DES GUÉDIS
L'autre soir, j'écoutais attentivement notre bon ministre des Finances, M. Landry qui disait : "Ce n'est pas en ramassant ici et là quelques guédis qu'on va être capable de ratiboiser assez d'argent pour renflouer notre déficit".
Des guédis, c'est un mot que je n'avais pas entendu depuis longtemps, mais
que je connaissais.
Des guédis : des petites choses sans importance.
Mais avec ratiboiser, là il m'a eu. D'abord je pensais que ce mot était comme guédi un québécisme (mot utilisé qu'au Québec), mais non, je prends mon dictionnaire et il était là, un bon vieux mot français qui veut tout simplement dire prendre, rafler.
Ça fait bien pour un ministre des Finances de dire ratiboiser au lieu de
rafler.
C'est à ce moment que le chef de
l'opposition se lève et dit tout de go: "C'est pas
les gros chars votre affaire!"
Ce n'est pas les gros char: cela ne vaut pas cher
Les gros chars au Québec désignent les trains. Les petits chars par opposition désignent les tramways. Prendre les gros chars, c'est pour faire un grand voyage et c'est plus important que de prendre les petits chars pour un court trajet. Donc, lorsqu'on dit que ça ne vaut pas les gros chars, ce n'est pas très important.
Alors soyez assurés qu'on va généreusement ratiboiser les quelques guédis qu'il vous reste sur votre paie pour éponger le déficit. Et ça, c'est pas les gros chars.