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La technique Alexander

La vie de F.M. Alexander a pris un tournant radical lorsqu’il perdit sa voix sur scène. Il dût se prendre en main pour se sortir de cette situation. Lorsqu’il retrouva sa voix, il partagea les principes de ses découvertes. Il réussit à mettre en valeur le pouvoir du choix, le pouvoir de la pensée et celui de l’intention. Il avait découvert le principe organisateur qui existe dans le système nerveux central. Il y mit neuf années pour faire cette découverte sur lui-même et pour élaborer une pédagogie qu’il pourrait transmettre aux autres.

Lorsque vous désirez changer une situation ou une habitude, vous faites ce qu’Alexander a fait. La première étape est d’en faire l’observation de façon objective. Il se posa lui-même comme sujet d’observation assez longtemps pour découvrir la cause de son affliction. Autrement dit, il prit une très grande distance par rapport à son problème et il put identifier et percevoir une marche à suivre pour défaire les tensions physiques et mentales qui le bloquaient dans son activité passionnante.

Dans le tourbillon de la vie moderne, il est fréquent de voir de plus en plus d’adultes affalés, qui ont l’échine courbée, le tronc affaissé, triste dans leur expression. Des êtres qui représentent un mauvais miroir pour eux-mêmes et pour leur entourage. Pour se défaire de ces choses, plusieurs se forcent, consciemment ou inconsciemment, à être debout de façon « idéale » et rigide. L’état artificiel ainsi obtenu ne peut être pas en harmonie avec le véritable état d’être et c’est de cette façon que s’installe trop souvent la maladie.

Dans un deuxième temps, F.M. Alexander essaya de se corriger volontairement et de s’attaquer à la mauvaise habitude directement. Cela l’emmena à « beaucoup faire ». Jusqu’au jour où, face au stimulus de passer à l’action, il « arrêta de faire ». Retenir la réaction instinctive, pour laisser émerger une meilleure réponse au stimulus d’agir. En d’autres mots, il prit une décision importante : celle de ne pas faire l’action directement et de remplacer cette forte tendance de tension, ou de réaction, pour plutôt orienter son attention sur la tâche tout en maintenant sa musculature dans un état détendue et de « non faire », tout cela même pendant qu’il accomplit sa tâche!

Micheline Charron et une élève
l’expansion directionnelle permet au cou et au dos
de se défaire des tensions.
Micheline Charron et un élève Évoluer et respirer sont deux choses vitales qui suggèrent une expansion plutôt qu’une contraction. Il est facile de voir quelqu’un qui souffre par le langage de son corps et, surtout, par la position de sa tête. Le corps s’exprime et ne fait qu’un. Dès qu’il y a un déséquilibre au niveau de la tête, il y a des répercutions dans le cou, puis sur la colonne. Ensuite, le tonus musculaire et le fonctionnement complet du corps s’affaiblissent laissant des marques pour le reste de la vie.

La technique Alexander est une approche unique, un lien corps-esprit impliqué dans chacune de nos activités. C’est par la conscience de ce lien que nous pouvons faire de meilleurs choix. De plus, cette approche étant indirecte, elle permet un passage plus sécuritaire vers le changement, le mieux-être. Ces changements sont ainsi plus attrayants, subtils et surtout permanents.

Aucun autre travail sur soi, ne lui ressemble! Au niveau du corps proprement dit, la technique Alexander encourage l’individu à occuper toute sa place dans l’espace et dans son physique. Or, les espaces grandissent dans les articulations et dans la colonne, puis c’est la relation « tête-cou-dos » qui en sort grande gagnante. Celle-ci acquiert une plus grande souplesse. Elle devient ainsi armée pour prévenir les troubles musculo-squelettique, comme ceux causés par le soulèvement de lourdes charges, ou encore ceux causés par de longues heures de travail passées devant l’ordinateur. Ces derniers occasionnent une perte d’espace entre les vertèbres.

La grande fluidité entre le crâne et le dos, que procure la technique Alexander, permet d’avoir un recul bénéfique face au stress de la vie moderne et une meilleure perspective sur nos constructions mentales. Ces nouveaux espaces augmentent le pouvoir du choix, les perceptions changent, les états dépressifs diminuent et
les émotions se placent.

Les facultés
mentales sont également mises à profit. D’abord, on leurs apprend à ne pas intervenir dans l’action des muscles. Ici, je me place comme observateur, à percevoir l’action clairement qui va se produire et à projeter une série de commandes mentales qui soutiendront cette action, créant un espace, un hiatus, une sorte de suspension du jugement pour favoriser une réponse plus appropriée et créative.

Le sens de l’équilibre et la proprioception
(1) s’aiguisent grâce à la progression de l’expérience vécue à travers les sens, les sensations, les émotions, les pensées. Toutes les parties du cerveau se relaient : le reptilien, le limbique et le néocortex, pour donner au 6e sens un équilibre parfait dans un moment donné. Le corps est senti, les émotions se calment et la pensée s’éclaircit. La capacité à apprendre devient immense, vivante et vibrante. Ainsi munis, nous devenons libres de se créer une vie d’une qualité supérieure!


Micheline Charron et un élève
(1) Proprioception : sensibilité du système nerveux aux informations sur les postures et mouvements venant des muscles et des articulations.
           

Les bénéfices de la technique Alexander

Mihceline Charron et un élève Ce que la technique nous apprend :
    • Sentir son corps pour ce qu’il est, apprécier sa complexité;
    • Diminuer les tensions et augmenter la fluidité des muscles;
    • Apprendre à garder les muscles au repos même durant l’action;
    • Douter de ses tendances nuisibles plutôt que de ses capacités;
    • Reconnaître la progression des changements;
    • Développer sa conscience à travers l’attention dans des lieux du corps;
    • Générer de l’énergie dans le corps et reposer le mental;
    • S’engager à grandir, à se construire et à se renouveler;
    • Pratiquer un art ou un sport avec plus de conscience;
    • Se donner un but et rester centré sur les moyens;
    • Veiller aux conditions de l’action par le non-faire;
    • Apprendre à dire « non » pour réorganiser l’énergie.
 
 
 
 
 
 
Micheline Charron et une élève
 
  C’est un apprentissage que l’on peut mettre à profit dès les premières leçons et qui continue des années durant.
           
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