29 octobre 2003 – Pas moins de 16 joueurs ayant fait partie de l’édition
des Dragons la saison dernière se retrouvent actuellement sous d’autres
cieux. La bande de Verdun, menée de front par son chef, Michel Laurendeau,
a-t-elle trouvé les bons ingrédients à la recette cette saison afin d’atteindre
le but ultime?
Depuis le printemps dernier, les dossiers ont circulé à un rythme infernal sur le bureau du directeur-gérant Ronny Gascon, un homme de hockey qui entame actuellement sa sixième saison au sein de cette organisation. Ce dur métier, soumis parfois aux critiques virulentes des supporters, c’est sur le tas qu’il l’a appris. Il reçoit peu de publicité pour le travail qu’il abat mais, en individu humble qu’il est, il ne s’en plaint pas; préférant, et de loin, conserver le focus sur ses responsabilités afin d’en faire bénéficier l’équipe. UNE NOUVELLE ENTITÉ.
A l’offensive, les attaquants Ed Courtenay, Jean Bourgeois, Mario Debenedictis, Dany Leblond, Bruno Charest, Marc Lauzon, Martin Lavergne, Léon Martin et Paul Shantz, cédaient leurs places aux David St-Pierre, Dominic Chiasson, Éric Doucet, Jason Clarke, Robert Starke, Dody Wood, Maxime Bouchard, Steve Bossé et Jason Bone. Chez les arrières-gardes c’était à la suite des départs des Benoit Deschamps, Corey Payment, Patrick Charbonneau (le défenseur) et Stéphane Simoes que l’on ouvrait la porte au deuxième retour du vétéran Sylvain Thibaut au sein de la formation. Entre les poteaux, tous les portiers qui avaient été utilisés lors de la saison dernière changeaient de cap; au moment où Pierre Gagnon nous annonçait sa retraite, Patrick Charbonneau, quant à lui, se retrouvait avec la toute nouvelle formation du Viking de Trois-Rivières. De plus, afin de conserver une police d’assurance pour le futur, Ronny Gascon concluait une entente avec son homologue du Garaga, Martin Giguère, afin de prêter les services de son cerbère numéro un la saison dernière, Carl Benoit. Les trois hommes masqués étaient alors remplacés par deux gardiens qui comptaient à leur fiche de parties jouées, plus de 300 joutes dans les circuits professionnels : Martin Villeneuve et Marcel Cousineau. Ajoutez à cela la lourde perte causée par l’ascension du réputé pugiliste Brandon Sugden à Syracuse, dans la Ligue américaine, ainsi que la récente transaction qui envoyait Éric Bellerose aux Prédateurs de Granby en retour des services de Shawn Mamane et vous obtiendrez alors une métamorphose digne des plus grandes chirurgies faciales jamais effectuées en si peu de temps dans la LHSMQ. UN EXCELLENT DÉPART. Fidèles à leur habitude, les Dragons ont démarré la présente campagne en force. Au moment d’écrire ces lignes, suite aux 14 premières rencontres disputées au calendrier, ils trônaient en tête de la section Ouest; ils occupaient de plus, le troisième rang au classement général; ils étaient positionnés troisième également dans la colonne des buts marqués avec un total de 78, soit 2 de moins que les meneurs à ce chapitre, le Mission de St-Jean; ils occupaient le premier échelon dans les buts enregistrés en désavantage numérique avec total de 8. Finalement, ils tenaient à nous démontrer que l’élément robustesse n’était pas laissé pour compte; on les retrouvait donc au deuxième rang parmi les équipes les plus punies du circuit avec une fiche compilatrice de 902 minutes passées au cachot, puis au premier rang pour le nombre de confrontations entre belligérants avec un cumulatif de 71 bagarres. Certains d’entre vous auraient raison de mentionner que ce ne sont que des chiffres! Que toutes ces statistiques ne voudront absolument plus rien dire à la veille d’entreprendre les séries éliminatoires! En toute franchise, aucun de ces sceptiques ne serait confondus; on ne peut nier ces affirmations car l’histoire de notre sport national nous l’a prouvé à maintes reprises depuis des lunes. Force est d’admettre cependant que c’est au niveau de l’attitude que les verdunois nous intriguent le plus à ce stade-ci de la saison. Les derniers changements effectués sur la glace ainsi que dans la structure de la direction transportent un vent d’énergie positive qui souffle au-dessus du premier et du dernier membre de l’organisation; dissimulant ainsi des signes avant-coureurs d’une équipe de caractère, préparée à faire tous les sacrifices afin de soulever cette adrénaline à un niveau qui permettrait d’atteindre les plus hauts sommets! L’ANALYSE DU DIRECTEUR-GÉRANT. « Tu sais, me mentionnait Ronny Gascon, dans ce rôle de directeur-gérant il y a certains dossiers sur lesquels tu peux travailler un nombre incalculable d’heures mais qui, pour une raison ou pour une autre, avorteront; d’autres événements qui seront inattendus se produiront au moment où tu t’y attendra le moins! Prenons l’exemple de notre gardien de but, Marcel Cousineau ; il était sur le point de quitter le Québec afin d’entreprendre sa saison de hockey en Russie. Puis, au dernier instant, pour des raisons d’ordre familiales, ce dernier a décidé de demeurer près de chez lui. Nous en avons immédiatement été informés et, comme il était libre, nous avons réussi à nous entendre rapidement. » décrivait-il. Une autre surprise observée est le comportement défenseur Éric Lavigne. L’an passé on le soupçonnait de prendre la ligue à la légère. Bon gabarit, rapide patineur, ce dernier se démarque dans cette première moitié de saison en campant le rôle de quart arrière parmi la brigade défensive. Auteur d’une fiche de 19 points accumulés au cours de ces 14 premières parties jouées, il s’attire présentement les regards des amateurs en affichant une belle ardeur au jeu. « L’an passé Éric a été ralenti par des blessures. Actuellement, il est en bonne condition et il joue à la hauteur de son talent; cela rapporte fruit. Nous l’avons toujours évalué dans le style de jeu qu’il affiche actuellement. » admettait-il. Parmi les défenseurs, bien que l’équipe représente une puissance de la Ligue, trois réguliers n’avaient pas joué au sommet de leur forme; visitant régulièrement « l’infirmerie » depuis le début de la présente campagne. Le robuste Joel "The Animal" Thériault se remettait depuis peu d’une blessure à une cheville. Emmanuel Labranche, un capitaine fort respecté par ses coéquipiers, avait également raté quelques rencontres pour des raisons similaires. Le retour au jeu du vétéran Christian Larivière, un spécialiste de la défensive capable de contribuer à l’attaque, était prévu quant à lui pour vendredi le 31 octobre. Sylvain Thibault pour sa part endosse l’uniforme des Dragons pour une troisième occasion en carrière. Ce sont pour des raisons d’ordre familiales et professionnelles qu’il a demandé à l’organisation du Caron et Guay de céder son contrat à une équipe qui évolue plus près de sa demeure. Finalement, le dernier défenseur et non le moindre, Simon Desormeaux, retrouvait son ancien poste à la ligne bleue après avoir évolué à l’aile gauche au cours des deux dernières saisons. « Avec la venue de nos nouveaux attaquants, nous avons décidé de réintégrer Simon sur la brigade défensive. Il possède les atouts suivants d’être un gros bonhomme, capable de jouer un style de jeu intimidant dans son territoire. Simon c’est une vedette locale qui est un des meilleurs au bout du poing. De plus, il a grandi avec le style robuste du hockey senior. On ne peut pas laisser partir un joueur de cette trempe et se tourner vers un gars d’en dehors , affirmait-il tout en ajoutant : « Le téléphone a sonné régulièrement dans mon bureau pour des fins de transaction impliquant ce dernier et je dois t’avouer qu’il fait partie des intouchables. Tu peux l’écrire : Joel Thériault, Simon Desormeaux et Marc Tardif représentent trois joueurs intouchables pour notre organisation; ce sont tous des gars bâtis pour le hockey senior québécois et nous tenons à les avoir de notre bord. » L’ OFFENSIVE. Les juges de buts assignés derrière les filets devront posséder un bon inventaire d’ampoules 100 watts incandescents cette saison car les Dragons possèdent une attaque explosive. Au moment d’écrire ces lignes, 6 portes-couleurs de la formation figuraient parmi les 30 premiers compteurs du circuit Gaudette. Au cours de la saison morte, le retour anticipé du dangereux marqueur, David St-Pierre, se voulait un des dossiers qui se trouvait au-dessus de la pile sur le bureau du directeur-gérant. Les acquisitions de Chiasson, Doucet, Clarke, Wood et Starke lui ont également hypothéqué des heures qu’il aurait pu passer loin de son appareil téléphonique. Eric Houde, tant qu’à lui, s’attirait les réflecteurs en ce début de saison à Verdun. Catalogué de puissant patineur et de fin manieur, cet ancien membre du Canadien de Montréal se hissait rapidement au sommet des marqueurs lors des 12 premières rencontres disputées dans le circuit Gaudette; tout juste avant de quitter pour aller évoluer en Europe. « J’ai rencontré Éric pour la première fois au cours de l’été. Comme il n' était rattaché à aucune formation à l’aube de la nouvelle saison, nous l’avions invité à se joindre à nous. Nous avions alors convenu de se reparler vers la mi-octobre afin de faire une mise au point sur sa situation. Entre-temps, il a reçu une offre pour aller jouer en Suisse. Les deux partis avaient envisagé cette possibilité à l’avance. Éric connaît maintenant mieux le hockey senior québécois et il a prouvé qu’il pouvait figurer parmi l’élite de la ligue. Lorsqu’il décidera de demeurer ici, nous aurons une longueur d’avance dans ce dossier. » Dans les jours qui ont suivi le départ de Houde, la profondeur à l'offensive chez la troupe de Michel Laurendeau permettait aux supporters de l’équipe d’observer le travail de Dominic Chiasson. Ce dernier a su assumer la relève en connaissant des moments de gloire; il fut choisi au titre de joueur offensif de la semaine alors qu’il compilait une fiche de 5 buts et 2 mentions d’aides en 2 rencontres disputées. D’autre part, concernant le dernier échange qui permettait aux Dragons de mettre la main sur le combatif Shawn Mamane ainsi que de l’ajout du robuste Jason Bone, nous lui avons demandé de nous commenter ces derniers changements effectués au sein de la formation. «Nous sommes aller chercher Shawn afin de solidifier un élément essentiel qui manquait à l’équipe; une checking line capable de constance. On le fait jouer en compagnie de Marc Tardif et Dominic Beaudin. Je dois t’avouer qu’il y a longtemps que je n’ai pas eu un trio comme celui-là au sein de notre formation. Mamane et Tardif apportent la dimension physique et ne craignent pas de se mettre le nez dans le trafic ; tandis que Beaudin est un centre rapide, à la fois capable de jouer dans les deux sens de la patinoire. En ce qui concerne Jason Bone, il connaissait bien Chiasson et Villeneuve. Avec nous, il remplira le même rôle qu’il exécutait à Adirondack. Jason a du sang indien; c’est un tough âgé de 22 ans et il possède le feu sacré. » analysait-il. Robert Starke, Dody Wood et Jason Clarke figurent au nombre de nouveaux-venus. Starke est d’origine montréalaise. Après avoir évolué dans la UHL il y a deux ans, c’est en Hollande qu’il disputait sa saison de hockey l’année dernière. Si l’on connaît peu le premier de ces trois porte-couleurs, on doit admettre que les attentes étaient beaucoup plus grandes envers les deux derniers; Wood ayant disputé plus de 100 joutes dans l’uniforme des Sharks de San Jose, tandis que Clarke, un gros bonhomme qui fait osciller la balance à 235 livres, est reconnu également pour ne pas avoir les gants collés dans la « crazy glue ». Ce dernier semblait beaucoup plus à l’aise lorsqu’il fut muté à l’offensive récemment. De plus il semblait retrouver la game shape graduellement. « On pourrait comparer le style de jeu de Starke, à celui de Bradley Denis; un joueur de caractère qui est reconnu pour se sacrifier à la cause de l’équipe . Wood, à l’instar de Clarke, n’est pas arrivé ici dans la meilleure des formes et il n’a pas été épargné par les blessures jusqu’ici. C’est un joueur robuste qui peut prendre son tour régulier au sein d’un troisième trio. Jason, quant à lui, est avant toute chose un joueur d’avant. En début de saison, suite aux nombreuses blessures infligées à nos défenseurs réguliers, nous avions été dans l’obligation de le muter à la ligne bleue. Il nous a dépanné, mais c’était plus difficile de l’évaluer en l’utilisant à une position moins familière pour lui. Malgré tout, je pense qu’il a sous-estimé la Ligue en début de saison. » soutenait-il. Les pièces du casse-tête tombent en place au fur et à mesure que le calendrier progresse à Verdun. On a mentionné à l’auteur de ces lignes que le départ prévu de Houde serait le dernier anticipé. Les mot stabilité et unité feront désormais parti du slogan chez cette formation reconnue comme étant l’une des puissances de la Ligue de hockey senior majeur du Québec. « Nous aimons ce que nous voyons jusqu’à présent. Nous avons également grossi l’équipe. La saison dernière, je crois que nous possédions l’équipe la plus légère depuis nos six dernières années. Avec tous ces changements apportés, nous sommes bien heureux de constater que l’esprit d’équipe est excellent. Il nous reste encore certains points à polir, mais cette année nous allons y mettre tous les efforts, et à tous les nivaux, afin de se rendre jusqu’au bout!» concluait cet homme de hockey sur un ton fort convaincant. Le sous-estimé Ronny Gascon a gagné la confiance de son organisation au fil des ans. A Verdun, on lui a donné carte blanche. Son expérience accumulée, combiné à cette somme d’énergie mis à la contribution des Dragons, lui auront permis de devenir l’un des plus respecté de sa profession. Nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres, certes, mais en observant le nouveau visage de cette édition 2003-2004, on ne peut nier qu’il possède de beaux atouts pour aller très loin! A la prochaine. A venir : Propos de Michel Laurendeau (structure et personnel entraîneur) et de l’assistant Gouverneur, Jacques Provencher (mise en marché). |