Cela
faisait un bon moment que j’appréhendais cette rencontre avec le capitaine
du Prolab de Thetford
Mines. En fait, depuis qu’il avait participé à la grande finale de la
coupe Futura au printemps 2002. David
« Dave » Thibeault, par son sens du leadership, ses qualités de marqueur
et sa ténacité pour la bataille de la rondelle, fut le joueur de sa formation
qui retenait toute mon attention. D’ailleurs, celui qui travaillait sans
relâche face aux gros Chiefs
de Laval avait réussi à faire sortir le pacifique Bobby
Dollas de ses gonds en quelques occasions : une grande première à l’époque
pour l’ex défenseur lavallois.
TEL PÈRE…TELS FILS Le sport national des canadiens a toujours occupé une place de choix dans la famille de Michel et Nicole Thibeault. Leurs deux rejetons ont d’ailleurs évolué dans la LHJMQ. Un peu plus loin, le paternel avait lui-même participé au camp d’entraînement des Rangers de New-York. C’était tout juste avant l’élargissement des cadres de la LNH, en 1967-68 : au moment où les Vic Hadfield, Jean Ratelle et Rodrigue Gilbert formaient un trio électrisant au sein de la formation du Big Apple.
« C’est mon père nous a transmis cette passion pour le hockey. Au milieu des années 60, avant même que les New-Yorkais s’intéressent à lui, il avait porté les couleurs des Reds de Trois-Rivières. Cette formation figurait parmi l’élite du hockey junior québécois à l’époque: la Ligue junior A du Québec. Suite à son camp d’entraînement avec les Rangers, la direction lui avait offert de se rapporter à leur club école de Kitchener dans la Ligue junior A de l’Ontario. Il avait alors étudié toutes les avenues, en mûrissant sa décision. Au bout du compte, il a choisi de réorienter sa carrière vers la sécurité publique. Ainsi, il a occupé les fonctions de chef pompier, puis de capitaine dans le corps policier, à Trois-Rivières. » Relate ce sympathique personnage d’origine trifluvienne.
LES BOYS Parmi les amis les plus intimes de notre invité, on dénote celui qui est son coéquipier à Thetford Mines et, à la fois, son voisin et compagnon de route depuis l’âge de 15 ans : Marc-André Gaudet. Sans oublier, bien sûr, deux portes-couleur du Canadien de Montréal :
L’un des deux endosse le # 22 chez la formation de Claude Julien : Steve Bégin. Ensemble, ils auront terrorisé les gardiens adverses pendant plus de six saisons sur les patinoires de Trois-Rivières, soit des rangs atomes AA jusqu’à la catégorie bantam AA. Leur franche camaraderie hors de la glace ne s’est jamais éteinte par la suite. D’ailleurs, il y a trois ans, ils ont uni leurs efforts afin de fonder l’école de hockey Thibeault-Bégin-Thibeault*. Avec la complicité de Nicolas, le frère de David, ils ont établis de solides bases sur une institution qui n’a jamais cessé de grandir au fil des ans.
L’autre en est à sa sixième saison dans l’organisation du Bleu Blanc Rouge : Mathieu Garon. Ce fut lors de leur périple à Victoriaville qu’ils développérent une belle complicité hors de la patinoire. Sous le règne de Alain Rajotte, ils aidèrent les Tigres à figurer comme de sérieux aspirants aux grands honneurs. Fait à noter, il y a un peu moins de deux ans, ce quatuor passait une partie de la saison estivale dans les célébrations : David avait convolé en justes noces; trente jours se sont écoulés lorsque vint le tour de Mathieu; deux mois plus tard, ce fut celui de Marc-André! Cet été, « les boys » revêtiront encore une fois leurs plus beaux habits alors que « Dave » et son épouse serviront respectivement de garçon et de fille d’honneur lors du mariage du « vieux chum», Steve : ce même prétendant qui avait fait la grande demande à Amélie devant des milliers de téléspectateurs lors de l’émission « Hors Jeux » animée par Paul Buisson . CINQ ANS DANS LA LHJMQ Après avoir « brûlé » les rangs de bantam AA aux côtés de Bégin et Gaudet, le jeune Thibeault passa directement à la LHJMQ. Ce sont les Voltigeurs de Drummondville qui sélectionnèrent cet ailier gauche. Il ne perdit pas de temps à démontrer ses qualités de meneur puisqu’on lui broda la lettre « A » lors de ce passage sous les ordres de Blair MacKasey. Au terme de sa deuxième saison, il fut un joueur en demande : les dés sont tombés lorsqu’il fit partie d’une mégatransaction impliquant le Titan de Laval et les Voltigeurs. Gordie Dwyer, Frédéric Jobin et Marc Sigouin firent alors leurs valises pour le Centre du Québec, tandis que notre invité se retrouva dans le même vestiaire que les Dominic Perna, Jason Bermingham et Jonathan Girard. « Sous le régime de Léo-Guy Morissette et Pierre Pelletier je n’aurai pris part qu’aux huit premières rencontres de la saison avant d’être cédé aux Tigres de Victoriaville. Même si le Titan figurait comme une organisation de premier plan, je n’ai pas réussi à m’acclimater. Je me retrouvais en pension à Fabreville; le contexte académique n’était pas l’idéal, puisque je devais rouler deux heures de voiture quotidiennement afin de poursuivre mes études. De plus, cette année-là, il y avait eu beaucoup de va-et-vient (46 joueurs) au sein de l’équipe. » Il compléta sa saison 1996-97, ainsi que les deux autres qui suivront, dans l’uniforme des Tigres de Victoriaville. Deux mois après son arrivée dans la région des Bois-Francs, il fit la rencontre de celle qui devint son admiratrice par excellence : Ariane. Leur union dure depuis maintenant sept ans. Le couple a donné naissance à deux filles depuis : Jolyane, âgée de trois ans et Maélie, la cadette, neuf mois. On a demandé à celui qui l’a dirigé dans les rangs junior et senior majeur, Alain Rajotte, d’analyser l’apport d’un David Thibeault au sein d’une équipe de hockey. « Je l’ai coaché pendant trois saisons à Victoriaville. David c’est un joueur intense qui n’a jamais craint le jeu robuste. Il est rassembleur dans son jeu. Il représente ce type de joueur qui a l’esprit ouvert tout en étant généreux avec ses coéquipiers: il peut jouer avec n’importe qui et aider ces derniers à connaître du succès. D’ailleurs, tout au long de sa carrière junior, il a aidé plusieurs joueurs à grandir. On n’a qu’à penser aux Daniel Corso, Marc-André Thinel, Patrick Grandmaître, et même, Matthew Lombardi à ses débuts. De mon côté, la saison dernière, je voulais prendre une année sabbatique; David fut certainement l’une des raisons positives pour lesquelles je me suis joint au Prolab de Thetford Mines. » UN COMPLOT Ce sont les Sharks de San Jose qui le réclamèrent au repêchage universel de 1996. Deux ans plus tard, au terme de sa carrière junior, une période d’apprentissage l’attendait avec les Tigers Sharks de Tallahassee dans la ECHL. Il aura demeuré deux saisons complètes sous le soleil de la Floride; non sans avoir fait un bref passage avec les Citadelles de Québec. Ce fut avant d’entreprendre sa troisième campagne qu’il signa une entente avec la formation des Admirals de Norfolk dans la LAH. Déterminé comme pas un, il s’entraîna vigoureusement tout l’été. Sa présence fut même remarquée au Centre Mario-Gosselin lors du camp d’entraînement du Prolab.
Dave était prêt lorsqu’il s’est rapporté à Norfolk, dans l’état de la Virginie. Il demeure convaincu d’avoir livré la marchandise : « Après avoir connu mon meilleur camp, j’étais persuadé d’avoir mérité mon poste. » dira-t-il. Mais Larry Kish, son ancien patron à Tallahassee, lui prêta une évaluation non réaliste, voire cinglante en lui déclarant bêtement qu’il fut pitoyable. Il n’en fallut pas plus pour que notre invité y découvre toute une manigance contractuelle. Une conséquence qui avait pour but de le retourner à rabais dans la ECHL, mais cette fois à Columbus. Avant d’atteindre le fond de l’abîme, la lumière se fit sur cette mise en scène orchestrée par son patron. Ce soir-là, « Dave » passa un coup de fil à Paul Gagné, l’homme de hockey du Prolab, en lui signalant préparer son uniforme. »
« Durant mes deux années passées en Floride, j’entendais parler régulièrement du calibre de hockey senior majeur. D’ailleurs, plusieurs joueurs ayant évolués avec ou contre moi dans les rangs junior en faisaient partis. On parlait également du caractère robuste qui s’y rattachait. Dès mes premières joutes, j’ai réalisé rapidement que l’engouement est bel et bien présent dans nos arénas! Le rapatriement de joueurs qui évoluaient dans des circuits européens et professionnels a pour effet d’augmenter le calibre du jeu année après année. Au fond, j’ai fait le bon choix : je ne regrette pas d’être revenu jouer au hockey plus près de chez moi, au Québec. » Nous décrit cet ailier gauche de six pieds et un pouce qui fait osciller la balance à deux-cent dix livres. Cette année, son entraîneur lui a confié le rôle de capitaine. Alain Rajotte désirait non seulement que cette tâche revienne à un joueur qui bénéficie d’un meilleur temps de glace, mais il tenait tout autant à ce que le vestiaire de l’équipe soit représenté par un joueur qui lui ressemblait. « Durant toutes ces années, je ne lui ai jamais reconnu un seul ennemi dans le vestiaire de mes équipes. » soulignait celui qui le dirige pour une cinquième saison. Ce résident de Trois-Rivières Ouest n’est pas sans se douter que l’organisation du Viking aimerait bien compter sur ses services afin de construire leur noyau autour de ses qualités de meneur. « Cela ne figure pas dans mes projets à court terme. Nous formons un bon groupe à Thetford Mines. Je suis très bien traité par l’organisation du Prolab et les partisans de l’équipe sont derrière nous. Mon objectif, à cette étape de carrière, est d’aider mes coéquipiers à remporter la coupe Futura. » Conclue celui qui a aidé sa formation à remporter deux championnats de saison régulière, et à atteindre deux grandes finales, en deux saisons complètes dans la LHSMQ. A la prochaine. Un merci spécial à mon bon ami, Claude Turgeon, pour avoir établi le lien avec Dave. Avis aux jeunes hockeyeurs intéressés : L’école de hockey Thibeault-Bégin-Thibeault franchira le cap des 350 participants cette année. Outre les trois semaines d' enseignement qui seront présentées à Trois-Rivières Ouest (les trois dernières de juillet), ils se produiront également durant la semaine du 9 au 13 août à Thetford Mines. INFORMATIONS : (819) 697-7825
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