Normand Rochefort, un joueur qui apporte de l’expérience et du prestige à la LHSPQ.
Par Sylvain Neveu
Montage
Luis Alvarado
Le 23 mars 2003 -En voilà un autre
qui aura marqué à sa façon l’histoire de notre hockey au Québec. Que ce soit
lors de son passage dans la ligue de hockey junior majeur du Québec ou encore
dans la ligue nationale, Normand Rochefort a fait parler de lui à maintes reprises
au cours de sa carrière.
Une
recrue remplie de promesses s’amène avec les Draveurs.
C’est à l’âge de quinze ans
que Rochefort a piqué ma curiosité, avant même d’avoir effectué ses
premiers coups de patins dans la LHJMQ. Normand était une étoile montante au
Québec, il s’alignait alors pour les Barons du Cap-de-la-Madeleine dans les
rangs junior B. Ces derniers représentaient l’équipe pépinière des
Draveurs de Trois-Rivières et un de mes oncles était l’annonceur maison aux
joutes locales. Mike Bossy, le National de Laval, les Draveurs, la famille
Rochefort et la LHJMQ alimentaient nos conversations de salon.
C’est au début de la saison
suivante, en 1977, que Normand a gradué avec les Draveurs de Trois-Rivières de
l’entraîneur-chef et directeur-gérant Michel Bergeron. Une des belles époques
du hockey junior majeur avec une équipe remplie de talents. On a qu’à penser
aux Richard David, Michel Leblanc, Pierre Lacroix, Denis Pomerleau, Normand
Lefevre, Pierre Aubry, Robert Mongrain et le jeune gardien de but provenant de
l’Abitibi, Jacques Cloutier. Ceux qui ont suivi cette époque se souviendront
que tout ce que touchait Bergeron, se changeait en formule gagnante. Le jeune et
prometteur Rochefort fera partie de la relève pour les années subséquentes.
À ses premiers pas à Trois-Rivières,
les fans de Normand ont reproché à Michel Bergeron d’avoir étouffé le
style de jeu de son jeune défenseur en lui faisant prendre conscience davantage
de sa défensive. Malgré tout, « The Roc » a terminé sa carrière
junior avec un dossier personnel de près d’un point par parties jouées en
accumulant 205 points en saisons régulières. La suite nous démontrera également
que Rochefort s’est avéré une valeur sûre et reconnue défensivement au
travers de la LNH. On l’a vu participer
à de prestigieux tournois dans la LNH tel que Rendez-Vous 87 ainsi que coupe
Canada la saison suivante, ses talents défensifs auront d’ailleurs très bien
servi ces deux équipes.
Membre d’une famille sportive
hautement reconnue en Mauricie, les Rochefort ont représenté une fierté pour
la ville du Cap-de-la-Madeleine. Les gens de ma génération se souviendront que
son oncle, Léon, a endossé l’uniforme de l’équipe du Canadien de Montréal
qui a remporté la coupe Stanley au cours des saisons 1965-66 et 1970-71. Léon
a patrouillé le même trio que Henri « Pocket »Richard. Il a également
évolué pour les Flyers de Philadelphie, les Kings de Los Angeles et les Red
Wings de Détroit.
À
une condition que j’emmène Rochefort avec moi!
Ce n’est pas l’effet du hasard
si Normand Rochefort s’est retrouvé à deux pas du Colisée de Québec, avec
les Remparts. Bergeron, sachant qu’il ferait le saut chez les Nordiques comme
assistant de Jacques Demers, a été le maître d’œuvre de cet échange en
orchestrant cette transaction avec Martin Madden. Par ailleurs ce dernier
deviendra dépisteur pour les Nordiques de Québec lors de la saison suivante.
Bergy, en agissant ainsi, se disait qu’il pourrait surveiller de plus près le
développement Rochefort.
Je veux Rochefort à Québec!
Michel
Bergeron s’entête jusqu’au dernier instant et, à quelques jours du repêchage
de juin 1980, ça brasse dans la cabane au Colisée. Le deuxième entraîneur à
vie des Nordiques dans la LNH qui, après avoir traversé quelques tempêtes à
la barre de l’équipe avec les Marc Tardif et Michel Dion entre autres, tenait
à construire une équipe à son image. Un argument de taille a pris naissance
lorsque « Le Tigre » s’est rendu compte que le dépisteur-chef,
George Armstrong et quelques-uns de ses lieutenants, avaient les yeux rivés sur
Jay Miller. Québec avait droit de parole au vingt-quatrième tour cette
saison-là. L’ajout de Miller, un dur-à-cuire qui fera sa marque brièvement
avec les Bruins de Boston, ne coïncidait pas avec celui de Bergeron. Ce dernier
n’en démord pas, il veut Rochefort plus que tout au monde.
Les griffes du Tigre ressortent
sans arrêts les jours précédant le repêchage ainsi que la veille et
jusqu’aux petites heures du matin, il harcèlera et argumentera à répétitions
son directeur-gérant, Maurice Filion. Sans relâche, Bergy lui mentionnera que
Rochefort peut jouer et aider les Nordiques immédiatement dans la LNH, Miller
lui ne le pourrait pas. Bergeron comptait sur un allier de plus en Martin Madden,
l’ex-directeur gérant des Remparts. Le lendemain au cours de ce repêchage
une voix au micro se fait entendre au Forum de Montréal, « les Nordiques
de Québec sélectionnent, des Remparts de Québec, Normand Rochefort »
Bergeron, tout souriant, venait de gagner son point!
On connaît la suite, Rochefort est devenu un des défenseurs des plus difficile à battre à un contre un. Un joueur propre, mais qui possédait toute une force de frappe lors de ses mises en échec, de là son surnom « The Rock ». Normand a participé à l’identité francophone des Nordiques, du talent d’ici évoluant chez-nous au Québec, ainsi qu’à ces pages d’histoires que nous nous aura fait vivre cette rivalité historique baptisé « la bataille de la 20 ».
Son
arrivée dans la LHSPQ.
C’est au début de juin 2002
que Normand a signé une entente avec le Promutuel de Rivière-du-Loup. On sait
que Rochefort avait pris sa retraite au terme de la saison 1997-98. Par la
suite, il s’est occupé d’un complexe sportif en Floride. On l’a également
vu assister Réal Paiement derrière le banc du Titan d’Acadie-Bathurst au
cours de la saison 2001-2002.
Un
autre Rochefort, Billy celui-là.
Le fils de Normand, Billy est
actuellement âgé de 19 ans. Malgré que ce dernier soit encore d’âge
junior, les deux ont formé une paire de défenseurs à Rivière-du-Loup, en
début de saison. Aux dires de certains partisans du Promutuel, cette scène
père -fils, relevait d’un cachet spécial. Billy a également évolué brièvement
dans la LHJMQ soit avec les Remparts de Québec et les Tigres de Victoriaville.
Il endosse présentement les couleurs d’une équipe junior en Alberta.
« The
Rock », un exemple à suivre.
Cette saison j’ai éprouvé
beaucoup de plaisir, pour quelques rencontres, à voir évoluer ce vétéran de
42 ans. Son calme et son efficacité nous démontrent tout son bagage d’expérience
accumulée au fil des ans. Francis Garand, le capitaine du Promutuel, me
mentionnait en fin de saison régulière à quel point Rochefort était écouté
religieusement lorsqu’il se levait dans la chambre. Jean-François Béliveau,
reconnu comme le clown dans le vestiaire de Rivière-du-Loup, en est un parmi
tant d’autres qui fut très heureux cette saison de partager le vestiaire
d’un joueur aussi expérimenté que Normand.
Normand
Rochefort, un joueur perçu comme un véritable professionnel dans tous les sens
du mot et exemple à suivre!
À la prochaine.