Des vacances? Indispensable!


Texte ayant paru dans leAffaires d'ORE
de mai 1998, vol. 2, no 2, page 3.


Plusieurs s’accordent pour dire qu'il est important de se ménager du temps de repos, loin du bureau et de la maison... d’autant plus lorsque le bureau est à la maison! D’aucuns prétendent même que nous vivons dans une civilisation de loisirs... Elle est bien bonne!!! Comment puis-je m'amuser pendant plusieurs jours consécutifs et souhaiter ne constater aucune conséquence pour mon entreprise?

Même si celle-ci commence à avoir de meilleures assises, mes clients ne sont pas à l'abri du charme des concurrents actifs sur le terrain... et pourraient me «congé»-dier... sans le fameux 4%! Les fidèles comprendraient peut-être mon départ de quelques semaines... Mais s'ils ne prennent pas eux-mêmes de vacances? De quoi j'aurais l'air? Après tout, il y a plein de gens qui ne peuvent pas partir en voyage... Un curé de paroisse, ça prend des vacances vous pensez??? C’est vrai que je viens de tomber par hasard sur un article de Hyacinthe Vulliez, publié dans la revue La vie de juillet 1985 et intitulé Même les prêtres vont en vacances (et ce n'était même pas un missionnaire...).

Certaines personnes autour de moi trouvent que depuis quelques mois, je ressemble de plus en plus à Gumby. Ces personnes tentent de me convaincre de changer d'air... Qu'à défaut de ne pas prendre un mois d’arrêt durant l’été, il reste encore la «semaine-soleil» pour couper l’hiver en deux, les fins de semaines grappillées ici et là tout au long de l’année et les quelques jours précédant ou suivant un congrès ou un voyage d’affaires. C'est peut-être une bonne idée... L’an prochain probablement... Si tout va bien...

Ma conscience me dit parfois: «Pas besoin d’être un serrurier inconscient pour prendre la clé des champs sur un coup de tête!». Il m’est déjà arrivé de le faire, après avoir préparé les bagages à la dernière minute... J’avais oublié mon maillot, mais heureusement pas les quelques dossiers que j'avais décidé d'amener et sur lesquels j’ai pu me pencher. Pas sur la plage, à cause du sable... il semblerait que ce n'est pas trop bon pour l’ordinateur portatif et le cellulaire! De la chambre d'hôtel, je pouvais facilement prendre mes messages grâce au courrier électronique (c'est génial quand même Internet... être ailleurs et continuer à être un peu chez nous!!!). J'ai même pu appeler des clients pour des renseignements essentiels. Je m'étais donné les moyens de partir, mais sans me sentir coupable... D'ailleurs, plusieurs des hôtels de l'endroit (au fait, c’était où donc?) me rappelaient que je n’avais pas vraiment droit à des vacances... Oui, oui, ils affichaient «No vacancy»... C'est à peu près tout ce que je me souviens de ce voyage...

En quittant ses pantoufles et son cocon quotidien, on se place dans un nouveau cadre géographique et social où on devient automatiquement vulnérable... Mais un travailleur autonome n’a-t-il pas souvent l’occasion de montrer qu'il peut se sortir de situations à risques?... Je pense que je suis convaincu... C'est décidé; je pars!!!... Mais même si j'ai la bénédiction de toute ma clientèle, il reste encore un hic... Mon chien! Qui s’occuperait de Rantanplan? Décidément, il y aura toujours quelque chose pour m’empêcher de partir!



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