En reluquant derrière le banc de son équipe, on entrevoit régulièrement sa silhouette qui, mastiquant fièrement son « chewing-gum », est prêt à réagir aux moindres faits marquants de la rencontre. L’entraîneur-chef des Dragons de Verdun, Michel Laurendeau, profondément encré dans son hobby préféré, vit intensément ses émotions dans le feu de l’action. A l’opposé, éloigné des feux de la rampe, ce chef d’entreprise, à la fois gestionnaire et visionnaire, nous projette l’image d’un homme d’affaires pausé; en plein contrôle de la situation!

RÈGLES DE BASE DÉFINIES.

Au fil des ans, cet administrateur a su tirer le maximum de ses expériences acquises dans le monde des affaires afin d’établir de solides infrastructures au sein de son organisation de hockey. Rappelez-vous que l’on ne donnait pas cher la peau lorsque le bateau des Dragons a mis le cap à l’intérieur du spacieux Auditorium de Verdun, au terme de la campagne 2000-2001. Aujourd’hui, lorsque l’on se penche sur les fondations mises en place au sein de cette organisation, on ne peut que constater que toute la concession continue de naviguer dans la pente ascendante. A ce sujet, voyons ce qu'en pense le principal intéressé?

 

« Écoutes, ce n’est pas compliqué, chez nous à Verdun nous avons établi des règles de base : En premier lieu, que ce soit aux titres des joueurs les plus en vues jusqu’aux juges de buts, il est primordial que tout notre monde puisse s’identifier et ressentir qu’il fait partie à part entière des Dragons de Verdun », tenait à préciser le président-gouverneur de l’équipe, tout en ajoutant : « Nous tenons à ce que notre personnel soit fier de collaborer à la bonne démarche de l’équipe; chacun connaît donc son rôle au sein de l’organisation. Pour en arriver là, il a fallu que les tâches soient définies à l’avance et que l’on s’assure qu’aucun membre à l’intérieur du personnel administratif, ne fasse d’ingérence dans le travail de l’autre. De plus, si nous organisons une fête par exemple, on ne veut que personne ne soit oublié, même les conjointes se joignent au groupe; cela leur permet de mieux comprendre le genre d’atmosphère qui sévit entre les joueurs. Jusqu’à présent ça va très bien de ce côté et nous tenons à faire respecter cette règle de base de concert avec l’intégrité des gens en place », poursuivait celui qui grandit jadis dans le giron du National de Joliette au niveau junior puis, qui cumula les fonctions de préposé à l’équipement pour le compte de l’organisation des Voisins de Laval de la LHJMQ au début de la décennie 80.

Par ailleurs, cette ligne de conduite était applicable également au sein du staff d’entraîneurs. Les rôles étaient donc établis avant même d’entreprendre le calendrier régulier; il n’y avait pas de mauvaises surprises au moment où l’équipe sautait sur la glace en début de saison. Ainsi, la tâche de seconder l’entraîneur-chef derrière le banc revenait à Maurice Lemay. Ce dernier, qui n’a plus de besoin de présentations, voit également à diriger les entraînements hebdomadaires de l’équipe. D’autre part, on a demandé à l’ex-gardien de but du Canadien de Montréal et des Nordiques de Québec, Richard Sévigny, d’observer le déroulement des joutes via la passerelle en lui confiant la mission de déceler les failles afin d’apporter sa contribution aux ajustements requis entre les périodes.

« Au sein de notre organisation, comme tu es en mesure de le constater, les décisions ne sont pas l’affaire d’un seul homme. Nous formons un comité et elles sont prises en groupe. Chacun a donc l’occasion d’apporter son analyse. C’est bien certain que s’il y a un sujet sur lequel l’on se doit de trancher, je prendrai et vivrai avec la décision finale », tenait-il à préciser.

RENÉ PITRE, UN PARTENAIRE DISCRET.

Homme d’affaire prospère de la rive-sud de Montréal, René Pitre, ce maître-piscinier , entame sa troisième saison à titre d’actionnaire chez les Dragons de Verdun. On connaît peu de choses sur cet homme; si ce n’est qu’il plongeait tête première dans l’aventure du hockey senior majeur québécois au moment où l’équipe transférait ses pénates de St-Laurent à Verdun.

« La première fois que j’ai rencontré René, c’était au cours d’une joute hors-concours à St-Joseph de Sorel. Nous étions tous deux des spectateurs attentionnés, puis nous avions conversé sur le calibre et les différents styles de jeux que pratiquaient les équipes de la Ligue. Il ne possédait aucune allégeance en tant que partisan à ce moment-là. La saison suivante, il scrutait les activités des Dragons de St-Laurent; je me rappelle qu’il venait me rencontrer régulièrement, avant et après les joutes, en posant plusieurs questions sur tout ce que concerne la dimension d’une équipe de hockey senior majeur. Lorsque mes deux partenaires, messieurs Piette et Besner, ont décidé de vendre leurs parts, René a manifesté le désir de se joindre à l’équipe. Nous avions alors partagé nos visions dès le départ. Ce n’était pas difficile car nous possédons toujours la même façon de voir les choses: le hockey doit demeurer un hobby avant tout. Mon partenaire est impliqué dans les décisions d’équipe et nous discutons ensemble quotidiennement », racontait ce père de trois enfants, résidant dans la région de Lanaudière.

LE SPECTACLE SUR LA GLACE…!!!

Bien installé entre les murs de son bureau, au siège social de son entreprise commerciale, à …Laval, face à l’interlocuteur loquace qu’était Michel Laurendeau, la conversation allait bon-train : je lui avait spontanément demandé de nous parler des aspects améliorables au sein de la LHSMQ, bien sur, sans pour autant en affecter la dimension spectacle sur la patinoire.

« Notre ligue fait parler d’elle un peu partout; on remarque régulièrement de nouveaux joueurs qui débarquent chez nous, forts impressionnés par le calibre du jeu offert. Je pense qu’avec l’action que nous offrons au Québec : bagarres, mises en échec, qualité des gardiens et des attaquants; il serait bon que les spectateurs laissent le soin aux joueurs de faire le show sur la patinoire. Il faut comprendre que parmi la clientèle, on y voit des enfants, des conjointes et même parfois un certain nombre de personnes âgées, ce n’est donc pas normal qu’un père de famille retourne au travail, au lendemain de sa game de hockey senior majeur, avec des séquelles subies lors de la rencontre disputée la veille. C’est bien normal de se taquiner, le hockey nous a habitués à ce genre de comportement depuis des décennies et cela peut arriver également entre nous, les dirigeants. Je n’ai absolument rien contre la rudesse, ni contre les bagarres, mais en autant que cela demeure sur la patinoire. Lorsque l’on parle d’œil au beurre noir pour la Ligue, c’est lorsque l’on retrouve des situations comme celles-là, qui causent un amoncellement de douze auto-patrouilles devant les portes de nos arénas », lançait-il dans un même souffle.

LA CARTE CACHÉE DE L’ADMINISTRATION: JACQUES PROVENCHER

L’analyse effectuée dans le cheminement de l’administrateur Michel Laurendeau, nous conduit à observer une évolution qui prit forme graduellement depuis qu’il est à la tête d’une équipe de hockey senior majeur : Cet homme a compris au fil du temps où se situaient ses limites.

Il lui arriva, et à maintes reprises dans le passé, qu’il dû s’impliquer dans divers départements administratifs afin de résoudre les problèmes de régies internes et ce, à quelques minutes de la mise en jeu initiale. Cet emploi du temps lui hypothéquait donc toute l’attention qui se devait d’être mise à sa disposition dans ses fonctions d’entraîneur. Ainsi, l’entrée en scène d’un individu tel que Jacques Provencher se voulait une carte importante dans son jeu; un précieux actif au sein de son organigramme afin de répartir, avec un meilleur équilibre, les tâches administratives.

Pour comprendre comment Provencher s’est retrouvé au poste de vice-président administratif et assistant-gouverneur des Dragons, laissons le soin à Michel Laurendeau de nous raconter l’anecdote suivante :

« Il y a quelques années, les dirigeants des équipes possédaient une loi non écrite dans le circuit. Celle-ci dictait que si l’un d’entre-nous se présentait dans une autre aréna accompagné de sa conjointe ou de ses enfants, il ne défrayait pas l’admission pour ces derniers. Un certain soir, je me suis présenté au centre Marcel Bonin de Joliette en compagnie de mes deux fils, mais Jacques a refusé que l’on franchisse la barrière; prétextant qu’ils ne possédaient pas leurs billets d’admission. Je lui ai donc expliqué qui j’étais, puis comment nous fonctionnions entre dirigeants, il m’a répondu : « Désolé monsieur, mais j’ai eu des consignes de la part de mes patrons alors vos enfants devront obtenir leurs billets s’ils désirent assister à la joute! » J’ai donc sorti mon billet de vingt dollars, mais en toute justice, et dès cet instant, j’ai compris que Jacques Provencher était un individu intègre pour ses employeurs.»

« Après un an et demi comme employé du Mission, les deux partis s’étaient quittés avec une franche poignée de main. Puis, au printemps dernier, je cherchais une personne intègre, qui connaissait la Ligue, le hasard nous a mis sur la même voie; il manifestait le désir de se joindre à notre organisation au même moment où je contactais des gens de l’exécutif de la Ligue afin de pouvoir entrer en contact avec lui », concluait celui pour qui, le succès des Dragons de Verdun repose sur plusieurs personnes à la fois.

A suivre : L’heureuse acquisition de Jacques Provencher fait avancer des dossiers importants...

A la prochaine.

On peut lire les chroniques de Michel Laurendeau sur le site officiel http://www.lesdragons.com dans la section coach's corner.