La boucle est bouclée. Les prédictions de Nostradamus s'étendraient donc sur une période de 484 ans, à partir de 1555 jusqu'à l'an 2039.
Pour expliquer l'écart de 81,6 ans entre la somme des dix chiffres de sa deuxième chronologie (4092,2) et le résultat de son propre calcul (4173,8), il faut comparer entre eux les segments des chronologies. On se rend compte ainsi que leur permutation n'est possible que
si on y ajoute 67,9 ans (soit 81,6 ans lunaires), sinon on ne pourrait pas respecter la règle de l'échelle comptant 7000 ans. Pour jongler ainsi avec les dates et conserver en tout temps une échelle de 7000 ans, il faut remplacer dans la première chronologie l'intervalle 516 par 515.
C’est une raison, mais non la principale, pour Nostradamus d'avoir fourni cette alternative.
En convertissant les années lunaires de la deuxième chronologie à la décimale près et en ajoutant des segments provenant de l'une ou l'autre des chronologies, on arrive à un total se situant autour de 7000 ans avec un écart plus petit qu'une année en valeur absolue.
Avant de passer à la phase finale et pour y donner un meilleur éclairage, il serait utile de scruter l'alternative du « environ 515 ou 516 ans ». Reprenons l'inéquation de la première chronologie en utilisant cette fois 515 au lieu de 516 ans.
Il est encore là intéressant de rassembler à nouveau les pièces du jeu qui montre le résultat du jeu de blocs « 515 », de la même manière que le jeu de blocs « 516 » avait été présenté précédemment. Ceci nous conduira directement à la structure synthèse des chronologies camouflée sous une série de positions astrales.
Les pièces du jeu de blocs « 515 » rassemblées :
Nous avons perdu 3516 ans et deux fois 484 ans pour un total de 4484 ans (deux fois 2242 ans). Il ne reste donc que 2515 ans (ou 2516 ans). Les chiffres de chacun de ces blocs, la partie restante autant que les parties retranchées, constituent une suite à retenir pour comprendre la série de positions astrales qui suit immédiatement la deuxième chronologie dans la Lettre à Henry.
3516 + 484 + 484 + 2516 = 7000
Finalement, certains lecteurs pourraient trouver douteuse l'introduction d'éléments d'algèbre dans cette affaire, considérant l'état des connaissances en mathématiques au XVIe siècle. Mais il n'est nul besoin de prêter, ici, à Nostradamus le chapeau du savant qui anticipe des connaissances du futur. Comme tout bon savant de son temps, Nostradamus avait étudié les mathématiques.
Déjà à cette époque,
Jérôme Cardan pouvait résoudre des équations du 3e degré et il développa, en 1545, dans son livre
Ars Magna la théorie des équations. Et
Bombelli, un autre contemporain de Nostradamus, formula les règles de calcul des nombres complexes qui sont la base des mathématiques modernes.