Le mythe de la "Balle Magique"

Gerald Posner, célèbre auteur du livre Case Closed, tenta tant bien que mal de nous assimiler à la théorie de la balle magique. Pour nous faire apprécier cette valeureuse théorie, l’auteur y consacre 15 pages en apportant certaines améliorations au mythe.

Selon lui, la Commission, qui ne disposait pas de technologies sophistiquées, a étudié le film de Zapruder et a statué que l’assassinat du président Kennedy s’était déroulé en 5,6 secondes. Posner corrige le tir et, grâce à la techno, nous démontre que le tireur embusqué au 6e étage du dépôt a disposé de 8,4 secondes, soit 2,8 seconde de plus pour attenter à la vie de JFK.

La nouvelle version de l’astucieux auteur atteste que le premier coup de feu a complètement manqué la cible. La balle a atteint une branche du chêne du Texas et a poursuivi sa route jusqu’au rebord du trottoir du triple viaduc. L’éclat de la balle a blessé à la joue le témoin James Tague, qui se trouvait précisément à cet endroit.

L’élaboration de cette judicieuse théorie semble convaincante, mais elle s’effrite rapidement lorsqu’on relit le témoignage de l’épouse du gouverneur Connally, qui était assise à l’avant-gauche du président sur des strapontins. Elle affirma devant la Commission :

« J’ai entendu un bruit, et ne m’y connaissant pas en armes, je n’ai pas su que c’était un coup de fusil. C’était juste un bruit terrifiant et il venait de droite. J’ai regardé par-dessus mon épaule droite et j’ai vu le président qui se tenait le cou à deux mains. »

La conception de Posner en prend pour son rhume car, selon lui, le premier coup a manqué sa cible. Alors pourquoi Mme Connally voit-elle le président Kennedy porter les deux mains à sa gorge? Selon Posner, le second coup feu a atteint sa cible 3,5 secondes suivant le premier. Pourtant, Mme Connally vient d’anéantir la thèse de l’ancien avocat de Wall Street. Ainsi, le premier coup n’a pas raté la cible puisque JFK porte les mains à sa gorge.

Poursuivons la démarche de Posner. Le second coup de feu atteint le président dans le dos, ressort et atteint le gouverneur dans le dos. La Commission a demandé au gouverneur, qui se trouvait devant le président Kennedy, quelle balle l’avait frappé.

Connally  :« La seconde. » Question :« Quelle raison avez-vous pour arriver à cette conclusion? » Connally :« En réfléchissant, je n’arrive pas à concevoir que ce soit la première balle parce que j’ai entendu la détonation. D’abord, j’ignore tout de la rapidité de cette balle, mais n’importe quelle balle de fusil a une vitesse supérieure à celle du son, et quand j’ai entendu le premier coup de feu, la balle devait déjà se trouver là où j’étais ou à une distance semblable. Or, après l’avoir entendu, j’ai eu le temps de me tourner à droite, puis de commencer à me retourner vers la gauche avant de sentir quoi que ce soit. »

La prétentieuse théorie de Posner ne tient plus la route. Connally se tourne sur sa droite et ensuite sur sa gauche avant de sentir l’impact de la balle. Il le dit lui-même, la première balle ne l’a pas atteint, alors cela donnerait raison à Posner, la balle a raté sa cible. Là encore, la balle n’a pas manqué sa cible, car l’épouse du gouverneur a eu le temps d’observer JFK poser les mains à sa gorge. Et pourtant, selon l’auteur, le gouverneur doit être atteint par la même balle qui a atteint Kennedy.

Allons-y ici d’une supposition en étudiant le témoignage de Mme Connally. Elle affirme que le coup est venu de droite, à droite veut dire ici la palissade. Le nombre de témoins étaient plus nombreux à signaler la position d’un tireur à l’ouest du dépôt plutôt que le 6e étage. Alors, la blessure à la gorge du président Kennedy serait-elle une blessure d’entrée et non une blessure de sortie?

Le Dr Carrico qualifiait la blessure à la gorge de JFK comme étant :

« Une toute petite blessure, d’un diamètre de 4 à 7 millimètres, parfaitement ronde. Les bords n’étaient pas déchiquetés et il n’y avait pas de lacérations en étoiles ».

Ainsi, la blessure décrite ci-haut par le Dr Carrico était une blessure d’entrée, ce qui vient confirmer la présence d’un second tireur sur Dealey Plaza.

Autre absurdité de Posner : Comment peut-on expliquer qu’un tireur tirant du haut vers le bas voit sa balle s’enfoncer dans le dos de sa victime pour remonter et sortir de sa gorge, elle fait un léger virage pour s’enfoncer encore une fois dans un autre corps? La balle brise des côtes, ressort de la poitrine, un autre virage pour fracasser le poignet droit pour un virage final et terminer sa course dans la cuisse et rester coincée dans le pantalon. Les lois de la physique, ce jour-là, ont tout été souillées par le sang du président et du gouverneur.

Cette astucieuse théorie, forgée par Specter, comportait des lacunes. Posner a tenté de consolider la crédibilité de la théorie du tireur solitaire en manipulant le temps de la fusillade et en tripotant la position des blessures de JFK.

Le monde n’est pas abruti. On conçoit légitimement que la théorie de la balle magique, selon laquelle la balle a transpercé deux corps de forte stature, brisé des côtes et un poignet et est demeurée intacte, n’est qu’une utopie burlesque. L’auteur Posner a écrit de nombreux articles et de nombreux ouvrages. Il a beau être sexy et riche, mais en ce qui concerne sa théorie de la balle magique, il n’a pas convaincu de nombreuses gens. La balle magique n’est qu’un mythe qu’on s’efforce de rendre bien réel.

Le HSCA a effectué une étude acoustique sur le nombre de coups de feu tirés sur Dealey Plaza et tout porte à croire qu’il y avait bien deux tireurs. De là la probabilité d’un complot. Et le 18 mai 2007, une nouvelle étude vient de clouer le dernier clou au vénérable M. Posner une étude balistique confirme que le président Kennedy a été atteint par deux tireurs, le 22 novembre 1963. L’étude démontre clairement que les fragments sont issus de trois balles distinctes ou plus, cela veut dire qu’un second tireur est probable. Ce résultat vient de rendre caduque votre célèbre ouvrage cher m. Posner. La réalité vous a sauté en pleine gueule.


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