| L'ADQ ET LA PRIVATISATION DU SECTEUR
PUBLIC Les priorités de l'ADQ |
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| D'après le programme la priorité de l'ADQ est de «remettre l'État à sa
place», c'est-à-dire sabrer 25% des effectifs de la fonction publique,
mousser la part du privé en santé et en éducation, privatiser l'assurance
juridique et impliquer «le secteur privé dans la gestion» des prisons. En
2001, M. Dumont déclarait qu'on pourrait envisager de privatiser les
monopoles d'État et il a déjà parlé de privatiser l'assurance-chômage
(1).
La théorie qui inspire ces propositions prétend que le secteur public est inefficace dans la fourniture de services comme la santé et l'éducation et qu'il vaut mieux confier ces activités au secteur privé. Elle a été formulée par le philosophe et économiste écossais Adam Smith qui écrivait en 1776 que les gouvernements sont «toujours les plus grands dissipateurs de la société». Voilà pour les idées jeunes de l'ADQ! |
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| Récemment, nous avons eu l'occasion de vérifier l'efficacité du secteur privé. Pour la deuxième année consécutive les faillites d'entreprises américaines cotées en bourse ont battu tous les records (2) . Cinq des dix plus importantes faillites de l'histoire ont eu lieu en 2002. De plus, nous avons assisté à l'une des plus grandes fraudes de l'histoire américaine impliquant le secteur privé, particulièrement dans les domaines de l'énergie et des communications, deux secteurs visés par la déréglementation. Au Canada, Nortel a congédié plus de 53 500 employés et son titre a perdu 98% de sa valeur en deux ans. Son président démissionnaire John Roth a flambé 30,5 milliards de dollars américains (plus de la moitié de la dette directe du gouvernement québécois) pour acquérir 18 entreprises qui ne valent plus qu'une fraction ridicule de leur valeur. De son côté BCE a revendu Téléglobe pour 155,3 millions de dollars, «à des années-lumière des 7,4 milliards de dollars» déboursés pour son achat. En rayant cet actif, BCE pourra récupérer 2 milliards de dollars en impôts, facture qui sera assumée par les contribuables. Et pourtant, M. Dumont déclarait: «Sur le plan économique, nous sommes clairement plus en faveur de la libre concurrence et du privé (3)» . |
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SAVIEZ-VOUS QUE: Advenant la ratification de la zone de libre échange des Amériques les entreprises américaines et celles des autres pays membres pourront venir concurrencer les sociétés d'État québécoises qui auront été en totalité ou en partie privatisées: services médicaux, casinos (Loto-Québec), SAAQ, Hydro-Québec, etc. L'Ontario, suite à une révolte des consommateurs, a renoncé à privatiser l'électricité, dont les prix ont augmenté de 25% suite à la déréglementation de la distribution de l'électricité (les Ontariens peuvent choisir leur fournisseur). Le gouvernement craignait sans doute que les nouvelles augmentations qu'auraient sûrement entraîné cette privatisation de 49% d'Hydro One lui fasse perdre les prochaines élections. (source: La Presse, 21 janvier 2002) Une enquête judiciaire a identifié que les compressions au ministère de l'Environnement et la privatisation de l'analyse de l'eau avaient été en partie responsables de l'épidémie d'E.coli qui a fait sept morts et rendu 2300 autres personnes malades, en mai 2000 à Walkerton, Ontario. Le but du secteur privé contrairement au secteur public est de faire des profits... Donc peu importe ce que disent l'ADQ et Mario Dumont tout transfert au privé d'une sphère d'activité dévolue au public coûtera nécessairement plus cher... Sauf, peut-être, si les salaires sont coupés et ramenés aux salaires "minima". Toute brèche ouvrant la porte à une privatisation, même partielle, des services de santé et dans l'éducation ne manquera pas de s'agrandir au fil des années... Voulez- vous parier là-dessus ? |
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1- La Revue, 18 avril 2001, et Le Soleil,
1er mai 1995. |
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