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LE JOUR DU SEIGNEUR POSSÈDE UN CORPS
Il faut être conscient que nous vivons dans une société grandement sécularisée qui
s'organise de plus en plus sans aucune référence à Dieu et à ce qu'il attend de nous. Un
paganisme moderne émerge où les idoles ne sont plus des êtres mythiques mais des
choses comme les biens de consommation, le plaisir, le divertissement. Ce paganisme
ambiant nous a envahi au point de nous faire perdre de vue ce qui est proprement chrétien
et ce qui ne l'est pas. Comme les démons expulsés par Jésus dans l'Évangile, nous
devrons secouer notre esprit avec violence pour faire sortir ce paganisme de nos
habitudes et de notre vie personnelle et communautaire. Cette perte de sensibilité
chrétienne a conduit à l'abandon d'une composante essentielle de la sanctification du
dimanche, à savoir la nécessité de faire de ce jour un jour de repos et de non
consommation. Cette composante constitue un préalable indispensable si nous voulons
être fidèles à l'esprit de ce jour.
«Observe le jour du sabbat pour le sanctifier, comme te l'a commandé Yahvé ton
Dieu. Pendant six jours tu travailleras et tu feras ton ouvrage, mais le septième jour
est un sabbat pour Yahvé ton Dieu.» (Dt 5,12)
Cette parole de vie nous invite à rythmer notre vie sur le tempo du ciel. En effet,
l'alternance du travail et du repos, inscrite dans la nature humaine, est voulue par Dieu lui-même, comme le montre le récit de la création dans le livre de la genèse (cf. Gn 2, 2-3; Ex
20, 8-11).
Le repos est une attitude obligée du JdS si on veut prendre du recul et contempler les sens
des choses. Il est nécessaire de se dégager des occupations ordinaires pour s'adonner
à la prière, favoriser les relations familiales et amicales, pour être libre et donner une
attention aux aînés, aux malades, aux personnes seules. L'expérience prouve sans
équivoque que l'absence de repos périodique transforme les êtres humains en machines
qui perdent de vue le but même de leur action et le sens des valeurs.
Le repos du dimanche nous libère de l'esclavage de la consommation et de l'emprise des
mass-média. Il est nécessaire pour vivre personnellement et communautairement une vie
d'amour gratuit avec Dieu. Comme les amoureux arrêtent tout et prennent du temps
ensemble, ainsi les chrétiens sont appelés à prendre le repos du dimanche à cause de
Dieu et avec lui, montrant ainsi à la face du monde qu'ils sont en amour avec lui.
À notre époque, il reste nécessaire de faire effort pour que tous puissent connaître la
liberté, le repos et la détente nécessaires à leur dignité d'hommes, avec les exigences
religieuses, familiales, culturelles, interpersonnelles qui s'y rattachent et qui peuvent
difficilement être satisfaites, si l'on ne réserve pas au moins un jour par semaine où il sera
possible de jouir ENSEMBLE de la faculté de se reposer dans une atmosphère de fête.
C'est à cette liberté nécessaire au maintien de notre relation à Dieu et aux autres que le
Christ pense quand il dit: «Le Sabbat est fait pour l'homme ...».
Comme le dit Jean-Paul II : «Le jour du repos est donc tel, d'abord parce qu'il est
le jour béni par Dieu et sanctifié par lui, autrement dit séparé des autres jours pour être,
entre tous, le Jour du Seigneur. ... il est une garantie contre la servitude totalitaire du
travail (et de la consommation) par une assimilation à Dieu ... Il est non seulement signe
perpétuel rendant l'homme et son rythme de travail à l'image de Dieu, mais un signe
sanctifiant unissant à Dieu.» Cette définition est très forte, c'est presque celle que l'on
donne d'un sacrement. Le Saint Père nous exhorte avec insistance à redécouvrir le sens
du dimanche, la valeur de sa célébration, sa signification pour l'existence humaine et
chrétienne.
Note: les passages
en bleu sont tirés de la Lettre apostolique Dies Domini
de Jean-Paul II.
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