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Malgré ces embûches, il faut rendre crédit aux concessions qui ont su conserver le focus sur le spectacle offert aux amateurs. En Mauricie par exemple, la ville de Trois-Rivières en est une qui a repris du galon cette saison avec une organisation plus impliquée et davantage expérimentée. Dans la région de l’Amiante, celle de Thetford Mines a apporté des changements à sa philosophie en ajoutant quelques fiers-à-bras autour de ses patineurs. D’autres se sont concentrés à poursuivre leur vitesse de croisière. Cependant, la cote de popularité en cette première demie de calendrier revient sans équivoque au Mission de Sorel-Tracy et au Radio X de Québec, qui, au trentième match de cette présente campagne, étaient campés respectivement au premier et deuxième échelon du classement général, et ce, avec un mélange de talent et de robustesse qui aura fait tourner les yeux du public jusqu’ici. NOUVELLE STRUCTURE ET NOUVEAU MARCHÉ En transférant leurs pénates de St-Jean-sur-le-Richelieu à Sorel-Tracy, le clan Rémillard s’était donné pour mandat de ramener les amateurs de hockey au Colisée Cardin. Avant même de rêver à une conquête de championnat, l’objectif premier était de créer un « happening » dans la région du Bas-Richelieu en présentant une formation spectaculaire sur la patinoire. Dans un arrondissement composé de 35,000 habitants, là où les amateurs ont vu d’excellents joueurs de hockey s’y produire au fil du temps, le chiffre des assistances a fait un bond digne de mention cette saison dans cet amphithéâtre. Le phénomène a été observé en maintes occasions lorsqu’ils se produisent sur la route. Bref, comment analyser cette recrudescence aux guichets? Le directeur-gérant et entraîneur-chef du Mission, Pierre Pelletier, possède sa petite idée sur ce point. « L’an passé, nous avions remporté notre part de joutes, mais pour
être franc avec toi, on n’aimait pas ce que l’on voyait sur la patinoire.
L’équipe s’était laissée intimider en subissant sa part de coups, puis
la saison s’était terminée avec un goût amer. Plus personne ne voulait
revivre ce scénario au sein de l’organisation. Dorénavant, le mot d’ordre
est devenu le suivant : si le Mission a à remporter les grands honneurs,
ce sera avec une formation qui imposera sa propre loi, et non en subissant
celle des autres. » Tient-il à préciser.
C'est en mai dernier que le clan Rémillard a décidé d’entreprendre ce nouveau virage. Le directeur-gérant, Tony Ciarcello, en a alors payé le prix. Ils ont ensuite regardé dans leur propre cour afin de relancer leur concession. Pelletier était le premier candidat sur les rangs. On connaissait ses habiletés derrière le banc. On savait également qu’il avait « le pif » requis pour construire un vestiaire gagnant. Cependant, même s’il avait jadis occupé le poste de D.G. avec les Régents de L.L.L. de la ligue de hockey midget AAA, nul ne pouvait anticiper comment il s’en tirerait en cumulant une double fonction à plein temps. D’ailleurs, au moment où les propriétaires faisaient des pieds et des mains pour le convaincre d’accepter le poste, ce dernier se faisait hésitant. Dans un premier temps, sa conjointe attendait la venue d’un troisième enfant. De plus, la gérance de sa propre entreprise lui demandait une certaine disponibilité hors de l’aréna. Au bout du compte, la passion du hockey et la liberté de construire sa propre équipe auront été deux grands facteurs de motivation pour celui dont les journées sont relativement bien remplies. Ainsi, il s’est mis aussitôt au travail en sélectionnant ses hommes de confiance. APPELEZ-LE MONSIEUR C.A.A. Au sein de la direction, s’y trouve le dépanneur par excellence de l’équipe. L’assistant au directeur-gérant, Daniel Farley, a pour mandat d’alléger les taches de Pierre Pelletier. Farley, qui a dirigé jadis les Aztèques d’Asbestos après avoir agi comme recruteur (midget AAA et junior majeur) pour le compte d’une firme spécialisée au Québec, épie la Ligue depuis plusieurs années déjà. Il possède un éloquent classeur où se retrouvent une multitude de dossiers et de bandes vidéos d’une foule de joueurs québécois évoluant en Amérique. Au cours de la saison morte, il a travaillé sur l'évaluation des joueurs et apporté sa propre expertise en vue du repêchage universel alors que le Mission a mis la main sur une récolte de quinze joueurs. On l’a vu également prendre les reines de l’équipe pour cinq des six joutes hors concours, soit le temps de permettre à son patron d’évaluer son personnel du haut des gradins. En novembre dernier, il a remplacé Pelletier à pied-levé lorsque ce dernier a écopé d’une suspension de trois rencontres. « Monsieur C.A.A. » est également celui qui a été désigné pour gérer l’achat de l’équipement relatif aux portes-couleurs de cette formation. RAYNALD TESSIER, L’ASSISTANT ENTRAÎNEUR
Derrière le banc, Pierre Pelletier peut compter sur la présence de Raynald Tessier. Ce dernier a sillonné les patinoires du Québec dans les rangs junior, avant d’évoluer dans la Ligue internationale. Par la suite, il s’est exilé pendant près d’une vingtaine d’années à titre de joueur et entraîneur en Europe. Considéré comme un excellent technicien, Tessier, a fait ses débuts en deuxième moitié de saison 2003-04 aux côtés de l’entraîneur-chef. Il représente un précieux actif au sein d’une formation qui foule la patinoire quotidiennement. D’HEUREUSES TROUVAILLES
Le dépisteur Anthony Aquino n’avait que dix-sept ans lorsqu’il évoluait sous les ordres Daniel Farley avec la formation de Montréal-Est (junior AAA). Il affectionnait particulièrement le jeu robuste. Ses trois dernières saisons passées dans les rangs junior (AAA) se sont déroulées en Saskatchewan. Par la suite, on l’a vu participer aux camps d’entraînements des Islanders de New-York et des Flyers de Philadelphie. Lorsque le temps est venu, son ex-entraîneur n’a pas hésité à le recommander au directeur-gérant. Les nombreux contacts qu’Aquino a conservé de l’ouest canadien demeurent un atout important pour l’organisation. D’ailleurs, son sens de persuasion et son implication dans les dossiers des Brunel, Goldie, Hellegards, Mirasty, Lambert, Stefishen et, un peu plus tôt en saison, Cole Byers (échangé au Radio X ), ont contribué à métamorphoser la dynamique de l’équipe et à rapporter de précieux dividendes à la troupe de Pelletier. Convaincant Mr.Aquino? Il était trois heures du matin lorsqu’il s’est entretenu avec Jon Mirasty au téléphone la toute première fois. Trois heures plus tard, ce dernier prenait l’avion pour se rapporter à l’équipe! Parmi ceux qui apportent leur collaboration en travaillant dans l’ombre, le directeur-gérant et son assistant tiennent à souligner l’apport de Michel Robidoux; mieux connu sous le nom de « monsieur Net ». Ce dernier navigue de nombreuses heures par semaine sur le web, à l’affût de tout agent libre pouvant contribuer au succès de la formation soreloise. Pour n’en citer qu’un seul, ses recherches ont conduit récemment à l’embauche de Adam Stefishen, soit au moment où le jeune défenseur Jack Redlick a pris la décision de retourner vivre dans l’ouest canadien auprès de sa conjointe et de leur nouveau-né. FONCTIONS ACCRUES POUR JEAN A. DOYON Pour une deuxième saison consécutive, c’est à Jean A. Doyon que l’on a confié la gérance de la visibilité de l’équipe. Ses fonctions relèvent des propriétaires. Bien que ce dernier fait figure de benjamin parmi les relationnistes de la LNAH, il n’en demeure pas moins qu’il commence à avoir du métier dans le monde des communications. On a vu sa silhouette ( de 1993 à 1998) jadis dans le giron du Titan de Laval de la LHJMQ. D’ailleurs, ceux et celles qui ont suivi l’époque des frères Morissette au Colisée de St-Vincent-de-Paul, se souviendront d’une émission intitulée Top Junior qui prenait l’affiche sur le réseau de télévision communautaire. Cette dernière était mise sur pied par quelques universitaires, dont un jeune homme du nom de Jean Doyon. Les communiqués, la responsabilité de la galerie de presse, les séances d’autographes et l’implication du Mission de Sorel-Tracy dans la communauté sont tous autant d’ingrédients qui relèvent de ses fonctions. Cette saison, Doyon a ajouté une corde de plus à son arc lorsqu’on lui a confié le rôle d’assistant-gouverneur aux côtés du polyvalent Yanick Lévesque. Celui qui occupe également un poste de directeur pour la firme Jet World Wide, une entreprise spécialisée dans l’envoie du courrier aérien, considère que le meilleur allié pour un relationniste est sans aucun doute celui d’être intégré à une formation offrant un bon spectacle sur la glace. UN CADRE PROFESSIONNEL Suite au nouveau statue du hockey senior majeur québécois, le Mission a pris un virage davantage professionnel, mais sans pour autant renier les origines de cette ligue. L’annonce de leur affiliation avec les Pengouins de Scranton / Wilkes-Barre, de la LAH, tend à le démontrer. L’équipement fourni à chacun des joueurs qui se pavane dans le vestiaire le confirme davantage. Les améliorations locatives apportées dans les murs du Colisée Cardin le réitèrent. En somme, la concession de Sorel-Tracy est perçue par les amateurs comme l’une des organisations figurant parmi les plus fortunées de la LNAH. Il n’y a qu’un pas à faire pour s’imaginer que les billets verts sont le seul et unique facteur de motivation conduisant à l’arrivée de joueurs dynamiques dans le Bas-Richelieu. « On veut que nos joueurs soient bien encadrés, mais nos propriétaires sont avant tout des gens d’affaires qui ne désirent nullement jeter leur argent par les fenêtres inutilement. Lorsque nous avons discuté de transactions avec les autres organisations, plusieurs étaient sidérés de constater que le salaire alloué aux joueurs était bien en deçà de ce qu’ils anticipaient. L’une des raisons majeures ayant conduit de jeunes joueurs à venir évoluer chez nous, se retrouve dans la possibilité de poursuivre leur développement. L’idée de se présenter avec une formation qui commande une seule séance d’entraînement par semaine, n’est sûrement pas la meilleure recette pour un jeune hockeyeur ambitieux. On pense aux Lambert (21 ans), Mirasty (22 ans ), Stefishen (22 ans), Hellegards (23 ans), Johnson ( 24 ans), Brunel (25 ans) et Goldie (25 ans) pour qui l’aventure du hockey professionnel est encore loin d’être terminée. Nous avons donc mis sur pied une formule qui leur permet de se retrouver sur la patinoire à tous les jours. » Poursuit celui qui est le doyen chez les entraîneurs de ce circuit avec six saisons consécutives derrière le banc. Recueillir les propos de l’homme de hockey du Mission ne serait pas complet sans aborder le type de relation qu’il entretient avec ses employeurs. « Je me suis rendu compte rapidement que Julien et Maxime ne comptent pas leurs heures au travail. Il m’arrive parfois de converser en leur compagnie alors qu’ils se trouvent au bureau à des heures tardives. Les Rémillard sont des gens qui dégagent un bon esprit de famille et cela se répand sur leur entourage. Ils me rappellent les membres de la famille Morissette avec lesquels j’ai travaillé dans la LHJMQ. Tout comme les fans de cette ligue, ils sont friands de combats et du côté spectaculaire que peut produire une joute de hockey. Nous sommes à la fois fiers et surpris de se retrouver au premier rang à la mi-saison, mais notre priorité est avant tout de ne pas laisser tomber nos partisans! » Conclue celui qui dit construire son équipe de hockey en s’inspirant du succès qu’il a connu antérieurement avec les Chiefs. A la prochaine.
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