seule fois et que, loin d'honorer sa ville d'origine, il n'avait que mépris pour elle. Ce n'est pas une très belle ville, un peu sale et pollué. Les traversiers de la France, de l'Italie et le de Sardaigne y font escale.
Le lendemain nous quittons notre mouillage pour l'anse de Capinero, à 36 milles plus au sud. La navigation est facile, nous sommes au moteur en matinée et à la voile en pm. Nous arrivons à destination à 16:30 et par la suite on lave l'extérieur du bateau qui en a bien besoin. Le lendemain, nous partons pour Bonifacio à environs 13 milles plus au sud. A ce point, nous sommes à l'extrémité sud le la Corse. Nous longeons les hautes falaise de calcaire blanc pour arriver en face de l'entrée de la Baie qui est peu visible de l'extérieur. Après avoir pénétré et fait un virage en "L" on aperçoit la petite ville niché entre les falaises. C'est très jolie, la marina occupe tout ce centre et de chaque coté, les commerces et les habitations, ensuite ce sont les falaises et le maquis. Sans les touristes, la ville ne compte que 900 habitants. Mais en haute saisons ça doit être l'enfer. Comme nous sommes le 2 octobre, il y a beaucoup moins de touriste et c'est très agréable. Nous en profitons pour visiter la haute-ville qui est nichée sur les falaises. Avec l'érosion, les maisons sont dans le vide, c'est à dire en porte-à-faux. Je n'aimerais pas y habiter, j'aurais trop peur que le tout s'affaisse et que la maison se retrouve 400 mètres plus bas. Dimanche, nous avons loué une voiture et nous sommes allée faire un tour dans les terres. Nous avons voyagé dans les chemins tortueux et avons visité un site archéologique qui date de l'age de bronze et de jolis petits villages nichés dans les montagnes. La Corse, on dit que c'est l'île de beauté, et avec raison je crois.
Le 4 octobre nous quittons Bonifacio pour l'Ile Lavezzi à environ 10 milles au sud. Nous sommes dans ce que l'on appelle les BOUCHES DU BONIFACIO qui désigne le passage entre la Corse et la Sardaigne. C'est un coin assez difficile à naviguer car il y a plein d'îles et de récif à fleur d'eau. Mais avec prudence on parvient facilement à bien faire le tour des écueils et on jette l'ancre dans la baie Lazarina après un petit 2 heures de voile. Baignade et visite de l'île en dinghy. Le lendemain, on continue notre route pour s'arrêter dans la baie de Rondinara.
Le 6 octobre sortie au large et retour au même endroit. En effet nous sommes revenue dans la même baie parce qu'une grosse houle du sud-est rendait les autres mouillages inconfortables. Quand nous sommes dans une baie mal protégée pour la nuit et que la vague du large y entrent, c'est intenable. Le bateau se place souvent de travers à la vague et bateau tangue d'un bord à l'autre. La vaisselle se promène dans les armoires et presque tout ce qui est en place se ramasse par terre s'il n'est pas bien coincé. Imaginez-vous à la maison si la vaisselle brassait dans les armoires assez fort pour ne pas pouvoir dormir: à cela ajoutez que vous rouliez d'un bord à l'autre du lit... Et bien c'est également ça la voile quand il y a de la houle. Mais heureusement notre mouillage est calme et la nuit se passe bien cette fois-ci.
Le 7 octobre nous faisons escale à Porto Vecchio sur la côte est de la Corse pour deux jours car Michel et Suzanne nous quittent et retourne par bateau à Nice afin de prendre leur avion pour Montréal. Ceci termine une autre étape de notre voyage. Demain nous partons pour la Sardaigne et allons longer la côte orientale avant de traverser en Tunisie.
Tunisie-01
Nous sommes lundi le 11 octobre, il est 7heure du matin et nous quittons la marina de Porto Vecchio en Corse pour la Sardaigne qui est à environ 26 milles. Après notre départ, on annonce à la radio VHF un coup de vent de 40nd dans les bouches de Bonifacio, nous décidons donc d'arrêter dans la baie de Rondinara (pour la 3ième fois) afin laisser passer le mauvais temps. Le lendemain, nous partons pour Porto Cervo, une baie au nord de la Sardaigne. Nous y resterons 3 jours pour se reposer un peu et faire les préparatifs et le ravitaillement pour notre départ vers la Tunisie.
Porto Cervo est un des premiers endroits à avoir été développé sur la Costa Smeralda. A coups de millions de $$ c'est devenu un terrain de jeu pour millionnaires. En juillet et août, le beau monde arrive et les vedettes du rock comme Holliday et Mick Jagger côtoient les altesses. Les riches et les super riches font étalage de leur nouveau jouet flottant valant des millions de $$$. Mais a cette époque ils sont tous partis et il ne subsiste plus qu'un décor de film. Les boutiques sont fermées et c'est le calme plat. C'est même désolant. Les maisons sont très jolies et les jardins sont encore fleuris. Il subsiste dans l'air un parfum de printemps. (ça sent le lys de pâques). Même hors saison, la marina est inaccessible a cause des prix exorbitants, nous avons donc mouillé l'ancre dans la baie.
Le quinze au matin, nous avons levé l'ancre pour se rendre 26 milles plus au sud, soit à Porto Brandinghy ou avons mouillé l'ancre dans une eau claire et limpide. Comme partout ailleurs ce fut la baignade et plongée pour vérifier que l'ancre soit bien accroché.
Le 16 nous partons pour la Tunisie. La côte est de la Sardaigne offre peu de choses intéressantes et nous avons hâte d'être en Tunisie pour trouver à Marysol un abri pour l'hiver et également des billets d'avion pour notre retour au Québec. La traversée dure 51 heures et se fait dans des conditions assez difficiles pour la première partie. En effet, nous avons des vents de 20 à 30 nœuds en plein dans le nez. Nous naviguons le bateau couché sur le coté (au près serré comme on dit en voile). C'est très agréable de faire du près devant Québec par un bel après midi d'été, mais quand ça dure plus d'une journée, que la mer est forte avec des vagues de 6 à 8 pieds, on en a marre parce que la vie a bord devient pénible. Il est presque impossible de faire à manger et même se tenir en équilibre demande une attention constante. Naviguer en mer n'a pas que des côtés bucoliques. Mais, quand le beau temps revient nous oublions tout ça et nous sommes heureux de naviguer et de vivre de belles aventures.
Il est 7:00 heure du matin le 18, le soleil se lève, il fait 24 degrés et devant nous, il y a le Cap Bon (Tunisie) à 10 milles environ. Nous éprouvons beaucoup de fierté pour le grand voyage accompli. Il reste encore de la route à faire mais le principal est fait. J'ai bien hâte de découvrir ce pays musulman du nord de l'Afrique. A 13:00 h. nous entrons dans le port de pêche de Kélibia pour faire les formalités douanières et d'immigration. Les gens de l'immigration et des douanes viennent à bord pour inspecter et remplir la paperasse et en moins d'une ½ heure tout est réglé. Nous reculons nos montres d'une heure, ici c'est GMT + 1. Nous resterons ici probablement 2 jours.
Mercredi le 20 octobre nous quittons le port de Kelibia pour se rendre à Yasmine Hammamet à environ 40 milles plus au sud. La majorité de la journée se fera au moteur faute de vent. Il fait très beau, 28c et le soleil est de la partie.
Voici l'histoire de la carte d'appel. Nous nous rendons à la Poste pour faire l'acquisition d'une carte d'appel (carte à puce) comme on nous là recommandé. En arrivant nous attendons au moins 20 minutes car la place est pleine de monde. Au guichet on vient à bout de se faire comprendre et on achète une carte d'appel de 7 dinars que l'on peut utiliser seulement avec le téléphone qu'il y a dans le bureau de poste même. Nous faisons un essai mais ça ne fonctionne pas. Nous demandons à un gentil monsieur de nous aider, il fait un essai pour nous et ça ne fonctionne pas plus. On attend en file à nouveau pour reparle à la dame qui nous avait vendu la carte. Elle vient également au téléphone et fait un essai sans succès. On demande alors un remboursement! elle va consulter son supérieur et après discussion avec ce dernier revient nous dire qu'elle ne peu pas nous rembourser notre carte mais qu'elle va gentiment appeler le technicien de la compagnie de téléphone pour qu'il vienne réparer le téléphone. Nous l'avons trouvé bien drôle et nous avons quitté sans attendre le technicien. Probablement que le technicien ne viendra pas avant des lunes. Mais nous avons quand même réussi nos appels en allant dans un "taxiphone" et en déposant des tas de pièces de monnaie.
Nos premiers pas en terre tunisienne, sont cependant très agréable. Les gens sont gentils, souriants et toujours près à nous aider. Ils vont même à l'occasion laisser leur occupation pour venir nous reconduire à l'endroit que nous cherchons. L'avantage est que presque tout le monde parle le français ce qui rend les échanges très faciles.
Après Yasmine Hammamet, nous nous dirigeons vers Cap Monastir à 40 milles plus au sud. Nous naviguons pour la première fois en méditerranée avec de la brume. Nous voulons voir s'il est possible d'y laisser Marysol pour l'hiver. Malheureusement c'est complet. Le soir venu, au resto, nous avons rencontré 2 Québécois dans la soixantaine qui vivent sur leur bateau à l'année, un Océanis comme nous, depuis 6 ans. Ils sont installés à la marina pour y passe l'hiver. Au printemps prochain ils vont se diriger vers la mer Adriatique pour visites les pays qui la borde.
La ville de Monastir et la marina de Cap Monastir sont des lieux très animés et très Arable. Nous avons fais une promenade afin de découvrir les beautés de cette ville. Le mausolée de la famille Bourguiba est très impressionnant (ancien président) avec ses 2 minarets et une coupole dorée. Tout à coté, il y a le cimeterre tournée vers la mer. Le Ribat (forteresse / monastère) du 8ième siècle fut le décor de nombreux films censés se dérouler dans l'antiquité. La ville est très animée et le marchandage semble un sport national.
Le lendemain nous sommes repartis pour El Kantaoui ou nous avons finalement trouvé une place pour y laisser Marysol pour l'hiver. Il nous fait maintenant préparer le bateau pour l'hiver et trouver des billets d'avion pour le retour au Québec.
Tunisie -02
Ceci est le dernier message pour cette année. Marysol est maintenat au sec à El Kantaoui depuis 2 semaines et nous avons fais les préparatifs d'usage, c'est à dire désarmer le bateau pour l'hiver. Nous en avons également profité pour refaire les vernis et un peu d'entretien préventif.
e chantier ou est situé le bateau est voisin d'une allée piétonnière qui mène à la plage. Il y a donc beaucoup de gens qui passent et en particulier un bon nombre de Québécois en vacances en Tunisie. Quand ils voient le nom du bateau inscrit à l'arrière "MARYSOL QUÉBEC" il sont très curieux de savoir ce que nous faisons ici sur notre voilier! Ils nous posent plein de question et ils sont tous impressionnées de voir que nous avons traversé l'Atlantique avec "ça", comme ils disent. A bien y penser c'est vrai que nous avons fais du chemin depuis le 3 juin dernier.
Pour ceux qui raffolent des statistiques, en voici quelque unes:
Nous avons parcouru 5471 milles nautiques soit plus de 9000 kilomètres.
Nous avons mis 25 jours pour traverser l'océan Atlantique.
En plus de faire de la voile, le moteur a fonctionné pendant 406,2 heures.
Nous avons consommé 856.2 litres de diesel pour une consommation moyenne de 2.1 litre/heure.
Je ne vous dirai pas combien de bouteilles de vin nous avons consommés... mais comme vous me connaissez vous savez fort bien que ce fut sobre et raisonnable. HA! HA!
Nous avons passé par 7 pays: les États-Unis, le Portugal, Gibraltar (Grande-Bretagne) l'Espagne, la France, l'Italie (Sardaigne) et finalement la Tunisie. Dans tous ces pays, nous avons fais 64 escales, les voici:
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Départ |
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St-Paul Îles-Aux-Noix |
Marina Gosselin |
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Deep Bay, Lac Champlain N.Y. |
à l'ancre |
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Kingsbury, N.Y. |
amarré à la sortie de l'écluse |
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Coxackie, N.Y. |
à l'ancre |
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Catskill, N.Y. |
Marina Riverview |
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Kingston, N.Y. |
à l'ancre Rondout Creek |
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New York, N.Y. |
au tangon marina 79ième |
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Sandy Hook, N.J. |
au tangon Atlantic Highlands |
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Arrivée aux Acores |
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Horta, Faial, Acores |
à quai, Marina de Horta |
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Hangra De Heroismo, Terceira |
à quai, Marina de Hangra Do Heroismo |
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Hangra Do Heroismo, Terceira |
à quai, Marina de Hangra Do Heroismo |
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Ponta Delgada, Sào Miguel |
à l'épaule, Marina Ponta Delgada |
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Ponta Delgada, Sào Miguel |
à l'épaule, Marina Ponta Delgada |
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Arrivée au Portugal |
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Cascais, Portugal |
à l'ancre dans la baie de Cascais |
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Sesimbra, Portugal |
à l'ancre dans la baie de Sesimbra |
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Sines, Portugal |
à l'ancre devant la plage Vasco Da Gama |
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Ponta de Sagres |
à l'ancrte dans la baie devant la plage |
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Lagos |
à quai à la Marina de Lagos |
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Alvor |
à l'ancre derrière le brise lame à Alvor |
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Vilamoura |
au quai de service de la marina de Vilamoura |
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Faro |
à l'ancre à l'entrée de Faro près de Ihla da Culatra |
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Gibraltar, U.K. |
au quai des douanes à Gibraltar |
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Arrivée en Espagne |
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Estepona, Espagne |
au quai de service à la marina de Estepona, Espagne |
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La Caleta de Vélez, Espagne |
à quai à la marina de Velez |
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Alicante, Espagne |
au quai de service de la marina Alicante, Espagne |
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Départ de Marie-Eve |
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Arrivée aux Baléares |
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Puerto de Sabina, Baleares |
à l'ancre en face de Puerto de Sabina, Formentera |
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Ibiza, Baléares |
à l'ancre dans la baie Cala Talamanca, Ibiza |
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Cala Llonga |
à l'ancre dans la baie Cala Llonga, île d'Ibiza |
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St Eulalia Del Rio |
à l'ancre dans la baie de Santa Eulalia |
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Clot d'es Llamp, île d'Ibiza |
à l'ancre dans la baie de Clot d'es Llamp |
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Cala de Santa Ponsa, Mallorca |
à l'ancre dans la Cala de Santa Ponsa |
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Las Illetas |
à l'ancre dans la baie de Palma, à Las Illetas |
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Palma |
à quai à la Real Club Nautica de Palma |
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Las Illetas |
à l'ancre dans la baie de Palma, à Las Illetas |
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Palma Nova |
à l'ancre à Palma Nova (Pta. de la Porassa) |
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Puerto de Campos |
à l'ancre dans la baie à Puerto de Campos |
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Porto Petro |
à l'ancre dans la cala de Porto Pedro |
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Cala de Canamel |
à l'ancre au pied de Cabo Verney |
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Pollensa |
à l'ancre dans la baie de Pollensa |
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Retour en Espagne |
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Barcelone |
au quai de service à la marina Port Vell, Barcelone |
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Fin d'étape - Denis nous quitte |
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Arenys de Mar |
A la marina |
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Baie de Palamos |
à l'ancre dans la baie de Palamos |
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Baie de Rosas |
à l'ancre dans la baie de Rosas |
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Arrivée en France |
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St-Cyprien France |
a quai de la marina de St-Cyrpien |
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Port de Gruissan |
à qui de la marine de Gruissan |
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Le Frioul |
à l'ancre dans la baie du Grand Soufre |
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Vieux Port de Marseille |
a l'ancre dans la rade de la Badine, Hyères |
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Arrivée en Corse |
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Calvi, Corse |
Sur mooring dans la baie de Calvi |
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Girolata, Corse |
à l'ancre dans la baie |
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Cargène |
A la marina |
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Ajaccio |
à l'ancre dans le fond de la baie |
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Baie de Ste Barbe |
à l'ancre dans la baie de Sainte Barbe |
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Anse de Capinero- Chevanu |
à l'ancre dans la baie |
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Bonifacio |
à la marina |
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Ile Lavezzi |
au mouillage dans baie Lazarina |
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Baie de Rondinara |
au mouillage |
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Baie de Rondinara |
au mouillage - Sortie et retour a la même place |
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Porto Vecchio |
à la marina |
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Baie de Rondinara |
au mouillage |
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Arrivée en Sardaigne |
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Porto Cervo |
au mouillage dans la baie près de la marina |
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Baie Brandinghi |
au mouillage dans la baie |
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Arrivée en Tunisie |
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Kelibia, Tunisie |
dans le port de pêche |
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Hammamet, Tunisie |
à la marina Yasmine Hamamet |
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Cap Monastir, Tunisie |
à la marina |
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El Kantaoui, Tunisie |
A la marina |
Denis et moi avons essayé de vous faire vivre et partager les belles choses que nous avons découvertes tout au long de ce voyage de St-Paul-de-l'Ile-aux-Noix au Québec à El Kantaoui en Tunisie. Nous espérons que vous avez apprécié nos récits.
Un gros merci à Marie-Êve et à Denis, pour leur participation et leur contribution à ce merveilleux voyage.
Nous retournons au Québec le 15 novembre avec la tête pleine de souvenir qu'il faudra digérer tout au long de l'hiver. Le retour en Tunisie est prévu pour la mi-avril alors que nous allons continuer notre voyage vers la Grèce et la Turquie.
Faites-nous part de vos commentaires, c'est toujours agréable de vous lire!