Nombre Karmique

Il s’agit d’un être qui ne peut pas supporter l’idée que sa vie n’a pas une raison d’être, qu’il n’est utile à rien ni à personne et qui, de ce fait, nourrit un indicible complexe de supériorité.
Pourtant, à le voir-on pourrait penser tout le contraire. Car le plus souvent, il a un caractère très réservé, voire même inhibé, ou tourmenté par une espèce de culpabilité usante et épuisante, qui conditionne toutes ses attitudes.
C’est ainsi que, d’emblée, non seulement il se met au service d’autrui avec un zèle discret, mais constant et sans défaillance, mais encore veut-il que tout ce qu’il fait soit parfait, afin d’être irréprochable.
Or c’est bien dans un tel comportement qu’affleure son orgueil ou cette haute opinion qu’il a de lui-même. Car au fond, il n’envisage pas un seul instant qu’on puisse le critiquer le critiquer ou le prendre en faute.
Toutefois, à force de rendre service aux autres ou de passer le plus clair de son temps à s’occuper d’eaux, à trop vouloir faire de l’altruisme son unique raison de vivre, il finit non seulement par s’investir dans des tâches ou des responsabilités qui ne l’intéressent pas ou qui sont trop lourdes à porter pour ses seules épaules, mais aussi et surtout par négliger ses proches et se détourner de lui-même, de ses vraies motivations, de son évolution personnelle.
Ce faisant, il finit par ressentir de l’amertume, des regrets, certaines aigreurs, voire même des rancœurs, car évidemment, il est rarement payé de retour pour tout ce qu’il fait, et il finit par avoir l’impression qu’on ne l’estime pas à sa juste valeur, dont on sait que, pour sa part, elle est inestimable.
Tout cela renforce l’introversion de son caractère, quand pourtant il a besoin de cultiver d’authentiques relations de confiance avec quelques êtres rares, auxquels il sera dévoué bien sûr, mais qui sauront vraiment l’apprécier et lui donner toute l’affection dont il a besoin.
Car au fond, c’est un grand sentimental. Et une fois qu’il en a pris conscience, on peut dire qu’il a tout compris et qu’il est sauvé. Mais pour ce faire, il lui faut d’abord admettre que nul n’est parfait ici-bas, pas plus lui que les autres, et qu’il n’est pas capable d’aimer tout le monde ni de se faire aimer de tous.
En jouant un peu sur les mots, on peut dire qu’il ne se rend jamais service à lui-même en passant son temps à rendre service aux autres. Ce qu’il lui faut trouver, c’est cette confiance en soi qui lui manque.
Car c’est à cause de se manque justement, qu’il se fait confiance, et qu’il s’aime d’une certaine manière, il est mûr pour faire la part des choses, gérer ses propres contradictoires, s’abandonner à ses sentiments et, cette fois, faire tout ce qu’il doit faire pour lui-même.
C’est alors qu’il sera en mesure de rendre service aux autres, de se dévouer généreusement, et peut-être même d’effleurer cette perfection dont il rêve tant.