| Le texte censuré de l'Appel de D'Abord Solidaires: |
| La version non censuré (après les élections) ICI |
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Appel pour un Québec
d'abord solidaire !
*** Les phrases ou parties de phrases remplacées par des astérisques l'ont été à la demande du Directeur général des élections en conformité, selon lui, de la loi électorale. Vous pourrez retrouver le texte intégral de cette déclaration historique, dès le lendemain des élections. |
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Depuis quelques mois se multiplient les débats sur des sujets aussi cruciaux que le rôle de l'État, la solidarité sociale, l'engagement citoyen, le financement des services publics et la place des libertés individuelles. Une élection aura lieu bientôt au Québec et ses enjeux déborderont largement le cadre constitutionnel. En fait, nous devrons trancher entre un Québec mobilisé par la recherche du bien commun ou résigné à troquer des projets collectifs pour le repli du chacun pour soi. Pour nous, ce deuxième choix n'en est pas un. Nous sommes en effet partie prenante des luttes sociales pour le logement, le travail, la sauvegarde des villages et des rivières, pour le développement des garderies, des coopératives, des cuisines collectives. Nous sommes de celles et ceux que la Marche "Du pain et des roses" a soulevés-es d'enthousiasme en 1995. Nous avons scandé "Solidarité avec les femmes du monde entier" en octobre 2000 et avons exprimé notre indignation devant la médiocrité des réponses gouvernementales aux revendications sur la pauvreté et la violence faite aux femmes. Nous avons manifesté au Sommet des Amériques contre la ZLEA, dénonçant un libre-échange profondément inégal et réclamant des Amériques solidaires, égalitaires, écologiques et démocratiques. Nous avons applaudi à la création du Forum social mondial de Porto Allegre et à l'élection du président Lula, au Brésil. Nous nous sommes prononcés-es à la fois contre la guerre en Afghanistan et contre le régime des Talibans. Et nous nous mobilisons contre une intervention militaire des Etats-Unis en Irak. |
Nous voulons casser la morosité, soulever des débats et crier haut et fort qu' " Un autre monde est possible! " |
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Oui, possible, ici-même
au Québec à condition de secouer la torpeur ambiante. La
vie vaut bien un combat résolu et pacifique afin que chacune et
chacun trouve dans cette société sa part de rêve,
à la fois de quoi vivre et des raisons de vivre |
| Le sens du bien commun fout le camp! |
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Lorsque des associations patronales s'insurgent de facon quasi rituelle contre l'amélioration du salaire minimum; Lorsque des médecins spécialistes, formés surtout grâce à l'argent des contribuables et payés par ces mêmes contribuables, menacent de déménager si le gouvernement refuse d'augmenter leur revenu de 40%; Lorsque la grande industrie agricole se développe au détriment de la santé des cours d'eau, des boisés et de la faune; Lorsque la population d'un quartier monte aux barricades parce que des logements sociaux sont construits près de chez- elle; Lorsqu'une partie de la classe moyenne se dit prête à payer pour être soignée plus rapidement, ouvrant ainsi la porte toute grande à une médecine à deux vitesses; Lorsqu'en cette ère néo-libérale tout se vend et tout s'achète : les corps humains, surtout ceux des femmes et des enfants, l'eau, la forêt, la terre, le patrimoine génétique. |
Il est alors plus que temps de retourner au sens véritable du vivre ensemble, donc, du bien commun! |
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Le bien commun, c'est la terre, patrimoine commun de l'humanité. C'est le respect des droits fondamentaux, individuels et collectifs, inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme, dans les diverses conventions et protocoles internationaux et dans nos chartes québécoise et canadienne. C'est l'ensemble des valeurs, règles et institutions qu'une société se donne pour assurer le bien-être de toutes et tous. Le bien commun c'est le phare qui permet de débusquer les exclusions et l'outil qui permet de retisser les liens sociaux brisés. C'est la richesse commune d'une société. Il nous appelle à avoir le sens de l'autre, il nous convie à l'action et à l'engagement pour la justice, l'égalité en droit et en fait, la solidarité et la liberté. Certains nous proposent de mettre tous nos oeufs dans le panier de la responsabilité individuelle; de considérer l'État comme un mal nécessaire, de moins en moins responsable du bien commun; de remplacer la justice sociale par la charité, la solidarité par le seul intérêt privé, particulier. C'est à cela que nous conduisent déjà les politiques de réduction trop rapide et excessive des déficits gouvernementaux et les baisses massives d'impôt. ** *** ****** ** *'***, ** **** *** ******** ************* *'****** ******, **** ********* *'***** **** ****, ********** ** **** *** ********* ************** ** *************. Nous avons une autre vision de la société et de l'État. Nous croyons que les collectivités locales et régionales, que les multiples associations de citoyens-nes, que l'engagement de chacune et chacun sont les fondements d'une vie démocratique pluraliste et soucieuse du bien commun. Les gouvernements doivent être à l'écoute des citoyennes et citoyens et assumer avec les forces collectives issues de la société civile la responsabilité du respect des droits individuels et collectifs dans toutes les sphères de la vie en société. Nous partageons les critiques souvent justifiées des gens qui ne voient plus que la bureaucratie dans l'État. Nous en avons assez des scandales, du copinage, d'un certain "Québec inc" où des réseaux influents se partagent entre eux les pouvoirs économiques et politiques. Nous plaidons pour un État responsable, accessible et non bureaucratique, proche des gens, qui délègue sans se déresponsabiliser, qui propose, mobilise, facilite la participation des citoyennes et citoyens aux décisions. Nous voulons un État où le vote de chacune et chacun compte, où le scrutin fait une large part à la proportionnelle reflétant ainsi les tendances diverses qui se côtoient dans notre société. Nous sommes convaincus-es que seul un sens élevé du bien commun peut garantir un partage équitable de la richesse, ce qui est l'un des rôles essentiels de l'État. À nos yeux, la pauvreté n'est pas une fatalité et nous pensons que le Québec dispose de tous les moyens nécessaires pour y mettre fin. Nous refusons de privatiser les services de santé, *** *** ** ******* *'***, de faire de l'éducation une marchandise, de déréglementer le marché du travail, de considérer la culture seulement comme un produit industriel. Nous votons pour des politiques de développement durable, respectueuses de l'environnement, pour un soutien social et étatique aux familles, pour l'accès de toutes et tous à la culture, aux vacances, aux loisirs. Plus globalement, nous reconnaissons vivre dans une société diversifiée et plurielle où nous apprenons les uns-es des autres, où toutes et tous doivent jouir des mêmes droits dans le respect de leurs différences. Nous savons que beaucoup reste à faire pour que les Québécois-es de toutes origines se sentent acceptés pour ce qu'elles et ils sont: des Québécois-es à part entière quelle que soit leur origine ethnique ou culturelle. Nous sommes inquiets-es des tensions qui montent entre Québécois-es et autochtones autour de l'entente de principe entre le gouvernement québécois et les Innus. Nous estimons que seule la pleine reconnaissance du droit à l'autodétermination des peuples autochtones peut mener à la signature d'ententes négociées et équitables pour toutes les parties en cause. Nous voulons vivre dans un Québec ouvert au monde, et d'abord solidaire des peuples des Amériques. Nous luttons de concert avec les progressistes des autres provinces canadiennes pour que l'État fédéral travaille à la paix sur la scène mondiale. |