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« Suite à son premier camp dans la LNH, « Le Chat » est revenu écouler sa dernière année dans les rangs junior en appréciant, encore une fois, la philosophie des frères Morissette : une famille qui, à ses yeux, prenait tous les moyens pour mettre une équipe compétitive sur la glace. Au terme de la saison, celui qui détient le septième rang de tous les temps pour le plus haut total d’assistances (297) dans la LHJMQ, et le seizième au Canada, était sur le point d’obtenir un laissez-passer pour la Ligue américaine lorsque, devant son patron, Eddie Johnston, il subit une malencontreuse blessure à un doigt. Son malheur permit à un jeune joueur des Broncos de Swift Current, Geoff Sanderson, de graduer avec le club-ferme de la LAH, à Springfield, et d’y inscrire son nom sur la coupe Calder quelques semaines plus tard.

LA LIGUE AMÉRICAINE

Ses deux premières saisons passées avec les Indians de Springfield, lui auront permis de s’acclimater à un nouvel environnement et au mode de vie du hockey professionnel. Son guide était nul autre que le vétéran Mario Gosselin, ex-cerbère des Nordiques, des Kings et des Whalers. Ce n'est toutefois qu'à sa troisième campagne professionnelle que les choses ont débloqué pour lui. Son entraîneur, Joel Quenneville, lui faisait confiance et le lavallois le lui rendait bien. D'ailleurs, le soir du 18 janvier 1994, une date qui demeurera gravée à jamais dans sa mémoire, il se trouvait campé au huitième rang des compteurs de la LAH lorsqu’une bonne et une mauvaise nouvelle lui furent transmises coup sur coup. La bonne : une note épinglée à son casier lui indiquait d’aller rejoindre les Whalers de Hartford à Vancouver. La mauvaise : il venait à l’instant de se déchirer un ligament au genou droit lors d’un duel disputé face aux Aces de Cornwall. A son grand désarroi, son nom demeura sur la liste des joueurs blessés pour le restant de l’année.

Les Whalers, eux, terminèrent la saison en queue de poisson. S’en était donc fait de Eddie Johnston et ses acolytes qui perdit son poste au profit de Bryan Burke. L’ex-homme-fort, Paul Holmgren ex-membre des broad street bullies, fut nommé au poste d'entraîneur-chef. Denis Chalifoux perda ses appuis et il obtint sa libération lors de la saison estivale. Son agent, Bob Sauvé, se chargea de lui trouver du boulot avec les Icecats de Worcester, une nouvelle concession de la LAH qui allait être dirigé par l’ex-joueur des Canadiens et des Blues, Jim Roberts. Denis était une pièce du casse-tête importante au sein de l'équipe. Cependant, Worcester n’embauchait que des joueurs qui ne détenaient aucune affiliation avec des formations de la LNH. Enfin, ce qui devait arriver, arriva! A leur deuxième campagne, ils devinrent le club-école des Blues de St-Louis.

« Jim me parlait régulièrement, en me soulignant qu’il tenait à me garder avec l’équipe. Mais les Blues, afin de créer de la place pour le développement de leurs propres joueurs, passèrent outre ses recommandations et remercièrent tous les porte-couleurs de la saison précédente. Je me suis donc retrouvé à Cornwall, sous les ordres de Bob Hartley. A la fin de la saison, et pour une troisième année consécutive, j’avais terminé au premier rang des marqueurs de mon équipe, mais sans aucun appel téléphonique de la part d’une formation de la LNH. J’en ai déduit qu’à 25 ans, le temps était venu pour moi d’étudier d’autres options. »

Et cette autre option pour « le Chat », se trouvait outre-mer. En 1996-97, ce dernier traversa le continent pour mettre le cap sur la Suisse. Nouvelle culture, meilleures conditions salariales : tout était en place pour une expérience profitable jusqu’à ce que la guigne revienne s’acharner à compter de la cinquième joute du calendrier alors qu’on lui diagnostiqua une hernie discale. Il passa sous le bistouri et sa saison fut compromise. Durant l'été il reprit la forme en évoluant dans la ligue de Gene Cloutier, le père du hockey senior au Québec.

« J’y ai alors fait la connaissance de Raynald Tessier qui m’a approché afin de jouer sous ses ordres à Vipiteno, en Italie. Notre équipe venait de graduer dans la première division et elle figurait parmi les négligés. Cependant, nous avions réussi à déjouer les experts en atteignant la grande finale. Au bout du compte, j'ai adoré mon expérience. De plus, je me suis lié d'amitié avec Dan Gravelle avec qui j'ai suivi le même parcours, soit en Autriche puis avec les Chiefs de Laval par la suite. »

DE RETOUR AU COLISÉE

A l’automne 2000, avec la complicité de Maurice Lemay, son ex-entraîneur chez le Titan, le vétéran joueur de 29 ans a fait ses premières apparitions dans le giron des Chiefs.

« En Europe, nous étions sur la glace à tous les jours. Ce faisant, suite à mon opération l'année précédente, l’état de mon dos se compliquait. Ce fut d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle je n’y suis pas retourné. J’ai alors commencé à m’entraîner peu à peu avec les Chiefs, tout en participant à quelques rencontres. Ça allait bien. Puis, au début de décembre, mon ancien D.G. à Springfield, Bruce Langdon, m’a demandé de le dépanner pour quelques joutes, le temps que les blessés recouvrent l’alignement. »

Entre-temps, Chalifoux revint disputer quelques rencontres dans la LHSPQ puis, après la période des Fêtes, accompagné de son épouse, il se laissa tenter par l’aventure de la WCHL, sous les chauds rayons de soleil de l’Arizona. Son périple avec les Mustangs de Phoenix ne dura toutefois que neuf rencontres, soit le temps de réaliser que désormais, physiquement, son dos ne pourra plus être soumis à la patinoire quotidiennement.

« J’avais essayé plusieurs possibilités, mais mon corps me lançait des messages bien évident. A cette étape de ma carrière, la Ligue de hockey semi-professionnelle du Québec se voulait la plus belle solution pour moi. Dans un premier temps, nous ne pratiquions qu’une seules fois par semaine, tandis que deux seules rencontres étaient cédulées au calendrier. Ainsi, je pouvais récupérer. J’avais également l’opportunité d’évoluer près des miens, dans un édifice qui se voulait, en quelque sorte, mon deuxième chez-nous. Les morceaux du casse-tête se plaçaient donc peu à peu. De plus, j’avais commencé à travailler dans le domaine des machines distributrices, en compagnie d’une bonne connaissance. Par la suite, j'ai acquis ma propre entreprise (Chali-Distributions). Je dois te dire que mon emploi est fait sur mesure pour moi car il m’aide à concilier avec le hockey. »

Aujourd’hui, Denis partage sa vie en compagnie de Caroline, qui est égalment la cousine de l’ailier gauche du Prolab de Thetford Mines, Michel Picard. D’ailleurs, c’est ce dernier qui a fait les présentations d’usage, il y a de cela douze ans, alors que les deux hockeyeurs étaient coéquipiers et co-chambreurs à Springfield. Le capitaine des Chiefs et sa charmante épouse sont également les heureux parents de deux jeunes garçons, soit Samuel (6 ans) et Justin (2 ans).

Tout comme à l’époque où il évoluait dans les rangs junior majeur, celui qui se considère comblé de pouvoir poursuivre sa carrière dans une ligue aussi compétitive que la LNAH, a vécu d’autres moments forts palpitants depuis son retour au Colisée. Parmi ceux-là, soyez certain qu'on y retrouve les deux coupes Futura qu’il a fièrement soulevé au cours de ses quatre saisons complètes passées dans l’uniforme des Chiefs de Laval.

A la prochaine.

Remerciements à Fabien Pothier et Bruno Leblanc pour les photos.

Pour vos commentaires : sylvainneveu@hotmail.com

 

 

 


 

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