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26 avril 2006 -Lors de notre dernière chronique nous avons scruté un groupe de joueurs susceptibles de remporter le trophée Claude Larose. Cette fois, nous allons nous tourner derrière le banc de certaines équipes ayant obtenu, à l’échelle de la saison régulière, de bonnes notes au bulletin.

Mais auparavant, j’aimerais vous parler brièvement du trophée des Gouverneurs qui représente, en quelque sorte, le petit-fils du trophée Jack Adams décerné dans la LNH. En d’autres mots, on le remet à l’entraîneur ayant le plus contribué au succès de sa formation dans le cours de la saison. Toutefois, faut-il se le rappeler, autant dans un circuit comme dans l’autre, l’histoire nous rappelle qu’il n’est pas nécessairement alloué à celui qui a mené son équipe aux grands honneurs. D’ailleurs, rappelons-nous que Scotty Bowman en a été récipiendaire qu’une seule fois (1977) durant son périple glorieux de huit saisons à Montréal. Il en fut de même pour Alger Arbour (1979), le maître d’œuvre de la dynastie des Islanders de New-York au début de la décennie 80 ainsi que Glen Sather (1985) à la tête des puissants Oilers d’Edmonton.

Dans le circuit Gaudette seul Daniel Saumier (à droite), aux commandes des Rapides de LaSalle en 1999-00, s’est vu décerner un tel honneur après que son équipe eut remporté le championnat de la saison régulière pour ensuite sabrer le champagne au terme des séries éliminatoires. Qui plus est, Pierre Pelletier, le seul à avoir remporté trois coupes Futura d’affilées derrière le banc, n’a jamais vu son nom y être inscrit une seule fois durant chacun de ces hauts faits d’armes. Bref, en cette saison 2005-06 quatre entraîneurs auront retenu mon attention.

Après avoir vécu l’euphorie entourant la conquête de la coupe Futura, l’entraîneur-chef des champions défendant, Alain Rajotte (à droite), est retombé rapidement sur ses talons l’été dernier. Son objectif était de recréer cette chimie qui avait propulsé sa troupe vers les plus hauts sommets en mai dernier. Rajotte est ce même homme qui campe le rôle d’enseignant en éducation physique pour le compte de deux institutions anglophones de Thetford Mines durant la période scolaire. Afin de fouler la glace quotidiennement en compagnie de son équipe, et ce, avec l’objectif légitime de vendre sa philosophie et son système de jeu, il doit se taper au préalable des dizaines de milliers de kilomètres de route durant la haute saison de hockey.

Force est d’admettre que tout au long du calendrier régulier, le fruit de ses efforts a été récompensé. Lui qui fut dépouillé notamment d’Alexandre Tremblay, son meilleur compteur en 2004-05, de l’imposant ailier gauche Donald Brashear et d’un deuxième gardien but de premier plan en Jean-François Damphousse. En somme, en récoltant le même nombre de points et en conservant un ratio de victoires-défaites supérieur à l’an dernier, tout en ayant disputé quatre rencontres de moins, le Radio X, la puissance offensive par excellence de la LNAH, a su conserver sa vitesse de croisière au classement général.

Du côté de l’Estrie maintenant, Daniel Bissonnette (à droite), le même homme à qui l’on avait remis le trophée des Gouverneurs l’année dernière, a poursuivi son excellent travail derrière le banc. Cette saison, le St-François de Sherbrooke, une formation drôlement bien rodée, qui continue, soit dit en passant, sa progression au titre de puissance de la LNAH, a terminé au deuxième rang du classement général, soit à huit points de la tête.

Les sherbrookois ont retranché sept défaites à leur fiche de la campagne précédente. On les retrouve bons premier au sein de l’attaque massive, eux qui ont inscrit 20 filets de plus dans ce département. En défensive, ils représentent l’équipe qui a conservé rien de moins que la meilleure moyenne de buts concédés. De plus, dans les moments de hautes intensités, la troupe de Bissonnette a su redoubler d’efforts pour remporter le plus de victoires (6) cette année en prolongation.

Par ailleurs, en Mauricie, pendant que plusieurs experts appréhendaient une saison difficile pour le Caron et Guay de Trois-Rivières, cette formation en aura surpris plus d’un en figurant comme la plus améliorée au sein de la LNAH. Les trifluviens n’ont pas mis de temps à démontrer de quel bois ils se chauffaient, eux qui ont subi leur première défaite en temps réglementaire seulement qu’à leur onzième joute du calendrier. De huitième en 2004-05, en vertu d’un total de 48 points, ils ont bondi jusqu’au troisième échelon du classement général. Terminant ainsi à quatre maigres points seulement du deuxième rang, et ce, grâce à une augmentation impressionnante de 27 points en rapport avec la saison précédente.

En somme, en tenant compte de l’esprit de corps, de l’éthique de travail et de l’aspect discipline, cette formation est, à mon sens, celle qui a obtenu le plus de succès. Cependant, à la tête d’une formation possédant une telle identité, cela demande un certain degré d’expérience, de même qu’un sens de leadership et d’organisation de la part de l’homme-orchestre. Et à ce sujet, la réputation de l’entraîneur-chef et directeur des opérations hockey, Pierre Rioux (à gauche), récipiendaire du trophée des Gouverneurs il y a deux ans, n’est plus à faire dans la LNAH. Son passage dans l’organisation des Flames de Calgary il y a déjà belle lurette, suivi de ses quatorze années écoulées en Europe et de quatre autres campagnes à la barre des As de Côte-de-Beaupré et du Garaga de St-Georges-de-Beauce en font, sans l’ombre d’un doute, l’un des meilleurs entraîneurs de la LNAH.

Enfin, dans le Bas-Richelieu, le mauvais début de saison du Mission de Sorel-Tracy a coûté le poste à leur entraîneur Gilbert Delorme. Appelé en relève, Karl Goupil n’aura fait que passer. Finalement, en décembre dernier, c’est à Alain Côté (à droite), un entraîneur ne possédant que très peu d’expérience, que l’on a confié la destinée de l’équipe. Celui que l’on surnomme « Pee-Wee » a réussi à regrouper son équipe au point de lui redonner rapidement une certaine notoriété. Ainsi le Mission a quitté les bas-fonds pour grimper jusqu’au cinquième échelon du classement général. De plus, au moment d’écrire ces lignes, les représentants de Sorel-Tracy avaient défait, de façon expéditive, les Dragons de Verdun-Montréal et ils se trouvaient au rendez-vous de la demi-finale en livrant une chaude lutte au St-François de Sherbrooke.

Somme toute, sur quels motifs s’attarderont les Gouverneurs de la LNAH dans le but d’élire le récipiendaire de la saison 2005-06? Qui sera l’heureux élu au titre d’entraîneur de l’année? Y aura-t-il des surprises? À l’heure actuelle nul ne le sait. Cependant, on ne peut nier que cela représente un dénouement fort intéressant à suivre au cours des prochaines semaines.

A la prochaine.

Pour vos commentaires : sylvainneveu@hotmail.com

 

 

 


 

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