12 septembre 2003 -Si c'est dans l'adversité que l'on reconnaît la force de caractère des individus, force est d'admettre qu'il faudra dorénavant greffer le nom de Daniel Farley à ce groupe. Après être passé par toute la gamme des émotions derrière le banc des Aztèques d'Asbestos la saison dernière, ce dernier s'est déniché une place de choix récemment dans le rôle d'assistant-entraîneur du Mission de St-Jean de la LHSMQ.
UN CHEMINEMENT LOGIQUE.
Farley naquit dans l'Est de Montréal, plus précisément dans le secteur de Pointe-aux-Trembles. Il gravit les échelons en jouant son hockey mineur aux côtés de son bon ami, Guy Rouleau, ex-vedette des Olympiques de Hull et des Canadiens de Sherbrooke. Se décrivant comme étant un joueur très indiscipliné sur la glace, c'est au terme de sa dernière saison disputée au niveau junior AA qu'il fit son deuil d'une carrière prolongée comme hockeyeur. Il se réjouira plutôt des succès de son bon ami Guy, au moment où celui-ci " brûlait " la LHJMQ, au sein de la troupe de Pat Burns et Charlie Henry, aux côtés des Luc Robitaille, Benoit Brunet, Pat Brisson et cie.
Par la suite, le long processus d'apprentissage comme homme de hockey s'est alors amorcé. Après avoir occupé le poste d'entraîneur-adjoint durant six saisons consécutives derrière le banc d'une formation de la ligue de hockey junior AAA, ce dernier délaissa le " coaching " afin de se consacrer au recrutement. Son rôle consistait alors à couvrir les activités des ligues de hockey midget AAA et junior majeur du Québec pour le compte d'une firme de recruteurs en sillonnant les routes du Québec. Des journées bien remplies à épier tous ces jeunes espoirs en érigeant de nombreux rapports sur les points forts et les faiblesses de chacun. Un travail qui consistait également à rencontrer les parents afin de discuter de projets futurs, sans oublier de rédiger des programmes d'entraînement de ces jeunes vedettes en devenir.
Bref, Farley se fit la main et se forgea une qualité essentielle au métier d'entraîneur de hockey, soit de percevoir les forces et les faiblesses d'un hockeyeur tout en saisissant l'aspect émotif qui habite ce dernier afin de mettre tout cela à contribution de l'équipe. Chaque fois qu'il m'ait été donné l'occasion de rencontrer Daniel Farley, je fus impressionné par la rigueur et la structure de cet homme ordonné, auquel rien ne semble être laissé au hasard.
BIENVENUE DANS LE SEMI-PRO.
C'est
dans des conditions difficiles, la saison dernière, qu'il obtint son baptême
de feu comme entraîneur-chef d'une formation de la Ligue de hockey semi-professionnelle
du Québec. À la barre des Aztèques
d'Asbestos, l'équipe qui possédait le plus petit budget de la ligue, Farley
n'avait rien à perdre lorsque le directeur-gérant Mario Gauthier lui fit signe.
Dans un contexte où il fallait remporter la victoire à tout prix, sans négliger
d'offrir un bon spectacle aux supporters, il n'a suffit que de quelques joutes
pour qu'il se mérite le respect de ses hommes. Fin communicateur et excellent
préparateur, cet entraîneur aura permis à une formation fortement négligée,
de jouer les trouble-fête jusqu'à la fin de décembre. Nous n'avons qu'à penser
à l'équipe du Grand Portneuf
de Pont-Rouge ainsi qu'à celle du Garaga
de St-Georges de Beauce, deux puissances de la division Est la saison dernière,
qui ont subi l'affront de s'incliner face à cette équipe alors qu'elles bataillaient
pour le haut du classement; et ce, à domicile de surcroît.
Le toit s'est soudainement écroulé sur cette organisation lorsque les bureaux administratifs de la mine Jeffrey, de même que ceux de l'usine Magnolia, ont annoncé d'importantes coupures budgétaires dans la région, affectant alors toutes les sphères économiques des intervenants locaux. Dès ce moment, la survie de l'équipe fut sérieusement compromise. Toute une commande allait bientôt attendre cet entraîneur-chef recrue car des rebondissements ont, bien évidemment, affecté l'harmonie régnant à ce moment dans l'équipe. On n'a qu'à penser au vétéran défenseur Jean-François Piché, de même qu'au gardien de but Chris Classens, deux piliers importants, qui se sont trouvé des engagements sous d'autres cieux au cours de cet épisode, craignant une dissolution du club. Plus la saison avançait; plus on lui demandait de couper dans les dépenses de l'équipe. Devant cette situation financière précaire, le bruit a couru en coulisse qu'on lui avait demandé de réduire, à la limite, sa feuille d'alignement en amenuisant à dix-sept le nombre de joueurs constituant sa formation. Par respect pour ses troupiers, Farley refusa de se plier à ces exigences. Cela lui coûta son poste au moment où il ne restait que quelques joutes à disputer dans la saison. Questionné dernièrement sur le sujet par l'auteur de ces lignes, l'homme ne s'est pas défilé pour répondre à toutes ces interrogations.
" Devant ce climat d'insécurité qui minait le moral de l'équipe, je comprenais très bien le sentiment de mes joueurs. Nous avons vécu une situation difficile la saison dernière et cela, autant pour les partisans que du premier au dernier membre de la concession ", tenait-il à préciser. " Lorsque l'avenir de l'équipe a été mis en danger, c'est là que l'on a commencé à piquer du nez. À partir de cet instant, les dirigeants de l'équipe avaient le mandat de réduire les dépenses au minimum. Malgré tout, je ne tiens rancune à personne, même si cela s'est terminé drôlement pour moi, j'ai toujours dit qu'il n'y avait pas d'avenir dans le passé ", précisa notre interlocuteur.
Personne ne peut reprocher à Farley, d'avoir manqué d'honnêteté envers ses joueurs. Lui-même un entraîneur émotif, il leur a demandé de jouer avec émotion et de se respecter entre-eux en donnant leur maximum. En échange, il a appuyé ses troupes jusqu'au dernier instant.
À L'AISE DANS SON NOUVEAU RÔLE.
Au cours de la saison morte, quelques équipes se sont entretenues avec lui. Par contre, une semaine avant l'ouverture des camps d'entraînement, ce dernier prévoyait faire la file, comme vous et moi, pour acheter des billets de moitié-moitié, tout en continuant d'épier les formations de la LHSMQ, par amour pour la " game ". Alors qu'il voyait peu à peu ses derniers espoirs se volatiliser, le téléphone sonna finalement. Au bout du fil, la voix de l'entraîneur-chef du Mission de St-Jean, Pierre Pelletier, se fit entendre et ce dernier s'informait de sa disponibilité pour la saison à venir.
" Je connaissais très peu Pierre ", mentionna Farley. " On s'est croisé brièvement dans le junior AAA, soit à l'époque où j'étais assitant-entraîneur avec l'équipe de Contrecoeur. Lui, il dirigeait le Junior de Montréal et Tony Ciarcello en était le directeur-gérant. Par la suite, on s'est salué brièvement en quelques occasions. Lorsqu'il m'a contacté en août dernier, les arrangements se sont fait très rapidement. À un point tel, que l'on a fait les connaissances d'usage deux jours plus tard à la pratique du lundi! " Ajouta-t-il, sur un ton qui laissait percevoir l'étonnement.
" Il m'a mentionné qu'il désirait avant tout un adjoint qui connaissait la ligue. Je me considère chanceux de faire équipe avec lui, c'est un gagnant. Que ce soit sur la glace ou derrière le banc, le calibre de la ligue continue de s'améliorer sans cesse. On ne peut pas être que chanceux et gagner trois ans de suite ", analysait-il. Cela fait peu de temps que je le côtoie mais je réalise que c'est un passionné. J'ai toujours cru que l'on jouait comme on pratiquait et je découvre que Pierre partage cette même vertu. Je me sens très à l'aise dans mon nouveau rôle. " Conclura celui qui continuera d'en ajouter sur son curriculum vitae, mais cette fois avec une organisation mieux nantie, qui ne désire qu'une seule chose : Aspirer aux grands honneurs !
Comme le dit si bien le dicton : Dans le cas de Daniel Farley, les années se suivent mais ne se ressemblent pas!
À la prochaine.