Une synthèse cachée sous un énoncé de positions astrales

...et après quelques temps et dans icelui comprenant depuis le temps que Saturne qui tournera entre à sept du mois d'Avril jusqu'au 25. d'Août, Jupiter à 14. de Juin jusqu'à 7. Octobre, Mars depuis le 17. d'Avril jusqu'au 22. de Juin, Vénus depuis le 9. d'Avril jusqu'au 22. de Mai, Mercure depuis le 3. de Février jusqu'au 24. dudit, en après le premier de Juin jusqu'au 24. dudit, et du 25. de Septembre jusqu'au 16. de Octobre, Saturne en Capricorne, Jupiter en Aquarius, Mars en Scorpion, Vénus en Pisces, Mercure dans un mois en Capricorne, Aquarius et Pisces, la Lune en Aquarius, la tête du dragon en Libra : la queue à son signe opposite suivant une conjonction de Jupiter à Mercure avec un quadrin aspect de Mars à Mercure, et la tête du dragon sera avec une conjonction du Soleil à Jupiter, l'année sera pacifique sans éclipse, et non du tout,...
Cette série de positions astrales qui suit immédiatement la deuxième chronologie ne semble pas avoir été précisément datée par aucun astronome et non plus utile à la pléiade d'astrologues, qui ont brandi le discours astrologique pour tenter de vendre leur salade en se servant de Nostradamus. Mais pourquoi ses positions astrales sont-elles restées un mystère ? Pour la bonne raison qu'elles ne sont qu'une mise en scène et ne servent pas les fins pour lesquelles elles semblent destinées. Toutes ces dates ne servent finalement qu'à représenter la structure synthèse des chronologies, confirmant ainsi la justesse des éléments de la démonstration précédente, à savoir que la chronologie fictive s'étend sur 7000 ans et que la durée réelle selon notre calendrier est de 484 ans. Une fois le mystère des chronologies résolu, la solution à l'énigme des positions astrales devient un jeu d'enfants. Ainsi, il faut éliminer du texte toute référence à des planètes, à des constellations et ne conserver que les chiffres. Par la réunion de la date de début et de fin de période, il est possible de former un chiffre pour chacune des sept périodes de temps indiquées dans la lettre. Pour que l'énigme ne soit pas découverte sur un coup de hasard, mais aussi pour attirer l'attention sur l'axe central de la chronologie, Nostradamus a choisi, pour le cinquième et le sixième intervalle, des dates commençant et finissant à l'intérieur d'un même mois. Ces dates doivent être jumelées en ordre inverse.
Nostradamus était astrologue, une discipline au XVIe siècle qui n'avait pas encore fait le divorce entre l'astronomie et l'astrologie, telles que comprises aujourd'hui. Mais il était aussi médecin, apothicaire et en quelque sorte botaniste. Pourquoi aujourd'hui faudrait-il mettre davantage en évidence ses connaissances en astrologie, lorsqu'il est question du personnage ? Finalement la question n'est pas ici de se demander si l'astrologie est une discipline respectable ou méprisable, mais de constater à partir des instructions de Nostradamus lui-même, qu'elle n'avait pas sa place comme méthode d'investigation de ses écrits. Non plus d'ailleurs, il ne serait raisonnable pour quiconque d'utiliser un traité de médecine dans la traduction de ses quatrains. Mais alors, par quels moyens a-t-il pu appréhender l'avenir ? Il en donne un aperçu dans la Lettre à César :
« Combien que plusieurs volumes qui ont esté cachés par longs siècles me sont esté manifestés. Mais doutant ce qui adviendroit en ay faict, après lecture, présent à Vulcan (le dieu du feu)... »
Cependant, l'existence de livres anciens dévoilant le futur relève du domaine de la pure mythologie. Mais posons l'hypothèse que l'explication de Nostradamus puisse correspondre à la réalité. Il aurait donc fait à sa façon un travail d'interprétation à partir de documents en sa possession. Peut-on imaginer des livres, ou plus généralement des informations stockées sur un quelconque support physique indéterminé, lui retournant une image de l'histoire des temps futurs? Mais une histoire librement vécue par l'humanité, non soumise à un quelconque déterminisme historique. Cela est aussi facile à imaginer que difficile à croire. Pourtant, à moins de s'appeler Jules Verne, il aurait été impensable à un homme du XIXe siècle de croire à la possibilité de se transporter instantanément partout sur terre par la voix et l'image grâce à la télévision, difficile de croire aussi qu'une sonde spatiale traverse les galaxies jusqu’aux confins de l'univers en transmettant des informations sur sa course infinie.
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