Le 25 Janvier 2003 -Lorsque l’on commence à fréquenter les sites de hockey semi-professionnel, on ne peut s’imaginer à quel point de nombreux joueurs et dirigeants peuvent les scruter tout autant. La majorité possèdent l’internet, d’autres utiliseront celui de leurs parents ou amis afin de venir y jeter un œil.
Pour un, Benoit Deschamps, est un adepte assidu de ces sites. Ce dernier nous a livré, par l’entremise du forum des fans de la LHSPQ, une vision qui, sans aucun doute, rejoint celle de nombreux joueurs évoluant dans le circuit semi-pro.
Benoit Deschamps n’est certes pas le plus reposant sur la glace mais, pour le connaître quelque peu, je peux vous assurer que ces écrits proviennent du fond de ses tripes. Avec son accord, je me suis permis de rendre ce texte disponible pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion d’en prendre connaissance. De plus, si l’on se fie aux réponses apportées par les amateurs, ce commentaire rapporté par un joueur de notre ligue aura été fort apprécié.
Bonjour à tous,
J’aimerais livrer ce message pour les amateurs de semi-pro:
D'abord, j'aimerais que vous sachiez, même si plusieurs l’ont sûrement constaté, que la plupart des joueurs du circuit viennent faire un tour régulièrement sur les différents sites qui couvrent la LHSPQ. Ted22, un fidèle internaute, s'étonnait peu avant l’heure de tombée des transactions que je sois sur le site à surveiller les équipes qui bougeraient. Je serais le plus curieux si j'étais amateur, c'est encore pire quand tu joues car tu es directement impliqué et doublement intéressé à savoir ce qui se passe.
Vous les partisans, vous avez les horaires de plusieurs équipes, vous savez les dates des matchs importants; nous aussi ! On doit savoir quand est-ce qu'on affronte les grosses équipes, quand est-ce que le défi sera au maximum.
Par exemple, que pensez-vous qu'un joueur des Dragons fait au début du camp d'entraînement lorsque les premiers horaires sortent?
Bien sûr! On cherche tout de suite la date des matchs avec les Chiefs!!! L'intensité à son maximum, l'adrénaline qui coule.
Vous savez, il y aurait sûrement plus de joueurs qui viendraient vous donner leur son de cloche, leurs commentaires. Malheureusement, lorsque certains ont osé le faire, quelques partisans en ont profité pour déblatérer sur le joueur en question et je ne cible personne en particulier.
Il y a un vieil adage qui dit que le québécois moyen est né pour chialer, c'est ce qu'il sait le mieux faire. Moi le premier, je suis loin d’être blanc comme neige lorsque j'attaque Patrice Brisebois par exemple. J'essaie de me contenir et de lui trouver des qualités. Je l'aimais lors de son stage junior à Laval, et je sais qu'il est un atout sur le « power play » du Canadien, faut juste pas que je m'attende qu'il frappe et se batte....!
Chaque joueur à un rôle au sein d'une équipe de hockey, et je crois que c'est ce qui est le plus dure à rentrer dans la tête d'un partisan, et encore plus dans la tête du joueur lui-même...
Si jamais vous croisez Bob Lafleur, ancien coach des Rapides de Lachute, demandez-lui combien de temps il a mis à me faire comprendre que je ne jouerais pas sur l'attaque à cinq! J'en ai fait des points dans cette ligue en neuf ans sur l'attaque à cinq, les fois où j'y suis allé. On a préféré me confier d'autres tâches, souvent plus ingrates, alors on accepte et on pense au bien de l'équipe.
Dans le cas des partisans, et il y en a quelques-uns dans toutes les équipes, s'il y a une chose que l'on pourrait améliorer, je crois humblement que ce serait les attaques personnelles envers les joueurs, celles qui dépassent le hockey. Vous avez le droit de détester les joueurs autant que vous voulez, vous payez votre dix dollars et vous pouvez les insulter, rire après un mauvais jeu, applaudir une bourde qui mène à un but de votre équipe favorite et c'est normal, mais de grâce, laissez la vie privé des joueurs de côté. Cela ne vous apporte rien de plus et dépasse ce qui devrait demeurer sur la patinoire.
Vous savez, parfois autour de vous sont assis les enfants d'un joueur, sa blonde, sa femme, son père, sa mère, un collègue de travail, son patron, un ami d'enfance, et c'est parfois pour eux, plus que pour le joueur en question que c'est difficile. Nous sur la glace, on est pas ''supposé'' vous entendre, on a un match à jouer et la concentration demeure sur la joute!
Si chacun pensait un peu à cela, tout le monde en sortirait gagnant. Le joueur, l'amateur sans qui le match n'existerait pas, de même que les bénévoles et dirigeants qui s'amusent chaque week-end dans les différents arénas de notre si belle province!
Hey, on vient y jouer de tous les coins du monde, et on dit que c'est la ligue la plus « tough » qui existe hein Bob (Berger)! On a réussi, tu te souviens, on en parlait lors du voyage à Edmunston en 1994, et huit ans plus tard, les gars retournent aux States tellement y capotent!
Longue vie au Semi-Pro!