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Juché
dans les hauteurs de l’Auditorium de Verdun en compagnie de l’assistant
au directeur-gérant des Dragons, Philippe Gravel, la conversation convergea
vers le porte-couleur comptant le plus d’ancienneté dans l’histoire de
cette concession.
« Les joueurs évoluant avec le style de jeu de Marc Tardif sont une
denrée rare au sein de cette ligue. Sur la glace, saison après saison,
ce gars-là est toujours prêt à aller la guerre pour ses coéquipiers. Il
frappe solide, crée de l’espace pour ses compagnons de trio et n’est pas
le plus vilain des passeurs. Dans le vestiaire, « Tard » est un boute-en-train
et un vétéran sur qui l’on peut compter lorsqu’il est temps de replacer
les choses dans une juste perspective. »
Gravel,
bien connu sous le pseudonyme de « Feller », en est à sa dixième saison
comme employé chez les Dragons. Son admiration envers Tardif ne date pas
d’hier. En fait, il était là lorsque ce dernier a effectué ses premiers
coups de patins avec les Dragons d’Iberville. Cependant, personne ne peut
nier le fait que le numéro dix-sept de Verdun représente un « grinder
» de luxe sur lequel plusieurs formations aimeraient bien compter au sein
de la LNAH. Je ne vous cacherai pas que celui qui en est à sa septième
campagne parmi l’élite du hockey senior-professionnel au Québec est l’un
de ceux qui, par son style de jeu, a su m’inspirer au fil du temps sur
nos patinoires. Voilà les motifs qui, de concert avec sa précieuse collaboration,
m’ont conduit à rédiger sa « hockeygraphie » afin d’en connaître davantage
sur le principal intéressé.
DEUX IDOLES
« J’en sais peu sur ceux qui m’ont mis au monde, si ce n’est que mon
père biologique est d’origine haitïenne. Il était venu au Québec
brièvement afin de poursuivre ses études à l’Université McGill. C’est
à ce moment qu’il avait rencontré ma mère biologique, une dame de souche
québécoise. Cette dernière m’a mené à terme puis, à l’âge de six mois,
j’ai été pris en adoption par une famille de St-Luc-sur-Richelieu.
»
« Je suis le deuxième enfant d’une famille de trois. Je n’ai pas beaucoup
d’idoles dans la vie, mais tu peux l’écrire : mes parents adoptifs figurent
en tête de liste. Ils m’ont donné beaucoup d’attention et ont su m’appuyer
jours après jours. Mon père a toujours été un grand partisan du Canadien
de Montréal. C’est lui qui m’a transmis la passion du hockey. Tant qu’à
ma mère, elle est une dame très rationnelle et bien informée sur l’actualité.
Elle représente, en quelque sorte, mon mentor. Lorsque j’ai une décision
importante à prendre, je prends soin de lui en parler. » Me confie celui
qui fait montre d’une générosité exemplaire dans ses commentaires.
UN RÊVE RÉALISÉ
En
bas-âge, Marc a eu à partager son hockey mineur entre les villes de St-Hubert
et St-Jean-sur-Richelieu. A l’âge de douze ans, il caressait le rêve d’évoluer
un jour dans la Ligue de hockey midget AAA. « Le prestige, les foules
et les joutes disputées en régions éloignées, à cet âge, cela représentait
notre Ligue nationale. » Se remémore-t-il, quant à ses ambitions de jeune
hockeyeur. Écoles de perfectionnement et passages dans les rangs
bantam (AA en hiver et AAA en été) l’auront conduit à atteindre son objectif
au cours de la saison 1989-90. Ainsi, à seize ans, une nouvelle vie l’attendait,
celle de pensionnaire dans un établissement de Sorel où il allait défendre
les couleurs des Riverains du Richelieu. La joie fut d’autant plus grande
que sa formation, la seule équipe invitée dans l’histoire de ce circuit
à réussir l’exploit, fut couronnée championne de la coupe Air Canada en
l’emportant en finale face aux Gouverneurs de St-Foy.
CHOIX DE PREMIÈRE RONDE DE LA LHJMQ
« Pour
avoir été approché par l’équipe locale de ma région, les Lynx de St-Jean,
j’appréhendais qu’ils me sélectionnent au repêchage de la LHJMQ. Je me
suis plutôt retrouvé en Mauricie avec les Cataractes de Shawinigan. J’ai
adoré défendre les couleurs de cette ville que j’ai appris à connaître
lors de mes trois saisons passées au niveau junior. » Dans les
rangs junior, Tardif évoluait au sein des deux premiers trios. Quelques-uns
d’entre vous se souviendront, sans doute, que son rôle ainsi que le style
de jeu physique qu’il préconise encore aujourd’hui, n’a pas subi de transformations
extrêmes au fil du temps. D’ailleurs, le cap des 200 points et 700 minutes
de pénalités récoltés lors de son passage dans le circuit Courteau en
est un reflet fidèle. Ce fut à sa deuxième saison qu’il hérita du titre
de capitaine. Finalement, en 1992-93, à quelques semaines de compléter
son stage junior, son contrat fut cédé à une équipe construite autour
de vétérans et aspirante à la coupe du Président, les Faucons de Sherbrooke.
A son désarroi, cette dernière s’était inclinée en finale de la LHJMQ
face aux Titans de Laval.
« Je n’ai eu qu’un seul regret lors de mon séjour dans la LHJMQ et
c’est celui de ne pas avoir remporté la coupe Memorial. » Souligne celui
qui fut réclamé par Phil Esposito et le Lightning de Tampa Bay au repêchage
de juin 1992.
2 ème partie à venir :
DES HAUTS ET DES BAS
Ses épisodes vécues dans les rangs professionnels n’ont rien à voir
avec ces contes de fées dont la conclusion relève parfois de la fiction.
Elles reflètent plutôt de la dure réalité qui attend ceux qui multiplient
leurs efforts dans le but de se mériter une place au soleil.
A la prochaine.
Pour vos commentaires : sylvainneveu@hotmail.com
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