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- Texte de Léo-Paul Lauzon, professeur au département des sciences
comptables et titulaire de la Chaire d’études socio-économiques de
l’UQAM
Ce que la propagande peut faire, mes amis et
ceux qui ne le sont pas. À la longue, elle en vient à aliéner le monde,
qui est même prêt à accorder son vote à Mario Dumont de l’Action
démocratique du Québec (ADQ) et à sa promesse de dégraisser l’État pour
mieux engraisser les opportunistes de tout acabit. Réveillez-vous bande
de petits mongols ! Dégraissez l’État, ça veut dire couper radicalement
dans la santé, l’éducation, le transport en commun, la sécurité du
revenu, les soins à domicile, la protection de l’environnement, les
garderies, l’assurance-médicaments, les routes, etc. Tous des services
publics que l’on privatisera à des profiteurs qui vous feront payer le
double et le triple en services privées en lieu et place des impôts que
vous payiez auparavant à l’État que Mario veut squelettique. En réalité,
les gens sont tellement brainwashés qu’ils sont prêts à accorder
leur confiance à des gens qui les appauvriront encore plus, au profit de
quelques arrivistes comme cela est arrivé récemment lorsque le
gouvernement fédéral a privatisé, sans aucune consultation publique, des
instruments collectifs comme les aéroports, le système de navigation
aérienne de Air Canada. Vous allez voir à la lecture de mes prochaines
chroniques qui porteront justement sur ces honteux délestages,
constituant bel et bien des abus flagrants de biens sociaux.
En vérité je vous le dis, Mario Dumont et l’Action démocratique du
Québec représentent un réel danger public pour la majorité. En plus de
privatiser nos acquis sociaux, le petit Mario va aussi ouvrir la porte
en grande à la sous-traitance d’emplois dans la fonction publique, tant
provinciale que municipale, à des affairistes devenus tout d’un coup
comme ça de dynamiques « entrepreneurs ». Dans un excellent article du
journaliste Richard Hétu de La Presse, daté du 26 mai 2002 et intitulé :
« Pour un revenu de subsistance », on pouvait lire ce qui suit : « En
1994, des groupes communautaires et religieux de Baltimore au États-Unis
ont remarqué que les soupes populaires étaient fréquentées par un nombre
croissant de travailleurs à l’emploi d’entrepreneurs exécutants des
contrats pour la ville de Montréal qui les payait au salaire minimum
». Au salaire minimum, sans assurance-maladie et autres avantages
sociaux s’entend, car aux States, la santé est une business
privée, comme vendre des crottes de fromage biologiques et des capotes
additionnées de vitamine C. Ceci amène que 44 millions d’Américains
n’ont aucune couverture d’assurance-maladie comme ces working poors
payés au salaire minimum. Mais, pour Michael Walker, directeur du
secteur de la santé à l’Institut patronal Fraser, le problème des
Américains sans assurance médicale peut être vu comme un choix
personnel. Un petit trou de cul à qui les journalistes, qui se font
alors complices, accordent la parole à tour de bras, comme Mathieu
Perreault de La Presse dans son article du 25 janvier dernier intitulé :
« Plus d’Américains que de Canadiens insatisfaits des soins de santé ».
ben voyons donc, tout le monde sait ça que des millions d’Américains
préfèrent de beaucoup n’avoir droit à aucun de santé en cas de maladie.
C’est ça le concept de la liberté individuelle américaine à la sauce
républicaine. On est aussi pauvre par choix, c’est pas difficile à
comprendre me semble. En passant, dans les collèges et les universités
privés aux États-Unis, faut que le citoyen libéré de l’État paie entre
20 000 $ et 100 000 $ par année pour faire instruire sa marmaille. Que
c’est donc merveilleux l’État-néant pour le monde ordinaire que le
gratin économique et politique veut toutefois obèse et généreux lorsque
vient le temps de saupoudrer les entrepreneurs de subventions publiques
et d’ « investir » dans la police, l’armée et la lutte contre le
terrorisme. Oui, je dis bien « investir » dans l’armée et « dépenser »
dans la santé et l’éducation publiques. À New-York, les groupes
communautaires et religieux ont demandé au nouveau maire Michael
Bloomberg d’obliger les entrepreneurs à payer leurs enployés, pour ne
pas dire leurs esclaves, 8,10 $ de l’heure assorti d’une
assurance-maladie. Le dit maire, qui, soit dit en passant, vient
d’accorder une aide gouvernementale de plus de 500 millions $ aux Mets
et Yankees de New-York pour la construction d’un autre stade de
baseball, s’y oppose estimant que le règlement coûterait trop cher à la
Ville ( environ 100 millions $) qui se trouve, selon lui, dans une
situation financière difficile. Cherchez l’erreur ! Distribuer 500
millions $ à des affairistes et des millionnaires, c’est un bon «
investissement » en termes de gestion de fonds publics, mais verser 100
millions $ à des ouvriers exploités par ces mêmes affairistes et
millionnaires, constitue une « dépense » extravagante qui rime avec
retour au déficit du gouvernement.
Voilà, mes chers amis, une facette de ce signifie dégraisser l’État par
la voie de la sous-traitance et des privatisations sans parler de la
baisse des impôts promise aux compagnies et aux nantis. Vraiment le
klondike ! À bien y penser, Mario Dumont est full cool débile,
plus débile que full cool. L’ineffable Claude Charron, ancien
ministre péquiste et grande vedette locale de la télévision privée a
qualifié de « rafraîchissant » la montée fulgurante de l’Action
démocratique du Québec dans les derniers sondages (La Presse, dimanche
le 26 mai 2002, André Duchesne, journaliste, « Charron prédit deux gains
à l’ADQ »). Faut pas lui en vouloir, mes frères et mes sœurs, soyez
miséricordieux, car dans son cas c’est pathologique. Ce sont des gens
comme lui et bien d’autres qui vous aliènent à longueur de journée à la
radio, à la télévision et dans les journaux. De bien petites gens à qui
ils ne serviraient à rien de leur greffer un cerveau. Assuré que le
nouveau cerveau les rejettera.
Quant à Jean Charest du Parti libéral du Québec, dit la balloune gonflée
à l’hélium, dixit Michel Chartrand, sa première vraie promesse
électorale fut d’annoncer l’abolition de la taxe sur le capital des
entreprises, ce qui « soulagera » les recettes de l’État d’un maigrichon
1,7 milliards $ par année (Journal de Montréal, 16 mai 2002, économie en
bref, « La première vraie promesse de Charest »). Déjà que les
compagnies au Québec reçoivent plus en aide gouvernementale directe et
indirecte qu’elles en versent en impôts et taxes, il y a rien là !
Comment le gouvernement libéral fera-t-il pour boucler le budget de la
province de Québec avec 1,7 milliards $ en moins, que vous me demandez ?
Vraiment vous êtes durs de « comprenure ». C’est simple : en privatisant
et en sous-traitant, voyons donc. Au moins, avec le Parti Libéral du
Québec il n’y a pas de cachette, ce parti politique est dans les faits
une succursale du patronat et des gras durs qui seront encore plus gras
une fois l’État dégraissé.
- Publié dans le journal de rue: Journal l'Itinéraire et le
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