ADQ - ÉDUCATION: LES BONS D'ÉTUDES

Les écoles publiques reçoivent une subvention de près de 5000 $ par élève alors que le secteur privé est subventionné jusqu'à hauteur des deux tiers de ce montant. Avec les bons d'études, un gouvernement adéquiste verserait la subvention directement aux parents pour qu'ils envoient leurs enfants à l'école de leur choix. Au départ, cela représenterait une subvention supplémentaire de 170 $ millions en faveur du secteur privé, qui profitera d'abord aux familles aisées et qui enlèvera des fonds au secteur public, déjà sous financé. Cette mesure mettrait l'école publique en péril ainsi que les efforts pour démocratiser l'éducation entrepris il y a 40 ans.

Les défenseurs des bons d'études prétendent qu'ils améliorent la qualité de l'éducation et la réussite et qu'ils sauvent de l'argent au public. L'expérience américaine contredit ces énoncés. À Milwaukee, Wisconsin, 10 800 élèves profitent des bons d'études. Un rapport du Wisconsin Legislative Audit Bureau souligne que les espoirs d'amélioration de la réussite suscités par les bons d'études «ne peuvent être vérifiés». À Cleveland, Ohio, on compte 4300 bénéficiaires des bons d'études. Selon le département de l'Éducation, les élèves du secteur public ont des «résultats comparables» aux bénéficiaires des bons d'études qui fréquentent les écoles privées. Ces résultats ont été vérifiés par une étude indépendante d'un professeur de l'Université de l'Indiana qui révélait que les enfants des familles ayant fait une demande de bons d'études sans les avoir obtenus et qui envoyaient leurs enfants au secteur public «réussissaient mieux que les enfants ayant bénéficié des bons d'étude
(9)».

Par ailleurs un rapport de la firme comptable KPMG montre que les écoles publiques de Cleveland perdent l'aide de l'État «sans que leurs coûts changent». De plus les frais de transport des bénéficiaires des bons d'études sont trois fois plus élevés que ceux du réseau public. Plusieurs d'entre eux habitent loin de leurs écoles et doivent être transportés en taxi. Ces compagnies ont surfacturé l'État pour un montant de 419 000 dollars américains pour transporter des élèves qui manquaient leurs cours.

La solution adéquiste coûtera cher et ne contribuera pas à résoudre les problèmes de notre système d'éducation qui sont avant tout des problèmes sociaux tels que la pauvreté, les inégalités sociales, la formation des maîtres. Qu'on se rappelle que 50% des enfants dans la région métropolitaine sont mal nourris. Quand vous arrivez à l'école le ventre vide, ce n'est pas le dernier gadget pédagogique qui augmentera significativement la réussite scolaire.
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Saviez-vous que:

C'est l'économiste Milton Friedman, conseiller du président américain Ronald Reagan qui a popularisé les bons d'études (en 1955), l'impôt unique et la privatisation des services publics.

En 1996, le Wisconsin a mis sur pied un programme pour augmenter le ratio maître/élèves. Un rapport démontre que celui-ci a permis aux élèves de 3ième année de faire des progrès dans toutes les matières.


9- Ces informations sur les bons d'études et celles qui suivent sont principalement tirées de Rethinking Schools, An Urban Educational Journal et d'un texte intitulé: Five Years and Counting: A Closer Look at the Cleveland Voucher Program, People for the American Way foundation, www.pfaw.org .

Voir aussi les articles de Pierre Mouterde et d'Antoine Baby dans la section Documents

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