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Foi et Lumière | | |
Une histoire d'Irlande du Nord
Surmonter les obstacles
L’histoire...
En 1992, lors des “événements”, une communauté catholique de Foi et Lumière en Irlande du Nord a décidé
d’aller plus loin dans
l’amitié et d’inviter à une fête un groupe de familles protestantes ayant une fille ou un fils handicapé.
L’équipe de coordination qui avait pris cette initiative vécut l’attente de cette journée dans l’angoisse.
Mais ils avaient complètement sous-estimé la force et le pouvoir d’unité des personnes ayant un handicap.
Dans le centre pour adultes et dans les écoles, on avait beaucoup parlé de cette fête et on l’attendait
avec impatience. Les parents
et les amis n’étaient pas tout à fait à l’aise contrairement aux personnes handicapées qui ne voyaient
là que leurs amis de l’école ou du
centre. La façon dont elles accueillaient était si communicative que bientôt chacun a pu se détendre,
les barrières sont tombées et la
tension a disparu lorsque tous ont commencé d’apprendre les paroles et les gestes du “Chant de la Communauté”.
Ce soir là, c’était une communauté unie autour de ceux qui dans leur vie aiment et font confiance
et acceptent l’autre, unie aussi
dans la prière animée par quatre pasteurs de chaque tradition religieuse du quartier méthodiste, presbytérien,
Eglise d’Irlande,
catholique.
Cela a-t-il continué ?
Oui, il y eut plusieurs rencontres de ce genre l’année suivante et pour deux de ces rencontres, les
pasteurs se sont en fait retrouvés
à l’avance pour préparer le temps de prière de la rencontre. Chaque fois que nous nous sommes retrouvés
en communauté, nos amis
handicapés nous ont appris à nous accueillir vraiment les uns les autres.
Puis, l’une des participantes presbytériennes a souhaité en savoir un peu plus sur les origines de Foi
et Lumière. On lui a donné la
Charte et la Constitution. Les origines et l’histoire qu’elle a découvertes ne lui ont pas donné envie
de continuer. Nous avons respecté
son choix, à ce moment là Foi et Lumière ne semblait pas être un lieu où se vivait l’œcuménisme dans
ce lieu rural d’Irlande du Nord,
dans les années
1990.
Une leçon retenue
Mais il nous fallait continuer cette expérience d’unité du cœur que nous avions vécue auprès des personnes
ayant un handicap. Nous
avions tiré une leçon de cette expérience. Dans une situation extrême de conflit et de division telle
que nous la vivons en lrlande du Nord,
un certain nombre de choses nous paraissaient très ni portantes si nous voulions bâtir un groupe représentatif
qui prierait fraternellement
et essaierait de construire des ponts:
-On doit reconnaître et respecter la tradition religieuse de chacun.
-Personne ne devrait se sentir menacé par la tradition religieuse d’un autre.
-Il doit y avoir un équilibre dans le nombre de personnes.
-Il faudrait créer un lieu où chacun se sentirait en sécurité parce qu’il n’appartiendrait à aucune
dénomination religieuse.
-L’idéal serait que chaque personne arrivant dans le groupe soit bien enracinée dans son Eglise.
À partir de “l’échec” qu’a connu Foi et Lumière en travaillant avec les différentes confessions en
lrlande du Nord, est née la conviction
que quelque chose de très bon pourrait se produire si les gens pouvaient se rassembler dans un lieu
sûr pour prier dans la foi et l’amitié.
Le désir de rendre cela possible était né en même temps.
Un autre départ
En septembre 1994, au début du cessez le feu de 18 mois et au milieu d’une atmosphère naissante de
grand espoir, une équipe de
huit personnes originaires de quatre confessions différentes, s’est retrouvée pour organiser la visite
de Jean Vanier qui avait exprimé le
désir de venir eu Irlande du Nord dans un contexte oecuménique.
Neuf mois plus tard, en juin 1995, Jean Vanier est venu en Irlande du Nord et “Foi et Amitié” est
né. Il y eut d’abord le Festival de la
Paix de “Foi et Amitié” à l’Université Coleraine où 150 personnes logeaient sur place et environ
50 venaient pendant la journée,
rassemblées pour écouter, apprendre et partager. Le deuxième temps fort s’est passé à Derry où 50 personnes
se sont retrouvées en
communauté pour vivre une retraite oecuménique de trois jours. Des gens de tous âges, tous milieux,
toutes confessions, des gens qui
avaient vécu toutes sortes de souffrances, tous trouvèrent là un lieu sûr pour raconter leur histoire,
dans le cadre de sagesse, d
‘acceptation et de pauvreté tracé par Jean.
Communion de cœur
Pendant le festival, l’Eucharistie fut célébrée tour à tour selon trois traditions religieuses différentes
et l’on souffrit des divisions.
L’expérience “d’apprendre à se connaître” vécu dans les petits groupes de partage l’était pas vécue
autour de la même table alors que
c’était le bien le plus précieux dans la tradition de chacun. Au cours de la retraite qui a suivi notre
festival, le programme ne nous
permettait qu’une seule célébration liturgique. Comme Jean nous l’avait suggéré, nous avons préparé
la liturgie du lavement des pieds
et le jeudi soir de la retraite, nous avons prié et célébré cette liturgie.
Nous avons suivi le déroulement normal de la liturgie. Un pasteur de chacune des quatre traditions
a animé le rite de pénitence, la
profession de foi, les lectures et la prière d’action de grâce. Jean Vanier a fait l’homélie, donnant
un enseignement sur l’Evangile du
lavement des pieds (Jean 1 3, 1-1 7). Enfin, au lieu de rompre le pain, nous nous sommes lavés les pieds
les uns des autres en petits
groupes. Ce fut un moment très fort, joyeux et unifiant. Tous ensemble, nous avons chanté la joie,
la louange de tout notre cœur.

Un homme appelé Pierre
Le vendredi, dernier jour de la retraite, un jeune homme appelé Pierre, qui était là avec Maureen, sa
mère, et qui nous avait surpris par
sa sagesse a décidé de rejoindre le groupe de coordination, alors que nous étions assis avec Jean
pour un dernier partage avec les
participants. Pierre nous a dit qu’il voulait participer à tous les projets et événements à venir de
“Foi et Amitié”.
Nous avons pris au sérieux le message de Pierre et il mous a semblé important que se trouvent des personnes
ayant un handicap
dans l’organisation de prochaines rencontres de “Foi et Amitié”; des personnes comme lui peuvent beaucoup
nous apprendre sur
l’humilité et l’acceptation de la différence.
Une graine de moutarde prend racine
Des graines sont semées et quelque chose de petit et de fragile est eu train de prendre racine eu Irlande
du Nord. Pour survivre dans
l’avenir elles ont besoin d’être nourries par la prière. “Foi et Amitié” commence à se développer daims
de petits groupes qui ont pour but
de
-partager l’expérience de la foi,
-approfondir l’amitié à travers la confiance,
-découvrir la différence dans une atmosphère de respect,
-reconnaître l’unité dans la diversité.
La morale de l’histoire est...
Au cœur de la faiblesse provoquée par les divisions, les brisures, les échecs, il peut y avoir le potentiel
d’une force nouvelle, d’une
nouvelle naissance, d’un nouveau départ. Il est essentiel de ne pas nier la vérité de nos racines, notre
histoire, que ce soit l’histoire de
Foi et Lumière, ou notre histoire catholique/protestante en lrlande du Nord. C’est peut-être dans le
partage de nos histoires que peut
naître un petit chemin ou un grand.
• Anne Gibson
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