Dsirer
le bonheur ou trouver la tranquillit
Nous
cherchons tous le bonheur, et pourtant, il serait peut-tre plus fonctionnel de
parler de tranquillit.
Car, en
gnral, le bonheur est quelque chose que lÕon cherche atteindre, dans une
attente remplie de conditionnels : je serai heureux si ÉÉ.
Dire tout
simplement : Ē je suis heureux Č, signifierait renoncer certaines des images que nous
mettons en arrire de ce mot. Nous en faisons rarement un tat dÕtre, mais le
plus souvent un tat que nous cherchons atteindre, dans une tension charge
de tous nos dsirs. Nous ne sommes certainement pas tranquilles quand nous
cherchons le bonheur.
Alors que la tranquillit est dÕemble un tat dÕtre :
je suis tranquille ou je ne le suis pas !
La pratique du Qi Gong ou de la mditation nous permet parfois
de sentir que la tranquillit est notre tat naturel. Cette intuition se
dveloppe lorsque nous y faisons la curieuse exprience de nous sentir
parfaitement tranquille de ne pas tre tranquille !
Car la tranquillit revient ds que nous cessons de lutter
contre les circonstances de notre vie, et les sentiments quÕelles dclenchent
en nous.
Lors dÕune entrevue o un journaliste lui demandait sÕil tait
heureux, Jodorovski a rpondu : Ē Je suis tranquille ! Č
Peut-tre est-ce cela le bonheur tant cherch ?
La
vision chinoise de la tranquillit :
La tranquillit en chinois se dit : 靜 JING
LÕidogramme a pour phontique
lÕimage de deux mains qui tirent en sens
contraire, et le radical montre la couleur vert/bleu de la nature, de la
vie sur terre.
Cet idogramme (un idogramme est
une image dÕide qui sÕadresse donc autant au cerveau droit quÕau cerveau
gauche) signifie :
Calme. Tranquillit. Repos.
Silence.
trange image pour signifier le
repos !!!
Il me semble que nous, occidentaux,
aurions plutt choisi lÕimage dÕun grand lac dÕeau tranquille, ou celle dÕun
bouddha mditant !
Mais en poursuivant lÕtude des
divers sens de JING, nous nous
apercevons que :
JING est lÕantonyme de DONG 動qui
signifie : activit, mouvement, agitation. LÕidogramme reprsente la roue
dÕun char avec comme phontique les tendons : la capacit de mettre en
mouvement.
Lorsque lÕon met ces deux mots en
couple : JING/DONG, ils reprsentent lÕun des couples
YIN/YANG : repos/mouvement.
Mais pour les chinois, les
antonymes ne sont pas antagonistes : ils reprsentent les deux versants
dÕune seule et mme ralit toujours prsente :
La montagne ne disparat pas selon
que nous la percevons par son versant nord (premier sens de lÕidogramme YIN) ou son versant sud (premier sens
de lÕidogramme YANG).
En continuant suivre dans le
dictionnaire les diffrents sens de JING,
nous pouvons lire que lorsquÕil est utilis seul, et non dans le couple DONG/JING, il reprsente alors la
possibilit dÕharmoniser les alternances du mouvement et du repos lorsque la
conscience ne perd pas le fil qui la relie la tranquillit.
Il sÕavre que la
Ē montagne Č du couple DONG/JING,
cÕest JING.
Car le mouvement part de la
tranquillit et retourne la tranquillit.
CÕest pourquoi lÕidogramme montre
le mouvement de deux mains qui tirent en sens contraire, avec le radical de la
vie.
La tranquillit, cÕest dÕaccepter
lÕalternance du Yin/Yang sans lutter :
DÕaccompagner les moments
dÕactivit o le dsir nous porte la cration et lÕexpression, et les
mouvements o la vitalit reflue et nous porte lÕcoute et la prsence
intrieure.
LÕagir naturel se vit sur fond de
tranquillit, et, son expression puise, le mouvement retourne de lui-mme
la tranquillit.
Lorsque nous nous sentons agit,
dispers, anxieux ou sans dsir, dcourag, et envahi par les motions que ces
tats dÕtre suscitent en nous, nous avons alors perdu le fil qui nous relie
la tranquillit.
La
pratique du Qi Gong : voie de retour vers la tranquillit
La pratique du Qi Gong est une coute en direction de la
tranquillit.
CÕest dÕabord une observation sans jugement des consquences
de lÕagitation sur le corps.
Les forces contradictoires qui nous habitent crent un tat de
tension dans lequel il devient impossible de se dposer : dsirs et peurs
nous tirent dans des directions opposes.
Notre posture se modifie, lÕnergie sÕaccumule et se bloque
dans certaines parties du corps, tandis que dÕautres sont dshabites.
Nous avons perdu confiance dans la possibilit de laisser
lÕalternance du Yin/Yang orchestrer notre vie : nous refusons ce qui nous
arrive, ou ce que nous sommes. Nous luttons, nous forons !!!!
Nous sommes loin de la tranquillit, et certainement pas
heureux !
Comment
lcher-prise, et permettre notre corps de se dposer pour retrouver la
tranquillit, aussi bien dans lÕaction que dans le repos ?
La
pratique nous apprend que cultiver une tranquillit sans cesse menace nous
demande de chercher une posture en direction dÕun axe qui relie en nous le Ciel
et la Terre :
Texte
tir dÕun ouvrage Taoste, le Jin Si Lu sur le travail corporel :
無 極 生 太 極
WU JI SHENG TAI JI
Ce qui nÕa pas de direction (Wu Ji), cre lÕaxe qui orchestre
harmonieusement tous les mouvements de lÕunivers (Tai Ji)
太 極 動 而 生 陽
TAI JI DONG ER SHENG
YANG
Le Tai Ji se met en mouvement et cÕest la
vitalit du yang.
動 極 復 靜
DONG JI FU JING
Le mouvement atteint son apoge et fait retour la tranquillit,
靜 而 生 陰
JING ER SHENG
YIN
La tranquillit, cÕest la vitalit du yin.
靜 極 復 動
JING JI FU DONG
Lorsque la tranquillit atteint son apoge, alors cela fait retour au
mouvement.
一動 一 靜
YI DONG , YI
JING
Un mouvement, un repos,
互 為 其 根
HU WEI QI GEN
LÕun et lÕautre torsads ensemble comme les filins dÕune corde, cÕest ce
qui fait la racine, la base.
分 陰 , 分陽
FEN YIN , FEN
YANG
Distinguer le yin, distinguer le yang,
兩 儀 至 焉
LIANG YI ZHI YAN
Et les deux principes atteignent leur perfection.
Texte qui semble trs simple nous qui sommes familiers avec cette
pense :
Oui, le yang monte, sÕexprime, atteint son apoge et fait retour au yin,
comme le droulement de la journe, de lÕanne, de notre vie.
Mais
en regardant le texte plus attentivement :
Le texte dbute par une affirmation paradoxale :
無 極 生 太 極
WU JI SHENG TAI JI
Ce qui nÕa pas de direction (Wu Ji) cre lÕaxe qui orchestre
harmonieusement tous les mouvements de lÕunivers (Tai Ji),
Les chinois nomment : TAI JI 太 極 lÕaxe
qui organise harmonieusement le mouvement incessant du YIN/YANG.
Lorsque lÕon recherche les signifiants de lÕexpression TAI JI dans le dictionnaire, on
trouve :
1- Le fate
suprme (ce fil qui nous relie au Ciel),
2-
Le fondement originel et le point de convergence de
lÕunivers.
3-
LÕorigine unique dÕo procdent le Yin et le Yang.
La phontique de JI 極 reprsente un homme avec une main
droite, et une bouche gauche : paroles et actions qui sÕexercent entre
le Ciel en haut et la Terre en bas, dans une posture verticale signifie par le radical de lÕarbre.
En nous, cet axe, venant du Ciel, traverse notre corps du sommet de la
tte au point BAI HUI (les cent
runions) au centre du prine, au point HUI
YIN, (runion des Yin) pour rejoindre le centre de la Terre.
Lorsque nous sommes conscients de cet axe qui organise lÕensemble de notre
corps, les tensions de la posture peuvent relcher, et avec elles une parties
des tensions contradictoires qui immobilisent notre psychisme. Notre
perspective devient plus vaste : nous sommes en contact avec le
Ē sage Č en nous dont nous parle Lao Zi :
Le sage Sheng 聖 est en effet celui qui :
-
a une parole juste (le carr droite reprsente la
bouche)
-
une coute profonde (la partie gauche en haut reprsente
lÕoreille)
-
grce sa posture verticale (trait vertical de la
partie infrieure de lÕidogramme)
-
qui relie en lui Le Ciel, la Terre et les 10 000
formes de vie (les 3 trois traits horizontaux)
Pourtant, le texte nous dit ds la premire phrase que le TAI JI, principe ultime dÕorganisation
lÕĻuvre dans lÕunivers, reprsent en nous par un axe central qui traverse
notre corps du Ciel vers la Terre, est lui-mme engendr par le WU JI.
WU 無signifie
le vide, neÉ. pas. LÕidogramme reprsente une fort qui a brl en totalit.
Le WU JI, cÕest donc ce qui
nÕa pas dÕorganisation, de direction : le vide.
Cette notion paradoxale au cĻur de la pense chinoise, ne peut tre
apprhende par le mental : seule lÕexprience corporelle peut nous
clairer !
CÕest pourquoi le texte, aprs avoir dfini lÕalternance du YIN/YANG orchestre par le TAI JI, nous parle de ce vers quoi
pointe lÕexprience corporelle lorsque lÕattention se porte sur cet axe virtuel
au centre du corps :
互 為 其 根
HU WEI QI GEN
LÕun et lÕautre (YIN/YANG) torsads ensemble comme les filins dÕune corde,
cÕest ce qui fait la racine
Lorsque nous pratiquons, dans la recherche constamment renouvele dÕun
axe vertical central autour duquel tous les mouvements sÕorganisent, (le TAI JI en nous) il y a alors un tat
dÕtre qui sÕinstalle en direction du Vide, de la tranquillit.
Car la conscience dÕun axe au centre du corps permet aux chanes
musculaires antagonistes de sÕquilibrer entre lÕarrire et lÕavant, la droite
et la gauche.
Dsirer
le bonheur ou trouver la tranquillit
Nous
cherchons tous le bonheur, et pourtant, il serait peut-tre plus fonctionnel de
parler de tranquillit.
Car, en
gnral, le bonheur est quelque chose que lÕon cherche atteindre, dans une
attente remplie de conditionnels : je serai heureux si ÉÉ.
Dire tout
simplement : Ē je suis heureux Č, signifierait renoncer certaines des images que nous
mettons en arrire de ce mot. Nous en faisons rarement un tat dÕtre, mais le
plus souvent un tat que nous cherchons atteindre, dans une tension charge
de tous nos dsirs. Nous ne sommes certainement pas tranquilles quand nous
cherchons le bonheur.
Alors que la tranquillit est dÕemble un tat dÕtre :
je suis tranquille ou je ne le suis pas !
La pratique du Qi Gong ou de la mditation nous permet parfois
de sentir que la tranquillit est notre tat naturel. Cette intuition se
dveloppe lorsque nous y faisons la curieuse exprience de nous sentir
parfaitement tranquille de ne pas tre tranquille !
Car la tranquillit revient ds que nous cessons de lutter
contre les circonstances de notre vie, et les sentiments quÕelles dclenchent
en nous.
Lors dÕune entrevue o un journaliste lui demandait sÕil tait
heureux, Jodorovski a rpondu : Ē Je suis tranquille ! Č
Peut-tre est-ce cela le bonheur tant cherch ?
La
vision chinoise de la tranquillit :
La tranquillit en chinois se dit : 靜 JING
LÕidogramme a pour phontique
lÕimage de deux mains qui tirent en sens
contraire, et le radical montre la couleur vert/bleu de la nature, de la
vie sur terre.
Cet idogramme (un idogramme est
une image dÕide qui sÕadresse donc autant au cerveau droit quÕau cerveau
gauche) signifie :
Calme. Tranquillit. Repos.
Silence.
trange image pour signifier le
repos !!!
Il me semble que nous, occidentaux,
aurions plutt choisi lÕimage dÕun grand lac dÕeau tranquille, ou celle dÕun
bouddha mditant !
Mais en poursuivant lÕtude des
divers sens de JING, nous nous
apercevons que :
JING est lÕantonyme de DONG 動qui
signifie : activit, mouvement, agitation. LÕidogramme reprsente la roue
dÕun char avec comme phontique les tendons : la capacit de mettre en
mouvement.
Lorsque lÕon met ces deux mots en
couple : JING/DONG, ils reprsentent lÕun des couples YIN/YANG : repos/mouvement.
Mais pour les chinois, les
antonymes ne sont pas antagonistes : ils reprsentent les deux versants
dÕune seule et mme ralit toujours prsente :
La montagne ne disparat pas selon
que nous la percevons par son versant nord (premier sens de lÕidogramme YIN) ou son versant sud (premier sens
de lÕidogramme YANG).
En continuant suivre dans le
dictionnaire les diffrents sens de JING,
nous pouvons lire que lorsquÕil est utilis seul, et non dans le couple DONG/JING, il reprsente alors la
possibilit dÕharmoniser les alternances du mouvement et du repos lorsque la
conscience ne perd pas le fil qui la relie la tranquillit.
Il sÕavre que la
Ē montagne Č du couple DONG/JING,
cÕest JING.
Car le mouvement part de la
tranquillit et retourne la tranquillit.
CÕest pourquoi lÕidogramme montre
le mouvement de deux mains qui tirent en sens contraire, avec le radical de la
vie.
La tranquillit, cÕest dÕaccepter
lÕalternance du Yin/Yang sans lutter :
DÕaccompagner les moments
dÕactivit o le dsir nous porte la cration et lÕexpression, et les
mouvements o la vitalit reflue et nous porte lÕcoute et la prsence
intrieure.
LÕagir naturel se vit sur fond de
tranquillit, et, son expression puise, le mouvement retourne de lui-mme
la tranquillit.
Lorsque nous nous sentons agit,
dispers, anxieux ou sans dsir, dcourag, et envahi par les motions que ces
tats dÕtre suscitent en nous, nous avons alors perdu le fil qui nous relie
la tranquillit.
La
pratique du Qi Gong : voie de retour vers la tranquillit
La pratique du Qi Gong est une coute en direction de la
tranquillit.
CÕest dÕabord une observation sans jugement des consquences
de lÕagitation sur le corps.
Les forces contradictoires qui nous habitent crent un tat de
tension dans lequel il devient impossible de se dposer : dsirs et peurs
nous tirent dans des directions opposes.
Notre posture se modifie, lÕnergie sÕaccumule et se bloque
dans certaines parties du corps, tandis que dÕautres sont dshabites.
Nous avons perdu confiance dans la possibilit de laisser
lÕalternance du Yin/Yang orchestrer notre vie : nous refusons ce qui nous
arrive, ou ce que nous sommes. Nous luttons, nous forons !!!!
Nous sommes loin de la tranquillit, et certainement pas
heureux !
Comment
lcher-prise, et permettre notre corps de se dposer pour retrouver la
tranquillit, aussi bien dans lÕaction que dans le repos ?
La
pratique nous apprend que cultiver une tranquillit sans cesse menace nous
demande de chercher une posture en direction dÕun axe qui relie en nous le Ciel
et la Terre :
Texte
tir dÕun ouvrage Taoste, le Jin Si Lu sur le travail corporel :
無 極 生 太 極
WU JI SHENG TAI JI
Ce qui nÕa pas de direction (Wu Ji), cre lÕaxe qui orchestre
harmonieusement tous les mouvements de lÕunivers (Tai Ji)
太 極 動 而 生 陽
TAI JI DONG ER SHENG
YANG
Le Tai Ji se met en mouvement et cÕest la
vitalit du yang.
動 極 復 靜
DONG JI FU JING
Le mouvement atteint son apoge et fait retour la tranquillit,
靜 而 生 陰
JING ER SHENG
YIN
La tranquillit, cÕest la vitalit du yin.
靜 極 復 動
JING JI FU DONG
Lorsque la tranquillit atteint son apoge, alors cela fait retour au
mouvement.
一動 一 靜
YI DONG , YI
JING
Un mouvement, un repos,
互 為 其 根
HU WEI QI GEN
LÕun et lÕautre torsads ensemble comme les filins dÕune corde, cÕest ce
qui fait la racine, la base.
分 陰 , 分陽
FEN YIN , FEN
YANG
Distinguer le yin, distinguer le yang,
兩 儀 至 焉
LIANG YI ZHI YAN
Et les deux principes atteignent leur perfection.
Texte qui semble trs simple nous qui sommes familiers avec cette
pense :
Oui, le yang monte, sÕexprime, atteint son apoge et fait retour au yin,
comme le droulement de la journe, de lÕanne, de notre vie.
Mais
en regardant le texte plus attentivement :
Le texte dbute par une affirmation paradoxale :
無 極 生 太 極
WU JI SHENG TAI JI
Ce qui nÕa pas de direction (Wu Ji) cre lÕaxe qui orchestre
harmonieusement tous les mouvements de lÕunivers (Tai Ji),
Les chinois nomment : TAI JI 太 極 lÕaxe
qui organise harmonieusement le mouvement incessant du YIN/YANG.
Lorsque lÕon recherche les signifiants de lÕexpression TAI JI dans le dictionnaire, on
trouve :
1-
Le fate
suprme (ce fil qui nous relie au Ciel),
2-
Le fondement originel et le point de convergence de
lÕunivers.
3-
LÕorigine unique dÕo procdent le Yin et le Yang.
La phontique de JI 極 reprsente un homme avec une main
droite, et une bouche gauche : paroles et actions qui sÕexercent entre
le Ciel en haut et la Terre en bas, dans une posture verticale signifie par le radical de lÕarbre.
En nous, cet axe, venant du Ciel, traverse notre corps du sommet de la
tte au point BAI HUI (les cent
runions) au centre du prine, au point HUI
YIN, (runion des Yin) pour rejoindre le centre de la Terre.
Lorsque nous sommes conscients de cet axe qui organise lÕensemble de notre
corps, les tensions de la posture peuvent relcher, et avec elles une parties
des tensions contradictoires qui immobilisent notre psychisme. Notre
perspective devient plus vaste : nous sommes en contact avec le
Ē sage Č en nous dont nous parle Lao Zi :
Le sage Sheng 聖 est en effet celui qui :
-
a une parole juste (le carr droite reprsente la
bouche)
-
une coute profonde (la partie gauche en haut reprsente
lÕoreille)
-
grce sa posture verticale (trait vertical de la
partie infrieure de lÕidogramme)
-
qui relie en lui Le Ciel, la Terre et les 10 000
formes de vie (les 3 trois traits horizontaux)
Pourtant, le texte nous dit ds la premire phrase que le TAI JI, principe ultime dÕorganisation
lÕĻuvre dans lÕunivers, reprsent en nous par un axe central qui traverse
notre corps du Ciel vers la Terre, est lui-mme engendr par le WU JI.
WU 無signifie
le vide, neÉ. pas. LÕidogramme reprsente une fort qui a brl en totalit.
Le WU JI, cÕest donc ce qui
nÕa pas dÕorganisation, de direction : le vide.
Cette notion paradoxale au cĻur de la pense chinoise, ne peut tre
apprhende par le mental : seule lÕexprience corporelle peut nous
clairer !
CÕest pourquoi le texte, aprs avoir dfini lÕalternance du YIN/YANG orchestre par le TAI JI, nous parle de ce vers quoi
pointe lÕexprience corporelle lorsque lÕattention se porte sur cet axe virtuel
au centre du corps :
互 為 其 根
HU WEI QI GEN
LÕun et lÕautre (YIN/YANG) torsads ensemble comme les filins dÕune corde,
cÕest ce qui fait la racine
Lorsque nous pratiquons, dans la recherche constamment renouvele dÕun
axe vertical central autour duquel tous les mouvements sÕorganisent, (le TAI JI en nous) il y a alors un tat
dÕtre qui sÕinstalle en direction du Vide, de la tranquillit.
Car la conscience dÕun axe au centre du corps permet aux chanes
musculaires antagonistes de sÕquilibrer entre lÕarrire et lÕavant, la droite
et la gauche.
Les tensions chroniques de la posture apparaissent graduellement la
conscience, et certaines dÕentre elles commencent relcher.
Cela donne graduellement une sensation de bien-tre qui permet de lcher
la perfection de la posture, car la posture nÕest quÕun moyen qui pointe en
direction de la tranquillit.
Les Souffles YIN et YANG sont alors comme les deux filins torsads dÕune mme
corde, retournant leur origine commune, la tranquillit, la racine de tous
les mouvements du corps, du cĻur et de la pense.
Ftichiser la posture nÕest dÕaucune utilit. Nous nÕavons pas nous
demander : Ē ai-je la BONNE posture ? Č, mais patiemment
revenir une coute en direction dÕune posture qui veille la sensation dÕun
axe central vide au centre du corps, qui, partant du Ciel, traverse le BAI HUI (lieu des cent runions) au
sommet de la tte, descend jusquÕau HUI
YIN (runion des yin) au centre du prine et se poursuit vers le centre de
la Terre.
En QI GONG, la position WU JI sÕappelle aussi JING LI 靜 立 , debout tranquille.
CÕest une position extrmement simple : les deux pieds rapprochs,
les bras dtendus le long du corps : debout, tranquille !
Et on observe : suspendu au Ciel par le sommet de la tte, toutes
les tensions de la posture peuvent ventuellement fondre en direction de la
Terre.
On observe les muscles qui se contractent pour tenir la posture, et ceux
qui nÕveillent aucune sensation, comme non concerns par la posture.
On observe cela constamment, et cela change constamment.
Parfois, la posture semble tenir dÕelle-mme, sans effort. Ds quÕon en
prend conscience dans une tentative de sÕy accrocher, on perd la tranquillit.
Parfois encore, on prend conscience de tout ce qui se contracte pour tenir, et
on accepte de ne pas arriver lcher, et a lche : la tranquillit
revient.
Moins on lutte pour y arriver, plus on sÕen approche !!!!
分 陰 , 分陽
FEN YIN , FEN
YANG
Distinguer le yin, distinguer le yang,
兩 儀 至 焉
LIANG YI ZHI YAN
Et les deux principes atteignent leur perfection
Puis, la conscience ayant fait retour en direction de sa racine pendant
la pratique de la posture, lorsque le mouvement se dclenche, en QI GONG ou dans la vie, il nous est
possible de mieux distinguer YIN et YANG, de dmler les fils de trame et
les fils de chane de la ralit quotidienne, de hirarchiser, dÕorganiser les
forces contradictoires qui nous habitent aussi bien dans notre posture
corporelle que dans notre posture psychique et thique dans le monde, puisquÕil
sÕagit dÕune seule et mme ralit.
Le texte nous dit alors que cÕest cette distinction qui permet au YIN/YANG dÕatteindre chacun leur plein
potentiel :
Il est alors possible dÕaccompagner
les moments dÕactivit o le dsir nous porte la cration et lÕexpression,
et les mouvements o la vitalit reflue et nous porte lÕcoute et la
prsence intrieure.
LÕagir
se vit alors naturellement sur fond de tranquillit, et, son expression
puise, le mouvement retourne de lui-mme la tranquillit.
Les tensions chroniques de la posture apparaissent graduellement la
conscience, et certaines dÕentre elles commencent relcher.
Cela donne graduellement une sensation de bien-tre qui permet de lcher
la perfection de la posture, car la posture nÕest quÕun moyen qui pointe en
direction de la tranquillit.
Les Souffles YIN et YANG sont alors comme les deux filins torsads dÕune mme
corde, retournant leur origine commune, la tranquillit, la racine de tous
les mouvements du corps, du cĻur et de la pense.
Ftichiser la posture nÕest dÕaucune utilit. Nous nÕavons pas nous
demander : Ē ai-je la BONNE posture ? Č, mais patiemment
revenir une coute en direction dÕune posture qui veille la sensation dÕun
axe central vide au centre du corps, qui, partant du Ciel, traverse le BAI HUI (lieu des cent runions) au
sommet de la tte, descend jusquÕau HUI
YIN (runion des yin) au centre du prine et se poursuit vers le centre de
la Terre.
En QI GONG, la position WU JI sÕappelle aussi JING LI 靜 立 , debout tranquille.
CÕest une position extrmement simple : les deux pieds rapprochs,
les bras dtendus le long du corps : debout, tranquille !
Et on observe : suspendu au Ciel par le sommet de la tte, toutes
les tensions de la posture peuvent ventuellement fondre en direction de la
Terre.
On observe les muscles qui se contractent pour tenir la posture, et ceux
qui nÕveillent aucune sensation, comme non concerns par la posture.
On observe cela constamment, et cela change constamment.
Parfois, la posture semble tenir dÕelle-mme, sans effort. Ds quÕon en
prend conscience dans une tentative de sÕy accrocher, on perd la tranquillit.
Parfois encore, on prend conscience de tout ce qui se contracte pour tenir, et
on accepte de ne pas arriver lcher, et a lche : la tranquillit
revient.
Moins on lutte pour y arriver, plus on sÕen approche !!!!
分 陰 , 分陽
FEN YIN , FEN
YANG
Distinguer le yin, distinguer le yang,
兩 儀 至 焉
LIANG YI ZHI YAN
Et les deux principes atteignent leur perfection
Puis, la conscience ayant fait retour en direction de sa racine pendant
la pratique de la posture, lorsque le mouvement se dclenche, en QI GONG ou dans la vie, il nous est
possible de mieux distinguer YIN et YANG, de dmler les fils de trame et
les fils de chane de la ralit quotidienne, de hirarchiser, dÕorganiser les
forces contradictoires qui nous habitent aussi bien dans notre posture
corporelle que dans notre posture psychique et thique dans le monde, puisquÕil
sÕagit dÕune seule et mme ralit.
Le texte nous dit alors que cÕest cette distinction qui permet au YIN/YANG dÕatteindre chacun leur plein
potentiel :
Il est alors possible dÕaccompagner
les moments dÕactivit o le dsir nous porte la cration et lÕexpression,
et les mouvements o la vitalit reflue et nous porte lÕcoute et la
prsence intrieure.
LÕagir
se vit alors naturellement sur fond de tranquillit, et, son expression
puise, le mouvement retourne de lui-mme la tranquillit.