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Ornithologie - Nord-Pas-de-Calais

(Mai 1995, 1996, 1998, 1999)

(Optimisé sous MS Internet Explorer, 1024 X 768 pixels)

 

Le Nord-Pas-de-Calais se retrouve dans la portion nord-est de la France. Adjacente à la Belgique, cette région est caractérisée par un terrain plat duquel se dressent d'étranges collines isolées, communément appelées «terrils». Ces monticules sont issus de l'entassement de débris rocheux, résultat d'une activité minière charbonnière jadis prépondérante. Chaque ville d'importance a son terril et, autrefois jugés inesthétiques, ces derniers sont de nos jours revalorisés et considérés comme étant des éléments importants du patrimoine français.

Bordé au nord par la Manche, le Nord-Pas-de-Calais est un important centre de transit entre la France et l'Angleterre: Calais abrite un port de première envergure pour les ferrys tandis que l'émergence de l'Eurotunnel se fait dans la ville voisine, Coquelles.

vimy.jpg (3583 octets)À l'instar de l'Europe entière, la région porte les cicatrices des deux grandes guerres du vingtième siècle. En longeant la côte d'Opale, il est encore possible de voir de nombreux bunkers allemands dissimulés aux flancs de collines dont le relief évoque bien l'intensité des bombardements de la Seconde Guerre Mondiale.

La présence de cimetières militaires dispersés ça et là est aussi très révélatrice sur l'ampleur des drames militaires qui ont façonné l'hitoire de la France et de l'humanité. Parmi ceux-ci, le parc commémoratif du Canada à Vimy et son monument érigé à la mémoire des soixante-six mille soldats canadiens morts au combat durant la Première Guerre Mondiale.

beffroi1.jpg (23884 octets)Terre de beffrois, le Nord-Pas-de-Calais est surplombé par ces nombreuses tours de guet qui, autrefois, permettaient de surveiller l'arrivée de l'ennemi. Contrairement aux clochers que l'on associe aux églises, ces structures sont annexées aux édifices municipaux. Toute grande ville de la région en compte un et l'orgueil archictectural de ces dernières passe nécessairement par le beffroi!  

Beaucoup d'autres souvenirs me viennent en tête lorsque je pense au Nord-Pas-de-Calais. De ceux-ci, trois me reviennent automatiquement en tête: l'incroyable hospitalité des cousins français, les joies et les peines de tous ceux et celles qui m'ont accompagné... et les oiseaux...

 

Rapport d'observations

(Cliquer ici pour télécharger la liste de prise de données. Exigence minimale, MS Office 1997.)

 

Étant organisateur d'un voyage-échange Franco-Québécois entre l'école des Grandes-Marées de Cap-Rouge et le Collège Anne Frank de Dourges, j'ai eu la chance de visiter la région du Nord-Pas-de-Calais à quatre reprises.  Tous ces voyages se sont faits à la seconde ou à la troisième semaine du mois de mai. À ce moment, la migration tire à sa fin et, chez certaines espèces, la période de nidification est déjà bien avancée.

Même si l'ornithologie n'était pas un des buts de l'échange, j'en ai profité pour miroiser dans le voisinage d'Hénin-Beaumont, endroit où j'étais hébergé. De plus, les organisateurs français m'ont fait la joie de m'amener dans quelques parcs naturels où l'avifaune était plus variée.

 

Endroits explorés:

 

Références ornithologiques intéressantes à consulter:

Dubois, Philippe J..1989. Où voir les oiseaux en France. Ligne Française pour la Protection des Oiseaux. Nathan.

Heinzel, Hermann. 1996. Oiseaux d'Europe d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Delachaux et Niestlé. Lausanne.

 

Hénin-Beaumont

C'est à Hénin-Beaumont que j'ai fait la majorité de mes observations. Comble de chance, mon correspondant français vivait dans un quartier paisible près du terril. J'ai donc pu me familiariser avec les oiseaux urbains mais la proximité d'une petite forêt de feuillus m'a permis de voir certaines espèces fréquentant les milieux boisés.

À peine quelques heures de miroise m'ont permis de faire connaissance avec les oiseaux les plus communs. Pigeons bisets, Pigeons ramiers, Tourterelles turques, Martinets noirs, Pies bavardes, Merles noirs, Grives musiciennes, Étourneaux sansonnets, Troglogytes mignons, Pouillots fitis, Pouillots véloces, Moineaux domestiques, Accenteurs mouchets et Pinsons des arbres se sont avérés faciles à voir ou à entendre, si bien que j'en ai fait mention à tous les jours.

De plus, les Coucous gris, Rouges-gorges d'Europe, Mésanges à longue queue, Hirondelles rustiques, Hirondelles de fenêtres, Fauvettes à tête noire, Fauvettes grisettes, Mésanges charbonnières, Mésanges bleues, Serins cinis, Verdiers et Chardonnerets d'Europe étaient réguliers et, bien que je ne les aie pas observés quotidiennement, j'ai tout de même pu voir plusieurs de ces espèces à partir de la fenêtre de ma chambre!

Quelques promenades dans les bois avoisinant le terril m'ont aussi permis de rencontrer des volatiles moins communs tels la Tourterelle des bois, le Rossignol philomèle, le Gobemouche gris, la Rousserolle effarvatte, l'Hypolaïs ictérine, la Bergeronnette grise ainsi que le Bruant jaune.

Bref, des observations dont la qualité et la quantité ont nettement surpassé mes attentes.

 

Base de plein air de Montigny en Gohelle

Cet endroit me rappelle irrémédiablement le Grèbe huppé que j'ai eu la chance d'apercevoir à toutes les fois que je me suis présenté aux alentours du grand étang.

Pour le reste, le potentiel ornithologique de la place se limite à quelques espèces communes des lieux ouverts. Entre autres, j'y ai vu le Canard colvert, la Gallinule poule-d'eau, la Mouette rieuse, le Pigeon biset, la Tourterelle turque, le Martinet noir, le Merle noir, la Grive musicienne, le Rouge-queue noir, l'Étourneau sansonnet, l'Hirondelle rustique, le Moineau domestique, le Pinson des arbres et le Verdier d'Europe.

 

Calais

Que de belles observations j'ai faites à Calais!

Je me suis même payé une rareté locale en repérant deux Mouettes mélanocéphales qui se nourrissaient dans la rivière à proximité du quai. Leur capuchon noir, bien complet, avait tout d'abord attiré mon attention mais la confirmation de mon identification s'est faite lorsque, passant en vol devant moi, elles ont exposé leurs primaires blanches contrastant avec le manteau gris pâle.   

Toutefois, mes meilleurs souvenirs pour les oiseaux de la place vont au Cochevis huppé, au Tarier pâtre et au Fulmar boréal. Profitant des périodes de temps libre que l'on donnait aux élèves lors de notre passage à Calais et durant lesquelles je m'adonnais à la miroise, j'ai réussi à apercevoir les deux premières espèces en me baladant aux alentours des dunes de sable. Quant à l'agile Procellariforme, je l'ai évidemment repéré au dessus de la Manche alors que j'observais quelques Eiders à duvet. Quelle surprise ce fut de le voir si près de la côte!!!

Base de plein air de Wingles

Deux visites à cet endroit m'ont permis de faire plusieurs observations très intéressantes. Évidemmnent, les espèces communes telles les Pigeons bisets et ramiers, la Tourterelle turque, le Martinet noir, la Pie bavarde, le Merle noir,  la Grive musicienne, le Troglogyte mignon, les Pouillots fitis et véloces, l'Accenteur mouchet ainsi que le  Pinson des arbres étaient omniprésentes. Toujours aussi agréables à regarder, les Mésanges bleues et charbonnières se sont souvent montrées, alors que les Coucous gris et les Rossignols philomèles étaient plus faciles à repérer au chant.

L'oiseau qui a le plus retenu mon attention est sans contredit le Martin-pêcheur d'Europe. Je l'ai vu traverser l'étang principal à plusieurs reprises et à toutes les fois, je suis resté estomaqué par le bleu de son plumage et par sa silhouette de vol: avec sa posture verticale et ses rapides battements d'ailes, on aurait dit un colibri géant!!!

Pour sa part, le Loriot d'Europe m'a laissé sur ma soif... Caché dans le feuillage d'une dense forêt de feuillus, il n'a jamais voulu se montrer et, faute de temps, j'ai dû me contraindre à une observation auditive.

En terminant, je ne peux passer sous silence la présence du Moineau friquet, des Bergeronnettes grises et printannières ainsi que celle du Bruant des roseaux.

 

Parc commémoratif du Canada à Vimy

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Ce site de cent hectares a été cédé au Canada suite à la distinction de ses troupes qui ont notamment mis fin à l'occupation allemande de la colline de Vimy lors de la Première Guerre Mondiale. Outre le monument érigé à la mémoire des disparus, l'endroit a été aménagé de façon à reconstituer le plus fidèlement possible les positions ennemies. Une très intéressante visite guidée est d'ailleurs disponible sur le site web suivant:
Parc commémoratif du Canada à Vimy

Hâvre de paix et de recueillement, l'endroit est peuplé de plusieurs conifères, chacun d'entre eux ayant été planté en souvenir d'un soldat ayant laissé sa vie au nom de sa patrie. Certains oiseaux sont attirés par cette forêt artificielle, notamment les Roitelets huppés et triples-bandeaux, le Pinson des arbres ainsi que les Mésanges bleues, charbonnières et noires, la dernière espèce nichant même dans les tranchées reconstituées.

Les zones ouvertes entourant le monument accueillent aussi une avifaune variée: Faucon crécerelle, Tarier des prés, Alouette des champs et Pipit farlouse constituent de bons exemples des espèces à se joindre aux oiseaux les plus communs.

 

Parc ornithologique du Marquenterre - Picardie (10 mai 1998)

Vaste succession d'étangs saumâtres protégés par des dunes, le Parc ornithologique du Marquenterre est réputé pour son avifaune aquatique variée. Deux sentiers donnent accès à de nombreux abris desquels il est facile d'observer sans déranger les oiseaux.

De tous les endroits que j'ai visités lors de mes séjours dans le nord de la France, le Marquenterre est certainement le site dont le potentiel s'est avéré être le meilleur. Comme notre horaire était chargé et que les organisateurs français voulaient plaire à tout le monde lors des journées de congé, je n'ai eu deux heures pour m'adonner à la miroise dans ce site paradisiaque. Et bien que le temps fut court, les souvenirs sont encore doux. Je serai toujours reconnaissant de cette attention qu'on m'a portée et je crois même que les collègues français avaient sous-estimé l'impact qu'elle aurait sur moi.

Ainsi, j'ai eu droit à un spectacle haut en variété et en couleurs: Aigrettes garzettes, Spatules et Cigognes blanches, Tadornes de Belon, Milans noirs, Avocettes élégantes, Barges rousses et Chevaliers gambettes ne constituent qu'une maigre part des coups de coeur de la journée.

Pour plus de détails, voici la liste des espèces que j'ai observées lors de ces deux heures de miroise:

5 Grèbes huppés 30 Chevaliers gambettes
3 Grands Cormorans 1 Chevalier sylvain
5 Cygnes tuberculés 1 Chevalier guignette
1 Oie cendrée 2 Tournepierres à collier
1 Bernache cravant 1 Bécasseau cocorli
100 Tadornes de Belon 2 Combattants variés (femelles)
5 Canards chipeaux 10 Huitriers pie
1 Sarcelle d’hiver 75 Avocettes élégantes
20 Canards colverts 2 Pluviers argentés
1 Canard pilet 1 Petit Gravelot
2 Sarcelles d’été 75 Vanneaux huppés
3 Aigrettes garzettes 1 Mouette rieuse
15 Hérons cendrés 1 Mouette mélanocéphale
9 Spatules blanches 5 Guifettes noires
15 Cigognes blanches 1 Rossignol philomèle
2 Milans noirs 1 Traquet motteux
1 Crécerelle d’Europe 2 Bouscarles de Cetti
1 Faisan de Colchide (femelle) 1 Fauvette grisette
5 Gallinules Poule-d’eau 2 Alouettes des champs
10 Foulques macroules 5 Bergeronnettes grises
10 Barges rousses
30 Courlis corlieux

 

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Marais de Rumaucourt (13 mai 1999)

Profitant d'une journée de congé sur semaine, les organisateurs français m'ont invité au marais de Rumaucourt pour quelques moments de miroise. Étant constitué d'une série de plans d'eaux bordés en alternance par la forêt de chêne, la saulaie, l'aulnaie et la roselière, l'endroit s'est révélé très intéressant en découvertes.

D'entrée de jeu, j'ai été accueilli par deux Faucons hobereaux et par trois Grèbes castagneux, les premiers étant en haute voltige tandis que les seconds, plus évidents, nageaient sur l'étang. Un examen plus approfondi de la zone humide m'a permis d'observer un Fuligule milouin ainsi qu'une Rousserolle turdoïde alors que l'étude extensive des cieux m'a offert une Buse variable.

Bien sûr, les espèces les plus communes étaient aussi de la partie. Voici la liste de celles que j'ai observées:  

Grèbes castagneux
Grèbes huppés
Cygne tuberculé
Canard colvert
Fuligule milouin
Épervier d’Europe
Buse variable
Faucon crécerelle
Faucon hobereau
Mouette rieuse
Pigeon biset
Pigeon ramier
Tourterelle turque
Coucou gris
Martinet noir
Hirondelle rustique
Troglodyte mignon
Accenteur mouchet
Merle noir
Rousserolle turdoïde
Fauvette à tête noire
Pouillot fitis
Pie bavarde
Étourneau sansonnet
Pinson des arbres
Bruant jaune

  

 

Réserve naturelle du Romelaere (16 mai 1999)

Encore une fois, j'ai pu bénéficier de la générosité de mes hôtes qui m'ont donné l'occasion de visiter un autre site propice à la miroise. Cette fois-ci, ce fut la Réserve naturelle du Romelaere, un vaste marécage ceinturé de roseaux et d'aulnes.

Aménagé de sentiers et de passerelles de bois donnant de nombreux accès à la zone humide, l'endroit s'est révélé être très riche en espèces aquatiques et en oiseaux des lieux ouverts. Malgré cette manne d'Anatidés, de foulques et de poules-d'eau, mes meilleurs souvenirs ornithologiques s'orientent vers ma première observation de la forme rousse du Coucou gris, vers la présence de la Phragmite des joncs et de son babillage incessant et vers le Busard des roseaux.

Bien sûr plusieurs autres oiseaux se sont montrés, voici le compte-rendu de ceux que j'ai observés:

Grèbe huppé
Grand Cormoran
Cygne tuberculé
Canard colvert
Canard souchet
Héron cendré
Busard des roseaux
Faucon crécerelle
Gallinule Poule d’eau
Foulque macroule
Vanneau huppé
Mouette rieuse
Sterne pierregarin
Pigeon biset
Pigeon ramier
Tourterelle turque
Coucou gris
Martinet noir
Alouette des champs
Hirondelle rustique
Hirondelle de fenêtres
Pipit farlouse
Bergeronnette grise
Merle noir
Grive musicienne
Bouscarle de Cetti
Phragmite des joncs
Fauvette grisette
Fauvette à tête noire
Pouillot fitis
Pouillot véloce
Mésange à longue queue
Mésange bleue
Mésange charbonnière
Pie Bavarde
Étourneau sansonnet
Moineau domestique
Pinson des arbres
Serin cini
Verdier d’Europe
Chardonneret d’Europe
Bruant des roseaux

 

 

Pour terminer, ces quatre semaines de voyage échelonnées sur autant d'années  m'auront permis d'observer 111 espèces différentes sur le continent Européen (109 en France, 34 en Belgique), ce qui est peu dire si l'on considère que la miroise n'était pas le but de ces séjours et que ma préparation pour les deux premières visites fut nulle. L'intérêt grandissant avec le temps, j'en suis venu à me procurer des guides sonores, un meilleur livre d'identification ainsi qu'un ouvrage sur les sites d'observation en France. Les répercussions de ces achats ont été immédiates sur la qualité et la quantité de mes observations, ravivant ainsi mes plus profonds instincts d'ornithologue. C'est pourquoi je retournerai très bientôt en France, et cela... dans l'unique but d'observer les oiseaux!!!

 

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Claude Nadeau, 10 décembre 2001