Les Chiefs de Laval couronnés champions de la saison 2002-2003!!!

Texte: Sylvain Neveu
Montage: Michel Lacas jr.

 

Le 12 mai 2003 – C’est vendredi dernier, le 9 mai, que les Chiefs de Laval ont fermé les livres de cette septième saison d’activité de la LHSPQ. Grâce à un gain de 4 à 1, dans une septième et dernière rencontre, les hommes de Pierre Pelletier ont remporté leur deuxième coupe Futura consécutive sur la glace du Prolab de Thetford Mines.

Encore une fois, le trio formé inextrémis des trois « D », Denis Chalifoux, Denis Paul et Dominic Perna, a pris les choses en mains en récoltant huit points, pour un total de dix-neuf au cours des six dernières périodes de jeu. Mais c’est l’excellent David Thibault qui a ouvert le bal à 16: 28 du premier engagement, en déjouant Steve Vézina sur des aides de Claude Savoie et Louis Bernard. La réplique n’a pas tardé car 1: 45 secondes plus tard, alors que Daniel Payette était au cachot, Perna a enfilé son premier but de la soirée sur des aides de Denis Paul et Shane Kenny.

La septième et décisive rencontre s’est jouée au cours du deuxième engagement alors que le Prolab n’a pas été en mesure de marquer suite à deux pénalités consécutives distribuées aux Chiefs de Laval. Par contre, les Chiefs eux ne rateront pas leur coup, au moment où Louis Bernard purgeait un deux minutes pour coup de bâton, le capitaine Denis Chalifoux inscrira ce qui deviendra le filet victorieux sur des aides de Dominic Perna et du défenseur Shane Kenny. Perna, qui a raté les deux dernières joutes de la finale 2001-2002, profite de cette série pour démontrer qu’il a sa place dans ces moments où l’enjeu est sans lendemain. Ce dernier enfilera, à 13; 16, son quatorzième des présentes séries avec la complicité de Denis Paul et Denis Chalifoux.

Un seul filet sera marqué lors du troisième engagement, une période où les Chiefs se sont appliqués à fermer le jeu. C’est Jesse Rezansoff, dans un filet désert et avec 17 secondes à écouler à la rencontre, qui viendra clouer le dernier clou dans le cercueil du Prolab. Des mentions d’aides seront allouées à Denis Chalifoux et de Mathieu Raby sur ce dernier but d’une longue campagne.

 

Des louanges aux vainqueurs.

 

S’ils ont reçu le pot avant la septième joute de la série, on peut dire que, suite aux propos propagés de part et d’autres, les fleurs ont été livrées au terme de cette rencontre. Alain Rajotte, pour un, bien qu’abattu suite à cet échec, a tenu à vanter les mérites de ses adversaires. « Les Chiefs ont disputé un super match en défensive. Lorsqu’ils ont pris l’avance de deux filets, ils avaient suffisamment d’expérience pour la protéger, ils n’ont jamais paniqué. Denis Paul a été un facteur important dans la victoire de cette équipe, c’est un gagnant et un joueur de qualité pour qui j’ai beaucoup de respect. » Le trio de Chalifoux et le brio de Vézina ont également été soulevé de la part de l’entraîneur du Prolab.

 

Du caractère.

 

Avec un recul de 2-3 dans la série les vainqueurs ont fait changer le vent de côté en faisant preuve de beaucoup de cran. Une chimie construite autour de joueurs de caractère, certains diront, et avec raison. Mais plusieurs facteurs, comme des décisions audacieuses, ont également bien servi la troupe de Pierre Pelletier. Steve Vézina, une tête d’affiche au cours de ces deux derniers gains, a grandement participé à cette conquête en s’élevant, encore une fois, au rang des meilleurs gardiens de buts évoluant sous pression. La présence de Vézina est un « remake » de la finale 2001-2002 alors que Pelletier l’avait sorti du bout du banc pour finalement lui permettre d’aller remporter l’ultime trophée. Vézina et Therrien, qui a également remporté deux gains en finale, forment un duo qui se complète très bien.

Jesse Rezansoff est un joueur qui a profité de ces séries éliminatoires pour nous démontrer qu’il peut jouer avec discipline et se sacrifier pour la cause de l’équipe. En compagnie de Bobby Cunningham et Dan Gravelle, Jesse, un joueur physique qui ne craint pas de foncer au filet, a augmenté sa valeur aux yeux des adeptes du semi-pro. Ces trois joueurs, à 5 contre 5, se sont comportés admirablement bien contre le gros trio du Prolab, celui de Tardif, Savoie et Thibault.

Peu de gens en parlent mais pour avoir observé de près Mathieu Raby tout au long de cette campagne 2002-2003, c’est l’évidence même que ce dernier est devenu un défenseur très fiable et beaucoup plus difficile à battre à un contre un. Une évolution qui a débutée en deuxième moitié de saison 2001-2002 pour se poursuivre cette année. Pelletier lui a confié plusieurs missions importantes et il s’est fort bien acquitté de sa tâche. Dans cette ligue, certains lui reprocheront de ne pas jeter les gants à toutes les rencontres, lui qui ne perd pas beaucoup de combats, mais les amateurs de Laval préfèrent, de loin, l’avoir de leur côté. N’était-il pas sur la glace et à l’origine du dernier filet dans le septième match à Thetford? Sa présence permet, de plus, à Dollas de récupérer davantage sur le banc de l’équipe. On a remarqué cet impair davantage lors de son absence à la joute #1, au centre Mario-Gosselin.

Bobby Dollas demeure une des grandes raisons des deux dernières conquêtes de la coupe Futura. Un joueur qui commet peu d’erreurs et qui possède une excellente vision du jeu. Ne cherchez pas sa valeur dans les « box scores », bien qu’il peut contribuer à l’occasion, ce n’est pas dans la colonne des pointeurs que l’on pourra trouver toute l’importance qu’il a pour l’équipe. Son efficacité en défensive est indispensable dans une formation qui prêche bien souvent pour l’indiscipline et qui alloue de nombreux 5 contre 3. Fait à noter, depuis son arrivée à la fin de décembre 2001, Laval est devenu une des puissances, de façon constante, dans la ligue. Il a stabilisé la brigade défensive, de plus, plusieurs arrières-gardes de l’équipe suivent son exemple et davantage en séries. Malheureusement, ce type de joueur de grande valeur demeurera toujours sous-estimé. Un souhait pour l’an prochain, qu’on ménage ce vétéran en début de calendrier et, tout comme en 2001-2002, que sa vraie saison commence au début janvier pour lui permettre d’être frais et dispos au moment où cela comptera le plus.

 

Tous pour un.

 

On pourrait raconter les nombreux exploits du trio formé de Paul, Perna et Chalifoux au cours de cette finale. On pourrait également enchaîner avec l’implication, tout comme l’an passé, de Tobin à la défensive ou encore de la contribution du trio de Martin, Darstch et Richards. De Shane Kenny, un gros défenseur qui s’est révélé une heureuse acquisition. De Mario Joly qui continue à prendre de l’expérience dans un environnement gagnant. De Dino Mazzei qui n’a pas été repêché, suite à la dissolution des Rapides LaSalle, mais qui est venu boire dans la coupe à Laval. Une deuxième coupe pour ce réserviste qui n’a pas cessé d’encourager ses coéquipiers. Bref la coupe aux lèvres, dans un camp victorieux, l’encensoir est pour tout le monde.

 

Les obstacles surmontés.

 

Pour les Chiefs de Laval, le mérite de cette victoire passe par divers obstacles surmontés depuis le début de la saison. L’échange qui a envoyé Christian Sbrocca, un pilier de la saison 2001-2002, au Mission a fait mal dans le cœur de bien des supporters. Pendant un instant, plusieurs se sont demandé quelle était la vision de la direction de l’équipe peu avant le début de la saison. On avait mentionné à l’auteur de ces lignes, par l’entremise de Richard Savaria, que la direction désirait une autre coupe. Puis, dès le début du calendrier, ce fut la perte de Mike Henderson, un coup dure pour les supporters et l’équipe. Ce dernier qui, en plus d’afficher un grand désir de vaincre, campait le rôle de rassembleur entre les anglophones et francophones dans le vestiaire. Coup sur coup, deux piliers essentiels venaient de quitter.

Dans les filets, dès la première joute de la saison au Colisée et après seulement 8 minutes de jeu, Laval a perdu les services de Pierre-Luc Therrien pour une dizaine de rencontres. Une blessure qui le suivra une partie de la saison.

On a mis du temps à trouver un ailier capable de s’ajuster au jeu de Mongeau et Paul. Que ce soit Richardson, Bédard, Richards, Rezansoff, Degurse, Gravelle, la combinaison ne fonctionnait pas à long terme. Finalement, pour obtenir un certain succès, on a déplacé la révélation, Cunnigham, de sa position de centre pour venir rejoindre ces deux joueurs d’impacts.

Au mois de novembre, et pour une deuxième saison consécutive, plusieurs réclamaient la tête de Pierre Pelletier, prétextant que les Chiefs possédaient une équipe plus talentueuse que leur fiche ne le démontrait, ou encore sous prétexte que ce dernier ne savait pas comment utiliser ses « goons ». Le petit lieutenant, ne recevra possiblement jamais tout le crédit qui lui revient, lui qui en est à une troisième coupe Futura d’affilée. Remporter deux de ces coupes consécutivement à Laval, avec des joueurs et des dirigeants qui possèdent beaucoup de caractère ainsi que des supporters prêt à faire feu. Dans la réalité des faits, cela demeure tout un exploit.

Lorsque Éric Morin et Patrice Paquin ont changé d’adresses, peu avant la date limite des transactions en janvier dernier, l’organisation, avec Richard Savaria en tête, s’est fait tirer quelques boulets mais, peu de temps après, on a vu les Jason Renard, Trevor Doyle et Shane Kenny apparaître dans le décor. Doyle, n’a fait que passer tandis que Kenny et Renard ont su prendre la relève.

En fin de saison, comment passer aux côtés de quelques blessures, dont la commotion cérébrale de Bobby Cunnigham, le «Bill Masterton » des Chiefs ainsi que la perte inestimable de Michel Mongeau au cours de la demi-finale de division. Mongeau, faut-il le rappeler, a été une tête d’affiche des deux premières coupes Futura de Pierre Pelletier à Joliette et à Laval.

En conclusion, pour aller vaincre une machine de hockey qui a brûlé la ligue cette saison, cela demande du caractère, de la détermination et un noyau de joueur talentueux. Laval, envers et contre tous, vient encore une fois de nous démontrer que son équipe possédait ces atouts.

 

Thetford Mines était l’équipe à battre cette saison.

 

Le Prolab vient de réaliser toute une saison de hockey. La déception est d’autant plus grande que l’organisation avait tout mis en branle afin d’atteindre le but ultime. Avec l’ajout de Claude Savoie, Patrice Tardif, Frédéric Deschênes et, un peu plus tard en saison, Éric Lavigne, tous les espoirs étaient permis. Sans conter que l’engouement du hockey semi-professionnel avait atteint un niveau d’adrénaline élevé dans la région de l’amiante. Une saison régulière record avec 46 victoires, 5 défaites et un verdict nul. Tous les regards étaient dirigés sur Allan Haworth et l’excellent début de saison de ses troupiers. Avec une fiche de 23 victoires en 24 affrontements, Haworth a quitté pour la Ligue Nationale B de la Suisse. Alain Rajotte, son successeur, a réussi à conserver la vitesse de croisière. On la voulait et on y croyait en cette coupe à Thetford. Le Prolab semblait bel et bien être l’équipe qui procurerait une première Futura à la division Est.

 

Les séries éliminatoires.

 

En quart de finale, avec une récolte de vingt-trois buts en trois rencontres, le Prolab a rapidement pris la mesure des Aztèques d’Asbestos dans un 3 de 5. Les adversaires en demi-finale ont été plus coriaces alors que le Lacroix de Windsor et son gardien de but, Luc Bélanger, a apporté une meilleure opposition. Malgré tout, le Prolab a mis cinq joutes pour éliminer le Lacroix, quatre de celles-ci ont été disputées à vive allure, se terminant par des pointages serrés. Place à une série davantage émotive alors que Thetford Mines a mis sept rencontres pour défaire le Caron et Guay de Pont-Rouge. La dernière joute, disputée à la maison, s’est soldée au compte de 3-1 pour les hommes d’Alain Rajotte.

 

Patrice Tardif, un joueur spectaculaire.

 

Les gens de l’Ouest ont profiter des séries post-saison pour avoir la chance de voir évoluer un joueur, en Patrice Tardif, possédant un excellent sens du hockey. Ce dernier a inscrit 28 buts et s’est fait complice de 48 autres en 49 rencontres en saison régulière. Sa fiche compte également 11 filets en avantage numérique et 5 autres victorieux. En séries, il a terminé au deuxième rang des marqueurs derrière Denis Paul. Outre Tardif, David Thibault, Daniel Poudrier et Frédéric Deschênes sont les représentants du Prolab qui font partis de la première équipe d’étoiles. Claude Savoie, quant à lui, mérite cet honneur sur la deuxième équipe d’étoiles.

En terminant, ceux qui me connaissent un peu plus savent que mon épouse provient de la ville de Thetford Mines. Par le fait même, nous savons ce que peut représenter le projet d’agrandissement du centre Mario-Gosselin pour les gens de la région. Pour avoir assisté à la finale dans cet amphithéâtre construite en 1964, on ne peut en douter, le hockey semi-pro est en très bonne santé dans la région de l’amiante.

À la prochaine...