12

 


 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 


DES HAUTS ET DES BAS

Ses épisodes vécues dans les rangs professionnels n’ont rien à voir avec ces contes de fées dont la conclusion relève parfois de la fiction. Elles reflètent plutôt de la dure réalité qui attend ceux qui multiplient leurs efforts dans le but de se mériter une place au soleil. Sa première campagne passée dans l’uniforme des Knights d’Atlanta de la Ligue internationale avait pourtant bien démarré. Son entraîneur, Gene Ubriaco, un ex-joueur et ex-entraîneur des Pengouins de Pittsburgh, prônait pour que les gars méritent leur temps de glace, et ce, peu importe leurs rangs de sélection au repêchage. Tardif était l’un de ceux qui avait saisi le message. Si bien, que son ardeur jeu lui valut d’être muté éventuellement sur le premier trio aux côtés des deux piliers offensifs de l’équipe, Steve Larouche et Stan Drulia.

Malheureusement, même si sa formation avait le vent dans les voiles, les hautes instances contestèrent certaines méthodes employées par Ubriaco, un homme d’expérience qui y alllait de ses propres convictions. Ce dernier fut donc limogé dans le dernier droit de la saison. « Dès son arrivée, son successeur, John Paris, était venu me voir pour me signaler qu’il me transférait sur le quatrième trio afin de tenter des expériences. J’ai fait ce qu’on m’a demandé, mais c’est certain que j’étais déçu car les choses allaient bien pour moi à ce moment-là. Malgré tout, la chimie de l’équipe n’a pas trop souffert du changement d’entraîneur et nous avons remporté les grands honneurs (Coupe Turner). La saison suivante, suite au lock-out dans la LNH (1994), plusieurs gars d’en haut se sont retrouvés à Atlanta. J’ai dû poursuivre mon apprentissage dans la ECHL, à Nashville au Tennessee. »

A ce stade de carrière, Bob Perno, son agent, manifestait peu d’intérêt dans le dossier de son poulain. L’ex-porte-couleur des Cataractes a donc mis fin à son association avec son représentant pour se retourner vers Neil Abbott qui lui dénicha, sur-le-champ, un contrat en trois volets avec les Sabres de Buffalo. Les clubs fermes de Rochester dans la LAH et de Caroline du Sud dans la ECHL appartenaient aux Sabres. Après deux essais dans la LAH avec les formations de Rochester et Worcester (cette dernière à titre de joueur prêté), Tardif a lui-même fait pression afin de retourner à Charleston, en Caroline, là où il a vécu ses meilleurs moments dans les rangs professionnels, voire d’y inscrire son nom sur la coupe Kelly.

« Lorsque j’ai été repêché, je m’étais fixé comme plan de carrière de ne pas végéter dans les mineures, quitte à retourner aux études. Cela faisait plus d’un mois et demi que j’étais à Worcester. On ne m’utilisait pas et rien à l’horizon ne laissait planer que j’obtiendrais une véritable chance. J’avais le sentiment de tourner en rond. De plus, à l’époque, mon ex-conjointe était demeurée seule en Caroline du Sud, un endroit où l’on m’appréciait et où également j’éprouvais du plaisir à jouer au hockey. »

ENTRE LE QUÉBEC ET LA CAROLINE

Au terme de la saison 1996-97, au moment où sa carrière était au beau-fixe, le robuste attaquant des Stingrays est revenu s’établir sporadiquement au Québec, plus précisément à Shawinigan, sa ville d’adoption. Son objectif était de retourner aux études en vue d’embrasser une éventuelle carrière à titre d’ingénieur en mécanique. Parallèlement à ses cours académiques, il fit ses premiers pas dans l’organisation des Dragons d’Iberville, une formation évoluant au sein de la LHSPQ. Il y disputa la première tranche du calendrier, tout en parcourant, semaine après semaine, plusieurs kilomètres séparant la région de la Mauricie et celle du Haut-Richelieu. En décembre, lors du long congé scolaire, les dirigeants de la Caroline du Sud, coriaces, l’ont convaincu de réintégrer les rangs afin d’y compléter sa saison. La suite nous dira qu’un scénario semblable s’est produit également l’automne suivant.

« Mon ex-conjointe était enceinte et la naissance de mon fils était prévue pour décembre. Entre-temps, la direction des Stringrays revenait à la charge coup sur coup avec de nouvelles propositions qui se voulaient pour le moins alléchantes au plan salariale. De plus, tout était mis en œuvre afin de se retrouver dans un environnement propice à nos études. Au début j’ai été catégorique en refusant l’offre. Après coup, nous avions convenu d’en faire un projet de couple. »

Ce retour à Charleston, une ville aux charmes architecturale du 18 ème siècle, dura une saison et demie. Cependant, sa dernière année passée au pays de l’Oncle Sam, en 2000-01, fut disputée dans l’uniforme des Aces de Anchorage, en Alaska. « Il n’y avait plus de doute, je savais que c’était définitivement ma dernière saison dans la ECHL et je voulais terminer cela dans un environnement bien spécial. De plus, mon contrat était expiré avec les Stingrays et il me fallait dorénavant défrayer le coût de nos études. Walt Poddubny, le patron des Aces, m’a alors fait une offre difficile à refuser. » Raconte-t-il quant à son périple dans cette ville de 260,000 habitants, située dans la région Centre-Sud de l’Alaska. Pendant ce temps, le couple Tardif, lui, était divisé et leur relation vacillait. L’une se trouvait sur la Côte Atlantique et l’autre à des centaines de kilomètres, à proximité de l’océan Arctique. L’inévitable s’est produit. Après une coupure avec le hockey professionnel, une rupture dans sa vie conjugale l’attendait.

APRÈS LA PLUIE, LE BEAU TEMPS

Chantal, Marc, Tristan et la petite
Anne-Frédérique

Après cette dure mise en échec au plan émotionnel, celui qui poursuit ses études universitaires à l’École de Technologie Supérieure (ÉTS), ne s’est pas laissé découragé pour autant. Son attachement pour son fils Tristan combiné à son rôle de père, sont deux éléments qui lui ont procuré un second souffle. Sans oublier ses cinq dernières saisons passées dans l’uniforme des Dragons qui lui auront permises de garder contact avec l’une de ses premières passions : jouer du hockey de compétition avec les boys. De plus, le destin a voulu qu’il rencontre Chantal, sa charmante conjointe depuis maintenant trois ans. Le couple, qui habite dans le quartier St-François, à Laval, sont les heureux parents de Anne-Frédérique, la petite dernière, qui est âgée de neuf mois.

Dans la vie de tous les jours, ce vétéran âgé de trente-deux ans est un bricoleur hors pair. D’ailleurs, les travaux de rénovations qu’il a entrepris avec beaucoup d’habilité sur son petit havre de paix familial, en bordure de la Rivière-des-Mille-Iles, en font foi. Soyez assuré qu’il a déjà planifié y construire une bibliothèque sur mesure où se retrouveront tous les trophées, souvenirs et reportages commémorant les péripéties de sa carrière de hockeyeur, dont les quatre championnats (Air Canada, Turner, Kelly et Futura) remportés depuis ses beaux jours dans les rangs midget AAA.

A la prochaine.

Pour vos commentaires : sylvainneveu@hotmail.com

 

 

 


 

Les merveilleuses photos de Fabien Pothier
Collaboration de
Fabien Pothier


Collaboration du
forum des fans


Collaboration du
forum de l'est

 

 

12