Texte: Sylvain Neveu
Montage: Luis Alvarado

 

Le 20 Janvier 2003 -L’histoire de Carl Benoît reflète celle d’un grand nombre de hockeyeurs québécois, ceux qui auront sagement  préparé leur après-carrière. Détenteur d’un baccalauréat en administration, ce dernier gagne sa vie depuis maintenant quatre ans dans les bureaux de la firme G.M.A.C., la société de finances de General Motor. 

C’est au cégep que Carl a choisi d’orienter son avenir dans le domaine financier et administratif. Par la suite, tout en prenant conscience que ses chances étaient minces d’atteindre la LNH, il a préféré mettre l’emphase dans les études universitaires afin d’atteindre son but. 

Lorsque l’on converse avec ce citoyen de Mirabel, on se rend compte rapidement qu’il est un individu très cultivé mais également un être qui fait preuve de beaucoup de réalisme. Bien sûr, lorsqu’il porte son masque et que les choses ne fonctionnent pas à son goût, les préposés à l’équipement vous mentionneront de ne rien laisser traîner sur son passage. À l’opposé, dans la vie de tous les jours, Carl Benoit est un être habité par un calme désarmant. 

Par ailleurs, l’image que me projetait ce cerbère au cours des dernières saisons,  ressemble quelque peu à celle d’un Patrick Roy qui, à ses années junior dans l’uniforme des Bisons de Granby, recevait une rafale de lancers joute après joute. Malgré tout, Carl a toujours réussi à conserver une moyenne d’efficacité respectable et supérieure à 0,900 et cela, malgré les multiples chances de compter dont il s’exposait. Plus on apprend à connaître cet homme et davantage l’on comprend ses raisons d’être demeuré un Rapides de Lasalle. Derrière son masque, Carl représente ce type qui sait s’adapter aux circonstances hors de son contrôle. 

Nouvellement acquis par les Dragons de Verdun, ce vétéran gardien de but aura de nouveau l’occasion de faire partie d’une équipe gagnante et aspirante à la coupe Futura, lui qui compte une bague à son actif. 

 

Lieu de naissance et milieu familial.

 

Actuellement âgé de 27 ans, Carl est né à Montréal, plus précisément dans le quartier de Ville St-Michel. Il y aura habité jusqu’à l’âge de douze ans, par la suite les Benoit sont devenus des citoyens de Ville d’Anjou. Son père, Aurèle, est décédé il y a sept ans, cet homme aura consacré une partie de sa vie comme fonctionnaire pour le compte du Ministère des Transports. Sa mère, Monique, est aujourd’hui à la retraite après avoir travaillé pour une firme spécialisée dans les freins d’automobile. Il peut compter de plus sur une sœur, Linda, dont le fils de cette dernière, Yan, âgé d’un an et demi, est le filleul de ce gardien de but. 

« Chez nous, on s’entend tous très bien, de plus je reçois un appui inconditionnel de ma belle-famille qui, d’ailleurs, sont de bons sportifs. Mes beaux-parents, Pierrette et Jean-Marc, sont des gens que j’apprécie beaucoup. Ma conjointe est sans l’ombre d’un doute, ma plus fidèle partisane. J’ai rencontré Nancy pour la première fois alors que j’étais entraîneur dans une école de gardiens de but (à suivre) et  Marc, son frère, était alors un des élèves. Ce dernier évolue en ce moment dans les rangs Midget BB, à Mirabel, son entraîneur est nul autre que Daniel Saumier, le même homme qui a remporté deux coupes Futura dans la LHSPQ. » me mentionne-t-il.  

 

Ses débuts au hockey.

 

Carl n’était âgé que de six ans lorsqu’il enfila les jambières de gardien de but pour la première fois. Au fil des ans, il ne quittera jamais plus cette position. 

« Comme j’habitais dans le quadrilatère du boulevard Pie IX et Jarry, c’est tout près de chez moi, à l’aréna St-Michel, que j’ai commencé à évoluer dans les ligues organisées. Déjà, à mes débuts, j’étais constamment sur les genoux en exécutant mes arrêts. » me souligne celui qui pratique encore aujourd’hui, le style papillon. 

« Je conserve de bons souvenirs de ces débuts au hockey mineur, je me souviens qu’à mes premiers pas, mon nouveau coéquipier à Verdun, Clint Butler, jouait avec moi. A ma deuxième saison, j’ai eu la chance de vivre mes premières grandes émotions au hockey en participant aux jeux de Montréal, ce fut au tour de Mathieu Melançon d’évoluer dans mon équipe. Finalement, à ma dernière saison Atome AA, nous avions remporté les grands honneurs et cette fois, Jean-Yves Leroux du Garaga jouait en ma compagnie.  

 C’est à l’âge de douze ans que j’ai quitté le quartier St-Michel. Mon père venait d’obtenir un transfert à l’Assomption et nous sommes par la suite déménagés à Ville d’Anjou afin de se rapprocher quelque peu de son travail. J’ai donc évolué pour l’organisation du Bourassa et c’est à ce moment là que je me suis le plus amélioré, soit en participant entre autres, à des écoles de gardiens de but. De plus, comme on jouait souvent dans des tournois régionaux, devant la forte opposition, on recevait donc beaucoup de lancers. » décrira-t-il. 




C’est également dans cette organisation que Carl fera la rencontre d’un autre gardien de but, Éric Fichaud, une rivalité amicale s’en est suivi pour ces deux joueurs qui sont devenus d’excellents copains. 

« Tout à fait, comme il n’y avait pas de catégories BB à Anjou, au niveau pee-wee et bantam, Éric évoluait dans le AA et moi dans le CC. On s’est suivi quelques saisons comme cela. Par la suite j’ai évolué dans le Midget AA, André Roy, Yan Turgeon, Yanick Tremblay et Éric Houde évoluaient contre moi et nous avons été sélectionnés pour participer à un tournoi en Russie. En fait, les choses se sont bien déroulées cette année là car, en plus de remporter la meilleure moyenne chez les gardiens de buts, j’ai été choisi dans l’équipe d’étoile du Montréal-Métropolitain, via un concours organisé par le journal la Presse. » souligne-t-il. 

Âge de seize ans, Carl continuera de peaufiner son style dans une école de hockey. Il fera d’ailleurs partis de quelques participants connus des amateurs, dont Éric Fichaud et Roberto Luongo. 

« C’était l’école de hockey de Martin Piette, ce dernier était assisté entre autres par Stéfane Fiset. Ces deux là m’ont beaucoup aidé dans mon développement. »  

Repêché au niveau junior majeur. 

« C’est Stéphane Fiset qui m’a donné mon premier gros « break » dans le hockey. J’étais âgé de seize ans et, lorsqu’il s’est aperçu que je ne me rapportais à aucun camp d’entraînement du junior majeur, il m’a recommandé aux Lynx de St-Jean, ces derniers étaient alors dirigés par Normand Flynn. » souligne-t-il. 

Au terme de cette saison 1991-92, Carl deviendra le deuxième joueur de dix-sept ans, derrière un de ses opposants du midget AA, André Roy, à être repêché lors des assises de la LHJMQ. Les Lynx, satisfaits de son premier camp, en feront le 85 ème choix de cette sélection annuelle. St-Jean aligne également dans ses rangs, une future vedette de la LNH, un dénommé José Théodore. 

Après avoir évolué quelque temps dans le junior AAA, Carl réalisera que le temps file, ainsi les illusions commencent à se dissiper peu à peu.  

« À dix-huit ans, il était essentiel que je fasse l’équipe, je considère avoir bien fait au camp cette saison là mais j’ai vécu une grosse déception en étant retranché. Les Lynx, en plus de José Théodore, ont préféré garder un gardien de but local. A partir de ce moment là, j’ai perdu mes illusions. La saison suivante, en 1994-95, je ne voulais pas retourner à St-Jean, j’aurais préféré évoluer dans une équipe qui m’utiliserait régulièrement. Finalement, lorsque Théodore a été échangé aux Olympiques de Hull, en novembre, cela m’ouvrait la porte à jouer un peu plus. » me dit-il. 

Comble de malheur, au moment où Carl aura l’occasion de démontrer son savoir-faire, il subira une déchirure ligamentaire à l’épaule quelques joutes plus tard. Une blessure qui le tiendra à l’écart pendant un peu plus d’un mois. Malgré tout, ce gardien de but de dix-neuf ans aura livré la marchandise au cours des vingt-neuf rencontres auquel il aura participé.  

L’été suivant, en 1995, Carl agit comme entraîneur de gardien de but, soit à la même école dont il a lui-même été participant. Il prodigue des conseils à un jeune homme d’environ neuf ans mais ses yeux se tournent souvent dans la foule, vers la sœur de ce jeune élève, Nancy (à suivre).  

À l’aube de la nouvelle saison, les rumeurs se concrétisent, la concession de St-Jean est vendue et transférée à Rimouski. De plus lors de cette même saison, la ligue a amandé un règlement, celui de trois joueurs de vingt ans par équipe, chaque équipe ne pourra donc en aligner que deux. L’Océanic a donc préféré garder deux attaquants. C’est ainsi que Carl évoluera dans les Maritimes.  

« Je me suis retrouvé dans le junior AAA, comme joueur de vingt ans, soit à Antigonish en Nouvelle-écosse. Laisses-moi te dire mon Sylvain que cela a été toute une aventure au début. Les mots « toaster, club sandwich, yes puis no » faisaient partis de mon pauvre vocabulaire! De plus il n’y avait pas de francophones dans l’équipe, sauf Martin Roy qui est arrivé un peu plus tard. D’autre part, Nancy et moi avions gardé un bon contact et on s’écrivait régulièrement, cela m’a aidé à passer au travers (à suivre).  

 Malgré tout ce fut une belle expérience de vie, j’habitais sur une ferme avec des gens très enrichissants et mon anglais s’est amélioré constamment. Par ailleurs, c’est à l’université St-François-Xavier, situé à Antigonish que je poursuivais mes études. Entre temps, j’aurais eu l’occasion de revenir jouer dans la LHJMQ, avec les Titans de Laval. Léo-Guy Morissette, qui venait de se porter acquéreur de cette équipe, m’a passé un coup de fil à Noël. Comme je savais pertinemment que mes chances de percer étaient pratiquement nulles, j’ai donc préféré continuer mes études là-bas. » me confie-t-il. 

La saison suivante, à vingt et un ans, Carl évoluera pour l’équipe des Aigles Bleus de Moncton, l’établissement où il continuera ses études. Il fera d’ailleurs équipe avec Jean-François Grégoire, Raymond Delarosbil et Dominic Beaudin, des joueurs connus de la LHSPQ. 

« La saison 96-97 fut une année difficile pour moi, autant au plan hockey que du côté personnel. Mon père est décédé au printemps 96, cela été un choc pour la famille. Je suis revenu à Montréal au terme de la saison, en 97, car je sentais que ma mère avait besoin de beaucoup de support pour traverser cette période difficile. »  me confie-t-il. 

C’est également à ce moment là que Nancy et Carl ont délaissé le courrier et les appels longues distances afin de se fréquenter plus sérieusement (à suivre). 

Ses débuts dans la LHSPQ.

 

Raconte-nous maintenant Carl, comment ta carrière de hockeyeur s’est poursuivie à ton retour au Québec? 

« Au début de la saison suivante, à vingt-deux ans, j’ai débuté l’année à St-Lin, dans une ligue qui se nommait les Super Junior, cela aura duré environ six joutes. Par la suite Eric Lachapelle, avec qui j’ai évolué pee-wee BB ainsi que Alain Fabri, faisaient partis des Chiefs de St-Thérèse,  ils m’ont convaincus de tenter ma chance avec cette équipe. 

 Laisses-moi te dire mon Sylvain qu’à mes débuts j’ai été fortement impressionné. Les Chiefs affrontaient ce soir là, le Grand Portneuf de Pont-Rouge, ces derniers représentaient une grosse attraction dans la ligue. L’ambiance était extraordinaire, le stationnement et l’aréna étaient remplis à pleine capacité, j’ai retrouvé un feeling de mon junior majeur. De plus, je jouais entouré de joueurs et de dirigeants passionnés de hockey, cela été le coup de foudre pour moi. » ajoute-t-il. 

La saison 99-2000, aura été marquée par l’arrivée des Chiefs à Laval, Carl Benoit faisait partis de ceux qui ont apporté une ère nouvelle avec le semi-pro dans le Colisée de St-Vincent-de-Paul. J’aimerais que tu nous racontes ce passage pour une saison à Laval? 

« Laval c’est une très bonne ville de hockey, l’ambiance est excellente et les amateurs ont toujours supporté leur équipe. On sait de plus que Bob Berger a toujours construit ses équipes avec le même type de joueurs, soit des gars combatifs qui se présentent à chaque match. Pour ce qui est de notre saison, je pense que le fait saillant aura été lorsque nous avons éliminé St-Laurent en sept parties. On connaît aujourd’hui la bonne vieille rivalité entre les deux clubs, mais cette saison là aura été marquée par la première guerre entre ces deux nouvelles concessions. » me dit-il.   

La saison suivante, le vétéran gardien de but Michel Vallière a fait son apparition et peu de temps après c’est dans l’uniforme des Rapides de Lasalle que tu t’es retrouvé. Parles-nous donc de cette transaction? 

« Bob Berger est un homme qui ne m’a jamais fait de cadeau mais il a toujours été honnête avec moi en me donnant l’heure juste. Il m’a mis les cartes sur tables en me mentionnant que l’organisation croyait avoir plus de chances de remporter le championnat avec Michel Vallière dans les buts. J’ai alors été échangé aux Rapides de Lasalle. Comme j’habitais à Mirabel, j’étais très heureux de pouvoir continuer à jouer dans les environs de Montréal et dans une équipe qui aspirait gagner la coupe pour une deuxième saison consécutive. 

 À Lasalle j’ai senti rapidement que je faisais partis du groupe. À la mi-saison, Mr. Marier a vendu l’équipe à Jean-Paul Larivière, à partir de là, nous avons subi seulement quatre défaites. L’esprit de groupe était formidable, il y avait des gars qui avaient évolués chez les pros, comme Daniel Guérard, un sympathique bonhomme, de même que  Patrick Deraspe, Steve Cadieux et Yves Beaudoin. Ce dernier était notre capitaine et il organisait des « partys » d’équipe chez lui afin de réunir les gars. Tout le monde était là, les joueurs, les conjointes et même notre entraîneur Daniel Saumier, ce dernier était très près de ses joueurs, on s’entendait tous très bien. De plus, j’ai développé beaucoup d’amitié avec plusieurs de ces gars là en dehors de la glace, notamment les Sylvain Thibault, Benoit Deschamps, Jonathan Nantel, Steve Cadieux et Simon Désormeaux. » me souligne-t-il. 

Une saison qui s’est bien terminée pour Carl Benoit et les Rapides de Lasalle. Ces derniers ont clôturé la saison en remportant les grands honneurs face au Grand Portneuf de Pont-Rouge. 

La saison suivante, Pierre Gagnon et Mathieu Bibeau, tous deux échangés à St-Laurent, ont été parmi les premiers à quitter ce groupe qui s’était pourtant bien soudé la saison précédente. 

« Je crois que le mur s’est écroulé lorsque Daniel Saumier est parti dans la saison, cela a été une grosse bombe pour nous tous. Sans oublier que Patrick Deraspe avait quitté également pour aller évoluer en Europe. Même si on a réussi à garder une bonne ambiance autour de l’équipe, cela n’a jamais plus été pareil par la suite. » me dit-il. 

Parallèlement au hockey, c’est à l’UQAM, en 2001, qu’il complètera ses études pour l’obtention de son baccalauréat. 

La saison dernière, Carl Benoit a continué de recevoir beaucoup de caoutchouc. Si les Rapides ne représentaient pas une trop grosse menace pour bien des équipes, il fallait tout même réussir à battre l’énigme de l’homme masqué devant le filet. Carl est ce genre d’individu qui ne se laisse pas déranger devant qu’il ne peut contrôler, il mettra tout en œuvre afin de donner le meilleur de lui-même. De plus, c’est bien connu, un Carl Benoit sur son « edge » peut vaincre n’importe quelle équipe.  

En fin de saison, la direction des Rapides a mis la main sur Dominic Roussel. Ce dernier a participé à toutes les joutes de l’équipe en séries éliminatoires. Lasalle semblait reprendre vie, soit jusqu’à la suspension imposée à Daniel Guérard. Carl  Benoit lui, n’a pas été utilisé au cours de ces séries éliminatoires mais il n’a pas chigné pour autant. 

Nous voilà à la palpitante saison 2002-03, on pourrait en écrire un livre sur les événements entourant les Rapides de Lasalle, ceux qui ont mené à la fermeture de l’équipe. Dis-moi Carl, toi qui endossait cet uniforme depuis longtemps, j’aimerais que tu nous raconte comment tu as vécu ce bouleversement entourant la dissolution de cette concession? 

« J’en étais à ma quatrième saison avec l’équipe, de plus avec l’ajout de Maurice Lemay et Richard Sévigny en début de saison, même si on ne gagnait pas souvent, l’ambiance était bonne. Lemay est un entraîneur très ouvert avec ses joueurs. On savait tous que Jean-Paul cherchait des solutions, ce dernier ne s’est jamais plaint que ça allait mal, je te dirais même qu’il n’a jamais fait allusion de couper dans les dépenses afin de sauver l’équipe mais tout le monde en place savait qu’il travaillait fort et qu’il ne comptait pas ses heures pour redresser notre situation.  

Lorsque le clan Gary Leduc, ce dernier qui a été mon ancien coéquipier avec les Chiefs de St-Thérèse, s’est présenté à Lasalle, on sentait que la situation se redresserait. De fil en aiguille, les problèmes semblaient se régler, on croyait bien finalement avoir la chance de vivre une saine compétition avec les autres équipes. De plus, avec l’ajout des Charles Paquette et Ashley Langdon notamment, tout le monde semblait emballé. » 

Et il enchaîne; 

« Puis il y a eu le départ mystérieux de Daniel Guérard, un gars apprécié et, peu de temps après, la fameuse lettre qui nous interdisait de jouer contre Thetford Mines. Nous avons vécu l’incertitude la plus totale, même si plusieurs mettaient tout en œuvre afin de nous aider. Par la suite, on s’est présenté à St-Jean alors que tous nos chandails avaient été saisis, sauf les noirs. Nous avons participé au réchauffement mais le Mission a refusé de disputer la rencontre. Dans le vestiaire les gars tentaient de garder le moral, en y allant tous et chacun avec un peu d’humour. Nous avons suggéré à notre coéquipier Yan Turgeon, qui travaille en réalisation de films, de monter un scénario avec ces incidents répétitifs et bien spéciaux. Lorsque l’équipe a fermé les livres, c’est notre entraîneur, Maurice Lemay, qui m’a avisé que le club n’opèrerait plus à Lasalle. Les joueurs étaient atterrés, personne ne savait où l’on s’en allait à ce moment là. » me confie-t-il.  

Repêché par les Prédateurs de Granby. 

Suite à la dissolution de l’équipe, au repêchage, son nom était au haut de la liste de maintes formations. Ce sont les Prédateurs de Granby qui en ont fait le tout premier choix. 

« L’entraîneur des Prédateurs, Michel Croteau, me connaissait, j’ai évolué brièvement pour lui à Laval et nous sommes demeurés en bons termes. J’ai retrouvé des gars que je connaissais bien en Michel Gingras et Réal Godin, sans conter que Pat Black a joué avec moi à Laval. À Granby, j’ai gardé les buts au cours de six rencontres sur sept et je dois te dire qu’un des gars qui m’a bien aidé également, c’est le gardien de but Hugo Hamelin, un bon joueur d’équipe, il a été bien gentil avec moi. » admet-il. 

Échangé aux Dragons de Verdun. 

Après quatre saisons à Lasalle voilà que Carl endossera un troisième chandail en très peu de temps. A Verdun il retrouvera une équipe gagnante qui aspire à remporter la coupe Futura, tout en se rapprochant de son milieu quotidien. Comment as-tu réagis à l’annonce que tu devenais un Dragons de Verdun? 

« Je savais que je venais de débarquer dans une excellente organisation. Dans un premier temps, j’ai connu Michel Laurendeau et Colette son épouse, alors que j’évoluais avec les Chiefs de St-Thérèse, j’ai toujours gardé contact avec eux par la suite. Que ce soit lors de la joute d’étoile à St-Georges-de-Beauce, ou encore aux derniers instants des Rapides de Lasalle, ils ont été de bons collaborateurs pour moi. De plus, à Verdun je retrouvais plusieurs de mes anciens coéquipiers et une couple de joueurs que je connais bien, donc l’adaptation s’est fait rapidement.   

Parlant d’anciens coéquipiers, j’aimerais que tu nous décrives le genre de relation qui existe avec ton ex-coéquipier à Lasalle et actuel gardien de but des Dragons,  Pierre Gagnon. 

« Pierre et moi sommes de grands copains, ensemble on dispute quelques rondes de golf au cours de l’été. Il nous arrivait régulièrement de prendre le lunch ensemble après nos affrontements Lasalle-Verdun.  En dehors du hockey on se fréquente assez souvent, sans conter que nos conjointes sont de grandes amies». 

Carl Benoit, au nom des amateurs de hockey semi-professionnel, on te remercie d'avoir partagé ces confidences en notre compagnie.

« C'est moi qui te remercie Sylvain ».

 Nous avons clos ce reportage à une heure assez tardive. De plus, le lendemain soir, Carl a obtenu son baptême de feu avec sa nouvelle équipe. Première étoile dans un gain de 3-2 sur le Cousin de St-Hyacinthe et, n’abdiquant que 4 fois sur 85 tirs lors de ses deux premières joutes, deux gains soit dit en passant, il fut nommé joueur défensif de la semaine quelques jours plus tard. Un type calme aucun doute, mais qui possède de l’énergie à revendre! 

En ce qui concerne Nancy et Carl, une relation qui a débuté avec un simple regard au-dessus de la baie-vitrée, la maturité de ce couple est au stade où ils projettent de s’acheter une maison afin de construire éventuellement leur nid familial (à suivre…).

 

À la prochaine,

 

Merci a Bruno Leblanc alias TECHNOXX et au site des Dragons de Verdun pour certaines photos.