PARENTicipation est membre de l'Association Québécoise pour la Santé Mentale des Nourrissons (AQSMN)
LES PRIORITÉS DE PARENTicipation
Créer une alliance éducative avec les futurs parents
pour qu'ils reprennent confiance en eux et se réapproprient leur rôle parental


JOUER LE RÔLE D'UNE SENTINELLE AUPRÈS DU NOURRISSON

   Les neurosciences comportementales convergent actuellement vers le même constat : les besoins du poupon vont bien au-delà des soins physiques et de la simple dose d'amour quotidienne qu'il reçoit généralement de la part de ses parents. Les chercheurs parlent ici de besoins beaucoup plus subtils qui, à défaut d'être reconnus comme tels, seront hélas, à l'origine de nombreux comportements émotifs déficients. Il faut donc prévenir les parents de ce danger !

   Sans nier les avantages évidents de la présence de la mère auprès de son poupon, nous croyons cependant qu'il est préférable pour le nourrisson de profiter de la présence d'une personne maternante plutôt que celle de sa mère si, pour des raisons personnelles et/ou professionnelles, cette dernière n'arrive pas à jouer son rôle maternel à temps plein.

RECRUTER DES FUTURS PARENTS RESPONSABLES ET AUTONOMES

   Ceux et celles qui prévoient devenir parents doivent comprendre d'emblée que l'enfant à venir ne leur appartient pas. Comme le disait si bien Khalil Gibran, il vit avec eux mais il n'est pas leur propriété, il vient à travers eux et non d'eux. Ils peuvent lui donner leur amour mais non leurs pensées car il doit avoir ses propres pensées. Ils pourront s'efforcer d'être comme lui mais éviter de le faire à leur image car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier.

ÉTABLIR UNE ALLIANCE ÉDUCATIVE AVEC LES FUTURS PARENTS

   On dit souvent qu'il n'y a pas d'école pour apprendre à devenir parent. C'est exact mais il y a cependant de nombreuses recherches dont les résultats peuvent devenir une excellente source d'informations. Aujourd'hui des recherches sérieuses ont pu démontrer que des gestes parfois irrémédiables ont été posés contre le poupon par des pères et mères pourtant aimants, mais ignorants de certains principes de base du cerveau humain. Nous voulons permettre aux futurs parents de profiter de toutes ces recherches pour que leur nourrisson puisse en profiter.

PRÉPARER LES FUTURS PARENTS AUX CHANGEMENTS

   Les adaptations physiques ne sont rien en regard des bouleversements psychiques et sociaux que la plupart doivent affronter jour après jour pour s'ajuster à leur nouveau rôle. Accompagner son enfant dans sa croissance demande alors un formidable travail mental, au vu des remaniements à effectuer tout au long de sa vie. Il est donc de toute première importance de ne pas sous-estimer la venue d'un petit bébé.

   Aujourd'hui avoir un enfant est une aventure qui ne doit pas se faire à la légère. Il y a plusieurs facteurs à considérer sérieusement tels que la situation économique, sentimentale, émotive et psychologique des partenaires. Il y a aussi un autre facteur, et non le moindre, qui concerne la préparation physique et mentale du couple pour apprivoiser les éléments qui entourent la gestation, la naissance et l'après-naissance du bébé.

   Nous parlons ici de la pré-parentalité, celle qui prépare le couple à devenir des parents responsables afin d'accueillir l'enfant dans un environnement favorable à son intégrité mentale et son équilibre socio-affectif. Nous savons pertinemment que l'environnement matériel et humain est en grande partie prédictif de son comportement futur; n'est-il pertinent alors d'analyser ce qu'il représente pour ses parents avant même sa naissance ?

INTERVENIR LE PLUS EN AMONT POSSIBLE

   Les interventions précoces permettent d'obtenir des résultats beaucoup plus permanents. Le message que nous livrent les neurones est clair : une intervention dès le plus jeune âge, qui sera d'autant plus efficace qu'elle aura lieu tôt, a un impact plus profond sur la vie d'un enfant et sur la société en général.

REDONNER AUX FUTURS PARENTS DES REPÈRES ESSENTIELS

   La plupart de ceux et celles qui envisagent aujourd'hui la possibilité d'exercer le métier de parent n'ont pas connu la famille tradionnelle, celle qui ne comportait qu'un seul père, une seul mère et souvent de nombreux frères et soeurs. Alors ils se retrouvent dans un contexte qui offre peu de références pour les aider dans leur rôle auprès du nourrisson.

   Certes, il existe aujourd'hui tout un arsenal impressionnant de livres, de brochures, de méthodes et de cours destiné à faciliter la vie des futurs parents mais il est bien difficile de s'y retrouver... surtout lorsque certaines théories se contredisent. Par surcroît, la plupart des ces informations touchent surtout le comportement du nourrisson sans prendre en compte son monde émotif, sa vie intérieure intense, ses motivations, ses angoisses, ses peurs, ses priorités, etc.

   PARENTicipation veut donc sensibiliser les futurs parents à un autre aspect qui va jouer un rôle déterminant tout au cours de la vie de ce futur adulte, l'aspect socio-affectif relié directement au lien d'attachement dont parle le psychiatre et psychanalyste anglais John Bowlby.

TENIR COMPTE DE TOUS LES BESOINS DU NOURRISSON

   On ne peut plus le nier aujourd'hui, de plus en plus de travaux dans des disciplines aussi diverses que la neurologie, la psychiatrie, la biologie, l'éthologie, l'anthropologie et la neurocardiologie constatent que la façon dont les bébés sont maternés déterminera non seulement leur développement émotionnel, mais aussi la maturation biologique de leur système nerveux central.

   La position de certains parents, qui ne voient qu'à leur propre intérêt en refusant de prendre en considération l'importance que peut avoir l'environnement du nourrisson surtout lors de sa première année de sa vie, ne doit plus être tolérée. Il faut informer les futurs parents de la position de plusieurs sommités et de chercheurs en sciences du neurone, du système nerveux, du cerveau, de l'esprit, des émotions, etc.

   Même si certaines des déclarations qui suivent peuvent être constestées au sein même du monde médical, elles méritent tout de même une sérieuse réflexion :

Le processus d'attachement précoce du nourrisson à sa mère, quel que soit son mécanisme, est une réalité fondamentale : elle va permettre au petit enfant d'acquérir la sensation de sécurité permanente qui est indispensable à son équilibre et à son évolution affective et mentale.(Hana Rottman, psychiatre, psychanalyste)

Les petits bébés et les jeunes enfants privés de la présence de leur mère aggrave la probabilité de carences affectives, de défaillance de l’attachement mère/enfant. (Peter Cook : Early Child Care: Infants & Nations At Risk

La stimulation sensorielle qu'apporte une mère à son petit bébé agit comme un nutriment essentiel à la croissance normale, au développement et au bon fonctionnement du cerveau. Ainsi une carence sensorielle au cours de périodes clés peut induire des anomalies dans le développement du cerveau tant dans sa structure que dans son bon fonctionnement (activité neurochimique et neuro-électrique). (Melzack, R. and Burns. S.K. (1965). Neurophysiological effects of early sensory restriction. Exp. Neurol., 13:163-175)

Ce premier temps de la relation mère-enfant, décrite comme un temps de proximité intense, de fusion est indispensable dans les premiers mois de la vie.(Processus de maturation chez l'enfant, Éditeur Payot, D. W. Winnicott)

Une relation d'attachement, puis une relation avec un objet d'amour primaire, le lien à l'autre, sont nécessaires au bon développement de l'enfant. L'absence d'une relation d'objet entraîne la dépression, voire la mort chez l'enfant. (la dépression anaclitique décrite par R. Spitz et bien d'autres).

Dans le cerveau, la sérotonine joue un rôle de neurotransmetteur (c’est un des principaux neurotransmetteurs). Il a été démontré que dans des conditions d’attachement déficient, la sécrétion de sérotonine baisse sensiblement. (Asberg, M., Thoren, P., Traskman, L. (1976). Serotonin-depressive biochemical subgroup within the affective disorders? Science .191:478-480)

L'absence de la mère auprès de son petit bébé viole les millions d’années d’évolution biologique... Le prix à payer est exorbitant et effrayant sur la santé physique, émotionnelle et sociale du nourrisson. (Nutriments essentiels du cerveau pour l’émergence de l’amour et de la paix. Par James W. Prescott, Ph.D.)

Mettre un enfant en garde dès l'âge de deux mois et demi est une aberration. Car la socialisation n'a de sens que si le lien avec la mère est déjà suffisamment solide.(Pr Danion, Journées de l'encéphale, Paris)



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