RECHERCHES
 

Recherche complétée

______________________________________________________________________________

   L'aboutissement de recherches menées par le professeur Barbaud au cours des vingt années qui ont précédé sa retraite officielle s'est concrétisé par la parution d'un ouvrage intitulé Syntaxe référentielle de la composition lexicale. Un profil de l'Homme grammatical publié chez L'Harmattan (Paris). Ce traité porte sur la théorie grammaticale, celle-ci se définissant comme un modèle possible de la relation mentale qui unit le sens d'une expression linguistique avec le son des mots qu'elle contient. Une telle théorie se pose alors comme une hypothèse sur la nature et le fonctionnement de la faculté de langage propre à l'espèce humaine, laquelle est symbolisée par cet "Homme grammatical" dont cet auteur aspire à dégager le profil théorique. 

   L'hypothèse de Barbaud est que la faculté de langage est elle-même un perfectionnement sophistiqué de la manière dont fonctionne la mémoire humaine, expression la plus achevée de l'évolution du vivant. La tâche de construire mentalement du sens avec des mots appris s'accomplit en vertu d'une constante interaction entre la mémoire lexicale naturalisée dans le cerveau et la combinatoire syntaxique intériorisée dans l'esprit. Cela n'est possible, soutient-il, que si ce fonctionnement interactif est conçu en termes de connexions, ou état connectif, par opposition à la dérivation cybernétique des modèles dominants. Très différent du modèle projectif en "T" de Noam Chomsky, le modèle connectif "en losange" élaboré par cet auteur  permet de rendre compte des objets doués de grammaticalité (expressions linguistiques bien formées) en fonction de leur structure interne et de l'interprétation sémantique la plus saillante, laquelle alterne constamment entre la lexicalité et la compositionnalité.

  L'ancrage de cette théorie dans les faits de langue observables est accomplie grâce à une analyse du phénomène bien connu de la composition lexicale considérée en tant que processus de "formation des mots" inhérent au système de la langue française et des autres langues romanes. Il s'agit donc essentiellement de faits empiriques qui ciblent les mots composés. Un examen rigoureux des diverses structures syntaxiques qui caractérisent ces objets a incité le professeur Barbaud à unifier le traitement des noms composés et des locutions verbales dans un même modèle de relation son-sens. D'où le néologisme de DICTÈMES pour désigner la représentation lexicale de tous les objets de mémoire enregistrés dans le "logotope", i.e. approximativement, le lexique. 

   Considérés généralement comme distincts, voire opposés, les locutions verbales et les noms composés forment alors une seule classe de dictèmes "polylexémiques". Celle-ci se distingue par sa pertinence au paradoxe que doit résoudre le linguiste, à savoir que des expressions construites n'ont pas le sens compositionnel que prédisent les règles de leur mise en forme. Comment des objets construits en syntaxe peuvent-ils être nantis d'une signification proprement lexicale ?

  Les mots composés fournissent alors la preuve convaincante que ce qui est symboliquement construit dans l'esprit peut correspondre à un contenu lexical inscrit dans la mémoire. Une telle correspondance n'est possible, selon l'auteur, que si la mémoire agit sur la combinatoire grâce à un état de connectivité synchrone entre les règles et le lexique.

ACCUEIL
DOMAINES SCIENTIFIQUES
OUVRAGE À PARAÎTRE BIENTÔT
PUBLICATIONS
RECHERCHES
EXPERTISE JURIDIQUE
LIAISON AU CORPUS CLEQ
ENSEIGNEMENT
EXPÉRIENCE
CONTACT
© 2016 PhEB