Au cœur de la presse parlée, d’un bout à l’autre du Québec, il représente dignement le symbole du porte-voix de la LHSMQ. Dans les milieux de la radio et de la télévision, les plus grands commentateurs sportifs de notre époque le reconnaissent comme un recherchiste au talent exceptionnel.

 

ÉMISSION DE LIGNES OUVERTES À 16 ANS.

À ses premiers coups de patins sur une surface glacée, Michel Lebel, un jeune gardien de but de Châteauguay, tentait de suivre les traces de son bon camarade, Martin Hébert. Si ce dernier a alimenté les conversations des amateurs en bloquant des milliers de rondelles jusqu’aux rangs senior majeur; «le p’tit Lebel », lui, a choisi de délaisser le filet pour le microphone afin de converser, d’une façon plus directe, avec les amateurs de sports.

A l’âge de 14 ans, à titre d’annonceur maison, la voix de celui qui est maintenant considéré comme le haut-parleur de la LHSMQ se faisait entendre un peu partout lors des joutes de hockey présentées sur la Rive-Sud de Montréal. Au fond de lui, ce jeune adolescent bien « groundé » avait déjà sa bonne idée de la profession qui l’attendait ultérieurement. Deux ans plus tard, l’étoile montante du microphone se voyait offrir un premier emploi comme commentateur sportif sur les ondes radiophoniques de CHAI MF, la station de radio locale de Châteauguay.

Animateur de CHAI MF

« On m’avait offert d’animer une émission de lignes ouvertes qui se nommait Sport Stéréo. En bout de ligne, cette heureuse aventure aura durée sept ans. Au cours de cette période, j’agissais également à titre d’annonceur maison aux joutes des Élites de Châteauguay : une formation qui évoluait dans les rangs junior tiers II. Régulièrement, je me présentais au vestiaire de l’équipe, magnétophone en main, afin de recueillir les propos des joueurs et ceux de l’entraîneur. Mon objectif était d’alimenter les amateurs sur les sujets d’actualité entourant l’équipe. Devant le succès qu’avait atteint l’émission, on m’avait confié le mandat de décrire les rencontres radiodiffusées de l’équipe. Puis, quelque temps après, l’aventure s’est même poursuivie sur le poste de télévision communautaire. En fait, tout ce que je suis devenu aujourd’hui, au plan professionnel, je le dois à cette belle époque passée dans l’entourage de cette formation junior tiers II. »

Tout en poursuivant son apprentissage dans le monde des communications, son travail l’amena à se créer des liens d’amitié avec plusieurs membres de cette équipe. Parmi ceux-là, on y retrouvait trois artisans du dangereux trio surnommé « les trois D » : Martin Duval, Christian Desrochers et Jonathan Dubois. Sans conter que le passage de l’entraîneur-chef Alain Rajotte, à la barre de l’équipe, lui aura procuré d’autres bons récits à raconter aux auditeurs. Ces quatre personnalités, faut-il le préciser, se sont fait connaître dans les cercles du hockey senior majeur québécois par la suite.

Le début de la décennie 90 aura propulsée la carrière de ce jeune homme polyvalent sur une échelle provinciale. Son travail acharné, ses talents de statisticien et de recherchiste chevronné alimentaient les conversations dans le monde des communications sportives. Le timbre de sa voix cohérente se faisait également entendre de façon régulière, à titre d’annonceur, sur les arènes de boxe professionnelle. D’ailleurs, c’est lui qui était en charge du micro lors du dernier combat professionnel de Matthew Hilton. Ce soir-là, Lebel fit une rencontre qui allait changer le cours de ses cinq prochaines années : celle du commentateur sportif Yvan Martineau.

SPORT PLUS EXTRA : « 1,000 » ÉMISSIONS

Yvan Martineau

Entre les années 1992 et 1997, aux côtés de Martineau, un homme en qui il voue un grand respect, « la voix de la LHSMQ » aura collaboré de près au succès du show sportif le plus écouté en fin de soirée: « Sport Plus Extra ». Rappelons-nous que, suite à la diffusion des bulletins d’informations, cette émission de lignes ouvertes fit les délices de tous les téléspectateurs; du moins, ceux qui ne se levaient pas nécessairement avant l’heure des poules. On y retrouvait régulièrement un invité vedette en studio. Ce dernier apportait un caractère distinctif à l’émission, en répondant aux questions des téléspectateurs. Rejoint à son bureau de Télé Quatre Saisons, Yvan ne tarissait pas d’éloges envers celui qui fut son allié en remplissant les tâches de statisticien, de recherchiste, et même de téléphoniste, pour plus de « 1,000 émissions » retransmises au petit écran.

« Ce fut une grande fierté pour moi d’avoir pris un jeune comme Michel (24 ans) sous mon aile. Ce l’est davantage de le voir cheminer et réussir sa vie personnelle, ainsi que sa carrière professionnelle, comme il le fait si bien aujourd’hui. Ce que je retiens de lui, c’est la façon dont il était venu se présenter à moi lors de ce gala de boxe. Au fil des ans, j’ai remarqué que son entregent et sa chaleur humaine faisaient partis de sa grande force. Il représente ce profil d’homme sensible aux gens et soucieux envers ces derniers. Au niveau professionnel, c’est incroyable tout ce qu’il peut aller dénicher comme information ou statistique. Il m’a surpris plus d’une fois. C’est vraiment un as dans son domaine. A tous les points de vue, je me considère chanceux d’avoir rencontré Michel Lebel sur mon chemin ». Tenait à témoigner celui qui, pendant plus de 60 mois, possédait cette qualité de tendre l’oreille aux propos de milliers d’intervenants téléphoniques afin de rendre les sujets constructifs et enrichissants.

LES EXPOS DE MONTRÉAL ET LES JEUX OLYMPIQUES

Le travail efficace, voire inlassable, de notre invité était dorénavant reconnu dans le milieu. D’ailleurs, au cours de l’année 1994, il se retrouvait aux côtés de Marc Griffin et de Michel Villeneuve, sur les ondes de TQS, comme statisticien aux joutes télévisées des Expos de Montréal. Un travail qui le conduisait à voyager un peu partout en Amérique pendant cinq années consécutives. Ce n’est pas tout, puisqu’en 1996, un autre fleuron lui était accordé par le Comité International des Jeux Olympiques : ses talents de présentateur sur un ring de boxe étaient louangés à l’échelle mondiale lorsqu’on lui avait offert de remplir ce rôle pour la nation française lors des Jeux d’Atlanta. Cet homme intègre dû cependant décliner l’invitation afin de ne pas contrevenir à ses engagements entrepris lors de cette même saison estivale. Au cours des dernières années, la carrière de ce citoyen natif de Châteauguay n’a jamais cessé de progresser. Outre son embauche au Réseau Des Sports, ainsi que son intégration aux communications de la LHSMQ, on l’a retrouvé dans les studios de la station mère de radiomédia : le réseau radiophonique qui monopolise le sport à l’échelle du Québec.

« Si j’ai été embauché par CKAC au cours de l’année 2001, je le dois en grande partie à Alain Rajotte. Ce dernier était un bon ami de Michel Tremblay, le directeur des sports. Alain avait soumis ma candidature au moment où celui-ci cherchait un remplaçant occasionnel pour Martin McGuire. Un travail qui consistait à faire la lecture des nouvelles sportives, en plus d’agir comme recherchiste pour l’émission « Les Amateurs de Sports » et, par ricochet, celle de « Bonsoir les sportifs ».

Ses services furent également réclamés par les producteurs d’émissions tel que; la F1, la Série Kart, le Football, la Crosse, les Tournois Mondiaux de Tennis, les Jeux Olympiques et, bien sûr, les joutes de hockey retransmises au Réseau des Sports.

Sur la passerelle du Centre Bell, au cœur de l’action, il côtoie deux grands du monde du sport: l’analyste et réputé journaliste, à la fois membre du prestigieux Temple de la Renommée du Hockey : Yvon Pedneault. De même que celui que l’on qualifie du digne successeur de l’honorable René Lecavalier : l’unique Pierre Houde. Nous avons rejoint ce dernier alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion en direction de Pittsburgh, en vue du duel opposant les hommes de Ed Olczyk à ceux de Claude Julien. Pierre s’est fait un immense plaisir de nous parler de son compagnon de travail au Hockey Molson Ex et aux Méchants Mardis de RDS.

Pierre Houde
(photo: site RDS)

« Bien sûr que le hockey a consolidé nos liens. Mais ce fut aux Jeux Olympiques de Sydney que nous avons vécu nos moments les plus proches. Nous avons été indissociables pendant trois semaines et demie. J’étais alors chef d’antenne pour la programmation de soirée ainsi que celle de la nuit. Michel travaillait sur le même fuseau horaire, en compagnie d’une équipe qui se trouvait en studio. Nous conjuguions nos efforts quotidiennement pour la mise en ondes. J’essayais de leur inculquer une marche à suivre; je dois t’avouer qu’il fut un très bon élève. Il possède ce rapport de force qui est celui d’être sensible et à l’écoute des gens : un atout lorsque l’on travaille en direct à la télévision. Tu sais, on ne peut toujours mettre des gants blancs lorsque le temps presse dans de telles conditions. Michel est ouvert à la situation et cela facilite grandement le travail des commentateurs et des analystes. » Révélait celui qui projette l’image d’une encyclopédie vivante, non seulement du hockey, mais de tous sports confondus.

RECHERCHISTE DE L’ANNÉE EN 2003

Tout récemment, alors qu’il distribuait ses mentions d’honneurs pour l’année 2003, Pierre Trudel qualifiait notre invité de « recherchiste de l’année » dans le monde du sport. Rejoint à sa demeure, ce réputé commentateur et vétéran journaliste au quotidien La Presse a bien voulu élaborer sur les commentaires rapportés antérieurement dans sa chronique de janvier dernier.

Pierre Trudel
(photo: ckac.com)

« Écoutes Sylvain, ce qui contribue bien souvent au succès d’un show de radio et de télévision, c’est la vigilance des gars qui travaillent dans l’ombre. Aucun doute, pour avoir travaillé en sa compagnie, tu peux placer le nom de Michel Lebel dans le haut de la colonne. C’est un travailleur passionné qui possède, de plus, une rapidité d’exécution sans pareil en ce qui a trait à la recherche d’une information dans le feu de l’action. C’est ce donne parfois l’impression, aux yeux du grand public, qu’un commentateur a toujours l’air à savoir où il s’en va. On ne le dit pas toujours, mais sans l’efficacité d’individus tel que Lebel, les émissions sportives n’auraient sans doute pas la même saveur ». Décrivait celui qui vécut, lors du mois de janvier 2001, son baptême de feu dans un amphithéâtre affilié au hockey senior majeur.

Y EN AURA PAS DE FACILE…

En deux occasions, en marge de la préparation de ce documentaire, j’ai suivi le va-et-vient de ce « news getter » de la LHSMQ peu avant son entrée en ondes. Un boulot qui requiert un bon contrôle de soi, ainsi qu’un sens d’organisation sans faille, voire davantage lorsque les joutes se terminent bien souvent autour de vingt-trois heures. Pour être objectif, j’ai eu tôt fait de réaliser que tout ne baigne pas dans l’huile pour celui qui remplit cette fonction. Un adversaire de taille se dresse au coeur même de sa propre ligue : le manque de collaboration de plusieurs organisations au terme des joutes. Sur un total de quatorze équipes, trois maigres représentants affiliés à ces dernières ont jugé bon de lui rapporter les principaux faits saillants de la soirée. Devant cet impair, laissé seul à lui-même sur quelques comptes rendus de joutes, il dû s’en remettre au site de statistique surnommé Scorekeeper; sans oublier un appel logé en toute hâte à son confrère Martin Lavoie. Michel Lebel, par son expérience comme recherchiste, est familier avec ces impondérables de dernière minute. A peine dix minutes avant d’entrer en ondes, il sortait quelques informations intéressantes relatant quelques événements rehaussés qui se sont déroulés au cours de la dernière semaine dans la LHSMQ; des notes qui serviraient à l’hypothèse où l’animateur de CKAC lui permettrait d’élaborer une trentaine de secondes supplémentaires. Fidèle à lui-même, Michel « Two Minutes » Lebel, d’une allocution fluide et harmonieuse, a réussi à faire le tour de la LHSMQ… « en moins de 120 secondes » ! Malheureusement pour les auditeurs suivant les activités du circuit Gaudette, on ne lui a pas accordé l’opportunité d’élaborer sur ses sujets chauds de la semaine.

J’ai demandé au président de la LHSMQ, Michel Gaudette, de nous commenter le travail de son homme d’information.

Michel Gaudette
Photo : (Site web des Prédateurs de Granby)

« Aucun doute, Michel Lebel est un excellent ambassadeur pour nous. Quotidiennement, il scrute tout ce qui se passe à l’intérieur de notre ligue. Sans conter qu’il est un ardent défenseur à tous ceux qui la dénigre via divers médias. Il voit également à développer la culture du senior majeur concernant l’histoire de notre circuit, et à la propager aux amateurs ainsi qu’aux journalistes. Bientôt nous franchirons le cap du million de spectateurs ayant franchis les tourniquets. Si le senior majeur est de plus en plus populaire, il y a une partie du crédit revient à celui qui représente le « haut-parleur de la LHSMQ » dans la région de Montréal. A la radio, Michel ne se cache pas pour parler des meilleurs et des pires moments que l’on vit, et cela, avec toute la transparence qui s’impose dans sa profession. En compagnie de Martin Lavoie, je pense que nous avons développé une belle approche et une belle complicité face aux médias. Nous n’avons pas fait beaucoup d’erreurs jusqu’à présent face à ce hockey ». Tenait à préciser celui qui occupe le siège de président pour une troisième saison d’affilée.

L’émule de l’excellent Marc « Le Kid » Lachapelle possède toutes les lettres de noblesses pour mener à bien de courts énoncés, voire les rendre intéressants pour les auditeurs de la station AM la plus écoutée. Il a du coffre. De plus, il possède les atouts d’un homme d’information capable d’influencer l’opinion publique avec des commentaires pertinents sur un thème qu’il maîtrise si bien? J’ai demandé à Michel Gaudette s’il était satisfait du temps alloué à celui qui a pour mandat d’informer les auditeurs sur les événements qui se produisent au sein de sa Ligue.

« A l’émission de Ron, lorsque Michel passe en ondes en fin de soirée, le contexte n’est pas l’idéal. Les samedis après-midi par exemple, à l’émission de Pierre Trudel : « Les Amateurs de sports Week-end », on remarque que l’animateur lui laisse un peu plus de temps. Michel est jeune et dynamique: je me suis rendu compte rapidement qu’il est professionnel dans tout ce qu’il entreprend. Il consacre parfois plusieurs heures de son temps à sa préparation en ondes; lorsque tu es bousculé par le temps, ce ne sont pas toujours des conditions favorables. Non seulement pour lui, mais pour tous les adeptes du hockey senior majeur. Je le remercie de persister. Plus on y croit, plus on avance; plus on va percer le mur de l’obstruction. C’est avec cette attitude que l’on va avoir notre rayon de soleil éventuellement. Je suis confiant que dès l’an prochain, nous aurons encore plus d’énoncés sur les ondes radiophoniques dans la région de Montréal ». Ajoutait cet homme d’action à qui l’on ne peut reprocher son manque de positivisme.

RON FOURNIER: PAS CONTRE L’IDÉE…

Tiens! Pourquoi ne pas poursuivre cette investigation en discutant avec le populaire animateur de « Bonsoir les sportifs », Ron Fournier lui-même. Ce dernier m’a paru surpris lorsque je lui ai fait remarqué que Michel Lebel racontait ses meilleurs récits sur les postes de radio en région; qu’il ne pouvait se justifier près de Montréal, voire informer les amateurs de sports adéquatement sur les activités de la LHSMQ: ne bénéficiant que d’un temps restreint et relatif aux résumés de joutes.

Ron Fournier
(photo: ckac.com)

« Tout d’abord, je voudrais mentionner que je respecte beaucoup Michel Lebel », a-t-il dit d’entrée de jeu, sur un ton qui se voulait constructif. « Son travail de commentateur et de recherchiste l’est tout autant. Que ce soit à RDS ou pour la LHSMQ, c’est un type qui fait un excellent travail. Il est jeune : il a du temps devant lui et on n’a pas fini d’en entendre parler. Pour ce qui est des ententes entre la Ligue de hockey senior majeur du Québec et CKAC, je n’ai aucun contrôle là-dessus. Cela relève de mon patron, Michel Tremblay. Moi, j’y vais avec ce que l’on me donne. » Tenait à préciser celui qui vient de signer une entente de dix ans avec la direction de CKAC.

Ne croyez-vous pas mon cher Ron, avec votre expérience, que les auditeurs se mériteraient d’être informé davantage sur une ligue de plus en plus populaire : on parle maintenant d’un million de spectateurs qui se seraient présenté aux guichets cette saison?

« Moi je verrais très bien deux ou trois shows par année en studio. Un peu comme nous l’avons fait récemment. Puis, je serais ouvert à la perspective qu’après les joutes les plus relevées de la Ligue par exemple : les plus populaires quoi, à faire entendre les propos des entraîneurs. » Ajoutait-il, tout en prenant soin de mettre les points sur les « i » et les barres sur les « t » avec la même fougue qui le caractérisait au moment où il évoluait au champ intérieur pour les Braves de Ahuntsic de la Ligue de Baseball Montréal Junior; la même qui l’habitait au moment où il agissait comme gardien de but des Rangers de Drummondville de la défunte Ligue Junior A du Québec, à la fin de la décennie 60. Bien sûr, vous aurez deviné que c’était bien avant de remplir son rôle d’arbitre au sein de l’AMH et de la LNH. Ron est fait d’un bloc. Avouons qu’il ouvre la porte à une perspective qui fera certes parler d'elle au cours des semaines à venir.

C’est ici que prend fin ce reportage sur un personnage qui se méritait d’être connu davantage par la majorité d’entre nous; un homme d’information qui se consacre professionnellement, avec amour et passion, aux responsabilités qui lui sont confinées dans son milieu de travail. Michel Lebel, la voix de la LHSMQ, à la fois recherchiste chevronné aux côtés des plus grands commentateurs, n’a certes pas fini de faire parler de lui.

Je profite de ces dernières lignes pour remercier tous ces sympathiques commentateurs sportifs, ainsi que le président de la LHSMQ, qui n’ont jamais hésité à me prêter leur étroite collaboration.

A la prochaine!