QUELS CHANGEMENTS ? ACCÉLÉRER ET DURCIR LES VIEILLES POLITIQUES ?
Les sens abusent souvent la raison par de fausses apparences.[ Blaise Pascal ]

C'est sans doute une des grandes ironies de la petite histoire politique du Québec que l'ADQ se présente sous la bannière du changement quand on sait qu'elle veut remplacer ce qu'elle appelle de «vieilles» idées par des idées encore plus désuètes. Mais le changement promis par l'ADQ est de même nature que celui qu'on trouverait au fond d'un vieux coffre en cèdre rempli de vêtements des années 1950.

Les politiques proposées par l'ADQ ont été mises en œuvre — à des degrés divers — depuis plus de 20 ans par la plupart des gouvernements. C'était la réponse musclée à la crise de croissance du capitalisme dont les taux de croissance ont été coupés de plus de moitié à partir de 1975. Ce sont ces politiques que M. Dumont veut accélérer et durcir. Depuis 1980, elles ont causé des torts immenses: diminution du salaire réel des travailleurs québécois de 18% entre 1975 et 1995, précarisation du travail, coupes massives dans les programmes sociaux, augmentation de la pauvreté infantile.
M. Dumont affirme qu'il n'y a pas de vaches sacrées: les vaches sacrées qu'il veut conduire à l'abattoir sont la sécurité d'emploi, le régime de soins universels, l'impôt progressif, certains des règlements qui protègent la santé et la sécurité de la population, la démocratisation de l'éducation (rappelons qu'en 1951, 14% des Québécois terminaient leur secondaire par rapport à 83% aujourd'hui en comptant ceux et celles qui terminent leurs études en plus de cinq ans). Toutes ces mesures qui ont bénéficié à la vaste majorité des Québécois, y compris à la majorité de la «classe moyenne» que l'ADQ prétend défendre, sont dans le collimateur. C'est précisément l'adoption de ces politiques qui ont fait passer la «classe moyenne» de 60 à 44% de la population canadienne entre 1973 et 1996.

Un gouvernement adéquiste administrera la même vieille pilule sous un nouvel enrobage, mais en dose plus concentrée. Sous couvert de renouveau, la formation politique de M. Dumont veut remplacer les idées d'hier par celles d'avant-hier en les présentant comme celles de demain. Il n'est pas exagéré de dire que la mise en œuvre de ce programme nous ramènerait 40 ans en arrière.

Pour en savoir plus:  Un texte de Léo-Paul Lauzon: Démocratie, affairistes et privatisations : PROMESSES ÉLECTORALES -ICI-

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