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Auger eut recours à Bertrade. Il savait qu'elle se rendait chaque jour à l'étuve de la porte Marine en compagnie de sa suivante Martine. Déguisé en mendiant et une besace sur l'épaule, il alla se poster sur son passage. L'ayant aperçue il s'approcha d'elle et se fit connaître. Pendant que la servante se tenait un peu à l'écart, le chevalier, dans l'attitude d'un pauvre qui demande la charité exposa la situation. « Vous me prenez au dépourvu, fit la jeune fille ; néanmoins trouvez un moyen avisé de transporter au Malonat tout l'or que vous pourrez enlever. Choisissez de préférence les premières heures de nuit; l'envahissement du Temple aura lieu demain dès l'aube. Avant ce soir j'aurai trouvé dans les galeries perdues des fortifications une cache comme vous la souhaitez. Certes, ce ne sera point au château qu'on viendra quérir votre mont-joie. Je vais prier pour vous afin que Dieu vous aide. N'oubliez pas votre serment. À ce soir ! ». Et Bertrade s'éloigna en laissant tomber, pour la forme, une pièce de monnaie dans la main du faux mendiant. Celui-ci rougit, mais ce fut surtout à cause du regard chargé d'amour que lui lança en même temps sa belle maîtresse. Quel serment lui avait-il donc fait? La veille avant de le laisser partir, Bertrade lui avait dit : « Allez prévenir vos compagnons, et quand vous n'aurez plus aucun devoir à accomplir, je vous somme au nom de notre mutuelle affection de revenir vous enfermer céans, avec eux, jusqu'à ce que tout danger ait disparu ». Le jeune homme refusait; « Soit ! lui avait alors répondu la jeune fille qui se méfiait de l'intrépidité de son amant ; seulement faisons nos conditions. S'il vous arrive malheur - et que peuvent quatre chevaliers quelle que soit leur bravoure, contre une compagnie armée ? -, je fais serment de me précipiter du haut des remparts sur les rochers du château ! L'un de nous ne doit pas vivre sans l'autre désormais ». Auger vaincu avait promis.
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Page Web créée par Kathleen Couillard Dernière modification: 20 avril, 2000 |