Ce site est le fruit d'une quinzaine d'années de recherches. Les données qu'il contient sont basées sur les registres originaux et des répertoires. Elles ont été vérifiées afin d'éviter de transmettre des erreurs. Ma lignée descendante directe contiendra plus d'information que les autres lignées (Jacque - Joseph 2e mariage - Narcisse 2e mariage - Wilfrid - Ida). Pour un supplément d'information, ajouter des données, émettre un commentaire ou signaler des erreurs, vous pouvez communiquer avec moi à l'adresse suivante : regauthier@videotron.ca



Introduction




Etes-vous descendant de Jacque Robertson, aussi appelé James Robinson, et de Marie Trottier? Si oui, vous faites partie d'une famille très difficile à retracer. Si vous avez déjà fait des recherches, vous vous en êtes sans doute aperçu. J'y travaille depuis longtemps, à temps perdus, et je peux vous assurer que ce n'est pas facile. Les outils de recherche sont inexistants pour cette période de notre histoire et les notaires ont très mal tenu leurs papiers. C'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Même le nom de famille change d'un curé à l'autre, d'un notaire à l'autre, d'une génération à l'autre. Lequel est le vrai? Personne ne le sait et personne ne le saura jamais. Plusieurs documents légaux que j'ai trouvés sont rédigés en anglais parce que la région était en majorité colonisée par des anglophones. Un renversement s'est opéré au cours des années et c'est maintenant l'inverse. Des traductions seront fournies pour la bonne compréhension de tous. Il ne faudra pas s'offenser de voir le mot Nègre ou personne de couleur, qui étaient des termes employés à l'époque. Ils ont été gardés intentionnellement pour mieux recréer le contexte historique. A noter qu'il n'est pas question d'esclavage dans cet ouvrage. Notre ancêtre étant libre dans tous les documents que j'ai pu retracer.




Première Génération



La seigneurie d'Argenteuil a été concédée en 1680. Elle ne s'est pas développée avant la fin des années 1780, parce que le Roi de France l'avait interdit au seigneur afin de mettre un frein au marché noir de la traite des fourrures et de permettre à la ville de Ville-Marie (maintenant Montréal) de se développer à son plein potentiel. L'arrivée des Loyalistes a grandement favorisé le peuplement et le développement de la seigneurie. C'est à cette époque que mon ancêtre s'y installe.






Jacque Robertson dit James Robinson



Mon troisième arrière-grand-père, nommé Jacque Robertson et James Robinson, est un homme de race noire qui est agriculteur. Son épouse Marie Trottier est dite femme de couleur. Je ne connais pas leur date de mariage, leur origine, ni comment ils sont arrivés au Québec. Au printemps de l'année 1804, ils sont établis dans la seigneurie d'Argenteuil. Un fils nommé Jean-Baptiste y naît le 28 avril 1804 et sera baptisé à Rigaud, parce qu'il n'y avait pas d'église catholique dans la région.




C'est dans le rang de la Côte du midi que le Seigneur James Murray lui concède une terre de 3 arpents par 30. Elle portait le numéro 2. Elle est entourée en jaune sur la carte. Le numéro a été changé pour le 549 après la réforme cadastrale. Le contrat notarié n'est rédigé qu'à l'automne parce qu'aucun notaire ne réside dans la seigneurie à cette époque. Lors d'un séjour d'une semaine dans la région, le notaire Lukin est appelé à rédiger plusieurs contrats notariés pour les résidents de la seigneurie, incluant cette concession.



Dans cet acte de concession, le Seigneur d'Argenteuil, James Murray, concède une terre mesurant trois (3) arpents de front sur trente (30) de profondeur à la Côte du Midi, dans la paroisse de St-André d'Argenteuil à «James Robinson, negré », le 21 novembre 1804. Elle est située au côté sud du rang et porte le #2. Aucun bâtiment n'y est construit. James doit cependant voir à toutes les obligations qui sont rattachées au système seigneurial, soit payer les taxes, entretenir les chemins devant chez lui, maintenir ses clôtures en bon état et faire moudre son grain seulement au moulin seigneurial, sous peine d'amende. Le seigneur se réserve aussi certains droits qui sont courants dans toutes les seigneuries comme: Garder le bois de construction, faire construire des moulins où bon lui semble et faire construire des chemins, moulins ou autres bâtiments par les gens de la seigneurie pour ses besoins personnels. Plusieurs autres obligations sont énumérées dans ce document. Si elles ne sont pas toutes respectées, le seigneur a le droit de saisir la terre et de la réunir au domaine seigneurial.






Le 22 septembre 1810, James Robertson se rend à Vaudreuil chez les marchands Daniel et William Forbes. Il reçoit un crédit pour 208 livres 11 sols ou schellins de vingt Coppres en marchandise. Le notaire Dubois officialise ce prêt.


Le 21 juin 1822, James Robinson est à Carillon devant le notaire Charles-Louis Nolin pour vendre sa ferme à un cultivateur nommé Rude Kingsbury. Une petite maison en mauvais état et d'autres bâtiments sont construits sur le lot. Il la vend pour 100 dollars espagnols. Dans ce document, James déclare ne pas savoir signer, mais il fait sa marque ordinaire, soit une grosse croix.


Au recensement de 1825, il habite encore la Côte du midi. Quatre personnes vivent dans cette maison : une personne âgée entre 6 et 14 ans, une fille ayant entre 14 et 18 ans, un homme marié ayant entre 40 et 60 ans (James) et une femme mariée âgée de 45 ans ou plus (Marie Trottier).


James semble ne pas avoir partagé la vie religieuse des membres de sa famille. Il était absent lors de tous les événements religieux qui font partie de la vie normale des gens, comme les baptêmes, mariages et sépultures. Il n'a même pas servi de témoin, comme le veut la tradition, aux mariages de ses enfants.


Il est décédé entre 1825 et 1838. Aucun document n'a encore été trouvé pour me donner plus d'indice. Son épouse, Marie Trottier, fut nommée marraine lors du baptême de son premier petit-fils en 1824 où elle déclarait ne pas savoir signer. Nous perdons ensuite sa trace jusqu'au jour de son inhumation au cimetière de St-André.




La transcription de cet acte nous donne ce qui suit, en marge nous avons : la 30e sépulture de l'année, étant celle de Marie Trottier, femme de couleur. Cejourd hui douze octobre mil huit cent cinquante par Nous prêtre soussigné a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse, le corps de Marie Trottier, femme de couleur épouse de James Robertson, âgée de Soixante dix ans, décédée avant hier_ présents Michel Belanger, et André Bernard qui n'ont Su Signer S A Bernier

Le cimetière ayant déménagé depuis, je n'ai pas réussi à localiser sa pierre tombale, si elle en avait une.


L'union de Jacque Robertson et de Marie Trottier ne leur a pas apporté une nombreuse descendance si nous la comparons aux familles moyennes de l'époque. La deuxième génération a perpétué leur nom en ayant de grosses familles. Fait étrange à noter, Joseph, Jean Baptiste et Benjamin ont épousé les trois soeurs Villeneuve: Eugénie, Angélique et Rosalie, qui étaient leurs voisines à la Côte du midi.

Leur enfants sont : Joseph, Jean Baptiste, François, Marguerite, Binjamin et Louise.



La première génération s'est éteinte sans laisser beaucoup de traces ou je ne les ai pas encore découvertes. J'espère trouver encore plus de documentation sur ces deux ancêtres parce qu'ils représentent une partie de l'histoire du Canada qui est méconnue. J'aimerais que leur histoire soit connue du plus de personnes possibles afin que des ancêtres comme les nôtres puissent émerger de l'ombre et prendre fièrement leur place comme pionniers et pionnières de notre nation.


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