18 mars 2004 - Jusqu’à la preuve du contraire, Pierre Pelletier est toujours coiffé au titre d’entraîneur par excellence lors des séries éliminatoires de la LHSMQ. Cette saison, de concert avec son directeur-général, Tony Ciarcello, il a réussi à greffer plusieurs ingrédients, en inculquant un concept d’équipe, qui font de St-Jean une formation non négligeable en ce printemps 2004.


UNE ÉQUIPE PLUS COMPLÈTE

Bobby Dollas
(photo: site web du Mission)

Défensivement, les gardiens André Racicot, Marc Delorme et Murray Cobb ont tous cédés le filet à Steve Vézina et Hugo Hamelin. De plus, l’arrivée de Steven Low, un quart arrière de qualité, combiné aux acquisitions de Bobby Dollas et Alain Côté; sans oublier, bien sûr, le retour au jeu du cultivateur de Mirabel, Charles Paquette , se sont tous avérés de précieux actifs sur la brigade défensive.

A l'attaque, l'ajout de Victor « la Peste » Gervais, un joueur dynamique provenant de la Colombie-Britannique, ainsi que l’avènement des vétérans marqueurs Dominic Maltais et Mario Debenedictis aura eu l'effet d'apporter un meilleur équilibre sur la formation johannaise.

 

Link Gaetz
(photo : Fabien Pothier)

Ajoutez à cela, la présence des Rob Murphy, Daniel Guérard et Link Gaetz: trois « extra-larges » qui ont rapetissé l'espace du vestiaire, mais qui auront tout de même permis au duo Ciarcello-Pelletier non seulement d’ajouter du poids, mais une dimension spectacle avec le « gros 23 » sur leur édition. « Dès notre première sortie en septembre dernier, à Laval, nous avions été intimidés sur toute la ligne. Nous avons réalisé rapidement qu’il fallait « se grossir » si l’on voulait devenir de sérieux aspirants dans cette ligue ». Mentionne celui que l’on pourrait cataloguer de « fatiguant » pour un directeur-général, mais qui sait combien reconnaître les ajustements à apporter dans son alignement pour en faire une équipe plus que respectable.


Au plan reconstruction, le véritable coup de massue est survenu le premier décembre dernier alors que l’homme de hockey du Mission, Tony Ciarcello, accompagné de son entraîneur-chef, quittait le Colisée de Laval aux petites heures du matin. Une longue « veillée » qui a valu le coup puisque dans sa mallette, il ramenait les contrats de deux noms prestigieux jusqu’au Colisée Isabelle-Brasseur : sans même toucher au noyau de leur formation, les deux hommes réussissaient à colmater simultanément deux trous béants; mettant ainsi la main sur le vétéran Bobby Dollas, de même que sur le gardien de but, Steve Vézina.


Pierre Pelletier
(photo: Site web du Mission)

« Lors de mon arrivée à St-Jean mon objectif était de rapatrier Bobby. Ce dernier représente le type de joueur qui peut faire la différence en séries éliminatoires. Prenons notre première joute disputée dans le tournoi à la ronde : à un certain moment nous accusions un recul d’un but (2-3) puis nous nous sommes placés en mauvaise posture en visitant coup sur coup le banc des punitions. Heureusement, nous avions réussi à ne rien concéder lors de ces désavantages de un et deux hommes. Ce fut sans contredit le point tournant du match : celui où nos opposants (Laval) auraient pu mettre la joute hors de notre portée. Mais Bobby a brisé trois passes qui s'enlignaient sur de très bonnes chances de compter pour nos rivaux. Sur cette séquence, il est demeuré près de cinq minutes consécutives sur la patinoire, en contrôlant la « game ». Peu à peu, depuis qu’il est avec nous, il a su prendre sa place dans le vestiaire. A St-Jean, les amateurs l’ont apprécié durant la deuxième moitié de saison, mais ils le découvrent à sa juste valeur durant les présentes séries éliminatoires », analyse-t-il, sur un ton qui laisse passer sa fierté de pouvoir compter à nouveau sur son vétéran défenseur.


« Pour ce qui est de Steve Vézina, je connaissais tout ce qu’il pouvait faire sous pression. Il a été solide avec nous jusqu’ici. Il possède, de plus, ces qualités d’être intense lors des entraînements et de bien se préparer pour les rencontres. D’ailleurs, dès sa première pratique avec nous, mes joueurs sont venus me voir en me mentionnant qu’ils se devaient travailler très fort pour réussir à le battre », ajoute celui qui avait donné la première véritable chance à ce cerbère lors du mois de novembre 2001.


LE FLAIR D’UN GAGNANT


Pelletier n’a jamais manqué d’audace lorsqu'il est temps de désigner son gardien de but. On sait qu’il aime bien « gambler » avec ce genre de décision lorsque l’enjeu s’avère grandiose. D’ailleurs, en observant un cerbère possédant un « C.V. » tel que Vézina, on pourrait croire spontanément que l’espace consacré entre les poteaux lui reviendrait de plein fouet. C’est plutôt au longiligne gardien de but, Hugo Hamelin, qu’il a confié la tache de lancer son équipe lors du tournoi à la ronde. Ce dernier a fort bien répondu à l’appel en remportant les trois premiers gains du Mission (deux contre Laval et un contre Sherbrooke); ne subissant qu’un seul revers alors que les hommes de Pierre Pelletier se sont inclinés au compte de 4 à 1 lors de la troisième rencontre disputée au Colisée Cardin de Sorel. Steve a donc dû attendre au cinquième match avant de prendre place devant le filet. Face à ces mêmes sorelois, il a aidé sa formation à remporter un quatrième gain contre un seul échec; avant de s'incliner en prolongation lors du sixième et dernier duel du « round robin » face au St-François de Sherbrooke.


« J’y ai été avec mon pif ! Hugo avait été très solide à la fin du calendrier contre les Chiefs. Les circonstances commandaient de le retourner devant le filet lorsque les séries ont débutées face à ces derniers. On a tendance à l’oublier, mais c’est un gardien de but qui a réussi aux Etats-Unis : il avait amené son équipe jusqu’en grande finale ». Précise celui qui a remporté chacune de ses conquêtes en utilisant deux cerbères durant les séries post saisons.


Fait à noter, aucun attaquant du Mission n’a terminé dans le « top ten » cette saison. Cela n'a pas empêché Christian Sbrocca de terminer la saison en force. D’ailleurs, il a été nommé au titre du joueur offensif en février dernier. De plus, depuis le début du tournoi à la ronde, il a repris exactement là où il avait laissé lors des dernières séries de fin de saison. Son atout principal qui est sa rapidité, combiné à sa fougue, en font encore l’un des joueurs à surveiller dans le circuit Gaudette lorsque la fonte des neiges frappe à nos portes. Pour sa part, le vétéran capitaine, Pierre Gendron, en est un autre qui peut changer l’allure d’une rencontre de haute intensité. Il possède toujours cette fierté qui caractérise les vrais gagnants. Le Mission aura grandement besoin de son expérience et de sa contribution pour espérer faire un long bout de chemin.



Même si la puissance de l’Ouest, les Dragons de Verdun, partent grands favoris pour atteindre la grande finale, ne comptez surtout pas le Mission de St-Jean comme étant une formation vaincue d’avance. Après tout, en incluant les trois remportées par Pelletier, ainsi que celle de Ciarcello, cette organisation compte dans ses rangs sur une somme de quinze bagues de la coupe Futura qui défile présentement autour du vestiaire! Et le pire, c'est qu' elles ont tous été remportées à coup de courage et de sacrifices!

A la prochaine.