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d'acheter:
Examinez, Questionnez et Comparez
MAGAZIN'ART
- 13e année, No 3 - Printemps 2001
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Au cours de vos pérégrinations chez les antiquaires, vous avez eu un coup de foudre pour une belle armoire ! Mais vous avez des doutes : " Est-elle authentique ? Est-ce un bon achat ? Pourquoi est-elle trois fois moins chère qu’une autre semblable que vous avez vue ailleurs ? "
Pour être en mesure d’apprécier la valeur d’un meuble ou d’un objet antique, l’acheteur doit tenir compte d’une foule de facteurs : l’âge, le style, la qualité, la provenance, la rareté, l’authenticité et les lois de l’offre et de la demande.
L’armoire de vos rêves vous est offerte pour 4 500$; tandis qu’ailleurs on vous demande 15 000$ pour une pièce qui vous paraît identique. Toutes deux sont presque de même dimensions et ont conservé leur peinture d’origine verte. Cette grande différence de prix vous inquiète. Avant de comparer les prix demandés, il importe de s’assurer que les meubles sont comparables. Examinez bien chacune des armoires à l’aide du tableau qui suit et vous verrez une foule de petits détails qui justifient bien l’écart des prix demandés pour chacune d’elles.
En conclusion on constate que toutes deux sont des armoires d’excellente qualité. Un collectionneur invétéré préférera probablement la seconde armoire, plus ancienne et plus rare. Cependant, si vous choisissez la première, qui correspond mieux à votre budget, vous ferez également une bonne affaire.
Pour peu que l’on sache regarder, on apprend vite à reconnaître les bonnes pièces. Si notre instinct nous permet d’éliminer d’emblée les meubles sans valeur, ceux que l’on croit excellents doivent être scrutés attentivement. Lors de votre examen, notez soigneusement les petits détails intrigants. Par exemple, une trace de serrure ou de penture sur la porte, alors qu’il n’y a aucune marque correspondante sur le bâti de l’armoire, peut indiquer que la porte a été changée. Une usure anormale ou encore l’absence de traces qui doivent normalement témoigner de cent ou deux cents ans d’usage, devraient éveiller vos soupçons. Il faut tenter de trouver une explication logique à toutes les questions qui vous viennent à l’esprit lors de cet examen approfondi. Méfiez-vous de l’antiquaire qui n’est pas en mesure de répondre à toutes vos interrogations. Si vous décidez d’acheter, exigez qu’il écrive sur la facture tous les renseignements qu’ils vous a donné.
N’oubliez pas que la peinture d’origine est très appréciée des collectionneurs ; elle peut compter jusqu’à 30% de la valeur du meuble. Ainsi nos deux armoires, si elle étaient décapées au bois, se vendraient respectivement environ 3 000$ et 10 000$. Les prix, quoi qu’on en dise, varient très peu d’un antiquaire à l’autre pour des pièces de qualité égale.
Ce que nous, antiquaires, considérons aujourd’hui comme une bonne affaire, c’est tout simplement d’avoir la chance de mettre la main sur une pièce exceptionnelle, quel qu’en soit le prix, ou presque...
Michelle et Robert PICARD
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L’ARMOIRE à 4 500$ |
L’ARMOIRE à 15 000$ |
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DESCRIPTION |
COMMENTAIRES |
DESCRIPTION |
COMMENTAIRES |
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Portes entrées à vif (qui sont égales au bâti de l’armoire lorsque fermées) |
Mode de construction rarement utilisé avant 1830 |
Portes à battant ou à batte-ment (qui se referment par dessus le bâti de l’armoire) |
Technique utilisée jusque vers 1840 |
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Pentures en fonte moulée appliquées à plat sur le bâti |
Apparues vers 1850, très utilisées entre 1860 et 1890 |
Gonds fichés simples |
En usage jusqu’au début du XIXe siècle |
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Clous carrés |
Entre 1800 et 1890 |
Clous forgés (à grosse tête inégale) |
Depuis les débuts de la colonie jusque vers 1820 |
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Panneaux plats |
Mode de construction rarement utilisé avant 1800 |
Panneaux soulevés |
Courants jusque vers 1850 |
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Moulure appliquée autour des panneaux |
Technique utilisée à partir de 1840 environ |
Moulures sculptées à même les montants de la porte |
Très rares après 1850 |
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Les côtés sont plats |
On a voulu économiser en ne donnant de l’importance qu’aux portes |
Les côtés sont à panneaux comme les portes |
Construction plus intéressante, meilleure unité de style |
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Corniche et tablettes remplacées |
Restaurations mineures qui ne dévaluent pas beaucoup l’armoire |
Aucune restauration |
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Dos à planches horizontales |
Même commentaire que pour les côtés |
Dos à caissons (panneaux soulevés) |
Construction extrêmement soignée même dans les parties cachées. |
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RÉSUMÉ : Parmi les détails mentionnés, les pentures en fonte moulée nous indiquent que cette armoire n’a définitivement pas été construite avant 1850 et probablement pas plus tard que 1890, ce que confirment d’ailleurs les clous carrés. Les autres détails nous incitent à la situer vers 1860. |
RÉSUMÉ : Les gonds fichés et les clous forgés de même que le mode de construction nous permettent d’affirmer que cette armoire fut construite à la fin du XVIIIe siècle |
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CONCLUSION : Exemple courant d’armoire québécoise circa 1860, restaurations mineures, peinture d’origine verte. Excellent rapport qualité/prix |
CONCLUSION : Bel exemple d’armoire québécoise circa 1780, construction soignée, aucune restauration, peinture d’origine verte. Pièce plus ancienne et plus rare que la précédente. Excellent rapport qualité/prix |
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BON INVESTISSEMENT : Cette armoire était évaluée à 2 000$ il y a 10 ans. |
BON INVESTISSEMENT : Cette armoire était évaluée à 6 200$ il y a 10 ans. |
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