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Introduction du calendrier
actuel
Les Romains, les Portugais et les Espagnols qui se
couchèrent le soir du jeudi 4 octobre 1582 eurent le privilège de se
réveiller le vendredi... 15 octobre 1582 (Pas tous! C'est ainsi que
Thérèse
d'Avila choisit cette nuit particulièrement longue pour rendre l'âme à
Dieu).
Cette nuit du 4 au 15 octobre 1582 avait été choisie par le
pape Grégoire XIII pour l'entrée en application de sa réforme du
calendrier julien, ainsi nommé d'après Jules César.
La réforme de
Jules César
Aux premiers
temps de Rome, la mesure du temps se fondait sur les cycles de la lune.
L'année débutait en mars. C'est pourquoi Septembre était alors le septième
mois. Elle comportait 355 jours et dix mois inégaux de
30 ou 31 jours.
Il était habituel aux Romains de payer les
intérêts de leurs dettes dans les premiers jours de chaque mois, ces jours
étant appelés calendes (ou calendae). D'où le mot "calendrier"
qui désigne le registre où sont inscrits les comptes puis la mesure du
temps elle-même.
On ajoutait au calendrier deux mois (janvier et
février) pour mettre l'année en concordance avec le cycle du soleil et
pour respecter le rythme des saisons. Le dernier mois, février, était
réputé néfaste. Il était consacré à des purifications.
Les
Pontifes, qui réglaient à Rome les affaires religieuses, devaient affiner
le calendrier en ajoutant tous les deux ans quelques jours
supplémentaires. Ils usaient de ce privilège en fonction de leurs
intérêts, pour allonger ou raccourcir le mandat des consuls.
En 46
avant JC, le maître de Rome décide d'en finir avec ces fantaisies. Il
introduit un judicieux calendrier mis au point par l'astronome Sosigène
d'Alexandrie.
Jules César impose une année de 365 jours divisée en
12 mois de longueur inégale, qui débute le 1er janvier, avec une année
bissextile de 366 jours tous les quatre ans.
Le 366e jour est
introduit après le 24 février. Superstitieux, les Romains évitaient
d'employer le mot février et désignaient ce 24 février par l'expression:
sexto ante calendas martii (sixième jour avant les calendes de
mars). Le 366e jour est en conséquence appelé bis sexto ante...
D'où le nom de bissextile qui est encore donné aux années correspondantes.
La mise en place du nouveau calendrier se solde par une "année de
confusion" de 445 jours! Il s'agit de réaligner une bonne fois pour toutes
le début de l'année sur l'équinoxe de printemps.
Auguste ne
vaut pas moins que Jules
Sur une proposition du Sénat de Rome, le cinquième mois
de l'année fut nommé julius (le nom s'est transformé en
juillet dans notre langue) pour remercier Jules César d'avoir
réformé le calendrier. Mais cette réforme fut d'abord mal appliquée.
Plus tard, son successeur Auguste remit la
réforme sur les rails. Il supprima les années bissextiles sur une période
de 12 ans pour gommer un léger décalage entre le calendrier de son
prédécesseur et le cycle solaire.
Flatteur, le Sénat décida en
conséquence de donner son nom au sixième mois de l'année
(augustus, qui devint août en français)...
Mais
dans le calendrier initial, ce mois avait 30 jours contre 31 pour
julius!
Afin de mettre César et Auguste sur un pied
d'égalité, on enleva donc un jour à février pour le donner au mois d'août,
et l'on attribua 30 jours au lieu de 31 au mois de septembre (le septième
mois dans l'ancien calendrier romain). On réajusta également le nombre de
jours des trois autres mois.
L'avènement de
l'ère chrétienne
En 532,
suite aux travaux du moine Denys le Petit, l'Eglise décide de compter les
années à partir du 1er janvier qui suit la naissance du Christ. Denys le
Petit situe celle-ci 753 ans après la fondation de Rome, l'année de
référence des anciens Romains (on pense aujourd'hui qu'il s'est trompé de
5 ans, le roi Hérode, contemporain du Christ, étant mort en l'an 750 de la
création de Rome).
Sous la Renaissance, les astronomes
s'aperçoivent que l'année calendaire dépasse l'année solaire de... 11
minutes 14 secondes.
Quinze siècles après la réforme julienne, le
cumul de cette avance conduit à un décalage de dix jours entre l'année
solaire et l'année calendaire.
Ce décalage pose des problèmes aux
savants de l'Eglise qui doivent fixer chaque année la date de
Pâque.
La réforme de Grégoire XIII
Sur le conseil de ces savants, le pape Grégoire XIII
décide le 24 février 1582 de supprimer désormais trois années bissextiles
sur cent afin de mettre le calendrier en concordance avec l'année
solaire.
C'est ainsi qu'il attribue 365 jours, et non 366, à trois
sur quatre des années qui inaugurent les siècles.
Cette modeste
réforme ramène à 25,9 secondes l'écart avec l'année solaire (une
broutille).
Par ailleurs, le pape décide de rattraper les dix jours
de retard depuis la réforme de Jules César. Le rattrapage se produit dans
la nuit du 4 au 15 octobre de la même année.
Mais nous sommes en
pleine guerre de religion entre catholiques et réformés. Seuls les Etats
acquis à la Contre-Réforme catholique adoptent le calendrier du pape. Ce
sont les états pontificaux, l'Espagne et le Portugal.
La France y
vient deux mois plus tard, l'Allemagne du sud et l'Autriche en 1584, la
Prusse en 1610, l'Allemagne du nord en 1700, la Grande-Bretagne en 1752,
le Japon en 1911, la Russie en 1918 et la Grèce en 1923...
En 1793, les révolutionnaires français
tentent mais
en vain d'abolir le calendrier grégorien auquel ils reprochent une trop
forte connotation religieuse.
Le calendrier grégorien est
aujourd'hui admis de façon quasi-universelle. A preuve le succès des
célébrations de l'An 2000 sur toute la planète.
Conséquence
importante
Les
événements d'un pays quelconque sont encore aujourd'hui datés d'après le
calendrier en vigueur en ce pays, à ce moment-là.
Il peut y avoir
des discordances sur les dates. C'est ainsi que les
traités
d'Utrecht de 1712-1713 ne sont pas datés du même jour selon que l'on a
affaire à un historien britannique ou à un historien français ou
espagnol.
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