En apercevant sa silhouette derrière le banc du Garaga de St-Georges-de-Beauce,
le souvenir d’un jeune joueur de centre talentueux me revint subitement
à l’esprit. Pierre Rioux n’était âgé que de 17 ans lorsque je l’ai
vu évoluer pour la toute première fois au sein de la LHJMQ. Déjà, il affichait
son sens du leadership. MÉDAILLÉ D’OR Dans une ligue qui comptait dans ses rangs des noms aussi prestigieux que Raymond Bourque, Denis Savard, Dale Hawerchuck, Guy Carbonneau, Normand Léveillé et Jean-François Sauvé, cette jeune recrue réussissait à se démarquer en étant l’un des hommes de confiance de son dynamique entraîneur, le regretté Ron Racette. Celui qui a disputé ses trois saisons dans l’uniforme # 23 des Cataractes de Shawinigan (1979-80 à 81-82) a fait partie de la crème des hockeyeurs de son époque. D’ailleurs, lors de sa dernière campagne, au même moment où Mario Lemieux effectuait ses premiers coups de patins dans les rangs junior, Rioux avait réussi à accumuler un total impressionnant de 150 points. Le pilier des Cataractes fut même sélectionné par la délégation canadienne pour représenter son pays au Championnat du Monde de hockey junior. Un souvenir qu’il n’oubliera pas de sitôt, lui qui était revenu avec la médaille d’or accrochée au cou. De plus, pour couronner sa saison, il fut élu sur la première équipe d’étoiles de la LHJMQ. « Le temps passe vite, s'exclame-t-il. Lorsque je songe à toutes ces années, je n’ai pas l’impression que près de vingt-cinq ans se sont écoulés depuis. J’ai bien apprécié le fait d’évoluer pour un entraîneur tel que Ron Racette. Il n’était pas le plus grand stratège, mais il savait comment soutirer le maximum de ses joueurs. Ron était un homme honnête. Je n’oublierai jamais la confiance qu’il m’avait témoignée lors de mon stage junior », se remémore celui qui avait assumé fièrement son rôle de capitaine au sein de la formation la plus ancienne de la LHJMQ. LES FLAMES DE CALGARY ET L’AVENTURE EUROPÉENNE
Au terme de sa dernière campagne dans la LHJMQ, ce jeune homme natif de Québec avait signé une entente à titre d'agent libre avec l’organisation de Calgary. Au cours des mois qui suivirent, ses exploits accomplis dans la défunte Ligue Centrale forcèrent l’état-major des Flames à le rappeler pour un essai avec le grand club. Il eut le temps de disputer une dizaine de rencontres aux côtés des Lanny McDonald, Doug Risebrough, Jim Peplinsky, Kent Nillson, Mel Bridgman et cie, avant d’aller côtoyer le peloton des meilleurs marqueurs de la LAH. Pierre possédait du talent et beaucoup de coeur au ventre, mais il faisait partie d’une organisation qui construisait autour de joueurs au physique imposant. Souvenons-nous de ces deux éditions paquetées d’armoires à glace lors de la décennie 80 : soit celle qui s’était retrouvée en finale contre le Canadien en 1986 et l'autre qui avait remporté la coupe Stanley en 1989.
« A trente-huit ans j’ai décidé de vivre autre chose. Comme je ne gagnais plus ma vie avec le hockey, j’avais donc diminué la fréquence de mes entraînements. Je me sentais moins fort physiquement et beaucoup moins rapide, voire plus facile à mettre en échec. Lorsque j’ai tenté un retour au jeu avec le Garaga, ce fut l’une des raisons pour laquelle je me suis fait briser les côtes à mon dixième match », raconte-t-il.
La saison suivante, les As de Côte-de-Beaupré, à la recherche d’un entraîneur-chef en deuxième moitié de saison, lui ont lancé un s.o.s. L’expérience n’a pas été facile puisqu’au moment où il implantait son système de jeu, Christian Campeau, le meilleur marqueur de la Ligue à ce moment-là, ainsi que François Hardy, ont quitté l’équipe pour d'autres cieux. Les As s’étaient écroulés tel un château de cartes par la suite. Puis, lors de la saison estivale, la direction du club de hockey de St-Georges-de-Beauce en ont fait leur homme de confiance derrière le banc. Ainsi, il s'est retrouvé aux commandes de l’une des concessions les mieux structurées de la LHSMQ.
MEILLEUR DOSSIER APRÈS LES FÊTES
Le trois janvier dernier, l’arrivée en scène du cerbère Jean-François Labbé, coïncidait avec le début d’une heureuse séquence de quinze victoires et trois revers. Rappelons que les beaucerons ont réduit l’écart au classement pour terminer à quatre points de leurs éternels rivaux, le Prolab de Thetford Mines. Ils ont su transporter ce momentum jusque dans les joutes après-saison. « On s’était donné jusqu’à Noël pour établir la ligne de conduite à suivre dans le dernier droit. Dès lors, les trois mots d’ordres à respecter sont devenus les suivants : vitesse, discipline et caractère. Nous avons effectué quelques ajustements dans notre alignement. Le duo formé de Carl Benoît et Mathieu Vachon avait accomplit de la bonne besogne jusque-là devant le filet. Par contre, à cause de leur travail respectif, c’était difficile pour eux d’être présents à chacune de nos séances d’entraînement. C’est un point que nous voulions améliorer pour se regrouper davantage et espérer aller plus loin encore. La décision la plus difficile aura été celle d’échanger le populaire Louis Bédard, mais c’était le prix qu'il fallait payer pour mettre la main sur un gardien de but disponible et du calibre de Jean-François Labbé. » « D'autre part, des gars comme Paul Shantz, Dannick Lessard et Rock Isabel ont fait un boulot incroyable avec nous afin de combler la perte de Louis. Ces gars là n’ont pas des rôles faciles à remplir, mais ils savent qu’ils ont une chance de gagner et cela rend leurs tâches encore plus valorisantes. Nous, en échange, on s’organise pour les récompenser en leur donnant du travail à accomplir », tenait-il à spécifier. UN RAZ-DE-MARÉE
Robert "Bob Young" Lejeune, un préposé à l'équipement qui en est à sa sixième saison avec le Garaga, n'a pas eu le temps de chômer ce printemps. Ce soir, lorsque la série finale prendra son envol, il aura affûté les patins de son équipe dans vingt et une rencontres depuis la fin du calendrier régulier. Les hommes de Pierre Rioux ont d'abord vaincu l’énigme du Caron et Guay de Pont-Rouge; une formation qui les avaient expédié prématurément en vacances lors des deux dernières saisons. Puis, en respectant les mots d’ordres, ils ont réussi à jouer le même tour à leurs éternels rivaux de la région de l'Amiante. Finalement, tout juste avant d’entreprendre la finale ultime pour la suprématie de la LHSMQ, ils se sont déguisés en raz-de-marée en balayant tout ce qui se trouvait sur leur passage lors du tournoi pour l'obtention de la coupe Allan. Une deuxième conquête en trois ans pour le Garaga et une deuxième en autant d’essai derrière le banc pour l’ancien porte-couleur des Cataractes. Au moment d'écrire ces lignes, il ne restait que quelques heures avant la mise au jeu officielle de leur dernière étape à franchir cette saison. Nous avons demandé au stratège de l'équipe beauceronne d’analyser l’influence qu'aura cette victoire sur le moral de ses troupes avant d’affronter les Dragons de Verdun. « C'est certain qu'il est préférable d'entamer la grande finale avec une victoire de cette envergure plutôt qu'une défaite. Aucun doute, cela nous procure un élan de motivation à ce stade-ci. Par contre, nous sommes conscients qu’il faudra continuer à payer le prix pour espérer gagner face à une formation redoutable comme Verdun », concluait celui dont les quelques cheveux gris nous rappellent, non seulement ses quarante-deux ans bien sonnés, mais également les années de métier accumulées depuis ses beaux jours sur les patinoires de la LHJMQ. À la prochaine. Remerciements à Philippe Grenier pour sa précieuse collaboration.
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