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Foi et Lumière
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Vivre l'oecuménisme: Quelques
histoires de la commission
La Commission Oecuménique de Foi et Lumière compte six membres. Il
y a deux prêtres, l’un anglican et l’autre catholique, quatre laïcs: un
luthérien, un méthodiste et deux catholiques. Nous sommes trois hommes et
trois femmes d’âges divers et originaires d’Angleterre, d’Irlande du Nord, du
Danemark et de Suède.
Notre
tâche consiste à éclairer le Conseil international sur l’oecuménisme à Foi et
Lumière. Nous avons étudié les documents existants pour voir s’il fallait
suggérer des modifications qui aideraient les chrétiens des différentes
confessions à se sentir plus à l’aise à Foi et Lumière. Nous avons proposé
aussi des idées par des documents que nous élaborons nous-mêmes, encourageant
la reconnaissance de l’oecuménisme dans Foi et Lumière, et donnant des
orientations pour l’organisation de rencontres inter-religieuses. Mais nous
n’avons pas consacré tout notre temps à travailler sur des documents. Nos
rencontres ont eu lieu dans différents pays et nous avons essayé de
rencontrer les communautés locales de Foi et Lumière et de partager avec les
membres venant des différentes Églises qui sont membres de ces pays. Depuis
1993, nous sommes allés en Angleterre, en Suède, en Irlande du Nord, en
Ecosse, en France et au Danemark.
On a
demandé à certains membres de la Commission de partager leur expérience
personnelle en tant que membres de la Commission.
L’histoire d’Anne:
“Je me souviens très bien, au tout début de la Commission, d’une
discussion très intellectuelle que j’avais eue avec Liz au sujet de la place
centrale de Marie dans notre Charte, et combien cela pouvait exclure ceux qui
n’étaient pas catholiques. Je me souviens de mon assurance en racontant la
douleur que j’éprouvais à voir que d’autres ne voyaient pas comme moi le don
de Marie.
J’ai eu
une conviction soudaine lors de notre rencontre en octobre 1996, quand la
Commission

participait
à la messe dans la petite chapelle sur le bateau “Je sers”, où vit le Père
Joseph près de Paris. Nous récitions le Notre Père en nous tenant la main
avec Tony (luthérien) à tua droite et Bob (anglican) à nia gauche. J’ai eu la
conviction intime de notre proximité, de notre communion et de notre unité en
disant le Notre Père.
Oui, Il
est notre Père à tous, nous sommes unis en Lui et dans la prière que Son Fils
nous a enseignée à tous. Nous devons avoir dans nos cœurs le désir profond
que cette unité dans les Cieux devienne une unité terrestre, et de vivre dans
nos cœurs, notre esprit et nos actions la prière “que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel” et de comprendre que cette prière mie peut
devenir réalité que si nous pécheurs, “nous nous pardonnons nos péchés”... et
si nous permettons que cela soit.
Ces
quatre années de rencontres, de partage de nos histoires, d’apprentissage de
la confiance et de prière ensemble m’ont aidée à avancer dans mon propre
cheminement oecuménique. Je ne me sens plus menacée par la tradition d’une
autre Église, je n’ai plus besoin de défendre ce en quoi je crois, mais je
désire écouter en toute humilité, ce que Liz et les autres ont à dire sur
Marie et sur beaucoup d’autres sujets. Je veux aussi respecter leurs
convictions, écouter leurs histoires, sachant qu’ils partagent ce nième
désir. L’une des leçons que j’ai durement apprise semble être que si l’on se
préoccupe davantage de ce qui nous unit, alors nos différences ne seront plus
des obstacles insurmontables.”
L’histoire de Marie:
“Quand nous avons commencé à bien nous connaître et à nous et à nous
sentir en confiance, nous avons pu aborder des questions du type :
qu’entendons-nous par oecuménisme ? A quel type d’oecuménisme
travaillons-nous à Foi et Lumière ? Cette question a émergé lors d’une
rencontre en lrlande du Nord. Nous étions à Corrymeala, un centre oecuménique
pour la réconciliation à Ballycastle. Nous participions à la prière du matin
et du soir et c’était magnifique. La liturgie s’adressait à tout chrétien.
Nous avons également rencontré des personnes de deux communautés oecuméniques
de Belfast. Des protestants et des catholiques y vivent ensemble malgré les
difficultés, la peur et le danger.
Nous
entendons respecter les règles des différentes confessions et il ne nous
appartient pas de les changer. Mais c’est douloureux de ne pas recevoir la
communion ensemble. Personnellement, le ressens de plus en plus de peine à
célébrer ensemble sans être totalement ensemble.
Notre
petit groupe de six personnes se connaît bien maintenant. Nous travaillons et
mangeons ensemble. Nous rions et parfois nous pleurons ensemble. Nous
partageons des réflexions, des idées. Nous prions ensemble et célébrons la
Messe ou l’Eucharistie ensemble, mais nous ne recevons pas la communion
ensemble.
Il y a
ici une contradiction. Nous avons appris à nous aimer en frères et sœurs.
Nous acceptons nos différences et ce que nous trouvons difficile chez les autres.
Notre petit groupe est donc vraiment oecuménique et pourtant nous ne pouvons
pas partager le principal : la communion. Certains reçoivent le Corps du
Christ tandis que d’autres reçoivent une bénédiction. Bien que nous ayons une
messe catholique et une eucharistie protestante afin que tous partagent cette
douleur, il y a une souffrance à ne pas recevoir ensemble la communion.”
L’histoire de Liz
“Je crois qu’en tant qu’êtres humains, êtres vivants, nous aspirons à
être uniques. Dans l’Église nous essayons de faire découvrir à chacun qu’il
est unique et que Dieu l’aime. Dans mon expérience de l’oecuménisme, lorsque
je participe activement à une Eucharistie alors que d’autres en sont exclus,
je me sens très mai à l’aise. J’ai ressenti cela de façon très aiguë lors de
l’une de nos rencontres en IrIande du Nord, où tous les membres de la
Commission se sont levés tôt le dernier jour pour célébrer une Eucharistie
anglicane en guise d’adieu. Bob, le célébrant, a rompu l’hostie en cinq
morceaux, un pour chacun. C’était dur de communier alors que certains de nos
amis ne le pouvaient pas, et de voir qu’il restait des morceaux de pain. De
même, lors d’une autre rencontre de la commission, je me suis soudain rendue
compte pendant la célébration, que je serais la seule à communier. J’étais
bouleversée et me demandais si je devais m’abstenir de communier en signe de
solidarité avec le reste du groupe. Mais cela aurait été fuir la souffrance,
faire comme s’il n’y avait pas de division. J’ai finalement reçu la communion
les mains tremblantes et le visage en pleurs.”
Il y a
eu un véritable changement dans ma façon de comprendre l’œcuménisme à Foi et
Lumière, lors d’une célébration de type méthodiste que j’animais. Jusque-là
j’avais toujours senti que j’étais à la limite du mouvement, et j’étais
souvent critique parce que l’on ne répondait pas à ma sensibilité
protestante. Lors de cet office, j’étais responsable de l’animation, et bien
que l’ayant préparé avec beaucoup de soin pour que personne ne se sente
exclu, je me suis soudain rendu compte que j’avais utilisé une prière pensant
que les participants la connaîtraient... mais ils ne la connaissaient pas et
j’avais manqué de respect envers leur tradition. Moi aussi j’avais fait une
erreur... Soudain, nous étions égaux. Il ne s’agissait pas pour “moi” de dire
qu”ils” s’étaient trompés, mais plutôt de reconnaître que “nous” étions tous
impliqués dans une démarche qui consiste à faire de notre mieux pour que tout
se passe bien et que quelquefois on se trompe. Nous apprenons tous à faire en
sorte que les choses se passent bien.
Conclusion:
Peu à
peu en apprenant à nous connaître, dans le groupe de la Commission
oecuménique, nous avons pris conscience de changements en nous même. Nous
avons pris conscience que nous étions sur un chemin d’exploration en nous
ouvrant aux autres, aux différents groupes que nous avons rencontrés et à de
nouvelles expériences. C’est notre façon de prendre conscience de la
dimension oecuménique de Foi et Lumière: être ensemble, partager, discuter,
prier ensemble, tous différents. C’est l’expérience que nous souhaitons
partager à d’autres de Foi et Lumière.

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